Céline : deux PVT en Asie, direction le Japon et la Corée du Sud !

Article publié le 16-02-2018.

Céline alias Indita

Céline alias Indita

  • Localisation Moulins, France
  • Dernier diplôme obtenu Master

À lire : un recueil d’entretiens de pvtistes partageant avec vous leurs expériences et leurs états d’âme. Plus d'infos...

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Mais qui est donc la p’tite bougnate ?

Voyons par où commencer ? Par le plus simple peut être ?
Alors, je m’appelle Céline et j’ai 29 ans. Je viens de la très belle région auvergnate (où on a les meilleurs fromages de France !).
Le déclic pour les voyages ? Mon stage de licence qui m’a amenée à être guide pour des groupes folkloriques internationaux au sein de l’association ANCT (Association Nationale Cultures et Traditions). Des échanges, de la curiosité, des cultures et des personnes extraordinaires !
Après un master LEA en Analyse de crises et Action humanitaire, j’ai fait un service civique dans une association à Paris. Une fois le contrat terminé, il a fallu trouver un travail très vite (faut bien payer les factures). Ça sera donc barista sur les Champs-Elysées (dans une célèbre chaîne de fast food, un indice le nom commence par un grand "M").
Bien loin de mes rêves de management de projets, j’en profite pour faire un point et pense de plus en plus à repartir (après un Erasmus à Madrid, 3 mois de "bénévolat" en Argentine, 5 mois de stage en tant qu’assistante en logistique et communication en Bolivie et un premier voyage au Japon).

Pourquoi as-tu choisi le Japon ?

Le Japon s’est imposé à moi, quitte à ne pas trouver un "vrai" travail en France, je voulais assouvir ma curiosité sur ce pays qui m’a chamboulée, essayer de découvrir et comprendre ce qui se cache sous la partie émergente de l’iceberg... et tant qu’à faire, essayer de prendre le temps d’y voir plus clair sur mon avenir professionnel.

Comment s’est passée ta demande de PVT ?

Pour la demande de visa, ils demandent beaucoup d’informations très précises sur ce que l’on souhaite faire durant cette année, où et comment. Au début quand j’ai vu les informations qu’ils demandaient, je trouvais cela exagéré et puis au final, c’est un mal pour un bien car ça m’a permis de me poser les bonnes questions et de ne pas partir à l’aventure sans un minimum d’organisation. Je n’ai pas du tout respecté le planning que j’avais fait mais le fait de m’être renseignée sur les différents types de logements, les salaires moyens, le coût de la vie en général... m’a permis de ne pas avoir de mauvaise surprise en arrivant là-bas.
Une fois sur place (si cela n’a pas changé), on reçoit notre Alien Card (carte de séjour) dès notre arrivée à l’aéroport et puis on a 3 mois pour inscrire une adresse. Dans mon cas, j’avais réservé une auberge de jeunesse pour trois semaines pour inscrire ma première adresse à Tokyo, et être tranquille pendant les mois suivants pendant lesquels je devais faire du WWOOFing. Malheureusement, la mairie où je devais m’enregistrer m’a indiqué que l’auberge de jeunesse où j’étais n’acceptait pas les longs séjours (Anne Hostel Asakusabashi). Je n’ai donc pas pu enregistrer cette adresse. Heureusement, une connaissance rencontrée via une amie commune en France m’a gentiment proposée d’enregistrer son adresse.
Si vous souhaitez faire enregistrer votre adresse dès votre arrivée, ne faites pas la même erreur que moi. Vérifiez que votre hébergement propose du long terme et sachez que la plupart des fermes où j’ai fait du WWOOFing acceptaient d’enregistrer leurs adresses pour les PVTistes. Il suffit de leur en parler avant d’arriver afin de savoir s’ils acceptent et surtout qu’ils ne soient pas pris au dépourvu.
Et me voilà prête à partir !
Le grand départ s’est fait le 15 avril 2015 et j’ai passé mes 3 premières semaines à Tokyo.
J’avais donc réservé au Anne Hostel Asakusabashi. De mémoire, c’était un peu cher mais confortable, avec petit-déjeuner et très bien situé (vers Asakusa).
C’est sûr qu’en ayant passé 3 semaines au Japon en 2012, cela m’a aidée à me sentir à l’aise de suite. Je connaissais déjà un peu Tokyo et son fonctionnement. Je crois qu’au final, là où j’ai mis le plus de temps à m’adapter, c’est pour manger avec des baguettes ! J’étais vraiment nulle à l’époque, ce qui m’a valu pas mal de petites moqueries (sans méchanceté bien sûr et c’est vrai que j’avais l’air ridicule) haha !

Tu as ensuite décidé de tenter l’expérience du WWOOFing ?

C'est parti d'une idée un peu clichée mais je voulais absolument voir et savoir comment fonctionnent les rizières ! Et puis au fur et à mesure de mes recherches de WWOOFing, j’étais de plus en plus curieuse sur le fonctionnement de l’agriculture au Japon et plus généralement de la vie rurale. Je voulais aussi expérimenter un mode de vie plus simple et loin des stéréotypes japonais (animés, mangas, jeux vidéos…). Ensuite, n’ayant que quelques bases de japonais, je me suis dit que le temps passé dans des familles japonaises me permettrait d’améliorer rapidement mon japonais en plus de mieux connaître la culture.
C’est dans cet esprit que je commence mes aventures de WWOOFing (principalement dans la région de Nagano).

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Pendant un peu plus de deux mois, j’aide à planter les légumes, à préparer le terrain des rizières, cueillir des fruits… Chaque nouvelle ferme est une nouvelle expérience, de nouveaux parcours de vie à découvrir, de nouveaux sourires, de nouveaux amis…Une nouvelle famille !
Je crois que, aujourd’hui encore, mes différents WWOOFing sont les plus beaux et les plus forts souvenirs de ce PVT.

Que peux-tu conseiller à ceux qui veulent faire du WWOOFing au Japon ?

Ça m’a pris beaucoup de temps de choisir là où je voulais faire du WWOOFing. Je me suis inscrite sur le site quelques mois avant le départ. Je ne sais pas combien d’heures j’ai passées sur le site à chercher des WWOOFing selon les lieux, selon les activités, selon les requêtes des fermiers…
Au début, j’étais perdue et puis au fur et à mesure, le tri s’est fait tout seul.
Ensuite, la prise de contact avec les fermiers est très importante. Dans le premier mail, il est important de se présenter, expliquer pourquoi on aimerait travailler dans leur ferme, à quelle date, si on a des questions par rapport au travail demandé et si jamais on a des "exigences". Certains fermiers ne répondent pas, d’autres expliquent qu’ils ne peuvent pas vous accueillir à vos dates, d’autres prennent le temps d’expliquer le déroulé d’une journée…
Le plus important, c’est de faire confiance à ses hôtes, et ce n’est que du bonheur (et beaucoup de travail quand même) !

NDLR : n'hésitez pas à consulter notre dossier Faire du WWOOFing pendant un séjour à l'étranger.

Après tes différents WWOOFing, tu as entamé la partie boulot payé ?

Ensuite, je suis partie à Kyoto ! J’ai eu beaucoup de chance, j’ai trouvé assez rapidement un travail de serveuse/cuisinière dans le café de l’Institut Français, et à côté de ça, j’ai aussi trouvé un travail de plongeuse/barmaid dans un izakaya, au black.
Un izakaya, c’est un peu l’équivalent d’un pub en Angleterre ou d’un bar à tapas en Espagne. On y sert des boissons alcoolisées tout en picorant des plats que l’on partage.
C’est un lieu convivial où les gens se retrouvent pour finir leur journée (amis, collègues…). Dans certains izakayas (comme là où je travaillais), il ne s’agissait pas d’une seule grande pièce comme c’est le cas dans un bar, mais de plusieurs petites pièces de tailles différentes qui peuvent accueillir deux personnes pour les pièces les plus petites, jusqu’à environ une cinquantaine de personnes pour la plus grande salle.
Le travail était assez physique (surtout cumulé avec le travail au café) et il m’est arrivé plusieurs fois de me blesser. Pas grand-chose, surtout des coupures. Mais c’est sûr que travailler au black, ce n’est pas rassurant. Et puis, il y a aussi la crainte de se faire virer du jour au lendemain.

J’avais aussi deux élèves, un pour le français et un pour l’anglais.
Cet été-là a été intense dans tous les sens du terme : c’était une course contre la montre perpétuelle pour aller à mes différents jobs, la chaleur était insoutenable (et je devais faire une heure de vélo juste pour aller au travail, j’arrivais toujours avec des grosses gouttes de sueur… quel glamour !). Je devais trouver le temps (et l’énergie) pour améliorer mon japonais, faire de nouvelles rencontres, des petits voyages dans la région lorsque je pouvais avoir un jour de congé (environ une fois tous les 15 jours). Les émotions étaient toujours très fortes.
La vie au Japon n’est pas facile et très chère, même si je ne suis pas dépensière. Il fallait payer le loyer et économiser pour reprendre la route.

Malgré la fatigue, je ne voulais arrêter aucun de mes jobs. Chacun m’a apporté quelque chose :

  • Le travail à l’institut Français : des collègues géniaux, un terrain de jeu pour améliorer mon japonais, des clients souvent (mais pas toujours) bienveillants… Et puis, je pouvais manger du fromage !!
  • Le travail à l’izakaya était assez physique et intense. J’ai souvent voulu partir, mais là-bas, j’ai pu observer et j'ai beaucoup appris sur la culture japonaise (notamment en faisant des erreurs, mais c’est aussi comme ça qu’on apprend, non ?).
  • Les cours de français et d'anglais m’ont permis de rencontrer deux personnes très intéressantes et avec des parcours de vie assez particuliers.

Je ne me rappelle plus combien je gagnais par heure pour les cours d’anglais et de français, mais c’est ce qu’il y a de plus rentable, et de loin ! Au Japon, je ne cherchais pas simplement un travail, je voulais aussi m’intégrer et mieux comprendre cette culture par le travail.
Donner des cours, c’est un avantage au niveau financier mais sans ça il m’aurait été plus difficile de m’intégrer. C’est pourquoi, j’ai fait le choix de cumuler avec d’autres emplois.
Je gagnais 850 yen/heure pour l’izakaya et 900 yen/heure pour le café de l’Institut français.
Mes revenus pouvaient être très variables. Au café, j’avais des heures fixes mais pour l’izakaya, je recevais un message le matin pour savoir s’ils avaient besoin de moi et je ne savais jamais à quelle heure j’allais finir. Pas simple pour organiser ses journées et pour prévoir un budget !

Il faut aussi prendre en compte le fait qu’au Japon, on est payé avec un mois de décalage, donc on ne touche pas de salaire le premier mois, il faut attendre le mois suivant.

Quel regard portes-tu sur le monde du travail au Japon ?

Je dirais qu’il faut toujours être sur ses gardes et savoir chasser (un peu) le naturel. Autant mon travail au café me laissait une grande autonomie et les clients étaient assez compréhensifs, autant je devais toujours être très vigilante lorsque je travaillais à l’izakaya.
J’étais la première étrangère qu’ils embauchaient et j’ai vite compris que lorsque je travaillais là-bas, je ne pouvais plus vraiment être moi-même. En plus du travail qui était assez physique, Il fallait toujours faire attention à mon comportement, aux sujets de conversations, toujours être de bonne humeur… De plus, les relations (qu’elles soient entre collègues/patron/clients) sont toutes codifiées et il est parfois difficile de les assimiler. Il est donc très facile de faire des erreurs sans le vouloir.
Comme dans n’importe quelle intégration, il faut ajuster sa personnalité aux pratiques culturelles et professionnelles du pays où l’on va.
La rigueur n’est pas un mythe et le droit à l’erreur n’existe pas. Une fois, l’izakaya était bondé et j’étais assez dépassée par toutes les commandes de boissons. J’ai fait une erreur sur une boisson. J’ai tout de suite averti ma collègue (la femme du patron) qui venait tout juste de servir le verre à la cliente. Trop tard, le mal était fait. Ma collègue a dû aller s’excuser, et je me suis excusée auprès d’elle et de mon patron tout le reste de la soirée... Et le reste de la semaine. Aucun reproche ne m’a été fait mais après cela, ils ne m’ont plus jamais demandé de préparer une boisson. La sanction était dure mais j’avais fait une erreur donc je comprenais leur décision.

As-tu des conseils pour trouver un travail ?

Dans mon cas ce sont : la chance, le bon timing et mes amies qui m’ont aidée à trouver du travail. Montrer qu’on est très motivé et être capable de parler un peu japonais est un plus.
Pour le café, c’est une personne du staff de l’auberge de jeunesse où je vivais qui m’en a parlé. Il s’agissait d’une amie à elle qui quittait son poste pour voyager en PVT en France !
Pour l’izakaya, pendant qu’on était posées dans un café, une amie japonaise rencontrée en France a dit qu’elle allait m’aider. Première annonce trouvée sur Internet (sur Hello work, il me semble), un appel, l’entretien s’est fait 20 minutes plus tard et j’ai été prise !
Pour les cours, j’étais inscrite sur Hellosensei .com et My-sensei.com.

Ensuite, tu as repris la route !

En novembre, j’ai repris la route pour descendre dans le sud du Japon, puis retour à Kyoto pour quelques jours. Un voyage en Corée du Sud et retour à Kyoto pour deux semaines où je décide sur un coup de tête de partir découvrir Taïwan. Puis de retour au Japon, je retourne voir une des familles où j’avais fait du WWOOFing, puis direction le nord et Hokkaido avec un ami rencontré en WWOOFing.

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Retour à Tokyo, les derniers jours sont difficiles mentalement et physiquement... L’idée de quitter ce pays me déchire le cœur et mon genou me fait également souffrir. Malgré un tour à l’hôpital, rien n’y fait et il m’est difficile de marcher.
Mon genou était comme bloqué et lorsque je marchais, cela faisait comme une déchirure. Cela faisait déjà plusieurs années que j’avais des problèmes de genou. Là, la douleur a très certainement été provoquée durant mon séjour dans l'Hokkaido quelques jours auparavant, où il y a eu une tempête de neige. Je n'avais pas de chaussures adaptées et mon genou a pris beaucoup de chocs et s’en est trouvé très fragilisé.
Je me rappelle avec émotions la frustration de ce moment où je voulais faire mes adieux au Japon en profitant une dernière fois de ses odeurs, ses couleurs, sa nourriture, tous ces inconnus que l’on peut croiser dans la rue, toutes ces choses qui vont me manquer. Mais non, je reste bloquée dans mon auberge de jeunesse (heureusement, j’ai le soutien d’un ami qui vit à Tokyo !).

Quel bilan fais-tu de ton année au Japon ?

À la fin de ces 10 mois, je dirais que mon niveau de japonais s’était nettement amélioré ! Il était très loin d’être parfait mais je pouvais me débrouiller au quotidien sans grande difficulté, avoir des conversations simples. Il m’a juste manqué du temps pour peaufiner ma grammaire et donc me permettre d’avoir des conversations plus compliquées. J’avais focalisé mon apprentissage sur l’oral, donc il m’est difficile de lire ou d’écrire les kanjis, ce qui peut être assez handicapant (documents administratifs, menus au restaurant…).
Avec les Japonais, généralement les relations étaient excellentes ! Si parfois je tombais sur une personne qui n’appréciait pas les étrangers, je passais mon chemin mais en règle générale, les Japonais sont curieux et bienveillants, et j’ai eu la chance de rencontrer beaucoup de personnes très intéressantes et aussi de me faire des amis.

Lorsque je suis retournée au Japon en novembre 2017, j’ai pu revoir mes amis. Même après deux ans, le temps n’avait pas effacé notre amitié !
Je me rends compte que je n’avais pas vraiment d’attente avant mon départ au Japon. Je ne savais pas vraiment pourquoi j’y allais mais juste que je devais y aller. J’étais juste très curieuse. Ces 10 mois resteront gravés à tout jamais dans ma mémoire. J’ai pris tout ce qu’il y avait à prendre et j’ai jeté le reste.
Au niveau personnel, je me sentais assez épanouie lorsque j’étais au Japon et ça me manque terriblement (même si la vie était loin d’être facile là-bas).

Au niveau professionnel, cela m’a permis d’avoir une meilleure maîtrise de moi.
Je sais que ces dix mois m’ont changée. Je ne saurais pas exactement mettre les bons mots sur ce changement, mais ce qui est sûr c’est que c’était une aventure extraordinaire !

Une fois ton PVT Japon terminé, tu es rentrée en France. Tu peux nous en parler ?

Vous l’aurez compris, le retour en France a été très difficile. Je m’y étais pourtant préparée mais on n’est jamais assez préparé au manque.
Après cette expérience, le quotidien me parait bien fade. Mais il faut bien aller de l’avant ! J’ai eu la chance de trouver un travail (pas dans ma branche) mais ça me laisse le temps de réfléchir. Après quelques mois, il devient évident à mes yeux que j’ai besoin de changements, de repartir... Cette fois, ce sera la Corée du sud.

Pourquoi as-tu choisi la Corée du Sud ?

Au début, j’ai beaucoup hésité entre la Corée du Sud et Taïwan. Au final, j’ai choisi la Corée du Sud car elle est plus proche du Japon et la langue est plus accessible. Ayant quelques bases de coréen, cette langue ne me paraissait pas insurmontable, alors qu'ayant étudié un peu le chinois à l’université, je savais que j’aurais beaucoup plus de difficultés à apprendre seule cette langue.
Je ne suis donc pas partie dans le même état d’esprit que lors de mes autres voyages et ce sera peut-être "ça" la clé. Avec le peu de recul que j’ai aujourd’hui, je crois que je suis partie en Corée du Sud moins bien préparée et moins organisée (pour laisser plus de place à l’improvisation). Et contrairement au Japon où je partais sans attente particulière, je suis partie en Corée en mettant la barre très haut (de façon inconsciente) et en voulant faire encore mieux que le PVT Japon. Quelle erreur ! Et quelle stupidité !
Bien sûr, je pars avant tout pour découvrir ce pays qui m’avait tant fascinée, mais je pars aussi pour fuir, fuir ma peur de l’avenir et du quotidien et ne pas avoir à répondre à cette question qui me terrifie : "Qu’est ce que je vais faire de ma vie ?".
Autre changement, je décide de ne pas faire de WWOOFing et d’être volontaire dans des auberges de jeunesse (quelques heures de travail par jour contre un lit et souvent du riz et/ou des noodles).

Comment s’est passée ton arrivée en Corée du Sud ?

Je suis arrivée en Corée du Sud le 29 mars 2017. Je suis restée deux mois à découvrir Séoul, puis j’ai fait un petit road trip pour rejoindre Busan où je suis restée environ 5 mois.
À Busan, j’ai trouvé un premier travail mais je n’ai pas concrétisé l'embauche car la patronne de la guesthouse où j’étais m’a proposé de m’embaucher (au black).
C’est la principale erreur de ce PVT. Je n’aurais jamais dû accepter cette proposition. J’ai travaillé deux mois et je suis partie du jour au lendemain, cette situation n’était plus tenable pour moi. Le problème n’est pas de souffrir parce que le travail peut être difficile, le problème se pose quand la source de ta souffrance est ton travail.

Tu peux nous dire ce qu'il s’est passé ?

Dès le début, lorsque je n’étais que volontaire, je sentais que la propriétaire ne m’appréciait pas tellement. Mais elle m’a assez vite proposé de travailler pour elle. Après avoir pesé le pour et le contre, j’ai choisi d’accepter son offre et de refuser un travail dans un restaurant.
Dans ce travail, je devais m’occuper du petit-déjeuner, faire un peu de travail en réception et le ménage. Dès que je suis passée employée, le comportement de ma patronne s’est encore plus durci.
Elle aimait bien me répéter qu’elle ne "me payait pas pour penser" (bien fort et devant le maximum de clients), m’envoyait des messages à n’importe quelle heure de la nuit, me reprochait des choses totalement infondées, elle me surveillait tout le temps à travers la vidéo-surveillance pour s’assurer que je faisais quelque chose (alors que mes autres collègues coréennes étaient souvent affalées sur le canapé quand il n’y avait rien à faire). Et la liste est encore longue !
C’était franchement très pénible et pesant, mais bon je ne comptais pas faire ma vie là-bas donc j’arrivais à passer outre et à faire profil bas.
Et puis, un jour les relations avec les deux autres volontaires (deux amies qui voyageaient ensemble et qui étaient arrivées avant moi et devaient rester plus longtemps) se sont un peu tendues (encore aujourd’hui, je ne comprends pas ce qu’il s’est passé, sans doute beaucoup de quiproquos). Bref, cette fois-ci, j’étais totalement isolée donc je suis partie.
C’était mieux pour tout le monde : à la fois pour la guesthouse (ma patronne m’a dit qu’elle était très contente que je sois partie et j’imagine que mes collègues et les volontaires ont aussi été soulagées, ce que je peux comprendre puisque j’étais devenue un élément indésirable), et aussi pour moi.
Il faut savoir que ma patronne voulait, comme elle le disait à sa façon, "un esclave" qui lui obéisse au doigt et à l’œil 24 h/24. De nature discrète, je n‘aime pas me faire remarquer et ma patronne pensait sûrement que comme j’étais seule (ce qui peut être mal vu en Corée du Sud), je serais plus facilement "manipulable".
Je suis peut-être passée à côté de quelque chose, une erreur ou un faux pas totalement involontaire.
Aujourd’hui, je dirais que je n’ai tout simplement jamais eu ma place là-bas (ni auprès de ma patronne, ni auprès des volontaires). J’étais de trop et je crois qu’au fond de moi, je le ressentais mais n’arrivais pas à en prendre conscience.
En tout cas, c’était la première fois que j’étais confrontée à une telle situation pendant un séjour à l’étranger. Cela m’a totalement déstabilisée, j’étais perdue. Heureusement, mes amis en France ont été un soutien précieux pour moi !
J’ai trouvé une autre guesthouse, en tant que volontaire, où je suis restée un mois, avant de retourner deux semaines au Japon. Ces deux semaines ont été un vrai bol d’air pour moi. Retrouver ce pays qui m’a tant manqué, revoir des amis, découvrir et redécouvrir des lieux m’ont fait reprendre goût au voyage et m’ont redonné le sourire et l’énergie que j’avais un peu égarés en Corée.

Une fois de retour en Corée du Sud, tu en as profité pour mieux découvrir le pays.

En mode road trip, j’ai visité des villes petites par leur taille mais grandes par leur histoire, et des parcs nationaux.
J’ai eu la chance de voyager le long de la côte littorale au sud de la Corée qui regorge de pépites (Geoje, Yeosu, Namhae, Boseong), Gwangju et Jeonju pour son histoire et quelques parcs nationaux (Hallyeohaesang, Wolchusan, Mudeungsan) qui se trouvaient sur mon chemin. Sinon, en règle générale, tous les chemins de randonnées qui mènent à des trésors cachés, les temples, chaque recoin de rue…

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Ensuite, j’ai eu la grande chance de décoller en direction des Philippines (un voyage inoubliable ! Le PVT, c’est aussi permettre la découverte de pays voisins) et puis retour à Séoul pour une semaine avant de rentrer en France pour les fêtes de fin d’année.

Quel bilan fais-tu de ton PVT en Corée du Sud ?

Mon voyage en Corée n’aura duré que 9 mois et il sonne beaucoup plus creux que tous mes anciens voyages. Bien sûr, j’ai fait quelques belles rencontres mais j’ai le sentiment que cette fois-ci, je perdrai vite le contact. Ici, beaucoup de gens m’ont déçue et j’ai peut être déçu des gens mais le pire c’est quand je prends conscience à quel point je me suis déçue. Ce pays m’a fait trébucher plusieurs fois, j’ai essayé de me relever tant bien que mal mais en tout cas, face à moi-même il m’a montré des facettes de ma personnalité que je ne connaissais pas (malheureusement, pas les meilleures). Finalement, la clé d’un voyage tient essentiellement dans les personnes que l’on rencontre.
Beaucoup de personnes rencontrées en Corée du Sud pouvaient être assez superficielles. Assez solitaire, je ne me sens pas obligée d’être entourée par des gens. En Corée du Sud, les personnes croisées (Coréens et étrangers), à l’inverse, avaient souvent besoin d’être entourées quitte à avoir des amitiés superficielles. Il n’y a pas de personne en particulier qui m’ait déçu mais disons plutôt, qu’humainement, je n’ai pas eu la chance de rencontrer autant de belles personnalités que lors de mes voyages précédents.
Avec assez peu de recul, je dirais aujourd’hui que c’est aussi en partie de ma faute. Dès le début, j’étais plongée dans une atmosphère assez particulière où tout le monde parlait sur tout le monde dans l’auberge de jeunesse où j’étais à Séoul (ça arrive partout dans le monde ce genre d’ambiance, bien sûr, mais c’était la première fois que j’étais baignée dans cet environnement). Je crois que cela a fait que j’étais facilement sur mes gardes avec les gens, et donc à mon grand regret, pas assez ouverte aux rencontres.

Pourquoi dis-tu que tu t’es déçue toi-même ? Ça sonne un peu dur, non ?

Déjà, le fait que je sois partie sans prévenir personne de l’auberge de jeunesse où je travaillais. Je trouve ça à la fois irrespectueux et très lâche.
En temps normal, je pense qu’il est très important de communiquer pour régler les problèmes, mais cette fois-ci j’étais face à un mur avec ma patronne. La communication était rompue. Travaillant au noir, j’avais très peur qu’elle ne me donne pas ma paie ou pas entièrement si je lui disais que j’avais décidé de partir. J’ai donc attendu ma paie et suis partie le lendemain avec toutes mes affaires.
Au-delà de ça, le fait de me rendre compte de mes limites. Avant la Corée du Sud, j’avais déjà travaillé quelques mois dans des pays en Amérique latine et au Japon, j’avais toujours bien réussi mon intégration.
Vivre comme une expatriée ce n’est pas vraiment mon truc et là, pour la première fois, je ne me suis pas intégrée à cette société. J’ai vécu cela comme un véritable échec.

Hyperconsommation, superficialité, hypersexualisation permanente, la pression que subissent les femmes, la chirurgie esthétique, le make-up à outrance qui te transforme en une autre personne pour ne pas à avoir à assumer qui tu es. Réussir ses examens, réussir sa carrière, être entouré en permanence "d’amis", faire croire que l’on est parfait, l’art de faire croire que notre vie est parfaite, je n’y arrive pas. Tous ces idéaux ne me ressemblent pas et vont contre mes valeurs. Cette société de la perfection montre à quel point je suis un être fait d’imperfections qui essaie tant bien que mal de s’assumer.
Pour la toute première fois, je n’arrive pas à m’intégrer, je vis comme une expatriée. Cela va à l’encontre de mes principes mais j’ai beau essayer, je ne peux pas, je n’y arrive pas, alors je vis en retrait et en profite pour observer de loin cette société et essayer de mieux la comprendre.
Mon histoire avec la Corée est loin d’être idyllique mais si tout avait été négatif, je serais rentrée beaucoup plus tôt en France !
Si c’était à refaire, je le referai sans hésiter une seule seconde ! Certes, mes souvenirs sont plus mitigés que lors de mes voyages précédents mais aujourd’hui j’ai compris que mes mauvaises expériences sont aussi peut être liées au fait que la Corée du Sud n’est pas un pays fait pour moi.
J’adore ce pays mais je sais que nous ne sommes pas compatibles, tout simplement.

Tu as quand même aimé certains côtés de la Corée du Sud ?

C’est sûr que j’ai eu quelques mauvaises expériences et j’avais peut-être mis la barre un peu trop haut après mon PVT au Japon. Je mets beaucoup l’accent sur les côtés négatifs mais ce pays reste un pays magnifique et assez magique qui ne cesse de vous surprendre au quotidien !

Sans être originale, le fait de se sentir en permanence en sécurité est très confortable ! Être seule à un café et pouvoir s’absenter quelques minutes en laissant l’ordinateur, le téléphone et le porte-monnaie sur la table sans se poser de question, c’est quand même inestimable ! Ou encore, rentrer tard le soir sans se demander si cela peut être dangereux.

La nature est très présente en Corée du Sud, composée en grande partie par des montagnes. La facilité d’accès à la nature et la tranquillité, loin de l’agitation de la ville. À Busan (comme dans la plupart des villes), il est très facile de s’évader pour faire une belle randonnée ou profiter des plages en été.

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La richesse et la diversité des paysages en Corée du Sud sont tout simplement uniques et inépuisables.
Son histoire et ses traditions passionnantes. La Corée du Sud a une histoire contemporaine compliquée et reste parfois tourmentée et enchaînée par son passé. Néanmoins, elle réussit à conserver ses traditions tout en essayant d’aller de l’avant (notamment au niveau des nouvelles technologies).
La nourriture coréenne ! (et pourtant je n’aime pas la viande donc ce n’était pas tous les jours facile car beaucoup de plats sont à base de viande). Parfois troublante, on se laisse facilement surprendre par sa cuisine unique ! Et puis, les cafés, bien sûr ! En Corée du Sud, on ne prend pas de dessert à la fin du repas. Par contre, il y a des cafés à la fois originaux et délicieux à chaque coin de rue. Parfait pour caler une envie de sucré !

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Très cliché, mais j’adore les karaokés !
Comme dans beaucoup de pays asiatiques, les Coréens sont généralement très accueillants.
Pour résumer, seule la Corée du Sud sait créer une atmosphère assez indescriptible à la fois unique et cosy, un peu comme un cocon (même si la vie peut s’avérer très dure là-bas).
Maintenant que je suis rentrée en France, la Corée me manque beaucoup et le retour reste difficile (malgré une expérience mitigée).
Mais je sais que la question qui me hante est déjà en train de refaire surface "Et maintenant, qu’est ce que je vais faire de ma vie ?"

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Pour suivre les aventures de Céline : la p’tite bougnate en balade.

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