Pour le choix de la destination, ça a commencé de manière assez particulière : j’ai découvert un jour qu’en Nouvelle-Zélande, il n’y a pas de serpents. J’ai une phobie énorme des serpents, et donc, pour moi qui adore la randonnée, l’idée de pouvoir me balader en nature sans avoir peur d’en croiser, contrairement à la voisine Australie, m’a bien plu ! Puis je me suis renseignée davantage, j’ai découvert la culture maorie et la variété de paysages incroyables de ces îles, je me suis imaginée randonner dans tous ces lieux… et découvrir ce pays un jour est devenu un de mes plus grands rêves.
Puis je me suis rendue compte que ce rêve n’était pas inatteignable ! L’idée et l’envie ont fait leur chemin tranquillement dans mon esprit et en 2023, après la fin de mes études d’anglais, ne sachant pas vers où me diriger professionnellement et sans attaches autres que mes proches (qui sont habitués à ce que je ne reste pas en place depuis bientôt dix ans), le moment était parfait. J’ai demandé mon visa, je l’ai obtenu le jour même, et quelques mois plus tard (le temps de tout préparer et de mettre de côté), je m’envolais pour l’autre bout de la terre !
Personnellement, j’ai pris un pass peu après mon arrivée, avec beaucoup d’heures puisque je savais que ça allait être mon moyen de transport principal. Le principe du pass est d’acheter un nombre d’heures puis de les déduire à chaque trajet. Par exemple, le trajet Wanaka vers Queenstown « coûte » 1 h 50. Le prix est régressif, plus on achète d’heures, plus le prix par heure est bas, et ça a été bien plus économique pour moi que de payer trajet par trajet. J’ai fait une bonne trentaine de trajets avec Intercity sur l’année. J’ai aussi racheté des heures à des personnes que j’ai rencontrées et qui n’en avaient plus besoin (c’est un bon plan, si vous avez acheté trop d’heures, revendez-les !).
Alors c’est sûr, voyager en bus a ses bons et ses moins bons côtés !
- Évidemment, on dépend des horaires. J’ai parfois dû me lever très tôt, ou au contraire tuer le temps avant le départ du bus. On est moins libre de ses mouvements qu’en voiture.
- Une fois sur place, s’il n’y a pas de réseau de transports en commun, il ne nous reste que nos jambes ! À Kaikoura par exemple, je suis arrivée le soir, je n’avais pas de nourriture avec moi et tout était fermé dans le centre (alors que c’était censé être ouvert). J’ai marché quasiment une heure et je suis revenue dans la nuit pour m’acheter de quoi dîner…
- Il y a des endroits que je ne conseillerais pas sans voiture : Greymouth, par exemple. À part le bord de mer (auquel on peut accéder en marchant le long de la route) et un cinéma, il n’y a pas grand-chose à faire dans la ville. Pour les petites villes comme Kaikoura, renseignez-vous ou prévoyez votre dîner à l’avance si vous arrivez tard !
- Si vous aimez randonner et que vous ne trouvez personne pour vous prendre en stop ou des personnes qui ont un véhicule, il faudra parfois marcher pour vous rendre au départ des sentiers !
- Le jour de mon anniversaire, j’ai voulu me rendre fière de moi et compléter une longue randonnée : Alex Knob, à Franz Josef. C’est situé sur la West Coast, la région où il pleut le plus en Nouvelle-Zélande… j’ai eu de la chance, c’était le seul jour où il ne pleuvait pas, mais il avait beaucoup plu avant, le chemin était rempli de boue et le ciel complètement bouché… j’ai fait les 3 km le long de la route pour me rendre au départ du sentier (personne ne m’a pris en stop), puis les 17,2 km de la randonnée… j’ai été chanceuse, une famille m’a prise en stop au retour, sinon j’étais repartie pour 3 km alors que je n’en pouvais plus ! Sur le coup c’était vraiment dur, mais maintenant j’en ris, ça restera une anecdote cocasse !
- À Taupo, je me baladais le long du lac depuis plus de deux heures quand un orage a éclaté. J’avais vu précédemment qu’il y avait une ligne de bus dans la ville et je me suis rendue à un arrêt indiqué sur Maps. À l’endroit indiqué, dans une rue résidentielle, un poteau et un petit panneau avec un sigle « bus » mais pas de fiche horaire, et plusieurs horaires contradictoires sur internet… J’ai attendu dans l’espoir qu’un bus arrive, j’ai fini par en avoir un, et j’étais la seule passagère ! Et pendant que j’attendais, un camion poubelle est passé et le chauffeur, surpris, m’a demandé si j’attendais le bus, voilà à quel point ce n’est pas commun dans les petites villes !
- Prendre le bus veut aussi dire porter ses sacs ! Je n’avais pas tellement de choses mais ça pèse vite lourd et à la fin de mon voyage, je portais quasiment 30 kg répartis en deux sacs à dos… autant dire que je sélectionnais mes auberges de jeunesse en fonction de leur proximité par rapport aux arrêts de bus, pour avoir le moins de marche possible ! Cela dit c’est souvent drôle, mes colocs de Wellington disaient que j’étais une « double tortue » avec mes deux sacs et de fait, on attire les regards, et sur mes trajets plusieurs personnes m’apostrophaient, ça amuse généralement les gens et ils vous souhaitent du courage !

C’était important pour moi mais ne pas avoir son propre véhicule : pas de charge mentale liée à la voiture, pas besoin de trouver ni payer un parking, pas besoin de payer les possibles réparations, ni de la revendre…
Généralement les arrêts de bus sont en centre-ville, ce qui rend les trajets jusqu’aux logements plutôt courts, et ensuite on est directement au cœur de l’endroit pour pouvoir le visiter.
Personnellement, mes bus ont toujours été à l’heure et, à part un ou deux, les chauffeurs ont toujours été sympathiques. Certains racontent même des anecdotes ou des légendes sur les endroits par lesquels on passe, c’est intéressant et une bonne manière de découvrir la culture locale !
Je dirais que ne pas avoir de voiture peut être un frein selon ce qu’on souhaite faire : je voulais faire du fruit picking et ça n’a pas été possible du fait que je n’avais pas de véhicule. J’ai fait beaucoup de recherches pour voir si c’était réalisable mais les vignes ou les champs de kiwis par exemple étaient toujours trop loin des centres et il n’y avait pas ou trop peu de transports en commun donc j’ai fini par abandonner l’idée. Donc si c’est votre envie, ça sera plus compliqué sans véhicule perso et vous aurez sûrement plutôt un travail en ville.
Après, tout est possible ! Vous pouvez aussi rencontrer une personne avec laquelle faire du covoiturage, ou vous faire emmener en stop jusqu’à votre lieu de travail en nature et avoir un logement sur place fourni par l’employeur… il y a sûrement des façons de faire !
Dans tous les cas, je conseille de vous renseigner avant, déjà de refaire votre CV à la manière néo-zélandaise, ça vous évitera de perdre du temps sur place, et de lire les témoignages d’anciens pvtistes, qui vous donneront une idée des expériences qu’on peut avoir en Nouvelle-Zélande.
- une chambre en colocation à Wellington pendant 4 mois
- un lit en dortoir avec mes collègues de travail à l’auberge de jeunesse à Queenstown pendant 5 mois
- le reste du temps, j’allais d’auberge de jeunesse en auberge de jeunesse ! Et ça m’est arrivé quelques fois de me prendre une ou deux nuits en chambre seule quand j’étais malade par exemple (j’ai eu un genre de bronchite à un moment, j’étais clouée au lit toute la journée, en dortoir ça n’est pas idéal, ni pour soi ni pour les autres), quand ça n’était pas cher ou quand je n’avais pas le choix, dans la péninsule du Coromandel par exemple où il n’y avait pas d’auberges !
Je suis partie en me disant « je vais dire oui le plus possible » (tout en gardant bien sûr mon libre arbitre et en faisant confiance à mon instinct, je pense que c’est très important) et ça m’a été bénéfique ! J’ai par exemple dit oui à une randonnée tôt le lendemain matin avec un Néerlandais rencontré dans la cuisine de mon auberge à New Plymouth alors que je cherchais les étiquettes pour labelliser ma nourriture un soir où j’étais très fatiguée… j’ai eu des courbatures pendant trois jours après mais ça a été ma première randonnée à plusieurs, j’ai appris à connaître cette personne ainsi qu’une Danoise et une Chinoise tout en montant dans la neige et au milieu des palmiers et ça a été une journée géniale ! (et en plus il avait une voiture donc j’ai aussi eu cette opportunité de faire une randonnée que je n’aurais pas pu faire autrement)
Donc oui, je referais la même chose : les choix que j’ai faits m’ont amenée à des rencontres, qui elles-mêmes m’ont amenée des opportunités de voyages, de randonnées et même d’emplois (j’ai remplacé un ami qui quittait son job à l’auberge de jeunesse de Queenstown, et qui m’a recommandée au patron) ! J’ai eu la chance de découvrir la culture malaisienne de mes trois colocs et d’assister à la remise de diplôme de l’une d’entre elles à Wellington, de me lier d’amitié avec d’autres voyageuses solo rencontrées au sommet de montagnes, de skier au mois d’août, de voir les plus beaux paysages de ma vie et de dépasser mes limites… j’ai lié des amitiés qui perdurent deux ans plus tard, alors je ne regrette rien !
Je pense que j’aurais juste aimé oser louer une voiture (à la journée, ou pour quelques jours) plus tôt ; il y a des endroits que j’aurais pu aller voir et je me suis mise des barrières (confiance en moi et en mes capacités). Mais je suis déjà fière de moi de l’avoir fait à la fin de mon voyage et de ne pas être passée à côté de la beauté du Coromandel, je me suis écoutée et c’était le bon moment pour moi !
Ce qui m’aide personnellement, où que j’aille, c’est de me renseigner en amont, de regarder les avis des autres voyageurs (pour les auberges par exemple), et de suivre mon instinct. Ça me permet de me rassurer. Si j’ai un doute, je n’y vais pas.
J’ai fait beaucoup de randonnées seule, et je ne peux pas dire que j’étais tout le temps à 100 % tranquille. C’est dur de passer au-dessus des réflexes qu’on a eu toute sa vie mais je peux dire qu’il ne m’est jamais rien arrivé en nature.
Les seules fois où j’ai pu ressentir de l’insécurité qui était peut-être justifiée, c’était en ville, à Auckland et à Wellington, le soir, mais je peux compter ces fois sur les doigts d’une main.
J’ai souvent choisi des dortoirs pour femmes pour me sentir plus en sécurité et plus à l’aise… et quand, une nuit, je me suis retrouvée seule dans un dortoir avec 5 hommes et que je n’ai pas dormi de la nuit (ronflements en concert + lit qui ne faisait que bouger), j’ai changé d’auberge le lendemain matin. Écoutez votre instinct !
J’ai souhaité partir en voyage seule, pour pouvoir faire mes propres choix, et suivre mes envies et je souhaite à tout le monde de ressentir la liberté que ça m’a apporté. C’est incroyable. Aller à son rythme, vivre son voyage comme on le veut, c’est génial.
Partir solo t’offre la liberté d’aller au gré de tes envies : tu veux rester solo, ou rencontrer du monde ? Tu peux faire les deux ! Si tu veux créer du lien, discuter avec tes voisins de dortoir, trouve n’importe quelle excuse pour commencer une conversation (la météo, demander à quelqu’un ce qu’il ou elle cuisine, si il ou elle a un conseil sur un endroit à visiter… je te jure, ça fonctionne) et hop, tu crées un contact humain ! C’est plus ou moins facile selon ta timidité, ton aisance dans la langue et ton mood du jour, mais ça amène toujours de chouettes conversations, qu’elles durent deux minutes ou qu’elles se transforment en un road-trip ensemble ! De mon expérience, ça aide aussi à se sentir en sécurité dans un dortoir, par rapport à soi-même et à ses affaires, parler à quelqu’un fait qu’une « relation » est établie, et qu’une forme de confiance se crée. En plus, on est beaucoup dans le même cas : on voyage à des milliers de kilomètres de chez soi, on est tous loin de nos proches et on est donc en recherche de connections fortes. Les amitiés se nouent vite et sont solides !
Je comprends totalement qu’on ait peur de partir solo, c’est un pas vers l’inconnu et ça peut être angoissant. Et c’est normal d’avoir peur ! De douter également, de se demander si on a fait le bon choix, de se dire « mais qu’est-ce que je suis en train de faire ? ».
Au moment du départ, sachant que je n’allais pas voir mes proches pendant un an, ça a été très difficile, mais une fois dans l’avion, l’aventure commençait et l’excitation a pris le pas sur la tristesse et la peur. Je savais pourquoi j’étais là !
Deux mois avant mon départ en Nouvelle-Zélande en 2023, je suis partie un peu plus de deux semaines en Interrail, de la France jusqu’en Roumanie, pour aller voir une amie. Ça m’a aidée pour anticiper mon voyage en Nouvelle-Zélande : le quotidien en auberge de jeunesse, la débrouillardise, les plans A, B et C, le contenu de mon sac à dos… ça m’a confirmé que je savais me débrouiller seule et ça m’a rassurée !
Bien sûr tout n’a pas été facile, ça reste une année de vie avec ses hauts et ses bas, mais je retiens les mauvais moments comme des anecdotes ou des enseignements, et les bons comme des souvenirs que je garde précieusement. Ce qui est sûr, c’est que ça a été la meilleure année de ma vie et que j’ai rarement perdu ce sourire et cette joie.
Si vous décidez de vous déplacer en transports en commun, partez en sac à dos, évitez les valises ! Il y aura des pentes, des escaliers, des petits chemins… ce sera toujours plus facile de porter un sac à dos que de tirer une valise.
Si vous n’aimez pas la nature, choisissez une autre destination que la Nouvelle-Zélande ! Ce ne sont pas les villes qui font que ce pays est exceptionnel !
C’est personnel mais je conseille aussi de tenir un journal de bord (le mien était sur mon téléphone pour plus de praticité, je m’envoyais mes notes par e-mail et je suis en train d’en faire des albums de voyage papier) pour vous rappeler des endroits, le nom des gens, de vos ressentis… il se passe tellement de choses pendant un an qu’on a vite fait d’oublier plein de détails !
Et surtout, construisez votre propre aventure : que vous randonniez les 3 000 km du Te Araroa ou que vous passiez un an à travailler dans un bureau à Wellington, ce voyage vous appartient ! Un seul mot d’ordre : PROFITEZ !
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