Naima, partie seule en PVT en Australie, en couple au Canada

Date de publication : 17-02-2022

pvtistes : Bonjour, peux-tu te présenter ?
Naima : Bonjour, je m’appelle Naima, j’ai 27 ans et je suis originaire du Nord-Est de la France. J’ai fait une licence en tourisme international, plusieurs stages à l’étranger et un road trip d’un an en Amérique Latine avant de commencer mes aventures de pvtistes !
pvtistes : Tu as fait un PVT en Australie et un au Canada. Pourquoi tu as choisi l’Australie dans un premier temps ?
Naima : Pour être honnête, je savais qu’il était possible de bien gagner sa vie en Australie, même sans qualification particulière, et j’étais à une époque de ma vie où j’avais besoin de renflouer mes poches. J’avais aussi une amie proche qui vivait à Melbourne depuis 5 ans, mon choix s’est alors porté sur cette ville pour commencer (j’y ai au final passé plus de 17 mois). C’était aussi l’occasion de perfectionner mon anglais. Je parlais couramment espagnol, mais j’étais plutôt inconfortable lorsque je devais parler anglais. L’Australie réunissait donc pas mal de critères que je recherchais à cette époque de ma vie !
pvtistes : Qu’as-tu fait en Australie ?
Naima : Arrivée à Melbourne, j’ai tout de suite commencé à chercher un boulot et un appart. J’ai obtenu un job comme réceptionniste dans un espace de coworking (là où j’ai rencontré plus tard mon fiancé).
J’ai cumulé pas mal de boulots, notamment barista dans un café et serveuse dans une boîte de nuit le vendredi et samedi soir. J’avais un train de vie de fou, avec le recul, je devais travailler plus de 60 heures par semaine. Je ne sais pas si je pourrais refaire ça maintenant.
J’ai ensuite rencontré quelqu’un, ce qui a considérablement changé mes plans, puisque je comptais acheter une voiture et partir découvrir l’Outback australien. Ça ne s’est finalement pas fait, mais ce n’est que partie remise !

Naima pvtiste australie canada

pvtistes : Qu’as-tu le plus et le moins apprécié en Australie ?
Naima : Ce que j’ai aimé le plus : la qualité de vie et le pouvoir d’achat. Les opportunités de travail sont infinies, et pas besoin d’expérience ou de diplôme (comme c’est souvent demandé en France, par exemple). Que ce soit en ville ou en campagne, tout est possible en Australie. C’est génial de pouvoir débarquer dans un pays, et qu’on te fasse confiance aussi rapidement. Il est aussi possible de gravir les échelons assez facilement (commencer comme simple employé et finir manager/supervisor). En cela je trouve l’Australie très facile d’accès, il est possible de gagner très bien sa vie et de pouvoir beaucoup économiser pour des projets perso ! J’ai peut-être moins apprécié le côté très conventionnel des Australiens, mais je n’ai vécu qu’à Melbourne donc ce n’est pas une généralité. Beaucoup ne cherchent pas forcément « plus loin que le bout de leur nez », et se contentent de mener une existence de métro-boulot-dodo (et vacances/sorties entre amis et autres événements bien sûr).
De manière générale je n’ai pas rencontré d’Australiens avec des projets un peu fous, de voyages, de découvertes, qui sortent un peu des sentiers battus. J’imagine que c’est le revers de la médaille, de gagner aussi bien sa vie et de mener une existence dans l’hyper-confort.
pvtistes : Tu es ensuite partie en PVT au Canada, qu’as-tu fait ?
Naima : Nous sommes partis d’Australie avec mon copain, pour arriver à Vancouver où nous avons un pied-à-terre (une de ses tantes vit là). Nous avions accepté un job de housekeeping (= employé de ménage) à Osoyoos, dans l’Okanagan Valley, car à l’époque (en 2021 en pleine pandémie) il était nécessaire d’avoir une offre d’emploi pour pouvoir rentrer au Canada. Nous avons acheté une voiture et sommes partis vers cette région, mais quand nous sommes arrivés, nous avons réalisé que les vendanges allaient commencer très prochainement, et nous avons décidé de ne pas aller nettoyer des chambres, mais plutôt d’aller cueillir des raisins ! Naima pvtiste australie canada Après 2 mois complets de vendanges et un beau compte en banque, nous sommes allés faire une saison de ski dans le Rocheuses, moi comme Guest Services Agent, et Jack comme Lift Attendant (gestion des remontées mécaniques). Nous avons passé 5 mois en station, puis vendu notre petite voiture pour acheter un van aménagé. En avril, nous sommes partis dans le Yukon pour travailler dans une ferme autonome. Il s’agissait d’un Workaway à la base, mais nous avons fini par devenir employés. S’occuper des chevaux, des poules, repeindre les bâtiments, chasser et préparer la viande, préparer le potager, construire une cabine en bois, préparer le champ pour les semences de blé… En avril, on voyait des aurores boréales tous les soirs, et puis fin juin il faisait jour jusqu’à 1 h du matin ! C’était vraiment une expérience unique et incroyable. Nous avons ensuite pris 2 mois de vacances en juillet/août, pour découvrir le Yukon et conduire jusqu’au Cercle Polaire Arctique, puis redescendre toute la côte ouest, par le nord de la Colombie-Britannique, puis le centre, en prenant un ferry le long des fjords et îles pour rejoindre l’île de Vancouver. Le tout en van et en camping sauvage. Venu septembre, nous sommes retournés faire une saison de vendanges dans l’Okanagan, et avons pris le large pour l’Amérique Latine, de fin octobre à début mars !
pvtistes : Qu’est-ce que tu apprécies le plus et le moins au Canada ?
Naima : Ce que j’aime le plus : incontestablement la nature, les grands espaces, la densité de population ultra faible. Jamais je n’ai vu de paysages aussi splendides et impressionnants qu’au Canada. Tout est préservé, semble intouché. Dans le nord de la Colombie-Britannique on voyait plus d’ours que d’humains ! Il y a des lacs et des cascades partout, des randonnées sublimes, des kilomètres et des kilomètres sans personne, sans réseau… Le pays parfait pour se déconnecter et se (re)connecter à la nature et à soi-même. Nous n’avons pas payé une seule nuit en 1 an de voyage car nous dormions dans notre van (et au début dans notre petite Ford Escape). La nature est vierge, gratuite, splendide ! Le gros moins dans l’ouest, c’est le salaire et le prix exorbitant des loyers, ce qui ne nous a pas tellement concernés finalement mais c’est un point important à souligner. Pour un job sans expérience, le salaire tourne autour de 15 dollars canadiens bruts par heure. Et le prix de la vie est bien plus cher qu’en France, sur tous les aspects, surtout la nourriture et les loyers. Il nous semblait inconcevable de gagner 15 $/heure et de tout dépenser dans un loyer et dans des charges. C’est en partie pour cela que nous avons choisi de vivre en van et de faire de la cueillette de fruits, qui est payée au rendement et donc, est beaucoup plus lucrative ! Important de souligner aussi le prix exorbitant des forfaits téléphonique (80 dollars pour 30GB. Oui, oui, c’est bien ça, vous avez bien lu !). La Colombie-Britannique possède une seule compagnie d’assurance qui a le monopole sur le marché, donc les assurances voitures sont extrêmement chères également.

Naima pvtiste australie canada

pvtistes : Tu es partie seule, puis en couple, peux-tu nous dire, pour toi, les avantages et inconvénients de chaque situation ?
Naima : Quand on part seul en PVT comme en voyage, l’avantage c’est qu’il n’y a pas de compromis à faire, et la seule personne à écouter et à satisfaire est nous-même. Il y a vraiment un sentiment de liberté total qui est très grisant. Je pense qu’il est aussi parfois plus facile de trouver des jobs seul qu’en couple, des colocs pour se loger, et bien sûr de manière générale on rencontre plus de monde quand on voyage seul. Tout dépend de la vie qu’on décide de mener, mais je ne suis pas sûre que j’aurais accompli tout ce que j’ai fait au Canada sans mon partenaire. Quand il s’agit de road trip, de randonnées, de passer du temps isolé et loin des villes, je pense qu’avoir un compagnon de route est vraiment un plus. Le fait que mon copain soit anglais/australien a également été un gros plus pour trouver du boulot au Canada, notamment lors d’interviews (entretiens) par exemple.
pvtistes : Quel est ton meilleur souvenir de voyage ?
Naima : Il y en a plusieurs… Un soir sur la Alaska Highway, nous nous sommes enfermés en dehors de notre van… heureusement (presque miraculeusement) il y avait du réseau sur cette section de la route et nous avons pu appeler notre road assistance. Après ce petit contretemps, nous avons fait un feu de camp, près de la rivière, observé les castors. Quand la nuit est tombée, les aurores boréales ont commencé à danser dans le ciel. C’est ça le Canada. Un autre moment fort, lorsque nous étions au Yukon, j’ai lu un livre trouvé sur une vieille étagère dans la ferme où nous travaillons. Il s’appelait Ralph Edwards of Lonesome Lake et retraçait l’histoire d’un pionnier venu s’installer dans une vallée quasiment vierge au centre de la Colombie-Britannique dans les années 1920. Le livre racontait sa vie de trappeur, ses rencontres avec les loups et les ours, sa vie isolée avec sa famille dans les montagnes. Je suis tombée en amour pour cette région à la lecture du livre. Nous avons par la suite décidé d’y aller en août. En effet, même en 2021, l’endroit était difficile d’accès, isolé et très préservé. En plein mois d’août, nous étions les seuls à camper et pêcher au bord des rivières qui regorgent de saumons et de truites. C’était magique. Nous avons fait quelques belles rencontres (frayeurs) avec des ours aussi. Je pense par exemple à la fois où 20 minutes après avoir cuisiné et fait la vaisselle dehors, une maman grizzly et 3 bébés de 2 ans (aussi gros qu’elle !) sont venus nous rendre visite autour du van ! Ou encore la fois où lors d’une randonnée près de Stewart, je suis tombée nez-à-nez avec un ours noir, qui heureusement, a eu aussi peur que moi et a disparu en quelques secondes !

Naima pvtiste australie canada

pvtistes : Le moins bon ?
Naima : J’ai dû réfléchir longuement à ma réponse ! Peut-être en station de ski, au milieu de l’hiver, il y avait comme une dépression saisonnière qui pouvait s’installer. Le manque de soleil et de lumière naturelle, le froid constant, ajouté à ça le fait qu’avec les restrictions sanitaires, nous avions interdiction de nous réunir avec les autres membres du staff afin d’éviter une explosion de cas dans la station… Il m’arrivait de me sentir faible et sans énergie. C’est d’ailleurs pour cela que nous passons l’hiver au Mexique cette année !
pvtistes : Comment tes proches ont réagi à tes départs ?
Naima : Je suis partie vivre à l’étranger quand j’avais 18 ans. Depuis, je n’ai fait que des allers-retours et je n’ai passé que peu de temps en France. Entre l’Australie et le Canada, je n’ai pas pu rentrer en France à cause de la Covid-19, cela fait donc 3 ans que je n’ai pas remis les pieds en France et revu ma famille. Mes proches seraient définitivement plus choqués et dans l’incompréhension si je leur disais que je rentrais en France ! Ils m’ont toujours vue comme un « oiseau libre ». Tant qu’on se parle régulièrement et que tout va bien, il n’y a vraiment aucun souci de ce côté-là.
pvtistes : As-tu des conseils pour les futurs pvtistes, jeunes professionnels et/ou pour ceux qui hésitent à se lancer ?
Naima : Oui, j’aimerais leur dire qu’il ne faut pas avoir peur de se lancer et de sortir de sa zone de confort ! Beaucoup de pvtistes viennent au Canada et vivent au final une vie très similaire à ce qu’ils ont vécu/pourraient vivre en France. Le Canada a tellement plus à offrir. Ne pas oublier cette chance que l’on a de pouvoir avoir un an ou deux dans un autre pays, et vivre pleinement ! Bien sûr tout le monde n’a pas les mêmes besoins, ressources et envies, mais il faut vivre ses rêves, ne pas avoir peur de l’inconnu. L’argent ça va et ça vient, mais le temps lui ne revient jamais… Les seules barrières auxquelles on est confronté sont celles de notre mental !

Naima pvtiste australie canada

pvtistes : Et pour finir, quels sont tes projets en cours ou à venir ?
Naima : Nous prévoyons un road trip de 3 mois dans l’ouest des États-Unis de avril à juin. Puis nous avons un contrat de cueillette de cerises, suivi par un contrat de cueillette de raisins, toujours dans l’Okanagan. Nous prévoyons un retour en Europe (enfin !) à Noël prochain, avant d’aller s’installer pour de bon en Australie (nous avons fait un partner visa, qui me donne la résidence australienne). Quand je dis « s’installer » en Australie, je veux dire acheter un 4×4 et découvrir le pays que je n’ai pas eu l’occasion de visiter lors de mon PVT. Merci de m’avoir lue !

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1 Commentaire

Asma
0 1

Mercin Naima pour tes conseils aux futurs pvtistes, je pense qu’on a tous besoin de l’entendre même si on le sait au fond de nous ! Kiffe bien 😉

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