Thibault : 2 PVT En Amérique latine (Argentine et Brésil)

Thibault alias Thibault42

Thibault alias Thibault42

  • Localisation São Paulo, État de São Paulo, Brésil
  • Destination -
  • Profession Photographe de Mariage
  • Dernier diplôme obtenu -

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Thibault a parcouru l'Asie et l'Amérique Latine avant de choisir l'Argentine, puis le Brésil, pour des PVT.

Hello Thibault, peux-tu te présenter ?
J’ai 27 ans et j’ai grandi dans une petite ville de Vendée, aux Herbiers très exactement. À mes 19 ans, je suis parti étudier à Rennes et c’est à cette époque que mon envie de voyager a commencé.

Au départ, ce désir était très rationnel, juste l’envie d’apprendre une nouvelle langue. Je me rends compte maintenant que je voulais connaître d’autres mondes, d’autres modes de vie, de manières de penser et étendre ma perception de moi-même, mon monde, ma propre vie.

C’est à mes 23 ans que j’ai décidé de partir en Amérique du Sud pendant 7 mois avec mes deux meilleurs potes. En tant que Français et aimant les histoires de voyages, j’ai grandi en regardant Ushuaïa, et l’Argentine a été ma première étape. :)
Thibault PVT Argentine

Tu as beaucoup voyagé en Amérique Latine et en Asie. Tu nous racontes ?
Après avoir fini mes études, j’ai pris mon backpack pour parcourir l’Amérique Latine. L’idée de départ était d’associer le volontariat et le voyage afin d’économiser de l’argent pour voyager plus longtemps.

Durant 7 mois nous sommes passés en Argentine, Brésil, Bolivie, Pérou, Équateur et Colombie pour rester à peu près un mois dans chaque pays. Nous avions décidé, avant de partir, que nous ferions tous nos déplacements en bus ou en stop, toujours dans un souci d’économie et pour avoir cette sensation de vraiment parcourir les lieux que nous avons traversés.

Cette première expérience de voyage hors du continent européen a été un peu comme un retour en enfance, chaque découverte était comme un nouveau monde qui se présente. L’opportunité de se redécouvrir. Je pense que nous perdons cette magie lors que nous commençons à trop nous habituer à notre routine, notre vie, notre pays, notre ville. Voyager m’a permis de m’ouvrir et de sincèrement croire en l’autre.

Nous avons travaillé dans diverses fermes grâce au programme WWOOF Argentina. Nous avons eu de bonnes expériences et certaines plus dures. Lorsque tu t’apprêtes à faire du volontariat, il est important d’être prêt à vivre comme tes hôtes : je me souviens d’une ferme dans laquelle nous avons travaillé à Purmamarca où nous devions nous occuper de chèvres. Même si le lieu était magique, nous avons eu des difficultés à nous adapter aux conditions de vie… Par exemple, la nourriture fournie était très insuffisante avec seulement une soupe le matin et une soupe le soir. Je me souviens par contre d’une très belle expérience dans une ferme isolée qui s’appelle Aldea Luna, dans le nord de l’Argentine. Là-bas cette famille est habituée à recevoir beaucoup de bénévoles, formant ainsi une grande communauté internationale. Nous avons vécu tous ensemble, travaillant dans une réserve naturelle, avec des repas délicieux, et sans électricité. Oui, sans électricité ! =)

Le passage dans les autres pays a été fait d’une manière plus traditionnelle, entre auberges de jeunesse, points touristiques et paysages sublimes, comme l’Altiplano bolivien, mais aussi des découvertes gastronomiques et, par chance, la coupe du monde de foot au Brésil.

À la fin de ce tour en Amérique du Sud, je suis revenu en Europe et je suis parti habiter un temps à Barcelone. Mon désir de voyage est vite revenu. Par chance, et peut-être le destin, j’ai retrouvé en Espagne une amie brésilienne que j’ai connue en Argentine. Sa prochaine destination était l’Asie. En moins de deux mois, je me suis organisé et nous nous sommes envolés ensemble pour l’Inde. Nous avons passé trois mois dans ce pays entre visites touristiques, villes sacrées et volontariat. Notre voyage en Inde a été un succès et nous avons vu que nous étions de bons compagnons de voyage. Du coup, nous avons continué ensemble notre périple. Nous sommes allés au Népal, en Malaisie et en Thaïlande.

L’esprit de ce voyage était différent du premier. Nous sommes restés plus longtemps dans chaque lieu afin de mieux connaître la vie et la culture des habitants. J’ai aimé, lors de nombreux moments de ce voyage, m'asseoir sur un banc et juste contempler la vie des gens qui passaient devant moi.

Mes expériences les plus riches ont été dans des lieux simples remplis de petites découvertes.
Thibault PVT Argentine
Thibault PVT Argentine
Thibault PVT Argentine
Thibault PVT Argentine
Thibault PVT Argentine

Tu es ensuite parti faire un PVT en Argentine, plus précisément à Buenos Aires. Pourquoi avoir choisi ce pays, et cette ville ?
Parce que j’ai continué à être vraiment passionné par ce pays. Ce premier pays de découvertes. Ce pays qui représente encore pour moi l’aventure, la liberté.
C’est par pure logique que j’ai choisi Buenos Aires. Parmi toutes les villes de ce pays, j’ai senti que Buenos Aires serait celle où les opportunités de travail seraient les plus nombreuses, comme c’est une ville touristique et la capitale économique du pays.

Mais au final, même s’il s’agit d’une grande capitale, ce n’est pas vraiment une « ville monde », il y a peu d’opportunités de travail pour anglophones ou francophones.

Te souviens-tu de tes démarches pour ce PVT ?
J’ai décidé de faire un PVT à la fin de mon voyage en Asie. Ça n’a pas été bien difficile de trouver les informations concernant la documentation nécessaire. Même en voyageant j’ai réussi à réunir les documents nécessaires pour faire une demande de PVT. L’unique problème pour moi était d’aller à l’ambassade d’Argentine à Paris pour faire cette demande. Bien que j’avais prévu de retourner en France pour rendre visite à ma famille avant de voyager en Argentine, j’ai dû m’organiser et trouver un créneau pour me déplacer à Paris durant ce bref passage.

Si je me souviens bien, les démarches étaient assez simples, bien expliqués et rapides. Tout ce processus a duré moins d’un mois !

Retrouvez les démarches pour obtenir son PVT Argentine dans ce dossier !

Comment s’est passé ton PVT en Argentine ? Parlais-tu espagnol avant de partir ? Et maintenant ?
Ça été une expérience super enrichissante !

J’ai rapidement trouvé un emploi. Le fait de savoir parler espagnol, sans aucun doute, m’a été d’une grande aide pour chercher un travail et pour se faire de nouveaux amis. Là-bas, j’ai trouvé deux emplois, un qui me garantissait un revenu mensuel et un autre où j’ai pu développer ma passion de la photographie. Durant tous mes voyages, mon appareil photo m’a toujours accompagné et c’est en Argentine que j’ai décidé d’essayer la photographie comme profession.

Bien qu’il ait été facile de trouver un emploi, mon salaire n’était pas très élevé et ne me permettait pas de voyager. La vie se résumait aux découvertes de la ville et son quotidien, nouveaux bars, restaurants, parilla avec des amis et les villes environnantes de Buenos Aires, qui me permettaient de fuir cette grande ville.

Quelqu'un qui souhaite partir en PVT dans un pays hispanophone, et qui ne parle pas encore bien la langue, pourra toujours l’approfondir sur place. Et, comme dans beaucoup d’endroits du monde, il y a beaucoup de Français à Buenos Aires. :)
Thibault PVT Argentine
Thibault PVT Argentine

Envie d'apprendre ou de progresser en espagnol avant votre PVT ? On en parle par ici.

Si tu devais comparer la vie quotidienne en Argentine et en France, quelles seraient les plus grosses différences ?
Vivre en Argentine m’a beaucoup appris sur l’instabilité économique, l’inflation, l’insécurité sociale. Pour moi, il s’agit des grandes différences entre mon pays d'origine et le pays que j’ai choisi d’habiter. De cette manière, j’ai pu prendre conscience des petits privilèges dont on peut bénéficier en France et de l’injustice sociale et économique du monde.
Quels sont tes meilleurs souvenirs en Argentine ?
À la toute fin de mon séjour en Argentine, mon frère est venu me rendre visite et passer un mois avec moi. Nous avons voyagé ensemble en Patagonie, et ce trip reste un de mes plus beaux souvenirs !

Nous avons pris l’avion jusqu’à El Calafate dans le but de voir le glacier Perito Moreno. Nous avons ensuite fait du stop jusqu’à El Chalten pour faire un trek de 4 jours autour du Fitz Roy et camper en pleine nature. Le paysage était vraiment incroyable, d’un côté des étendues désertiques et de l’autre cette impressionnante chaîne de montagnes qu’est la Cordillère des Andes.

J’ai aussi adoré photographier un mariage traditionnel gaucho, et bien entendu manger l’asado qui va avec. 😉
Thibault PVT Argentine
Thibault PVT Argentine

Et les pires ?
Je n’ai pas vraiment eu de mauvaise expérience en Argentine, je me rappelle juste de petites choses quotidiennes qui pouvaient parfois être irritantes comme par exemple :

- Aller au supermarché et devoir présenter son passeport pour utiliser sa carte bancaire, du coup il est impossible de prêter sa carte de crédit à un ami ou à sa copine pour aller acheter quelque chose.
- Que le dollar soit vraiment la monnaie de référence pour des dépenses importantes ou pour payer le loyer, ils communiquent le montant en dollars même si tu reçois un salaire en pesos.
- Avoir des coupures de courant fréquemment, surtout l’été quand tout le monde allume sa climatisation, et passer plus d’un jour sans électricité.
- Ne pas avoir de service de recyclage.

Tu es désormais installé au Brésil. Pourquoi avoir choisi ce pays ?
À Buenos Aires, je vivais avec ma compagne brésilienne, c’est avec elle que je suis parti voyager en Asie. Après cette vie en Argentine, nous nous sommes rendus compte qu’il serait important de connaître l’un l’autre nos pays respectifs, moi le Brésil et elle la France.

Nous avons d’abord pensé au Brésil, j’ai vu dans ce pays une super opportunité pour continuer et approfondir ma carrière comme photographe de mariage. Ici, au Brésil, le marché du mariage est vraiment énorme. L’envie aussi de photographier des mariages sur de belles plages paradisiaques… 😉

Qu’est-ce que tu aimes dans la vie au Brésil ?
J’adore le climat, mais la gastronomie brésilienne a vraiment été une grande surprise.
En France, je n’avais jamais vraiment entendu parler de la cuisine d’ici et c’est pour ça que j’ai été surpris par l'immense variété de plats typiquement brésiliens ! Il y a aussi énormément de fruits dont je ne connaissais même pas l’existence. Je me souviens de mes premières semaines à São Paulo où je découvrais un nouveau fruit chaque semaine !
Et y a-t-il des choses que tu n’apprécies pas ?
Il y a bien sûr la sécurité sociale quasi inexistante, les conditions de vie et ses énormes inégalités. Cela reste toujours difficile de voir certains quartiers de São Paulo et passer devant des maisons luxueuses tout confort puis voir surgir des favelas à quelques mètres. Ce fort contraste entre l’opulence et l’extrême pauvreté…

Il y a aussi une violence quotidienne au Brésil : l’agressivité sur la route, la brutalité de certains discours politiques, la violence économique.
La violence physique existe bien entendu, mais cela m’attriste de voir la manière dont certains médias et certaines personnes explorent cette violence en créant un climat de peur et de désespoir.

La façon dont certains Brésiliens perçoivent l’Europe et les États-Unis, comme un lieu idyllique où tout est vraiment parfait, me dérange aussi. Ça conduit certains d’entre eux à ne pas comprendre du tout pourquoi je vis ici, au Brésil.

Quels conseils donnerais-tu à un PVTiste qui aimerait partir au Brésil ou en Argentine ?
Tout d’abord, il est important d’avoir une certaine connaissance de la langue, de posséder au moins les bases. Peut-être se préparer à une vie comme les locaux. Avoir en tête que le salaire sera bien plus inférieur que les salaires français. Je pense qu’il est prudent de venir avec un peu d’économie pendant cette phase d'apprentissage et de transition.

Je sens qu’au Brésil, il y a une plus grande facilité pour accéder à des services comme le logement, le transport, etc. Les prix sont moins exorbitants qu’en Argentine.

Mon plus grand apprentissage pour moi dans ces deux pays est la résilience, à quel point certaines personnes peuvent continuer et profiter des petits plaisirs de la vie bien que leurs situations sociales et économiques soient vraiment compliquées.

Et pour finir, quels sont tes projets désormais ?
Mon principal projet est de continuer à développer mon activité comme photographe de mariage, et commencer à travailler en France, car mon rêve serait de travailler entre ces deux pays que j’aime.

Merci à Thibault d'avoir pris le temps de partager son expérience ! :)

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