Tom a trouvé sa place au Canada !

Date de publication : 15-12-2021

Localisation

Bordeaux, France

Dernier diplôme obtenu

Licence

pvtistes : Bonjour, peux-tu te présenter ?
Tom : Je m’appelle Tom, j’ai 27 ans et je suis en PVT au Canada depuis le 10 septembre 2021. Je suis un homme transgenre. De plus, j’ai un trouble du spectre autistique et je suis dyspraxique. Ce sont deux troubles neurodéveloppementaux.
pvtistes : Pourquoi as-tu choisi le Canada pour partir en PVT ?
Tom : J’ai choisi le Canada car j’avais déjà réalisé un stage en hôtellerie à Montréal de mai à octobre 2019, en stage coop. J’ai adoré du début à la fin. J’étais en larmes à mon retour en France et je voulais repartir immédiatement.
Au bout de deux mois de stage, j’ai déposé ma candidature au PVT et j’ai été tiré au sort un mois plus tard. Malheureusement, je n’ai pu partir qu’en septembre 2021 à cause de la Covid-19.

pvtistes : Que fais-tu ici au Canada ?
Tom : Pour l’instant je travaille chez Lush, une chaîne de cosmétiques, en tant que saisonnier à Montréal. Je compte bien y rester le plus longtemps possible car j’adore ce travail.
pvtistes : Peux-tu nous parler de ton handicap ?
Tom : J’ai été diagnostiqué autiste et dyspraxique il y a 2 ans. Cela m’a permis de mettre des mots sur ma différence, de mieux me comprendre et d’avoir moins de scrupules à demander de l’aide et à poser mes limites.

Dans mon cas, mon trouble du spectre autistique se manifeste par des stims (auto-stimulations). Cela veut dire que je me balance, je sautille et je tourne sur moi-même. J’aime sentir les objets, j’ai des rigidités alimentaires, je ne supporte pas les bruits trop forts. Le plus important, j’ai énormément de problèmes de communication, ce qui m’affecte pour garder des liens avec les autres et me faire des amis.

La dyspraxie est un trouble de la coordination. Cela me pose problème dans différents domaines : la motricité fine (il y a certaines choses que je ne peux pas faire comme écrire au stylo, sauf quelques mots, certains gestes courants, etc.), me repérer dans l’espace (je ne sais pas utiliser les plans ou les cartes, par exemple), etc. C’est vrai que cela peut paraître effrayant, mais au fil du temps, j’ai trouvé des stratégies pour pouvoir me débrouiller seul et être autonome.

Par exemple, j’ai toujours mon casque à réduction de bruits (-25db) avec moi. Pour mes repas, je fais en sorte de cuisiner deux fois par semaine pour que ça soit moins fatiguant. Pour me repérer dans l’espace, j’utilise toujours Google Maps, en zoomant jusqu’à voir le nom des commerces apparaître car juste le nom des rues ne me suffit pas. Aussi, comme j’aime bien sentir les objets, j’ai un travail où c’est normal de sentir les produits. Je prends mes rendez-vous médicaux uniquement en ligne car je ne suis pas à l’aise avec le fait de téléphoner et je communique principalement par sms ou e-mail. Je mets des alarmes tout le temps pour me rappeler ce que je dois faire, etc.

D’ailleurs j’habite seul et je n’ai plus besoin de séances de psychomotricité.
pvtistes : As-tu rencontré des difficultés liées à ton handicap pour venir au Canada ?
Tom : Oui, surtout au moment où il fallait une promesse d’embauche. En effet, j’avais du mal à avoir un CV où mettre mes réalisations et mes qualités en valeur. Les employeurs ne se donnaient donc pas la peine de m’interviewer.

pvtistes : Comment gères-tu ton handicap au Canada ?
Tom : Maintenant que je suis au Canada, je gère encore mieux mon handicap.
La différence avec la France est énorme, je suis bien mieux considéré. La plupart des musées ou des activités sont accessibles pour moi. Par exemple, la musique est très faible dans la plupart des magasins pour faire les courses. Quand ce n’est pas le cas, j’ai mon casque anti-bruit.

Pour les activités, plusieurs sont organisées spécialement pour les personnes avec des problèmes sensoriels, comme le centre des sciences de Montréal.

C’est la vision de la société canadienne qui diffère de celle de la société française. Elle est bien plus ouverte aux différences, notamment au handicap. C’est la première fois que je vois autant de choses accessibles, sauf le métro, mais pour le reste je trouve ça parfait.

Là où je travaille, j’ai expliqué que j’étais autiste et dyspraxique et ils m’ont accepté comme je suis. J’ai expliqué ce que je ne pouvais pas faire et quelqu’un d’autre le fait à ma place. De plus, on est plusieurs dans ce magasin à être handicapés.

J’ai aussi expliqué plus tôt dans mon témoignage que je suis un homme transgenre. Là où je travaille, tout le monde a un badge avec ses pronoms. Sur le badge blanc (cf. la photo ci-dessus), chacun doit ajouter au marqueur ce qui lui correspond, pour moi « il/lui ». Je porte en plus un badge noir que j’ai amené sur lequel on peut lire ‘Queer autistic cutie ».

La plupart des lieux culturels ont des toilettes neutres pour les personnes qui ne sont ni des hommes, ni des femmes, ce qui n’existe pas en France. La société est très différente. Par exemple, je me maquille et j’ai des faux ongles vernis et je n’ai jamais eu un seul mauvais regard, que des compliments. Alors que la dernière fois que je me suis maquillé en France, j’ai littéralement pris des cailloux dans la tête.

C’est extrêmement agréable ici au Canada de ne pas avoir à regarder derrière soi pour voir si on est en sécurité et aussi le fait que tout le monde me genre correctement.
pvtistes : Quel est ton meilleur souvenir de voyage ?
Tom : Mon meilleur souvenir, c’est mon premier jour dans mon travail, où tout le monde a été très gentil et où j’ai commencé à me faire des amis.
pvtistes : Le moins bon ?
Tom : C’est le jour de mon arrivée. Mon Airbnb m’a planté à 1 heure de l’arrivée, mes valises ont été perdues, j’ai attendu 3 h 30 à l’immigration, ma carte pour payer l’hôtel ne passait pas, j’ai donc dû appeler ma mère à 3 h du matin pour qu’elle paye l’hôtel pour moi avec un formulaire. Heureusement, tout est rentré dans l’ordre en 3 jours.
pvtistes : As-tu des conseils pour les futurs pvtistes et/ou pour ceux qui hésitent à se lancer ?
Tom : Mon conseil pour ceux qui hésitent à se lancer : n’écoutez que votre instinct. Si moi j’ai réussi à le faire, vous pouvez aussi y arriver.
pvtistes : Et pour finir, quels sont tes projets en cours ou à venir ?
Tom : Mon projet est d’obtenir la résidence permanente au Québec, afin de pouvoir y vivre et de finir par devenir citoyen canadien.

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