Partir en road trip en Australie avec des inconnus

Article publié le 24-03-2018.

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Nathan a participé à notre concours "Devenez reporter PVTistes.net en Australie" l'été dernier. Son texte plein d'humour et sa vidéo très réussie nous ont plu et il s'est envolé le 5 février dernier pour Sydney ! Tous les mois, il nous propose un article, un récit sur notre forum Australie, ainsi qu'une création (vidéo, photos, dessin, etc.).

Précédents articles, récits et créations

Un début de WHV en Australie avec un niveau d'anglais moyen
3 semaines à Sydney... Des chinois, des surfeurs et des double whopper
Sydney, son ambiance, ses quartiers, en 4 minutes de vidéo

Après deux semaines passées à jouer les touristes à Sydney, il est temps pour moi de faire quelque chose d'un peu plus productif que de prendre des photos de l'Opéra au milieu d'une nuée de Japonais. Deux choix s'offraient à moi : rester à Sydney, trouver un travail chiant et mal payé et sombrer en dépression, ou partir à l'aventure sur les routes de Mad Max, avec « a horse with no name » dans l'auto-radio et cette délicieuse sensation de liberté qui émane des road-movies qui ont bercé mon enfance. Comme j'ai légèrement tendance à pratiquer la procrastination, j'ai choisi la seconde option. Le travail et la dépression attendront.

Trouver des travel mates

Partir à l'aventure, c'est bien. Mais le faire à plusieurs, c'est mieux. J'ai donc entrepris de trouver des gens sympa, avec grosso modo les mêmes plans que moi. A savoir, partir début mars, peu importe la destination, ne rien prévoir et vivre au jour le jour. Le meilleur endroit pour rencontrer de telles personnes, c'est bien évidemment les auberges de jeunesses. Le seul inconvénient c'est que dans les auberges, les gens vont et viennent, ne restent qu'une nuit, changent constamment de place. Dans ces conditions, difficile de tisser de vrais liens. L'autre moyen, c'est Internet. C'est sur, ça ne fait pas très naturel mais il faut croire que ça marche puisqu'au moment ou j'écris ces lignes, je suis au beau milieu d'un parc national, quelque part sur la côte est.

Le site de référence pour les petites annonces en Australie, c'est Gumtree, l'équivalent australien du Bon Coin. On peut y trouver un travail, une voiture, un appartement mais également des « travel mates ». D'abord pas très chaud pour rencontrer des gens de cette manière, je me contente de regarder quelques annonces. Juste pour voir. Il suffit de taper « travel » dans le moteur de recherche du site pour trouver des dizaines d'annonces de personnes de toutes nationalités en quête d'aventure. J'envoie deux ou trois SMS, après tout, je n'ai rien à perdre.

Des rendez-vous plus ou moins concluants

La première à me répondre est une Italienne, Francesca. Elle cherche quelqu'un avec qui acheter un van pour partir faire du fruit picking. Après quelques échanges téléphoniques, nous convenons d'un rendez-vous pour discuter un peu plus en détail de nos projets respectifs. La rencontre se passe bien. Cordiale, polie, sympa... Malheureusement, elle a un travail, un appartement, et elle ne peut pas tout quitter du jour au lendemain. Elle compte partir début avril, soit un mois après ce que j'avais prévu. Nous convenons donc de continuer nos recherches chacun de notre coté tout en nous tenant mutuellement au courant. Si aucun de nous n'a trouvé de « travel mate » d'ici fin mars, alors on pourrait envisager de partir ensemble.
Je continue donc continue d'envoyer des SMS dont la plupart resteront sans réponse. Jusqu'à ce qu'un certain Steve me réponde pour me proposer un rendez-vous.

Malgré son prénom de personnage de sitcom américaine des années 80, Steve est allemand (comme la moitié des backpackers d'Australie). Lui et un Canadien cherchent une troisième personne pour louer un van et relier Cairns par la côte est. Seul inconvénient, Steve a 31 ans. J'en ai 22. On se donne malgré tout rendez-vous à Hyde Park. Là-bas, j'apprends que Steve à prévu de rencontrer 6 ou 7 autres personnes après moi. Il est très sympa, mais ce rendez-vous tient plus de l'entretien d'embauche que d'une simple discussion entre backpacker. 24 heures plus tard, Steve m'envoie un SMS pour me dire à peu près ceci : « Après étude de votre dossier, nous sommes au regret de ne pas pouvoir lui réserver une suite favorable, malgré tout l'intérêt qu'il présente ». Ça n'a pas vraiment d'importance, puisque entre temps, trois Allemandes à qui j'avais envoyé un mail souhaitent me rencontrer. Elles cherchent une fille qui ne parle pas allemand. Bon, je ne suis pas vraiment une fille, mais mon allemand est à peu près aussi mauvais que mon albanais. On se donne rendez-vous, toujours à Hyde Park. J'apprends qu'elle viennent tout juste de se rencontrer et qu'elles souhaitent louer une voiture pour rejoindre Cairns. Elles sont toutes très sympathiques et ont pratiquement le même niveau que moi en anglais, mais pour une raison que j'ignore, je ne me vois pas vraiment voyager avec elles. Ça tombe bien, puisque j'apprends par SMS qu'elles ne se voient pas non plus voyager avec moi. Elles préfèrent quelqu'un qui parle couramment anglais pour mieux progresser...

Et finalement...

Ça fait une semaine que je cherche, dans mon auberge et sur Internet, et je n'ai toujours pas trouvé de gens avec qui voyager. Et la date que je m'étais fixé pour mon départ approche inexorablement. J'obtiens un 4e rendez-vous, encore une fois à Hyde Park (un peu de changement dans les lieux de rendez-vous ne me ferait pas de mal). Cette fois-ci, c'est un Belge (Arnaud) et deux Allemandes (Ines et Emilie). Eux aussi veulent louer une voiture et relier Sydney à Cairns via la côte Est. Ils se sont tous rencontrés sur Gumtree et cherchent une quatrième personne après qu'un des types avec qui ils étaient censés partir leur ait finalement posé un lapin (j'appendrai plus tard que le type en question est en fait un certain Steve, 31 ans, DRH de backpacker). Ils m'expliquent rapidement leur projet, me demandent ce que j'attends de ce road trip, etc. Ils ont l'air sympa, responsables et pas trop prise de tête. Après ce rendez-vous et contrairement aux trois Allemandes, j'ai vraiment envie qu'ils me rappellent pour me dire que je pars avec eux. Le soir, Emilie m'envoie un SMS pour me prévenir que je suis l'heureux gagnant d'un road trip d'un mois avec 3 personnes que je ne connais pas. Le départ est prévu pour dans deux jours...

Le lendemain, on se donne rendez-vous à l'agence de location pour récupérer notre voiture, une Mitsubishi plutôt petite, pour la maudite somme de 1 300 $ pour 1 mois, soit 325 $ chacun. Puis direction le centre commercial pour acheter tentes, nourriture et autre matériel de camping. Lors de cette même journée, j'apprends qu'une cinquième personne va nous rejoindre, mais pour 10 jours seulement. Un dénommé Sam, un Egyptien qui vit en Australie depuis 8 ans et qui a décidé de profiter de ses dix jours de vacances pour visiter la côte est. En rejoignant le projet en cours de route, je me rends compte que tout a déjà été planifié avant mon arrivée, et que je ne connais finalement que peu de détails sur notre projet. J'en connais encore moins sur mes nouveaux compagnons. D'où viennent-ils ? Quel âge ont-ils ? Que faisaient-ils avant de venir en Australie ? Depuis combien de temps sont-ils arrivés ? Ont-ils déjà fait un road trip comme celui-ci ? Je n'en sais rien. J'en viens à douter si rencontrer des gens sur Gumtree pour partir deux jours plus tard est finalement une bonne idée. Un mois c'est long. Peut être que sous cette carapace souriante et amicale, se cachent d'odieux connards ou de dangereux schizophrènes. Peut-être qu'en plein milieu du road-trip, ils vont m'attacher à un arbre au bord de l'autoroute et m'abandonner et prenant soin de ne pas me rembourser les 325 $ que j'ai dépensés pour la location de la voiture... Si ça ne se passe pas bien, je risque de gâcher une bonne partie de mon PVT.

Heureusement, après seulement quelques jours, je vis mon road trip exactement comme je l'imaginais. On n'écoute pas vraiment « A horse with no name » dans la voiture, mais le principal est qu'il n'y a pas eu d'incidents majeurs entre mes compagnons de voyages et moi depuis que l'on est partis. Seul imprévu, après seulement deux jours de voyage, Sam nous annonce qu'il doit rentrer à Sydney pour régler des problèmes à son travail. Nous continuerons donc le road trip sans lui. Le reste ressemble à tout ce qu'un occidental comme moi peut imaginer de l'Australie. J'ai vu les plus beaux paysages de ma vie (des plages désertes dignes d'un fond d'écran de Windows XP...

... des forêts humides...

...des lacs, des cascades)...

... des animaux de toute sortes (kangourous...

... dingos...

... lézards, iguanes...

... opossums, perroquets, pélicans, etc.)...

... et j'ai fait des rencontres surprenantes, comme cette quinquagénaire un peu bourrée qui nous a raconté des histoires de backpackers disparus au coin du feu (oui, oui, exactement comme Wolfcreek), ou encore cette vieille hippie un peu folle qui fait des rêves prémonitoires sur les tsunamis et qui m'a appris à jouer du didgeridoo... Le contraste avec ma vie à Sydney est saisissant.

On dort dans des parcs nationaux, on se réveille sans savoir ce que l'on va faire ou voir dans la journée, et on ne dépense finalement que très peu d'argent. Les campings sont parfois gratuits dans les parcs nationaux (à conditions d'arriver suffisamment tard et de partir suffisamment tôt), les repas sont rudimentaires mais bon marché (c'est grosso modo pâtes / sauce tomate tous les soirs)...

... et l'essence n'est pas si chère que ça quand on la partage en quatre. Je pense même dépenser moins d'argent qu'à Sydney. Mis à part bien sûr les quelques projets coûteux qui sont prévus pour les deux dernières semaines de ce road trip, comme Fraser Island, les Whitsundays ou les éventuels leçons de surf / plongée / parachute.

Seul point noir parmi toutes ces merveilles : mon anglais. Encore et toujours. Même si je pense m'être amélioré depuis le dernier article, c'est toujours difficile pour moi de communiquer comme je l'entends. Surtout que mes 3 partenaires sont tous des mega boss en anglais. Disons-le, ils sont carrément bilingues. C'est assez frustrant quand lors d'une discussion avec les locaux ou avec d'autres backpackers, tout le monde parle à toute vitesse tandis que pour moi, le temps de traduire la phrase dans ma tête et de préparer ma réponse, le sujet de discussion a déjà changé. J'ai parfois le sentiment d'être un peu à l'écart... Mais je sens clairement que le fait de voyager avec deux Allemandes qui parlent un anglais quasi-parfait m'a vraiment fait progresser par rapport à mon premier jour à Sydney, même si la tentation de parler français avec le belge est difficile à contenir.

En revanche, le fait de rester 24 h/24 pendant un mois avec d'autres personnes peut parfois se révéler pénible. Après quelques jours de voyage, on découvre les petits défauts de chacun, on supporte les humeurs des autres, on se trouve autant de divergences que de points communs et nos projets de road trip ne sont pas toujours les mêmes, pour des raisons d'envie ou de budget. Quant on est fatigué, que l'on a mal dormi et que l'on est de mauvaise humeur, on a parfois envie de rester seul une journée entière, loin de toutes ses discussions stériles à propos de ce que l'on fait de la journée, de quel camping choisir ou de quel itinéraire prendre pour aller à tel endroit. Mais ça fait partie du voyage. Et je suppose que même en partant avec son meilleur ami, on n'est jamais à l'abri de ce genre de désagréments.

A aucun moment je ne regrette d'avoir fait ce road trip avec des gens que je ne connaissais pas. Après tout, Internet est un moyen comme un autre de rencontrer des gens. C'est un peu comme une colocation. C'est toujours risqué de vivre avec des inconnus, surtout quand on retrouve dans le groupe plusieurs personnes à fort tempérament, mais il faut reconnaître que c'est quand même bien pratique. Si j'avais dû attendre de trouver la personne parfaite pour partir avec moi, je serai sans doute encore à Sydney. C'est toujours mieux de voyager avec un ami, mais pour ceux qui, comme moi, sont partis seuls, Gumtree s'est avéré être la solution idéale.

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Commentaires

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Julie
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Comme d’habitude, j’adore ton style :)

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Très sympa, une fois de plus. C’est marrant, tu as fait le chemin inverse de la plupart des PVTistes, qui en général, s’installent quelques mois dans une ville, et font un road trip plus tard. M’enfin, c’est pas plus mal 😉

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j’ai HÂTE !!!!!!!!

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Mathieu
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Très beau récit Nathan avec plein d’humour :)
Merci et très belles photos !

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J’adore tes articles =)
Et puis, t’inquiète, ça va bien se passer ^^.

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Raconte nous vite la suite =)

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Félicitation pour ton expression et ton humour toujours aussi drôle 😉 Bonne continuation et vivement la suite 😛

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Vraiment super Nathan ! Continue à nous raconter tes aventures, ça nous permet de voyager en étant en France :) (en attendant de se lancer avec le PVT !!)

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Sympa a lire. Par contre, tous les schizophrenes ne sont pas dangereux. Ralala les ravages des medias dans l’inconscient collectif. Je suis infirmiere en Psychiatrie donc j’ai pas pu m’empecher de relever ce prejuge…Les schizos sont avant tout des personnes hyper sensibles en souffrance. C’est leur deŕnier souci de faire du mal a autrui. S’ils font fu mal a quelqu’un cest avant tout a eux memes.
Ceci dit, article sympa a lire. Profite bien

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Laura
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Ca me fait penser a mon coloc a Toronto, un mec de 37 ans, moi 23, j’avais peur et en fait c’est le mec le plus adorable que j’ai connu dans les Canadiens! et c’est un vrai ami! Mais l’âge reste encore une barrière ! merci pour ce retour bien sympa a lire!!

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