Parmi les jobs que tu as effectués en Australie, duquel tu vas nous parler ?
De mes jobs en fruit picking et dans l’agriculture en général.
Tu travaillais déjà dans ce domaine en France ?
Non, je n’ai jamais eu l’occasion de faire les vendanges ou d’autres boulots en ferme.
Comment t’y es-tu pris pour chercher du travail en fruit picking ?
J’ai cherché sur place. Je n’ai pas spécialement eu le temps de chercher depuis la France.
Ça peut le faire de chercher avant d’arriver quand des employeurs postent leurs annonces 1 ou 2 mois à l’avance pour être sûrs d’avoir des équipes complètes mais la majorité des gens cherchent plutôt sur place.
Souvent, on est au bon endroit au bon moment, ou du moins on est disponible pour se rendre au bon endroit quand une occasion se présente (comme l’ont fait Jeanne et Gaspard, qui témoignent dans cette vidéo).
Mes deux premiers boulots en fruit picking, je les ai trouvés en appelant le service d’aide à la recherche d’emploi en ferme en Australie (en 2024, le gouvernement australien a décidé de supprimer cet organisme). Mais si ça peut vous rassurer, ce n’était pas miraculeux parce qu’ils avaient plus ou moins accès aux mêmes offres que nous quand on cherche sur internet.
Et mon dernier job, je l’ai trouvé par un copain qui bossait sur place et qui m’a proposé de le rejoindre.
Comment qualifierais-tu ta recherche ?
Pour le 1er boulot, j’ai appelé plusieurs jours de suite et on a fini par me proposer quelque chose. J’étais à Melbourne. J’ai rejoint, en train, une copine à Swan Hill et avec son van, on a rejoint une ferme au milieu de nulle part (je vous en parle plus bas, ça s’est assez mal passé).
Pour le 2e boulot, disons que j’ai eu de la chance, on m’a tout de suite proposé quelque chose. J’avais pris un avion pour Cairns, j’ai dormi à l’aéroport avec des Anglais, eux aussi sans toit pour la nuit et le matin et j’ai vu qu’il y avait du boulot pas très loin de Townsville, dans une Working Hostel (des auberges de jeunesse qui accueillent souvent plusieurs dizaines de backpackers et les envoient chaque jour dans les fermes des alentours qui ont besoin de main-d’œuvre).
Je suis allée réserver un billet de car et quelques heures plus tard, je suis arrivée dans une petite ville que j’ai eu du mal à quitter ensuite tellement j’y ai fait des belles rencontres.
Petite précision sur les Working Hostels : dans mon cas, ça a été une super expérience, mais je sais que certaines n’hésitent pas à dire au téléphone « oui, oui, venez, il y a du boulot en ce moment » pour que vous vous y installiez (et leur payiez un loyer), alors qu’il n’y a pas de travail ou alors pas suffisamment pour que vous gagniez de l’argent une fois votre semaine de loyer payée. Les deux villes où on entend beaucoup ce genre de témoignages, c’est Mildura et Bundaberg mais il y en a sans doute d’autres. Du coup, prévoyez un plan B au cas où ça ne se passe pas comme vous le voulez.
A-t-on exigé que tu aies des compétences ou des diplômes particuliers ?
Au téléphone, on ne m’a rien demandé du tout. Et sur place, non plus. Le fruit picking, c’est plus une histoire de fatigue que de réelle force physique, sauf pour certaines tâches physiques : la canne à sucre, les bananes et la plantation d’arbres (suffisamment grands pour être lourds).
Comment ça s’est passé ?
Le fruit picking a été un super souvenir pour moi, malgré des débuts plutôt ratés.
1re expérience : c’était du ramassage de raisin dans le Victoria. On est arrivées dans une ferme au milieu de nulle part (mais genre vraiiiment nulle part) et les gens ont directement été assez froids, voire bizarres. Il a pas mal plu donc on n’a pas tout de suite pu travailler. Et, quand on a pu s’y mettre, je n’ai pas été vraiment efficace donc l’argent gagné a été vraiment symbolique.
Si ça vous intéresse, j’en parle plus longuement dans mon post Une expérience en fruit picking plutôt ratée sur le forum.
2e expérience : bien meilleure comme expérience ! C’était dans le Queensland. Je suis arrivée dans une Working Hostel où il y avait une vingtaine de personnes. Dès le lendemain, je commençais une série de boulots assez variés comme du désherbage, de la plantation de graines, du ramassage de melons, de l’emballage de melons aussi ou encore du ramassage de citrouilles et de poivrons.
Ce que j’ai fait le plus, c’est le ramassage et l’emballage (picking et packing) de melons. La première tâche peut être fatigante d’autant qu’on fait ça en plein soleil pendant pas mal d’heures de suite. On est 5 ou 6 personnes alignées, on ramasse des melons et on les dépose sur un tapis roulant juste devant nous qui avance au rythme du tracteur auquel il est rattaché.
L’emballage est beaucoup moins physique, on est debout toute la journée mais on ne se penche pas et on ne porte pas des melons à longueur de journée donc ça fait du bien. D’ailleurs, c’est plutôt pas mal d’alterner entre les deux tâches parce que l’emballage, au début, ça ressemble un peu à Tetris, il faut faire entrer X melons dans une boîte, pas plus, pas moins. Mais dès qu’on a le coup de main par contre, on a sérieusement l’impression que son cerveau est en mode OFF…
Mais bon, à l’abri du soleil dans le hangar, sans se fatiguer plus que ça, on ne va pas se plaindre ! Et puis si tu t’entends bien avec les autres, c’est une bonne ambiance. Ah et j’avais le droit aux écouteurs. Je sais que c’est pas toujours le cas.
3e expérience : c’était dans le Territoire du Nord. C’était dans une tree nursery. Je plantais des graines, en hangar (travail machinal mais où il faut être rapide) ou dans les « champs » avec un crayon pour faire un trou dans la terre avant d’y mettre la graine. J’ai mis champs entre guillemets parce qu’en fait, ce sont des espèces de longs fils métalliques installés parallèlement les uns aux autres et qui se trouvent à environ 1,20 mètre du sol.
Dessus, on place des milliers de plateaux sur lesquels se trouvent une quarantaine d’emplacements où vont pouvoir grandir des arbres (20 centimètres environ) avant d’être vendus.
Vu de loin, on dirait un champ, c’est tout vert dès que les arbres commencent à pousser mais en fait, rien ne se passe à même le sol.
Il faut aussi désherber sous ces plateaux d’arbres, en rampant sous les fils métalliques et en se faisant arroser, plusieurs fois par jour, par l’arrosage automatique. Il faut aussi, de temps en temps, tourner les plateaux pour que l’exposition au soleil soit homogène. Bref, il y a pas mal de tâches différentes, c’est beaucoup moins physique que le fruit picking, même si quelques tâches peuvent être un peu plus fatigantes.
L’ambiance
Globalement, ce sont des expériences que j’ai adorées. J’ai beaucoup aimé travailler en extérieur et profiter du soleil au maximum. L’ambiance en Working Hostel était super, j’ai rencontré des personnes magiques venues de partout dans le monde. On a beaucoup parlé, cuisiné les uns pour les autres, regardé des films, joué au poker, bu des coups, fait des soirées (comme la Disco Party ci-dessous)… parfait pour mettre ses journées de travail derrière soi 🙂
Voilà les personnes rencontrées dans la Working Hostel…
… et celles rencontrées dans la Tree Nursery.
Si vous regardez bien, vous verrez qu’on était vraiment vraiment sales après une journée de boulot.
L’anglais
Pour l’anglais, c’est aussi une super expérience car on n’a pas besoin de bien parler anglais, les termes sont souvent les mêmes d’un jour à l’autre et pour peu qu’on s’entende bien avec quelqu’un qui parle anglais, on fait comme lui ou on lui demande de nous répéter la consigne si on n’a pas compris. Par contre, après quelques semaines à travailler et à vivre en anglais, on s’améliore !
Que recommanderais-tu aux futurs pvtistes en Australie ?
Je n’ai pas eu de souci de type arnaques en fruit picking donc je vais plutôt parler du boulot en lui-même. J’ai vraiment fait très attention (pendant toute mon année) à mettre beaucoup de crème solaire. J’en mettais à chaque pause ou presque parce que le soleil tape fort. J’ai vu plein de gens en mettre un jour sur deux, mais vraiment l’Australie est connue pour son trou dans la couche d’ozone, il faut faire attention.
Je portais aussi une casquette quand je travaillais en extérieur et je buvais énormément d’eau !
Si vous ramassez des fruits, attention, certaines personnes en ont abusé pendant les pauses et ont été assez malades. C’est connu, les fruits améliorent le transit 😉
On dit souvent qu’il faut porter des pantalons plutôt que des shorts, j’ai opté pour les deux, en fonction du travail que je faisais.
Pour le picking et le packing de melons, ça n’a pas vraiment été gênant, par contre, dans la tree nursery, je me suis plusieurs fois fait mal et attention, dans le Northern Territory, vers octobre/novembre, il fait extrêmement humide et malgré un soin sérieux de mes plaies, je suis rentrée en France avec des « bobos » que mon médecin a jugé inquiétants. Ils n’arrivaient pas à cicatriser avec l’humidité australienne pendant la « wet season« .
Parfois, en voyage, on ne prend pas trop soin de soi, mais si mes blessures ont pu être soignées en rentrant en France, un de mes copains a eu une aventure plus inquiétante. Il avait ramassé des mangues quelques semaines avant qu’on se rencontre et avait enflé sur tout le corps. Le liquide allergène contenu dans le manguier provoque, chez beaucoup de pickers, des réactions parfois impressionnantes (si vous ramassez des mangues ou des pêches et que vous voyez des premiers signes d’allergie apparaître, arrêtez votre boulot directement !).
Bref, un soir on a mangé une mangue. Il n’avait plus aucune trace de sa mésaventure avec les mangues depuis plusieurs semaines donc il ne pensait pas avoir de réaction allergique. Quelques jours après, son pied a commencé à enfler, il ne s’en est pas occupé et il a fini par avoir des cloques. Quand on est allés à Darwin, il est passé à la pharmacie parce que, quand même, il avait très mal et qu’il avait du mal à marcher. La pharmacienne s’est décomposée et lui a dit de prendre un taxi immédiatement pour aller à l’hôpital car il avait des risques de gangrène.
Pendant ton PVT, as-tu évolué dans les échelons ?
Non, disons que dans le Queensland, comme j’y ai vécu 2 fois, je connaissais bien le fermier chez qui je bossais et il me mettait souvent à l’emballage plutôt qu’au ramassage, donc c’est plus du favoritisme qu’une évolution 😀
Quel salaire touchais-tu ?
Mon expérience remonte à quelques années, le salaire minimum australien a augmenté depuis, surtout pour les boulots en « casual » comme le fruit picking donc en faisant des semaines complètes de 40 heures, on peut gagner plus de 1 000 $ nets par semaine.
Quel(s) autre(s) job(s) as-tu faits pendant ton PVT ?
À Sydney, j’ai distribué des tracts, j’ai travaillé dans un solarium (le matin uniquement) et j’ai enseigné le français dans l’école de langue Berlitz (où j’avais travaillé à Toronto pendant mon PVT au Canada, du coup j’étais déjà formée). Et, pas très longtemps, j’ai été barmaid dans le bar d’une petite ville.
As-tu pu rester plus longtemps en Australie grâce à ton travail ?
Je ne suis pas restée en Australie, j’aurais pu, avec le 2e PVT Australie parce que j’ai fait plus 3 mois de fruit picking mais j’ai eu envie de rentrer et la vie a mis autre chose sur ma route donc je ne suis pas retournée en Australie.
Liens utiles
- Le guide/e-book GRATUIT et super complet Travailler dans les fermes en Australie (en bas de page).
- Récit de pvtiste : ramasser des fraises près de Perth ((bon ?) plan pour bosser donné dans l’article)
- La carte des fermes en Australie sur WHVaustralie.com A NE PAS MANQUER !





(11) Commentaires
Comme d’habitude, Julie la reine des bons plans et des infos utiles ! 😉 Et puis c’est sympa d’avoir à la fois des infos techniques, et puis des « à côté » : ambiance, expérience, bobos, …
Mais moi qui ADORE les mangues, ça me donne moins envie d’aller en cueillir, tout ça !
Ah oui les mangues, ça fait des ravages, après on doit pas tous réagir pareil mais sur certaines personnes c’est l’horreur et si je dis pas de bêtises le pire c’est sur les Asiatiques qui viennent bosser en Australie car ils n’ont pas l’habitude de manger des mangues, du coup leur corps ne comprend plus rien 🙁
Oui merci, pour les conseils aux futurs pvtistes (inside ^^) et pour l’envie que tu nous donne. 😛
Super article, merci Julie 😉
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