Aurélie, PVTiste à Whitehorse

Article publié le 06-07-2012.

À lire : un recueil d’entretiens de pvtistes partageant avec vous leurs expériences et leurs états d’âme. Plus d'infos...

Votre expérience nous intéresse ! Partagez-la avec les autres PVTistes en remplissant ce formulaire.

Ville de provenance
Je viens d'un petit village dans le sud de la Belgique. Actuellement, je vis à Bruxelles.

Villes de destination
Montréal dans un premier temps. Pour moi, il était plus facile d'arriver et de commencer cette aventure à Montréal. C'est une ville cosmopolitaine où il est assez facile de trouver du travail (job alimentaire), de s'intégrer et de s'habituer à la vie nord-américaine. J'hésitais également à passer une partie de mon PVT à Québec mais après un week-end passé là-bas, j'ai vite abandonné l'idée de m'y installer. Même si la vieille ville est très jolie, je ne me voyais pas du tout vivre là. C'est un sentiment que j'avais, aucune raison spécifique pour ceux qui se poseraient la question.

Sur place pendant combien de temps?
9 mois exactement. Je suis arrivée le 9 février 2010 et suis repartie le 9 novembre 2010. Ce n'était pas voulu à la base, mais malgré de longues heures de préparation, tous les projets qui se bousculent dans nos têtes, le PVT nous réserve parfois bien des surprises (bonnes ou moins bonnes). En fait, mon billet d'avion était moins cher ce jour là .

Baroudeuse ou pas ?
Quelle est la limite fixée pour se dire baroudeur? Je n'ai pas voyagé non-stop pendant mes 9 mois sur le territoire canadien mais j'ai quand même pas mal visité. J'ai fait la côte du Nouveau-Brunswick version rapide à la recherche de tous les phares, je suis allée quelques jours aux îles de la Madeleine (très beau, voiture conseillée, beaucoup trop de vent pour parcourir l'île à vélo... le stop fonctionne bien aussi) et l'île du Prince Edouard. J'ai également été à Terre-Neuve voir les icebergs (ma province préférée avec le Yukon), traversé le Canada en bus (Moncton-Whitehorse, 110h de bus presque non-stop), visité un peu le Yukon, Skagway, les Rocheuses et Vancouver. Et pour conclure, je suis rentrée via le Japon et Moscou. Alors, je peux me considérer comme une baroudeuse ou pas ?

Que faisais-tu en Belgique ?
Je travaillais dans un laboratoire. Mon contrat se finissait fin décembre 2009 et j'ai décidé de ne pas le renouveler pour plusieurs raisons.

Pourquoi cette envie de t’envoler pour le Canada ?
Je n'avais aucune envie de m'envoler pour le Canada. Je me suis retrouvée là un peu par hasard (et surtout à cause de la barrière linguistique). J'ai toujours voulu avoir une expérience professionnelle à l'étranger. J'avais envoyé plusieurs CV en Martinique quelques années auparavant. Une de mes copines avait passé 6 mois là-bas et en gardait un très bon souvenir. Bref, les grèves et les problèmes entre les locaux et les gens de la métropole m'ont dissuadée de postuler à nouveau. La barrière de la langue a vite limité mes choix. Voilà comment je me suis retrouvée à Montréal. Et c'est surtout grâce à quelqu'un que j'ai pu vivre cette aventure. Sans lui, je n'aurais jamais osé faire le premier pas.

Pourquoi Whitehorse ?
Ayant déjà répondu à la question "Pourquoi Montréal?", je vais vous dire comment j'ai atterri à Whitehorse (WH). Ce n'est pas une grande surprise pour ceux qui farfouillent un peu les topics sur le site PVTistes ... C'est grâce à Cédric alias Quertu! Comme beaucoup d'entre vous (enfin du moins ceux qui sont allés ou comptent aller à WH), j'ai lu et même (re)relu son blog, ses conseils, ses topics et plus je lisais plus j'avais envie de découvrir ce territoire. J'ai donc décidé de faire mes bagages et partir à l'aventure (après avoir cherché un certain temps une personne pour reprendre mon bail de location à Montréal). Ce fût la plus belle partie de mon aventure au Canada. Je ne regrette pas du tout cette décision ! Merci Cédric ! Et j'encourage tous ceux qui hésitent à faire le premier pas (peu importe la destination) de foncer. C'est vrai que ça fait peur mais c'est un mal pour un bien !

Et pourquoi pas? parce que l'hiver dure plus de 6 mois (premières neiges fin septembre début octobre), qu'il fait nuit presque toute la journée, que votre deuxième maison sera le pub si vous ne voulez pas déprimer les longues soirées d'hiver, qu'il y a plein de moustiques en été (et accessoirement de gros ours), qu'il fait jour presque toute la journée, parce que votre magasin de prédilection pour presque tout deviendra l'Armée du Salut, que la nourriture y est plus chère (et ce n'est pas forcément meilleur) ainsi que l'alcool, les cigarettes et, surtout, il n'y a pas de merguez pour les nombreux barbecues tout au long de l'année (même à -20) ni de Ricard, parce que la ville (la vraie ville avec de vrais magasins) est au moins à 2000 km et que ça vous coûtera 250$ en avion ou 36h de bus, que si vous ne voulez pas passer pour une "mauviette", il faudra boire un "sourtoe cocktail", boisson dans laquelle marine un véritable orteil humain pas très beau à voir (attention à ne pas l'avaler, si si c'est déjà arrivé!), parce que les transports en commun ne sont pas fréquents et qu'il vous faudra pédaler à tout temps, que si vous avez une titine (voiture) toute belle toute "neuve", elle finira probablement avec un pneu crevé et/ou un (ou plusieurs) éclat dans le pare-brise, surtout si vous empruntez la Dempster Highway, parce qu'il n'est pas facile de trouver une location et qu'en plus, ça coûte cher, que la communauté francophone n'est pas très grande et que tout se sait rapidement! C'est donc pour toutes ces raisons que je ne vous conseille absolument pas d'y aller. Laissez la place aux autres, ceux qui préfèreront ne pas m'écouter et quand même tenter l'aventure car ils savent qu'ils ne seront pas déçus, qu'ils s'en prendront plein la vue avec ces paysages magnifiques et trouveront peut-être, qui sait, une petite pépite d'or.

Cette petite parenthèse générale simplement pour dire si le Yukon ou n'importe quel endroit vous tente, allez-y, écoutez votre coeur et ne vous laissez pas influencer par les critiques lues ou entendues. Il n'existe malheureusement pas d'endroit parfait. Chaque pays, ville a ses avantages et ses défauts, chacun se fait sa propre idée en fonction de ses envies, rencontres... Faites-vous la vôtre !

Est-ce que c’est la première fois que tu vivais à l’étranger ou que tu partais aussi longtemps ?
Oui, c'était la première fois et j'espère que ça ne sera pas la dernière.

Quel a été ton sentiment dominant au cours des 2 premières semaines ?
Pour Montréal, j'ai continué à vivre comme si j'étais en Belgique. Malgré l'excitation des premiers jours, peu de choses ont changé dans ma vie. J'ai malgré tout trouvé que c'était fort américanisé et j'ai apprécié que les magasins soient ouverts aussi le dimanche.

Est-ce que ta situation professionnelle t'a paru satisfaisante, au Canada ?
Next ! Je suis obligée d'y répondre?!?

Pas du tout ! Etant venue avec comme objectif d'avoir une expérience professionnelle à l'étranger dans mon domaine (petit rappel : laboratoire médical), on peut dire que ce fût un échec total. Je savais qu'il existait un Ordre des Technologues de Laboratoire au Québec. J'avais commencé les démarches en juillet donc bien avant mon départ. J'ai passé beaucoup de temps sur ce dossier, j'ai fait des stages en plus de mon boulot pour limiter la casse, j'ai téléphoné à l'Ordre à plusieurs reprises pour obtenir certains renseignements. Mais jamais on ne m'a dit (et ce n'est écrit nul part) que peu importe d'où tu viens, que tu sois fraîchement sorti de l'école ou que tu aies 10 ans d'expériences, qu'il faut de toutes façons retourner à l'école! Et malgré une proposion très alléchante de la part de l'école et de l'Ordre, je ne pouvais me permettre de dépenser au moins 20.000 $ pour une année d'étude. Eh oui, si tu n'es pas Français, ça te coûte un bras, c'est selon les origines! Renseignez-vous bien sur votre diplôme, les équivalences, les reconnaissances France-Québec... Si j'avais attendu la réponse de l'Ordre, je ne serais jamais allée au Yukon ni au Japon donc si c'était à refaire, je recommencerais !

Sinon, mon travail à WH dans un laboratoire de minéralogie ne fut pas très enrichissant mais le salaire était assez intéressant.

Quelles ont été tes plus grosses difficultés au Canada ?
Le chocolat...

Plus sérieusement, m'intégrer à Montréal. Ca été difficile pour moi car d'une part, j'ai trouvé que ce n'était pas facile de se faire des "amis" québécois et même si les sorties PVTistes sont très bien pour rencontrer du monde, il y a un moment où vous vous dites que si ce n'est que pour voir et partager votre expérience avec des Français, autant rester chez soi. Et d'autre part, même s'ils parlent français (les Québecois), il y a très peu de ressemblance avec la culture française à tout niveau. C'est assez déstabilisant je trouve! J'ai passé beaucoup de temps à comparer avec la Belgique. C'est normal dans un sens, mais ce n'est pas une chose à faire sinon vous risquez d'être vite déçu.

Et également ma frustration par rapport à mon job. Tout le monde est prêt à signer car ils ont besoin de vous mais la case école est définitivement obligatoire. C'est aussi une des raisons pour lesquelles j'ai décidé de quitter Montréal.

Quel est ton meilleur souvenir ?
Mon trajet en bus ou la douche que j'ai prise arrivée à WH. J'étais tellement excitée d'y aller que ça ne me faisait pas du tout peur de passer 4 jours et nuits dans un bus même si l'attente au Tim Horton's une fois arrivée a été très longue. Je rêvais juste d'une bonne douche et d'un lit "douillet".

La Klondike Highway et Dawson sont aussi de très bons souvenirs.

Est-ce que certaines choses belges t'ont manquées ?
Le chocolat définitivement... mais j'ai découvert le chocolat Lindt, un délice !

Sinon, le sirop, le bon fromage à un prix correct, la bonne charcuterie, les bonbons, les portions de taille normale, le fanta, les séries et/ou films sans pub toutes les 10 minutes, mon travail et sûrement plein d'autres choses...

Qu'est ce qui te manques depuis que tu es rentrée en Belgique ?
Le café à emporter et les canadian maple du Tim Horton, les brunchs, les magasins ouvert le dimanche, les paysages du Yukon.

Qu’est ce que cette expérience t'apporte, du point de vue personnel ou professionnel ?
D'un point de vue professionnel, que finalement, on n'est pas si mal lôtis en Belgique. On a 5 semaines de vacances, un bon salaire et des avantages.

D'un point de vue personnel, de chouettes rencontres, une certaine satisfaction à avoir accompli tout ce chemin, une meilleure estime de moi, qui m'a prouvé que j'étais capable de me débrouiller seule loin de chez moi, la fierté de mon père et de mes amis et collègues, un gros trou dans mon porte-feuille aussi !

Quels conseils donnerais-tu aux futurs PVTistes ?
Que s'ils ont l'envie et les moyens de le faire de foncer. La société veut qu'on ait un travail, une maison, un chien, un mari, une vie bien rangée mais tout le monde n'est pas conçu pour rentrer dans ce moule. Certains vont vous dire que vous êtes fou, stupide de quitter votre job, votre petit chez vous surtout à cette période critique d'un point de vue économique, que vous allez manger de la viande enragée (dixit mon père), que vous allez vite déchanter. C'est vrai, comment allez vous survivre là-bas seul abandonné à votre triste sort, et votre pension? Vous y avez pensé??? Laissez les dire... Si ce n'est pas maintenant que vous le faites, vous allez le regretter toute votre vie. Vous passerez votre temps à envier ceux qui ont eu cette "chance" de partir. Sachez que même si vous rentrez au bout de 3 mois parce que ça ne se passe pas bien, que c'est trop dur pour vous de vivre loin de votre famille, de vos amis et que vous n'avez plus un rond, vous pourrez dire que vous avez essayé, que vous l'avez fait. Et c'est ça le plus important je pense!

En conclusion, ne faites pas comme moi actuellement! J'espère vraiment pouvoir repartir un jour mais cette fois-ci dans l'hémisphère sud.

2 sites à voir absolument : Un voyage au Yukon et www.nicolasdory.com/fr et pour voir mes photos, c'est par ici : https://picasaweb.google.com/ptitbouchon01 (il n'y a toujours pas les îles de la Madeleine et lîle du Prince-Edouard)

Consulter d'autres interviews de PVTistes...
Consulter des récits de PVTistes (emplois, voyages, etc.)...

Plus d'astuces, de témoignages et d'expériences

Préparez sereinement votre PVT et vivez-le pleinement grâce à nos bons plans ! Ils vous permettront de bénéficier de réductions et d'avantages !

Articles recommandés

[Dossier]

Trouver du travail au Canada

[Interview]

Clémence, « cowgirl » à Meadow Lake, en Saskatchewan

[Récit de voyageur]

On a testé la nourriture américaine

[News]

PVT Canada 2019 : où en sommes-nous ? (quota, rondes d’invitations…)

Commentaires Facebook

Partagez cet article avec vos amis ou bien posez vos questions.

Commentaires

Partagez vos avis, vos interrogations ou vos remerciements.

Identifiez-vous pour répondre