Corentin : traversée en cargo, travail dans le bush & road trip en PVT Australie

Article publié le 31-07-2019.

Corentin alias Kaouraintin

Corentin alias Kaouraintin

  • Localisation Fredericton, NB, Canada
  • Profession Foreur
  • Dernier diplôme obtenu Doctorat

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Corentin est parti en PVT Australie (en cargo !) pour y travailler, mais aussi y faire un incroyable road trip, très loin des sentiers battus…

Bonjour Corentin ! Peux-tu te présenter ?
Salut! Je suis Nantais, et j’ai fêté mes 33 ans. Je suis géologue de formation. Quelques mois après avoir obtenu mon diplôme, je suis parti bosser sur un projet d’exploration minière en Afrique. Rapidement, ma boîte m’a proposé d’apprendre le forage. C’est comme ça que je me suis retrouvé à arpenter l’Afrique de l’ouest en tant que foreur pendant des années.
pvt whv australie corentin
Tu es parti en PVT en Australie. Pourquoi ce pays ?
Depuis la fac, chaque année, je me disais qu’il faudrait que je prenne une année sabbatique pour apprendre l’anglais. Mais chaque année je trouvais de bonnes raisons de ne pas le faire. Ainsi, je me suis retrouvé à trente ans au Sénégal, où je bossais comme responsable des opérations pour une compagnie de forage, et j’ai dû prendre une décision : soit je restais là, et dans quinze ans on me retrouverait à faire toujours la même chose, en plus bourru et plus rugueux, soit je me décidais enfin à partir pour cette fichue année sabbatique que je repoussais depuis presque dix ans.
Pourquoi l’Australie en particulier ? Parce que ça parle anglais et qu’il y a des cow-boys, des chercheurs d’or, des camions et du bush… Et parce que depuis plusieurs années, je parcourais pvtistes.net et que je commençais donc à avoir une petite idée de ce que je pourrais y faire...
Tu as pris un bateau pour te rendre en Australie… Tu nous en dis plus ?
Je suis rentré en France quelques mois pour voir la famille et les amis avant de partir pour l’Australie. J’ai passé pas mal d’heures à comparer les vols, les escales… Mais je n’arrivais pas à me décider. Il faut dire que pour moi, prendre l’avion, ça signifie aller bosser. Du coup, démarrer des vacances par des heures d’avion, ça ne me faisait pas rêver du tout.
Un peu en désespoir de cause, j’ai envoyé un mail à une agence spécialisée en voyages en cargo.
Deux heures plus tard, on me répondait que j’avais une option pour une cabine sur un porte-container entre la France et l’Australie, et que j’avais 48 h pour me décider… J’ai pris quelques heures pour réfléchir, le prix représentait une part conséquente de mon budget (environ 3 000 euros), puis j’ai accepté. Mon côté poète s’enthousiasmait de pouvoir commencer un voyage de l’autre côté de la planète comme ça.
Je me suis ainsi retrouvé début août 2017 sur un quai du Havre. C’était le début d’un voyage de 40 jours passant par Gibraltar, le canal de Suez, le détroit de Malacca… J’ai débarqué mi-septembre à Fremantle, le port de Perth, après des jours de sérénité à contempler l’océan… Quarante jours de paix, à regarder le soleil se lever sur l’horizon, à se promener entre les containers, à discuter avec les officiers sur la passerelle, puis à regarder le soleil se coucher, toujours sur l’horizon…
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As-tu travaillé durant ton Working Holiday Visa en Australie ?
Je ne savais pas trop ce que j’allais faire en Australie, mais j’ai débarqué dans une auberge de jeunesse où la plupart des gens cherchaient de façon active du travail. Alors je m’y suis mis aussi. Une amie qui bossait depuis plusieurs années à Perth m’a donné le nom d’une société de forage qui cherchait du monde. Alors j’ai pris mon CV et mes trois mots d’anglais sous le bras, et je suis allé au culot frapper à leur porte. Ils m’auraient bien pris, mais je n’avais pas le permis camion australien. Alors je leur ai répondu en substance « Pas de problème, je le passe et je reviens vous voir. »
Ça m’a pris un mois, mais le lendemain de l’examen de conduite je signais mon contrat comme aide-foreur, et je commençais trois jours plus tard.

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Du coup, j’ai passé 11 mois à bosser pour cette compagnie, avec un rythme 2 semaines de travail puis une semaine de repos. Je prenais l’avion, puis je conduisais un camion ou un 4x4 à travers le bush pour rejoindre le campement, où je vivais, et bossais avec mes collègues sur la foreuse, jusqu’à ce que la relève arrive… J’ai fait un premier contrat de six mois, puis mon chef m’a fait transférer dans une autre division, et s’est arrangé pour que ladite division lui prête un travailleur, moi. Du coup, rien n’a changé au quotidien.
Question stratégie, j’avais fini par décider de travailler au maximum avec mon PVT, puis de demander un visa tourisme pour aller me promener ensuite…
À la fin de mon visa, ma compagnie m’a envoyé superviser un chantier en Zambie, et je suis revenu trois mois plus tard en Australie avec mon visa touriste.

Trouver du travail en PVT Australie : toutes les infos utiles dans notre dossier !

Et côté voyages ?
Durant toute l’année que j’ai passé à travailler, je rentrais à chaque fois à Fremantle, et à part quelques excursions et quelques week-end camping à quelques heures autour de Perth, je n’ai pas bougé. Mais je préparais un 4x4 pour partir me promener une fois que mon WHV serait terminé.
Ça m’a pris plusieurs mois, car je l’avais acheté en panne. Mais, lorsque je suis revenu en Australie avec mon visa touriste, il était presque prêt. Le but de ce road-trip était d’atteindre Uluru en prenant un minimum de routes goudronnées. Je suis donc parti de Perth, et je suis remonté vers le nord en passant par le bush, histoire d’éviter les touristes et le goudron qui se massent sur la côte.
Une fois arrivé à la latitude d’Uluru, au niveau de Denham, j’ai pris plein Est à travers le bush, en suivant exclusivement des pistes. Un vrai régal ! Du bush et du désert à perte de vue, des kangourous et des chameaux pour seuls compagnons… Je croisais à peine un véhicule par jour, et le plus souvent c’était le fermier du coin.

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Faut dire aussi que c’était l’été et que la température oscillait entre 40 et 50 degrés tous les jours. Uluru n’était finalement que la cerise sur le gâteau… Après Uluru, j’ai décidé de descendre plein sud, et de rallier l’océan, toujours par les pistes. J’ai pu savourer les déserts de rocaille du South Australia, les troupeaux de moutons, puis les dunes qui bordent la mer. Une fois arrivé sur la plage, il a fallu que je me décide à rentrer à Perth. J’ai récupéré une amie à Esperance, et nous sommes rentrés tranquillement par la côte, clôturant ainsi un voyage de quasiment 10 000 km.

Et puis, pour finir mon épisode australien, j’ai décidé de prendre le train, l’Indian-Pacific, qui relie Perth à Sydney. Ça s’est révélé une expérience un peu surréaliste. Imaginez l’Orient Express placé dans le bush australien ! Le trajet prend quatre jours environ, et vous traversez toute l’Australie d’ouest en est, en bavardant avec vos voisins dans une ambiance très old school...

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Partir seul sur la route, ce n’est pas trop dur ?
C’est plus dur et plus facile ! Financièrement, c’est plus compliqué. Les dépenses que tu peux partager, comme la voiture, le gasoil, le matériel de camping, il faut le payer seul. Il n’y a que sur la nourriture que tu fais des économies, mais ça a représenté moins de 10 % de mon budget.
Il faut également faire des choix d’itinéraire, de matériel, et personne n’est là pour te dire que tu fais n’importe quoi ou que tu te plantes. De plus, en cas de panne ou d’accident, il faut avoir conscience que tu devras te débrouiller absolument seul. Ça m’a forcé à évaluer chaque situation, pour être sûr que j’avais les compétences et le matériel pour passer.
L’insouciance du road trip où l’on roule cheveux au vent, c’est pas vraiment possible. Quant au mental, il faut parfois s’accrocher lorsque ta voiture commence à faire un bruit bizarre alors que tu es à 400 km de l’humain le plus proche, et qu’il passe en moyenne un véhicule par mois sur cette piste.

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Personnellement, être tout seul me pousse à rouler beaucoup. Quand je m’arrêtais, très vite je m’ennuyais et je reprenais la route. Par contre, le bon côté, c’est que tu vas absolument partout où tu as envie d’aller, sans avoir besoin de négocier. Et les bivouacs, seul dans le désert, sont un régal. Un moment d’absolu et d’éternité…
Partir seul, ça s’est finalement révélé comme un choix et une nécessité. Je n’ai rencontré personne qui avait en même temps le désir de faire ce genre de road-trip un peu hard et les capacités pour le faire. Je craignais aussi de ne pas savoir gérer quelqu’un qui disjoncterait dans le bush. Et puis, il y a le plaisir d'avoir triomphé sans l'aide de personne. D’où la décision de le faire seul.

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Quels sont tes meilleurs souvenirs en Australie ?
Il y a ceux associés à la piste et au travail : rouler à fond au volant de mon camion tout en bavardant à la radio avec les collègues, conduire le pick-up tandis que mon chef descend bière sur bière en écoutant du hard rock à fond, s’endormir à la belle étoile au milieu de nulle part… Et puis il y a ceux associés à la vie à l’auberge : la glande au soleil durant des après-midi entiers, Noël sur un bateau dans des îles...
Et les pires ?
Cette année a été une année bénie, je n’arrive pas à trouver de mauvais souvenirs… J’ai eu quelques galères, notamment mécaniques, mais tout s’est toujours bien fini.
Quels conseils donnerais-tu à un futur pvtiste en Australie ?
N’avoir aucun plan et être prêt à tout ! Mais pour un projet particulier, il faut faire les formations immédiatement, même avec un mauvais anglais, car après c’est trop tard, les fonds ont baissé et il faut se rabattre sur les mêmes jobs que tous les autres backpackers...

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Et maintenant, quels sont tes projets ?
Eh bien, j’ai rallié le Canada. Je vais pouvoir bosser un peu, puis faire un grand road-trip américain. Pour la suite, eh bien… je n’ai pas encore vu le nord de l’Australie et je n’ai pas encore 35 ans...

Le PVT Australie, désormais accessible jusqu’à 35 ans !

Merci Corentin pour ce partage d’aventures !

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