Pauline et Marie : un an sur l’Île-du-Prince-Édouard (Canada)

Article publié le 10-05-2019.

paulinemaerten

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  • Localisation Charlottetown, PE, Canada
  • Profession Graphiste

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Pauline et Marie se sont installées sur l’Île-du-Prince-Édouard, une petite province canadienne située tout à l’Est du pays et trop souvent délaissée par les PVTistes…

Bonjour Pauline, bonjour Marie ! Pouvez-vous vous présenter ?
Pauline : Bonjour ! Je m’appelle Pauline, j’ai 27 ans et j’ai une formation de graphiste et je suis passionnée de photo. J’aime explorer tout ce qui m’entoure. Avec Marie on vient d’une petite ville des Hautes-Alpes, en France, et on est arrivées au Canada le 1er août 2018.

Marie : Bonjour ! Je m’appelle Marie, j’ai 24 ans et je suis éducatrice de jeunes enfants. Je viens de finir ma formation et je vis ma première année en tant que professionnelle. J’aime voyager et partir à l’aventure. Je suis assez curieuse de tout et je suis toujours partante pour aller découvrir quelque chose de nouveau !

Vous êtes actuellement au Canada. Pourquoi ce pays ?
Marie : Je suis venue au Canada avec un permis Mobilité francophone. C’est un permis qui existe pour tout le Canada, sauf le Québec, puisqu’il vise à favoriser la francophonie dans les provinces anglophones. Pour l’obtenir, il faut recevoir une offre d’emploi. Le permis que l’on reçoit alors est lié à ce travail et à sa durée.

J’ai choisi le Canada parce que je voulais absolument vivre une expérience professionnelle en tant qu’éducatrice de jeunes enfants. Pauline voulait voyager. Alors, on a fait un compromis : on va travailler à l’étranger pendant 1 an avant de se lancer dans un long road trip.
Le Canada était le pays parfait pour moi : une communauté francophone pour pouvoir pratiquer mon métier sans trop de difficultés, et une très bonne réputation en matière d’éducation. Je pensais donc vivre une expérience professionnelle très enrichissante tout en découvrant une nouvelle culture.

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Vous avez choisi de vous installer hors des sentiers battus, sur l’Île-du-Prince-Édouard. Comment avez-vous connu cette province et pourquoi l’avez-vous choisie ?
Marie : Je suis allée au salon Destination Canada pour voir les différentes opportunités d’emploi et les provinces qui me donnaient le plus envie. On cherchait vraiment à découvrir une partie du Canada dont on n’avait jamais entendu parler et où on n’allait pas retrouver tous les Français.

Île-du-Prince-Édouard

Pauline : On a aussi vu l’Île-du-Prince-Édouard comme un point de départ pour notre projet de voyage. C’est petit, ce qui nous offre la possibilité de vraiment parcourir la province facilement, en un week-end, ou pour des évènements spéciaux, comme dernièrement le lancement de la saison de pêche depuis North Rustico. L’Île-du-Prince-Édouard, c’est aussi beaucoup d’opportunités de travail car le réseau se crée très facilement et qu’il y a une belle communauté francophone. Tout est à échelle humaine finalement.

Comment s’est passée votre installation là-bas ?
Pauline : Vraiment bien ! C’est l’avantage d’arriver dans une petite province je pense, on a été épaulées par la Coopérative d’Intégration Francophone dès notre arrivée sur l'île. En une journée on avait tout ce qu’il nous fallait, même le logement pour commencer à nous installer !
On a très vite commencé à rencontrer du monde et à pouvoir sortir. Comme on est arrivées en plein été, on a pu profiter pleinement des joies de la mer !

Marie : Très bien, la Coopérative d’Intégration Francophone nous a vraiment bien accompagnées et répondait très rapidement à chaque question et ce, même avant qu’on arrive. Ils nous ont accompagnées pour beaucoup de démarches administratives.
On a pu rencontrer des gens facilement grâce à notre colocataire mais la majorité est francophone… Pour rencontrer des anglophones, cela s’est avéré plus compliqué que prévu… On a eu recours à Tinder ! :p Ça nous a permis de rencontrer des personnes très sympathiques et de pratiquer notre anglais.

Île-du-Prince-Édouard

Vivre sur une île au quotidien, est-ce que ça change quelque chose par rapport à la vie sur le continent ?
Pauline : On n’a pas vraiment de points de comparaison avec le Canada continental, mais je sais que beaucoup de gens pensent que la vie y est plus chère... C’est faux ! Notre colocataire québécois qui a vécu à Montréal presque toute sa vie pense même le contraire ! Bien-sûr, il y a quand même moins de choix que sur le continent, et sortir de l’île n’est pas si facile (il faut payer).
En parlant du pont qui relie l’Île-du-Prince-Édouard au continent, il est assez récent et c’est assez drôle de remarquer à quel point on est dans une période de transition : il y a plus de diversité aujourd’hui, même si l’esprit insulaire est encore bien présent. Il y a beaucoup d’entraide ici, les gens sont très polis, et tout le monde se connaît ! Ce qui veut dire que la plupart des gens ont déjà un cercle d’amis très proches et qu’on peut avoir du mal à vraiment les rencontrer, ces insulaires…

Île-du-Prince-Édouard

Marie : On peut quand même dire que pendant les jours de tempête, on peut être limité en nourriture. Du coup, les gens achètent de gros stock de nourriture quand ils savent que le mauvais temps approche et que le pont risque d’être bloqué. Mais ça a aussi des bons côtés !
Les écoles ferment, les bureaux, les magasins… Tout ferme dès qu’il y a les moindres conditions météorologiques « dangereuses » ... Et on est quand même payés ! 😉 Et puis, vivre une coupure de courant générale, c’était, quand on y repense, une drôle d’expérience.
De mon côté, j’ai trouvé que les relations restaient quand même très superficielles, c’est la politesse avant tout, les locaux ne vont jamais te dire que quelque chose ne va pas. Même dans les relations de travail, ce qui peut être très compliqué parfois. Mais c’est peut-être aussi lié au fait qu’on ne voulait rester qu’une année !

Avez-vous rencontré d’autres Français sur l’île ?
Pauline : Oui, plusieurs Français, avec divers permis de travail. Sûrement parce qu’on dit que l’Île-du-Prince-Édouard est l’une des provinces où il est le plus facile d’avoir une RP.

Marie : En effet, il y a pas mal de Français qui cherchent à s’installer au Canada durablement ou à avoir la résidence permanente pour donner des opportunités à leurs enfants, par exemple.

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Avez-vous cherché, et trouvé, du travail ?
Marie : Moi j’ai trouvé plutôt facilement puisque c’est ça qui m’a permis d’avoir un permis. La communauté francophone recherche énormément de personnel qualifié francophone pour la petite enfance. Donc ils ont été ravis de recevoir ma candidature !

Pauline : Pour ma part également, je n’ai pas mis longtemps à trouver. En arrivant, j’étais prête à faire n’importe quel job, le graphisme me permettant de faire des à-côtés.
Finalement, ici, c’est le réseau qui marche le mieux ! Les 3 postes que j’ai occupés, je les ai trouvés grâce à cela ! Un ami m’a permis de travailler en restauration au début, le réseau francophone m’a fait rencontrer des clients et ma voisine m’a pistonnée pour un travail de prof de français ! Aujourd’hui, je suis prof de français pour la fonction publique la majeure partie du temps et graphiste à côté, exactement ce que j'espérais en venant ici !

Et côté logement, vous avez trouvé facilement ?
Pauline : Là ça se corse un peu. En dehors de la capitale provinciale (Charlottetown), il semble assez facile de trouver des maisons ou des appartements, et à des prix relativement bas. Dans Charlottetown par contre, il y a une vraie crise du logement. Les prix sont assez élevés et il y a beaucoup de demandes. Beaucoup de propriétaires vous demanderont de quitter les lieux l’été car c’est un endroit très touristique et que les locations de vacances temporaires sont bien plus avantageuses pour eux…

Marie : Au niveau des normes de location, c’est beaucouuuuup plus tranquille qu’en France ! Les appartements (abordables) sont souvent vraiment très sales et pas forcément très bien isolés. Ici, l'électricité ne coûte rien donc finalement peu importe...

Qu’est-ce que vous avez le plus apprécié sur l’île ?
Pauline : L’été ! La possibilité de partir à la plage à vélo. La proximité des choses. La ville est plutôt mignonne même si elle est petite. C’est bête mais le fait qu’il y ait un cinéma d’art et essais et des passionnés pour le faire vivre, ça m’a beaucoup aidée à me sentir chez moi.
Voir la mer qui gèle c’était incroyable. Les premières tempêtes aussi, avec la coupure d’électricité qui te fait te sentir au bout du monde !

Île-du-Prince-Édouard

Marie : L'été aussi, les belles plages, les falaises rouges avec la mer bleue et les sapins verts… Le Parc Victoria : toujours la même balade mais qui se transforme au fil des saisons... La mer qui commence à geler et qui semble lourde et épaisse, la mer complètement gelée à perte de vue, pour enfin au printemps assister à la fonte des glaces, avec des blocs énormes qui flottent sur la mer et d’autres qui s'échouent sur le bord… Et puis le vent bizarrement ! Découvrir la puissance que le vent peut avoir, cette sensation d'être bloquée par une force invisible…
J’ai aimé le fait que ce soit petit : même si c’est assez redondant, tout le monde se connaît, tu peux demander des conseils et on trouvera toujours une solution ! Et la gentillesse des gens… Je vais tous les jours au travail à vélo et je croise toujours une dame qui me salue avec un grand sourire et un coucou de la main.
Dans mon travail : le fait qu’on sorte dehors avec les enfants presque tous les jours, peu importe la saison. Tant qu’il ne fait pas -20° et qu’il n’y a pas un vent trop fort, on peut sortir ! Les parents adorent les retrouver pleins de boue ou de neige.

Île-du-Prince-Édouard

Et ce que vous avez moins aimé ?
Pauline : La mer une fois gelée. L’hiver qui était très long, froid et peu neigeux. On a eu une semaine particulièrement dure ou il faisait très beau mais vraiment froid, on ne pouvait que regarder le soleil depuis le canapé, cachées sous la couette. Pour quelqu’un comme moi qui aime être dehors, c’était compliqué. (Bon, pour remettre dans son contexte, c’était à l’époque des -50° à Chicago, donc c’est plutôt inhabituel.)

Marie : Moi, c’est plutôt lié à mon travail… J’avais beaucoup d’attentes car c'était mon premier poste et le Canada (et l'île) ont une super bonne réputation en termes d'éducation. Et j’ai été très déçue… Même si j’ai été très bien accueillie par l'équipe, les parents et les enfants, la communauté francophone reste assez limitée, ce qui complique la tâche pour trouver des professionnels qualifiés et qui veulent rester, ce qui fait qu’il y a un turn over assez important !
En plus de cela, dans la culture de l'île, on essaie de rester tout le temps positif (ce qui est bien en soi) mais dans le monde du travail, ça complique sérieusement les choses… Personne n’est capable de se dire s’il y a un problème, la directrice a du mal à gérer les conflits et les critiques constructives sont inexistantes...

Quels conseils donneriez-vous à un PVTiste qui hésite à s’installer sur l’île du Prince Edward ?
Pauline : J’en donnerais deux.
1. Acheter une voiture rapidement ! L’Île-du-Prince-Édouard est vraiment plus vaste qu’on ne le pense et rester enfermé à Charlottetown, c’est dommage. En plus on n’est pas si loin d’Halifax et des îles de la madeleine (pour l’été).
2. Ne fais pas comme nous, arrive avant l’été. Tu auras plus de temps pour t’installer à une période où tu as moins de concurrence (les cours à l’universités n’ont pas repris). En plus, ça te permettra de faire quelques rencontres et de profiter encore mieux des bars et des plages durant la belle saison !

Île-du-Prince-Édouard

Marie : Inscris-toi a des activités ou participe à des événements anglophones. C’est tellement simple de tomber dans la facilité et de rester uniquement dans la communauté francophone. Du moment que tu as des bases en anglais pour commander un café ou faire les courses, tu peux tout à fait vivre en français. Mais je pense que ce serait dommage de faire cette erreur.

Et pour finir, quels sont vos projets maintenant ?
Pauline et Marie : On s’en va ! On a le projet de traverser les provinces du Canada d’Est en Ouest à partir de juin, et jusqu’en septembre, avec des amis et de la famille. Après ça, on aimerait rejoindre le Mexique avec Poulette, notre van, encore après ça, on parle d’un deuxième PVT en Océanie…

Île-du-Prince-Édouard

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