Thomas : une traversée du Canada pour sensibiliser à la protection de l’environnement

Article publié le 18-04-2019.

Thomas alias ThomasD18

Thomas alias ThomasD18

  • Localisation Toronto, ON, Canada
  • Profession Masseur-kinésithérapeute
  • Dernier diplôme obtenu Autre

À lire : un recueil d’entretiens de pvtistes partageant avec vous leurs expériences et leurs états d’âme. Plus d'infos...

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Nous venons d'apprendre que Thomas est décédé durant sa traversée en kayak. Toute l'équipe de pvtistes.net envoie ses pensées à sa famille, ses proches ainsi qu’à tous ceux qui parmi vous le suivaient dans son aventure et son projet.

1 000 km à vélo, 2 700 km en kayak… C’est le défi fou que se lance Thomas pour sensibiliser à la protection de l’environnement ! Son aventure le mènera des Rocheuses canadiennes à l’extrême Nord du pays.

Bonjour Thomas ! Peux-tu te présenter ?

Bonjour ! Je m’appelle Thomas, j’ai 29 ans. Je viens du Nord de la France, plus précisément de Lille. Je suis un vrai Ch’ti et fier de l’être. J’ai un parcours assez atypique (pour ne pas dire chaotique) car j’ai eu quelques difficultés à trouver ma voie : IUT Génie Biologie, Fac de Cinéma, Travail chez Décathlon, École d’infirmier, la 5ème option sera la bonne : je m’inscris finalement au concours de Masseur-Kinésithérapeute, et 4 ans plus tard me voilà diplômé.
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J’ai alors choisi le statut de kiné remplaçant, ce qui m’a permis de garder une totale liberté et de continuer à découvrir le monde, dont j’étais tombé amoureux aux détours de précédents voyages. Ma pratique m’a amené à travailler à travers la France, mais aussi à La Réunion, à Mayotte et plus récemment en Martinique.
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Tu es parti au Canada. Pourquoi avoir choisi ce pays ?

Mes précédents voyages étant souvent guidés par une nécessité de retour aux sources et à la nature. Pour une expérience telle que le PVT, je souhaitais vraiment découvrir et vivre dans un pays ayant un potentiel de nature incroyable. Le choix du Canada a alors été évident, le rejoindre l’a été un peu moins. Je n’ai malheureusement pas été tiré au sort, mais j’ai pu compter sur mon incroyable compagne pour obtenir mon visa en tant que conjoint de fait.

Pour en savoir plus sur le statut de conjoint de fait au Canada, rendez-vous dans ce dossier !

Tu vas bientôt te lancer dans un incroyable projet, « Open Your Wild ». Tu nous en dis plus ?

J’ai eu la chance de parcourir (une infime partie de) notre planète, et j’ai découvert péniblement à quel point elle pouvait parfois souffrir. Cela fait donc plusieurs années que je réfléchis à ce projet et à comment me rendre utile, sans jamais vraiment oser me lancer. Ma découverte du Canada, de sa nature et de sa beauté sauvage a participé au déclic. Comment ne pas vouloir se battre pour préserver un tel paradis ? J’ai donc décidé qu’il était temps de m’impliquer, de créer quelque chose et de mettre toute l’énergie qui m’anime au service de la planète.

J’ai matérialisé cette volonté à travers le projet « Open Your Wild », qui va me permettre de sensibiliser, d’interpeller et de responsabiliser à l’écologie et à la crise environnementale, à travers la préparation et la réalisation d’aventures sportives et éco-responsables. L’ambition du projet est de partager des conseils, de véhiculer des solutions et de promouvoir des manières de vivre, de consommer et de se déplacer sportives, durables et responsables.
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La 1ère aventure du projet, "Canada Across Water", m'emmènera des Rocheuses Canadiennes, en Alberta, jusqu’à l’extrémité Nord du Canada et le village de Tuktoyaktuk, au travers de 3 700 km de vélo puis de kayak. Cette aventure au fil de l'eau, du Glacier Athabasca jusqu'à l'océan Arctique, devrait me prendre deux mois et demi. L’objectif est d’aller à la rencontre de la nature pour questionner ce qui peut la mettre en danger, tout en faisant la promotion d’un mode de vie et de voyage éco-responsable. J’en profiterai pour mettre en lumière certains problèmes environnementaux, tout en essayant de donner la parole à ceux qui tentent de lutter contre la crise écologique ou qui la subissent. Le tout sera partagé sur les réseaux sociaux grâce à des publications, photos et vidéos régulières, avec un objectif final de réalisation de film documentaire.

Durant la phase actuelle de préparation de l’aventure, le projet se propose de véhiculer des alternatives, des outils et des conseils en faveur de la transition écologique, de suggérer des manières de vivre, de consommer et de se déplacer responsables et durables. J’invite à partager et à échanger des avis, conseils et expériences pour voir aboutir un projet de voyage éco-responsable le plus sincère et cohérent possible.

Qu’est-ce qui t’a amené à t’intéresser à l’écologie et au mode de vie éco-responsable ?

J’ai eu la chance de grandir au contact de la nature, mes parents m’ont très vite inculqué des valeurs de respect et de préservation de l’environnement. Cela m’a permis de développer un amour et un intérêt particulier pour la faune et la flore de notre Terre. J’ai aussi grandi avec des étoiles dans les yeux en suivant les aventures de Cousteau (que je tentais de reproduire dans ma baignoire) et de Nicolas Hulot, qui sont des grandes sources d’inspiration pour moi.
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Le voyage y est également pour beaucoup. Il m’a permis d’élargir mon horizon, il m’a confronté à la réalité et a provoqué des prises de conscience chez moi… Il a m’a surtout permis de me questionner quant à son impact écologique. C’est donc via le voyage que j’ai pris conscience que j’avais encore beaucoup de progrès à faire sur le chemin de l’écoresponsabilité, malgré ce que je pensais.

Depuis, grâce aux recherches que je fais pour que l’aventure soit la plus éco-responsable possible, j’en apprends tous les jours et cet apport me permet aussi d’adapter mes manières de vivre, de consommer et de penser d’un point de vue plus personnel. Je m’efforçe de tendre le plus possible vers un mode de vie plus durable et responsable, et je partage mes astuces, découvertes et conseils via Open Your Wild.
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Concrètement, comment prépares-tu ce projet ?

En toute honnêteté, avant de lancer le projet, j’étais focalisé sur l’aventure à proprement parler. Je n’imaginais pas tout le travail de préparation qu’il y aurait en amont. D’autant plus, que j’essaie de faire vivre et évoluer le projet au jour le jour et d’être le plus cohérent possible.
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La préparation a commencé par la création du site internet, puis par des recherches pour la mise en place de l’itinéraire. D’un point de vue plus technique, il y a aussi un gros travail de recherche à faire pour le matériel (vélo, kayak, matériel photo/vidéo, équipements en tous genres) car pour respecter les engagements du projet, je privilégie le matériel durable ou d’occasion. Ce qui peut amener quelques difficultés, notamment quand on cherche un kayak d’occasion à plus de 3 000 km de Toronto et que le vendeur n’est pas très coopératif et réceptif au projet.

Ces derniers temps, j’ai axé mes efforts sur la diffusion, ainsi que sur la visibilité du projet, dans la presse ou sur les réseaux sociaux. J’ai également entamé en parallèle un travail de recherche de sponsors, partenaires et soutiens.
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Concernant le budget, je travaille actuellement, ici à Toronto, pour financer le projet et je recherche activement des soutiens ou sponsors. Le fait de privilégier du matériel d’occasion me permet de limiter un peu le coût de l’aventure. Néanmoins, de gros postes de dépenses sont encore à prévoir : kayak, matériel photo/vidéo que j’aimerais mettre à jour et éventuel achat d’un drone. Le budget total de l’aventure devrait avoisiner les 3 000 - 4 000 $. Je souhaite vraiment assumer financièrement la totalité de l’aventure, mais je pense tout de même mettre en place une campagne de financement participatif / Crowdfunding dans les prochaines semaines.

Enfin, pour la préparation physique, j’ai mis au point un programme d’entrainement d’intensité croissante (natation, musculation et vélo) à mesure que je me rapproche de la date de départ.
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La préparation de l’aventure est loin d’être terminée, les prochaines semaines, elle sera axée sur la recherche de contacts sur l’itinéraire, ainsi qu’à réunir des informations et des connaissances concernant la réalisation de l’aventure au jour le jour (alimentation, aspects techniques, etc.).

Comment vas-tu organiser cette aventure au quotidien ?

L’organisation de l’aventure va se dérouler en 2 étapes :

La 1ère partie de l’itinéraire se déroulera à vélo sur 1 000 km. Durant 1 semaine à 10 jours maximum, je ne serai jamais très loin de la civilisation, j’aurai donc de quoi m’approvisionner pour les repas. Les journées seront rythmées par le pédalage, les prises d’images et les éventuelles rencontres et contacts prévus sur l’itinéraire. Les nuits de repos seront partagées entre ma tente et des chambres chez l’habitant sur l’itinéraire (où j’ai déjà réussi à avoir quelques contacts).

Je serai équipé pour tous types de temps, mais j’espère avoir le beau temps avec moi. Au niveau hygiène, je compte sur mes nuits chez l’habitant pour profiter d’une douche. Le reste du temps, je commencerai à m’habituer à la partie kayak en me plongeant dans la rivière. Concernant la production d’énergie et le rechargement de mes appareils électroniques, je serai équipé d’une mini-éolienne portable ainsi que d’un prototype adapté au vélo, que l’entreprise WindPal à généreusement mis à ma disposition.
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La 2ème partie de l’itinéraire se déroulera en kayak sur 2 700 km. Celle-ci devrait me prendre un peu plus de 2 mois, et mes contacts avec la civilisation seront plus espacés. Les journées seront rythmées par le canotage et la prise d’images : je profiterai des beaux jours pour les prises d’images et je redoublerai d’efforts pour avancer sur l’itinéraire les journées de mauvais temps. Je passerai mes nuits en tente sur les bords de rivière. Le trajet en kayak passe par de nombreux villages isolés et quelques villes, j’en profiterai donc pour y refaire mes stocks de nourriture et compte sur une canne à pêche et un peu de cueillette pour compléter mes repas. Excepté les villes de Fort Mc Murray et Hay River, où je peux prévoir des contacts et échanges avant le début de l’aventure, les autres villages seront l’occasion de partages et de rencontres plus spontanés.

Je serai également équipé d’une mini-éolienne WindPal adapté au kayak.
Sur l’ensemble de l’aventure, j’en profiterai pour essayer de rencontrer et interviewer des locaux, des associations, des organismes, directement concernés par des problèmes environnementaux et/ou impliqués dans la lutte contre le changement climatique. J’ai aussi la volonté de ramener des images de la faune et de la flore, ainsi que de la réalisation et du déroulement de l’aventure au jour le jour avec les caractéristiques éco-responsables que je me suis fixé.
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Est-ce un choix de partir seul ?

Oui et non. J’aurais été ravi d’avoir quelqu’un pour partager cette aventure. Mais je ne veux obliger personne à me suivre, à faire une croix sur ses vacances d’été ou à potentiellement se mettre en danger. Je n’ai surtout trouvé personne d’intéressé à poser 2 mois et demi de vacances pour me suivre. 😉 Plus sérieusement, je souhaite profiter de cette aventure pour me retrouver un peu seul, prendre du temps pour moi et vivre plus simplement au contact de la nature. Mais je ne serais tout de même pas seul tout le temps. L’itinéraire passe certes par des grands espaces naturels mais il est aussi parsemé d’étapes dans des villes et villages, où j’espère établir des échanges et partager autour du projet.

Est-ce que tu redoutes quelque chose dans ce projet ?

Oui bien-sûr, je redoute la blessure, ou un accident, on ne peut jamais tout prévoir. Mais j’ai vraiment la volonté de faire de la prudence et de la sécurité des priorités pour le projet. J’emporterai avec moi un téléphone satellite ainsi qu’une balise de détresse. J’ai également revu plusieurs fois l’itinéraire à la baisse dans un souci de sécurité et de cohérence.

Je pense que ce que je redoute le plus, ce sont les ours. Je suis en même temps très curieux et effrayé d’en rencontrer. J’ai choisi une période où ils ne seront pas affamés et agressifs car ils auront de quoi manger. De plus, sur l’itinéraire que j’emprunte, ils seront habitués à la présence de l’homme et à le fuir. Enfin, j’aurai avec moi des moyens dissuasifs (spray à poivre, etc.) pour décourager tout ours un peu trop câlin.

Où peut-on suivre ton aventure ?

Vous retrouverez tous les détails du projet sur le site web d’Open Your Wild. Pour suivre le projet et l’aventure au jour le jour vous pouvez rejoindre la page Facebook et mon Instagram. Vous pouvez également retrouver les vidéos sur la chaîne Youtube.

Merci Thomas d’avoir pris le temps de partager cet incroyable projet avec nous !

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Commentaires

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Très beau projet, belle initiative.

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Carô
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Il n’y a pas de bon endroit pour publier ce message ni de tournure de phrase qui permettrait de rendre son annonce moins douloureuse à ceux qui le connaissaient et ignorent encore la nouvelle … Thomas est malheureusement décédé durant sa traversée en kayak. Une pensée à sa famille, ses proches ainsi qu’à tous ceux qui parmi vous le suivaient dans son aventure et son projet Open your wild.

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Sean
24 11

J’ai appris la terrible nouvelle et je suis sous le choc. Toutes mes pensées vont vers sa famille et ses proches. Repose en paix Thomas.

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Mathieu
21.4K 11.5K

Quelle triste nouvelle.
Repose en paix Thomas.

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