Le québécois : une langue à part entière !

Date de publication : 02-03-2022

Auteur

Marie

Une des choses qu’on attend le plus lorsqu’on arrive au Québec, c’est tout simplement d’entendre parler les Québécois. Il est courant d’entendre parler de “leur accent”, de leurs “fautes de français”, etc. Mais le québécois est une langue à part entière. Elle demande, comme les autres, de l’apprentissage pour la comprendre et la parler. “Pis, dans l’fond*”, en tant qu’immigrés, c’est nous qui venons avec notre accent !

* Autant les Français aiment placer “Du coup” au début, au milieu et à la fin de chaque phrase, autant “Dans l’fond” est très utilisé par les Québécois.

Bien sûr, en parlant un français de France ou de Belgique, on ne peut pas parler de barrière de la langue. On peut tout de même observer quelques subtilités.

Je vais vous raconter icitte (= ici) une journée type, en termes de vocabulaire, au Québec. Je grossis évidemment le trait mais je ne vous croirais pas si vous me disiez que vous n’avez jamais entendu les mots ou expressions ci-dessous après un passage dans cette province.

Allez, c’est parti !

Avant de me rendre à ma job (= mon travail), voire à ma jobine (= petit job), je vais aller prendre mon déjeuner (= petit-déjeuner) dans un café.

Le plus souvent, le serveur vous dira “Allo” ou “Bonjour, hi!”. Allo ici veut dire bonjour, souvent la personne qui vous accueille utilise le français et l’anglais pour vous dire que vous pouvez interagir dans la langue qui vous convient.

Bonjour est plutôt utilisé pour vous souhaiter une bonne journée, à la fin d’un échange téléphonique, par exemple.

Salut, ça va?*” est également une manière de vous dire bonjour, même si la personne ne vous connaît pas (un serveur, un caissier…) et cela ne nécessite pas forcément pour autant une réponse. Au travail, on vous saluera plutôt de cette manière “Bon matin!”.

* Vous noterez, si vous êtes à cheval sur la ponctuation, qu’en Amérique du Nord, il n’y a pas d’espace avant les points d’exclamation ou d’interrogation.

Comme chaque matin, je vais commander un café. Le serveur me demande “Tu veux tu du lait?”. Au début ça laisse perplexe, mais il est courant d’ajouter le “tu” après le verbe, tout comme il est courant de se tutoyer (même si vous verrez que dans le monde du travail, il faut commencer par le vouvoiement avant d’être invité au tutoiement).

Après m’avoir servi ma chocolatine (oui, ici il n’y a pas de débat, on ne dit pas pain au chocolat) et mon café à emporter, je vais payer la facture (= addition), en laissant un tip (= pourboire). Je paie par carte de crédit, je dois ainsi entrer mon NIP* (= code PIN) pour valider la transaction.

* On connaît en France le code PIN, qui est l’abréviation de “Personal Identification Number”. Au Québec, on parle de NIP, qui veut dire “Numéro d’Identification Personnel”. D’autres acronymes sont traduits comme KFC (Kentucky Fried Chicken), qu’on appellera PFK (Poulet frit Kentucky) au Québec.

Je n’oublie pas de remercier le serveur qui me répond “Bienvenue!” (= De rien).

Je ne vous cache pas qu’en arrivant, je pensais qu’on me souhaitait réellement la bienvenue, je répondais alors une nouvelle fois “Merci !”. J’avoue que je me sens un peu ridicule maintenant que j’ai compris que ça voulait seulement dire “De rien”, la traduction de “You are welcome” finalement.

Midi arrive, il est temps d’aller dîner (= déjeuner). Je vais aller dans un fast-food, commander un trio (= menu). Je vais commander un hambourgeois (= hamburger), des frites et un breuvage (= une boisson). Pour ce qui est de l’hambourgeois, je vous rassure, on peut le lire parfois sur les menus, mais à l’oral, tout le monde dit burger.

Avant de rentrer chez moi, je vais aller magasiner (= faire du shopping). J’achète un chandail (= pull), des mitaines (= moufles) et une tuque (= bonnet). Avec l’hiver, difficile d’avoir du style mais je m’en câlisse (= Je m’en fous) ! Je les passerai à la laveuse (= machine à laver) et à la sécheuse (= sèche-linge) avant de les porter.

Je récupère mon char (= ma voiture), dans lequel j’aurais mis mes affaires dans la valise (= le coffre) et direction l’appartement !

Après une journée de travail, je suis contente de retrouver mon chum (= copain) et je lui fais un bec (= bisou). J’espère qu’il est aussi content que moi de retrouver sa blonde (= copine).

Ce soir, j’ai envie de cuisiner pour préparer le souper (= dîner) mais il me manque quelques ingrédients, je vais donc me rendre chez le dépanneur (= épicerie de quartier où on trouve des produits essentiels comme des pâtes, du dentifrice, etc. mais aussi des bières et des cigarettes) et passer à la SAQ (= Société des Alcools du Québec : point de vente où on achète de l’alcool comme le vin ou les spiritueux). Heureusement, demain je récupère ma cueillette (= courses au drive).

En rentrant chez moi, je croise un ami devant la SQDC (= Société Québécoise du Cannabis) car oui, le cannabis est légal au Canada. On échange quelques minutes dehors mais il fait si frette (= très froid) que je ne peux m’empêcher de lâcher un “Tabarnak* !” (= une traduction est-elle vraiment nécessaire ? Tabarnak est la manière de prononcer “Tabernacle”).

* J’en profite pour préciser que même si leurs jurons semblent plus mignons qu’en France ou en Belgique, ce n’est pas une raison pour en abuser, vous risqueriez de choquer les gens (ça reste des jurons) !

Au Québec, on ne jure pas, on sacre !

Avez-vous également remarqué que les jurons ou insultes vont le plus souvent chercher dans le champ lexical religieux ?

Si je vous dis “Ostie de câlisse de tabarnak de crisse d’osti d’marde” vous pourriez croire que je rentre un peu éméchée de la messe mais il s’agit simplement de l’équivalent d’un bon gros “putain de bordel de merde”.

Les plus utilisées étant “Ostie” (qui vient de l’hostie), “Câlisse”, “Crisse” (déformation de Christ), “Sacrament” (pour sacrement) et “Tabarnak”. Toutes proportions gardées bien sûr, puisque les Québécois ne sont pas si vulgaires.

La journée s’achève et je me pose enfin pour clavarder (= mélange de clavier et bavarder) avec mes amis sur mon téléphone. Je vais organiser un party (= une soirée, à prononcer “parté”) cette fin de semaine (= ce week-end). Ce sera le fun (= amusant) !

Il est temps pour moi d’aller dormir, je vous dis à tantôt (= à plus tard) !

Évaluation de l'article

5/5 (4)

Aucun commentaire

Il n'y a aucun commentaire pour le moment mais n'hésitez pas à ajouter le vôtre 🙂

Articles recommandés