Bonjour Florian, peux-tu te présenter ?
Bonjour ! Après une licence d’histoire (je voulais devenir professeur), je n’ai pas su quelle suite donner à mon parcours. J’ai essayé deux masters d’histoire différents, que j’ai très vite abandonnés. Puis, j’ai passé une troisième année à enchaîner les petits boulots. Je suis allé voir une conseillère d’orientation, mais le rendez-vous n’a pas donné les résultats espérés.
Si seulement ces professionnels connaissaient le programme vacances-travail afin de le présenter aux personnes indécises quant à leur avenir, comme je l’étais !
Finalement, j’ai intégré un master en communication, durant lequel j’ai découvert l’existence du programme vacances-travail. L’entreprise où j’ai effectué mon stage de fin d’études m’a proposé un poste, mais j’ai décliné leur offre. Je suis parti en Nouvelle-Zélande grâce au PVT. Cette expérience s’est révélée tellement enrichissante que j’ai décidé de la prolonger avec un second PVT, au Japon.
Peux-tu nous raconter en quelques mots ton aventure en Nouvelle-Zélande et au Japon ?
Mes séjours dans ces deux pays ont été organisés de la même manière. D’abord, plusieurs mois chez l’habitant, via le volontariat HelpX. Puis, des périodes de travail entrecoupées de voyages.
Qu’est-ce qui t’a motivé à rester au Japon après ton PVT et comment as-tu obtenu ton visa de travail ?
Pour passer du visa PVT au visa de travail, j’ai exprimé mon désir de demeurer au Japon à mon employeur. Nous avons fait les démarches afin que je puisse obtenir le visa de travail.
Pour ma part, la vie s’y est déroulée de manière très agréable et sereine !
J’ai eu la chance d’être logé par mes employeurs, des hôtels ainsi qu’une ferme laitière. Le premier m’a apporté toute l’aide nécessaire pour accomplir les formalités d’usage (ouverture d’un compte bancaire, déclaration d’arrivée dans la commune, etc.). Et une fois en couple avec une Japonaise, les choses sont devenues beaucoup plus faciles !
Trouver ces emplois a été relativement aisé. Mon arrivée au Japon coïncidait avec l’ouverture des stations de ski, très demandeuses de travailleurs saisonniers. J’ai postulé depuis la France. Ma relation avec la directrice était excellente ; elle a accepté de me recommander, pour mon deuxième emploi, auprès d’un groupe hôtelier. Concernant la ferme, mon amie japonaise s’est chargée de nous trouver une place.
Niveau budget, je m’en suis bien tiré ! En tant que volontaire, et moyennant quelques heures de travail, j’étais nourri et logé. Les sociétés hôtelières me logeaient et me nourrissaient également. L’une d’elles appliquait une petite retenue sur salaire ; c’était aussi le cas à la ferme.

Concernant les déplacements, je passais l’hiver dans les stations de ski. Ensuite, j’ai vécu pendant six mois sur une petite île tropicale japonaise, où je me déplaçais à vélo. À la ferme, l’éleveur a mis une voiture à ma disposition. Entre ces périodes de travail, je voyageais à pied, en stop, en train ou encore en voiture de location.
Dans ces conditions, j’avais largement de quoi profiter de mon expérience !
Tu as beaucoup voyagé pendant ton séjour : quelles régions ou expériences t’ont le plus marqué ?
Les réponses me viennent immédiatement.
La région : les Îles Oki, dans la mer du Japon. Un véritable vestibule du paradis. J’ai écrit un livre, Voyages en pays de Wa, consacré à mes itinérances japonaises. Les îles Oki constituent le plus long chapitre. Une fois la rédaction terminée, je me suis timidement renseigné auprès de la municipalité de l’une de ces îles afin de savoir s’il était possible d’y venir vivre et travailler.
L’expérience : ma rencontre avec Miho, une vieille dame japonaise qui m’a hébergé alors que je faisais du stop. Le gîte offert était étonnant, c’est le moins que l’on puisse dire ! Pour connaître le fin mot de cette histoire, n’hésitez pas à vous procurer mon livre !
Quels aspects de la culture, de la société ou du folklore japonais as-tu le plus appréciés ou trouvés surprenants ?
Le sens du détail, tout d’abord. La carte de visite, par exemple : on la remet pincée entre le pouce et l’index de chacune des mains. Elle est orientée de telle façon que celui ou celle qui la reçoit puisse immédiatement en lire le contenu. J’en ai d’ailleurs gardé l’habitude !

La politesse, ensuite. Le facteur, par exemple, entrait dans le hall de l’hôtel où je travaillais en lançant : « Osewa sama desu ». Cette expression signifie bonjour dans un contexte professionnel et sous-entend que le service postal est reconnaissant envers l’hôtel pour la relation de confiance et de travail qui les unit.
Enfin, le folklore des ogres m’a beaucoup marqué. Mon livre raconte d’ailleurs quelques-unes de leurs légendes.
Quels défis ou situations insolites as-tu rencontrés pendant ton séjour ?
Les jeux télévisés japonais ! L’un d’eux mettait en scène une équipe masculine dont les membres devaient escalader, chacun leur tour, une rampe. Au bout de celle-ci, une femme se douchait, dissimulée derrière un assemblage de carreaux.
Les hommes, munis d’une balle, avaient pour objectif de gravir la pente afin de se rapprocher le plus possible du sommet avant de lancer leur projectile. Lorsqu’une balle touchait un carreau, celui-ci s’effondrait et dévoilait ainsi une partie du corps de la jeune femme. L’objectif évident était de faire tomber l’ensemble de cette paroi.
La tâche se révélait toutefois ardue : la rampe avait été abondamment savonnée et la moindre glissade entraînait une chute dans un bassin rempli d’une eau si chaude que ceux qui y tombaient en ressortaient péniblement, rouges comme des écrevisses !
Quels conseils pratiques donnerais-tu aux futurs pvtistes qui souhaitent partir pour le Japon ?
Les Japonais sont très amicaux, n’hésitez pas à aller vers eux !
Et enfin, quels sont tes projets pour la suite ?
Je veux essayer de faire partager cette inoubliable expérience de trois ans au Japon à travers mon livre, Voyages en pays de Wa. De mes itinérances japonaises.
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