Activer un permis (travail, études) au Canada : escale aux États-Unis ?

Activer un permis (travail, études) au Canada : escale aux États-Unis ?

Vous venez de recevoir votre lettre d’introduction suite à votre demande de permis d’études ou de permis de travail pour le Canada (PVT, Jeunes professionnels, Stage coop, Mobilité francophone…) ? Félicitations ! Il ne vous reste plus qu’à vous rendre au Canada afin d’activer votre permis.

Chaque année, certains d’entre vous décident de faire un petit crochet par les États-Unis avant d’aller au Canada. Sachez que ce scénario pourrait être plus compliqué que vous ne le pensez.

Dans cet article, nous vous expliquons les risques et vous présentons des itinéraires plus fiables.

Sommaire

Situation 1 : vol direct vers votre destination finale au Canada – À PRIVILÉGIER

Prenons l’exemple d’une Française titulaire d’une lettre d’introduction qui prévoit de commencer son PVT à Toronto. Elle prend un vol direct de la France (ou depuis n’importe quel pays situé hors de l’Amérique du Nord) vers Toronto.

C’est la solution la plus fiable.

Situation 2 : vol avec correspondance dans une autre ville canadienne – À PRIVILÉGIER

Il est possible qu’il n’existe pas de vol direct entre votre ville de départ et votre destination finale au Canada. Dans ce cas, vous devrez peut-être transiter par une autre ville canadienne (ou vous pouvez choisir de le faire pour le plaisir).

Reprenons l’exemple d’une Française titulaire d’une lettre d’introduction qui souhaite faire son PVT à Toronto. Elle peut choisir de prendre :

  • Un vol depuis la France (ou depuis n’importe quel pays situé hors de l’Amérique du Nord) vers Toronto, sa destination finale, avec une correspondance à Montréal ; ou
  • Un vol depuis la France (ou depuis n’importe quel pays situé hors de l’Amérique du Nord) vers Vancouver, passer quelques jours ou quelques semaines à Vancouver, puis prendre un vol vers Toronto, sa destination finale.

Ces deux options sont tout à fait envisageables.

CEPENDANT, il est important de noter que vous passerez les formalités d’immigration canadiennes et que votre permis de travail ou d’études vous sera délivré à votre premier point d’entrée au Canada, c’est-à-dire au premier aéroport canadien où vous atterrirez.

Ainsi, si vous avez une correspondance au Canada, vous devez vérifier qu’elle est suffisamment longue pour vous permettre de passer l’immigration (ça peut être très rapide ou très long).

Même si cela dépend de l’affluence à l’aéroport, un délai de 3 heures minimum pour votre escale est généralement une durée raisonnable (à condition que votre premier vol ne soit pas retardé).

Situation 3 : escale aux États-Unis avant d’arriver au Canada – PRÉCAUTIONS À PRENDRE

Pour des raisons de budget ou des raisons personnelles, vous envisagez peut-être de passer par les États-Unis (même uniquement pour une correspondance) avant d’arriver au Canada.

Sachez qu’il existe une surveillance accrue depuis quelque temps : certains d’entre vous nous ont dit avoir été refusés à l’embarquement pour leur vol vers les États-Unis en raison de détails techniques liés à l’ESTA et au programme d’exemption de visa (Visa Waiver Program).

Nous vous expliquons pourquoi.

Le contexte de l’ESTA et du programme d’exemption de visa

Pour entrer ou transiter par les États-Unis, vous avez généralement besoin d’une autorisation d’entrée sur le territoire américain, même dans le cadre d’une simple correspondance aéroportuaire. Pour les voyageurs provenant de pays participant au programme d’exemption de visa (Visa Waiver Program), une ESTA est généralement suffisante et il n’est pas nécessaire de demander un visa. C’est le cas notamment des Français et des Belges.

La complication

La complication vient des règles du programme d’exemption de visa lui-même.

us visa waiver program

Comme vous pouvez le voir, pour bénéficier du programme d’exemption de visa :

  • vous devez disposer d’un billet retour ou d’un billet vers une autre destination ; ET
  • votre voyage ne doit pas se terminer dans un territoire limitrophe (le Canada et le Mexique) ou dans les îles adjacentes (Caraïbes et Bermudes).

Cela signifie que si votre destination finale est le Canada et que vous ne disposez pas d’un billet retour ou d’un billet permettant de quitter l’Amérique du Nord dans les 90 jours suivant votre entrée aux États-Unis, votre itinéraire pourrait ne pas satisfaire techniquement aux exigences du programme d’exemption de visa.

À cause de cela, certains immigrants au Canada qui prévoyaient de passer quelques jours de vacances aux États-Unis ou d’y effectuer une correspondance avant d’arriver au Canada, mais qui n’avaient pas déjà un billet leur permettant de quitter l’Amérique du Nord dans les 90 jours suivant leur arrivée aux États-Unis, ont :

  • été refusés à l’embarquement pour leur vol vers les États-Unis ; ou
  • été contraints d’acheter un billet de sortie, une fois sur place.
Si j'ai une lettre d'introduction, cela ne prouve-t-il pas que je suis résident du Canada ?

Non. La lettre d’introduction est simplement un document officiel indiquant que votre demande de permis d’études ou de travail a été approuvée. Vous ne devenez pas résident temporaire du Canada tant que vous n’êtes pas arrivé au Canada et que vous n’avez pas activé votre permis.

Cela signifie qu’au moment de l’embarquement pour votre vol vers les États-Unis, cette règle du programme d’exemption de visa peut toujours s’appliquer à vous.

L'ESTA est-il nécessaire même pour une correspondance dans un aéroport américain ?

Oui. Une correspondance dans un aéroport américain est considérée comme une entrée sur le territoire des États-Unis. En savoir plus sur la demande d’ESTA.

Ce problème est-il fréquent ?

La majorité des voyageurs qui transitent par les États-Unis ne rencontrent aucun problème. Toutefois, un certain nombre de voyageurs font l’objet de contrôles supplémentaires concernant le respect des règles, et en pratique, la décision peut dépendre du personnel de votre compagnie aérienne ou de l’agent d’immigration américain.

Ce que nous recommandons

En tant que futurs stagiaires, étudiants, pvtistes (ou autres futurs résidents temporaires) au Canada, nous vous recommandons de privilégier les situations 1 ou 2 lorsque c’est possible, car elles présentent moins de risques.

Si vous devez absolument passer par les États-Unis, vous pouvez limiter les risques en ayant une preuve d’un vol quittant l’Amérique du Nord dans les 90 jours suivant votre arrivée aux États-Unis. Par exemple :

  • Jour 1 : arrivée aux États-Unis.
  • Jour 10 : vol vers le Canada et activation du permis de travail ou d’études.
  • Jour 80 : vol vers l’Islande.
Et si j'achète un billet de sortie mais que je ne l'utilise pas ?

Acheter un billet retour ou vers un autre pays, prouvant que vous allez quitter l’Amérique du Nord sans finalement l’utiliser pourrait entraîner davantage de questions lors d’une prochaine entrée aux États-Unis dans le cadre du programme d’exemption de visa. Nous ne savons pas à quel type d’informations ont accès les États-Unis.

Une fois votre permis de travail ou d’études activé

Une fois votre permis activé, les déplacements entre le Canada et les États-Unis (et les transits par les États-Unis) deviennent plus simples, car vous pouvez démontrer que vous avez un statut légal de travailleur temporaire ou d’étudiant au Canada.

Situation 4 : vous êtes déjà au Canada

Si vous êtes déjà au Canada en tant qu’étudiant ou travailleur que vous devez activer votre nouveau permis, vous devez généralement quitter le Canada puis y revenir, même s’il est parfois possible de recevoir son nouveau permis directement par courrier au Canada (c’est le cas notamment pour les personnes en permis EIC qui obtiennent un nouveau permis EIC). Renseignez-vous selon votre situation !

IMPORTANT : vous ne devez pas vous rendre aux États-Unis ou à Saint-Pierre-et-Miquelon dans le but de revenir au Canada afin d’obtenir des services d’immigration. Cette pratique est appelée le tour du poteau (« flagpoling »), et elle est interdite depuis décembre 2024.

Julie

Cofondatrice de pvtistes.net, j'ai fait 2 PVT, au Canada et en Australie. Deux expériences incroyables ! Je vous retrouve régulièrement sur nos comptes Insta et Tiktok @pvtistes avec plein d'infos utiles ! Cofounder of pvtistes.net. I went to Canada and Australia on Working Holiday aventures. It was amazing!

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