Annonce d’un départ en PVT : les (possibles) réactions négatives des proches

Date de publication : 27-08-2021

Auteur

Julie

Le PVT est sans doute le programme de mobilité internationale le moins encadré et le moins défini qui soit. Certains programmes riment avec études, avec emploi, avec stage. Le PVT rime avec tout et avec rien : c’est une page blanche que vous allez remplir d’expériences variées. Alors, forcément, c’est l’un des programmes qui suscitent le plus de réactions négatives.

Vous avez été des centaines à partager avec la communauté pvtistes les réactions (positives ou non) de votre entourage à l’annonce de votre départ en PVT.

Ce sont mes propres expériences, celles de mes amis voyageurs ainsi que les retours des pvtistes que j’ai rencontrés au cours des 16 dernières années et des pvtistes qui ont participé à cette discussion de notre forum, qui ont construit cet article. Rien n’a été inventé.

Les personnes évoquées ci-dessous ne le sont que de façon factuelle. Il ne s’agit pas de les juger mais plutôt de lister les mots et avis des proches des pvtistes qui ont pu blesser, décourager ou faire douter certains d’entre vous avant un départ en PVT, pour que ceux qui les entendent se sentent moins seuls et parviennent à passer outre, comme d’autres l’ont fait avant eux.

Il y a ceux qui vous demanderont ce que vous allez « faire là-bas », si vous avez déjà un emploi qui vous attend, où vous allez loger et si vous connaissez du monde sur place.

Il y a ceux qui vous diront que c’est trop loin, que « l’Europe, c’est bien aussi », ceux qui vous demanderont ce qu’il se passera si vous avez des problèmes en étant à l’autre bout du monde. Il y a ceux qui vous diront qu’un an c’est trop long, que des vacances de quelques semaines, « c’est bien, déjà ».

Il y a ceux qui ne croiront pas en vous, en vos capacités d’adaptation, en votre débrouillardise. Ceux qui penseront que vous n’avez pas les ressources nécessaires pour vivre cette expérience.

Il y a ceux qui ne concevront pas que vous alliez faire des petits boulots à l’autre bout du monde plutôt que le métier auquel vous vous êtes formé. Ceux qui ne comprendront pas vos envies, votre rêve, ceux qui vous demanderont « mais pourquoi ? ». Il y a ceux que le voyage n’intéresse pas, qu’une vie nomade n’attire pas, ceux qui n’ont pas soif d’aventures, de découvertes et de rencontres, ceux qui se demanderont ce qui vous pousse à choisir cette vie-là.

Il y a ceux qui penseront qu’un PVT, c’est juste l’occasion de dépenser de l’argent, ceux qui ne voient pas tous les bienfaits d’une telle expérience : la confiance en soi, le dépassement de soi, les rencontres, la sensation de liberté, l’ouverture d’esprit, la maitrise d’une langue (et j’en passe !), ceux qui trouvent ça inutile, futile, pas concret.

Il y a ceux qui penseront que vous partez sur un coup de tête, pour de mauvaises raisons. Ceux qui penseront que cette envie de partir est une lubie, un caprice, ceux qui se diront que vous ne le ferez pas. Ceux qui vous répondront « mais bien sûr » et qui s’étonneront de voir, quelques mois plus tard, qu’en fait vous partez vraiment.

Il y a ceux qui vous diront que vous fuyez (et alors ? On en parle ici !), que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs, que vous ne réglerez rien en partant. Ceux qui vous diront que vous devez être sacrément paumés pour partir aussi loin.

Il y a ceux qui vous affirmeront que vous êtes trop jeunes pour une telle expérience, ceux qui vous diront que vous êtes trop vieux pour faire ce genre de choses, ceux qui ne comprendront pas que vous quittiez « tout » pour partir vers l’inconnu. Ceux qui vous inciteront à rester.

Il y a ceux qui ne comprendront pas qu’on puisse avoir des attentes et des ambitions différentes des leurs, ceux qui pensent que ce qui compte dans la vie, c’est la sécurité de l’emploi, un bon salaire et les cotisations à la retraite, ceux qui ne comprennent pas que le confort financier n’est pas forcément une fin en soi.

Il y a ceux qui ne concevront pas que vous partiez alors que vous avez « tout pour être heureux » ici, ceux qui ne comprendront pas que vous partiez volontairement vous mettre dans une situation inconfortable (pour rester poli).

Il y a ceux qui trouveront aberrant qu’à votre âge, vous ne vous « posiez » pas, ceux qui s’exclameront « Encore ?! » si vous avez déjà voyagé, et qui ajouteront que « ça y est, vous avez assez profité », ceux qui craindront que vous ayez adopté ce mode de vie original pour de bon. Il y a ceux qui avaient d’autres projets pour vous et que votre départ décevra. Ceux-là porteront peut-être encore un jugement négatif sur votre PVT une fois que vous l’aurez terminé.

Il y a ceux qui attendront de vous que vous détailliez votre projet, alors que justement votre plan, c’est qu’il n’y a pas de plan ! Ceux qui ne voient aucun charme à ne pas savoir de quoi seront faits vos 12 prochains mois.

Il y a ceux qui vous diront que vous les abandonnez, que vous les lâchez. Ceux qui seront tristes, bouleversés, furieux, ceux qui pleureront ou qui frôleront le malaise. Il y a ceux qui vous demanderont si vous partez parce que vous n’êtes pas bien ici, avec eux. Ceux qui quitteront le repas de famille pendant lequel vous avez annoncé votre souhait de partir. Ceux qui vous feront franchement la gueule.

Il y a ceux qui ne soutiendront pas votre projet et ceux qui ne comprendront pas ceux qui vous soutiennent.

Il y a ceux qui vous diront « moi, je pourrais pas… ». Ceux qui auront peur pour vous, parce que vous partez loin, parce que vous partez seul·e, parce que vous partez avec vos enfants, parce que votre destination PVT présente un danger.

Il y a ceux qui, si vous partez en couple, vous demanderont ce qui se passera si ça ne marche pas avec votre conjoint·e.

Pire, si vous partez sans votre conjoint·e, certains vous demanderont si votre couple connaît des tensions, vous affirmeront que votre couple ne tiendra pas, voire vous feront culpabiliser d’abandonner votre conjoint·e.

Si vous avez des enfants, il y a aussi ceux qui vous en voudront d’emmener leurs petits-enfants loin d’eux, à l’autre bout du monde.

Il y a ceux qui vous infantiliseront. Ceux qui vous mettront devant les yeux tous les obstacles que vous rencontrerez (peut-être), ceux qui dénigreront votre future destination.

Il y a ceux qui vous prendront pour un fou, ceux qui seront persuadés que vous n’y arriverez pas, ceux qui penseront que vous gâcherez, en partant, tout ce que vous avez accompli jusqu’ici, car vous ne trouverez pas de travail ou n’arriverez pas à reprendre vos études à votre retour.

Il y a ceux qui vous diront qu’il faut grandir, qu’il « faut arrêter les bêtises ». Ceux qui vous demanderont comment vous allez payer votre prêt immobilier, ce que vous allez faire de votre logement ; ceux qui s’inquièteront que vous deviez tout vendre ici pour tout racheter là-bas.

Il y a ceux qui ont un meilleur projet pour vos économies qu’une année à l’étranger. Ceux qui penseront sincèrement que vous allez perdre un an de votre vie.

J’imagine que si Klapisch a fait dire ces mots à la mère de Xavier dans l’Auberge Espagnole, c’est qu’il y a aussi ceux qui vous demanderont : « Tu es sûr que c’est une bonne idée de partir ? » 5 minutes avant que vous montiez dans l’avion.

Il y a ceux qui auront peur que vous ne reveniez pas.

Il y a ceux qui vous feront ressentir que vous devez vous justifier, que vous leur devez des explications. Il y a ceux qui oublient que vous êtes un adulte responsable, libre de ses choix.

Et puis il y a les autres, ceux qui comprennent, ceux qui l’auraient fait s’ils avaient pu le faire, ceux qui vous encouragent.

Il y a ceux qui attirent votre attention sur certains aspects du voyage mais sans vous inciter à renoncer, ceux qui promettent de suivre vos aventures, ceux qui espèrent pouvoir venir vous voir, ceux qui vous demandent de profiter de chaque instant, ceux qui vous souhaitent de vous créer un maximum de beaux souvenirs, ceux que votre décision impressionne, ceux qui vous disent de foncer !

Il y a ceux qui sont persuadés que cette expérience vous apportera beaucoup, ceux qui ne veulent qu’une chose : votre bonheur.

Parfois, les premiers digèrent la nouvelle, prennent le temps d’y réfléchir, de vous poser plus de questions sur votre projet ou sur vos envies et rejoignent la deuxième catégorie de personnes.

Si ce n’est pas le cas, on ne peut que vous inciter à écouter davantage ceux qui vous soutiennent et vous encouragent et de garder en tête que la décision finale vous reviendra toujours.

Un PVT est une expérience enrichissante, quelle que soit la façon dont vous vivez votre séjour à l’étranger. Sur pvtistes.net, on est des amoureux du PVT, alors on ne peut que vous encourager à sauter le pas, comme des centaines de milliers de jeunes à travers le monde le font chaque année 🙂

Et au besoin : 16 bonnes raisons de partir en PVT.

Évaluation de l'article

5/5 (4)

5 Commentaires

Julie
5K 13.6K
Message de Asacks
Superbe article Julie ! Ça nous rappelle pourquoi on le fait, les raisons qui poussent à choisir justement un PVT😉 Départ le 14/09, c'est imminent 😁
Merci pour ces mots !!!!

Merci pour ton message ! Bonne dernière semaine avant le départ alors
Audrey
3 10
Superbe article Julie ! Ça nous rappelle pourquoi on le fait, les raisons qui poussent à choisir justement un PVT😉 Départ le 14/09, c'est imminent 😁
Merci pour ces mots !!!!
Julie
5K 13.6K
Message de alexchazot
Un très très grand merci Julie pour cet article. Nous sommes une famille avec 2 jeunes enfants, expatriés pour 2 ans aux USA mais nous avons voulu continuer l'aventure et avons donc entamé les demarches pour le PVT. Il a tant de paragraphes dans lesquels on se retrouve. Oublions les uns et n'hésitons pas a nous appuyer sur les autres. Votre réflexion est une bulle d'oxygène.

Merci Alex pour ton commentaire et bons projets tous les 4 ici ou là
Raccoon
35 196
Si tu hésites, fonce! Tu perds ton temps à attendre. "C'est en forçant qu'on a de la force" - un philosophe portugais.
alexchazot
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Un très très grand merci Julie pour cet article. Nous sommes une famille avec 2 jeunes enfants, expatriés pour 2 ans aux USA mais nous avons voulu continuer l'aventure et avons donc entamé les demarches pour le PVT. Il a tant de paragraphes dans lesquels on se retrouve. Oublions les uns et n'hésitons pas a nous appuyer sur les autres. Votre réflexion est une bulle d'oxygène.

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