Cassandre : être fille au pair au Canada

Cassandre alias Cassoune

Cassandre alias Cassoune

  • Localisation Edmonton, AB, Canada
  • Destination -
  • Profession -
  • Dernier diplôme obtenu -

Cassandre vit au Canada, à Edmonton, depuis presque un an. Elle nous raconte son arrivée, son quotidien de fille au pair et ses projets.

Bonjour Cassandre, peux-tu te présenter ?
Je m'appelle Cassandre, j'ai 21 ans. Je suis Française et je viens d’un tout petit département qui s’appelle les Deux-Sèvres, situé sur la côte Ouest de la France.
Je suis au Canada depuis presque 1 an maintenant mais avant cela, j'ai passé un diplôme pour être éducatrice spécialisée. Ma formation a duré 3 ans et lors de ma dernière année, je me suis inscrite pour le PVT que j'ai eu du premier coup (les gens disent de moi que je suis chanceuse !).
Au Canada, j’exerce un job de fille au pair 3 jours par semaine et le reste du temps je voyage. Pour suivre mes aventures, c’est sur mon blog ou sur Instagram !
Cassandre au pair PVT Canada
Tu as choisi de partir en PVT au Canada. Pourquoi ce pays ?
J'ai choisi de venir au Canada car c'est un pays qui m'attire depuis très très longtemps. J'aime beaucoup l'hiver et les froids extrêmes, j'aime la nature, les grands espaces et j'avais très envie de voir en vrai les lacs turquoises des Rocheuses, les ours et les orignaux. Et puis, la gourmande que je suis, avait très envie de goûter au sirop d'érable et aux muffins aux bleuets.
Partir au Canada, c'était aussi quitter mon pays, partir loin pour fuir des situations trop pesantes. Partir pour découvrir une nouvelle culture, de nouvelles coutumes.
Tu es fille au pair au Canada, plus précisément à Edmonton. Pourquoi avoir choisi d’exercer cette activité ?
J'ai choisi d'être fille au pair car j’aime travailler auprès des enfants, je trouve qu’ils rendent la journée plus belle. Pour moi c'est aussi le bon compromis du voyage : avoir un logement et une famille sur qui (le plus souvent) on peut compter. Mais aussi avoir du temps pour découvrir le pays seule, ou encore mieux, avec la famille et ses bons plans.
J'ai aussi choisi cette activité car elle se rapproche de mon domaine professionnel en France. J'ai longtemps été animatrice en centre de loisirs et j'avais envie de me confronter à un autre mode d'éducation pour enrichir ma pratique.

Pour plus d'infos sur le statut d'au pair dans le monde, c'est ici !

Quelles démarches as-tu faites pour trouver ce poste d’au pair ?
Pour être fille au pair au Canada, il faut avoir un PVT. Les démarches ne sont pas simples mais une fois qu'on l'a en poche, c'est easy ! En janvier 2017, j'ai reçu ma lettre d'introduction. Je me suis alors inscrite sur le site aupairworld.com. Pour moi, c'était la solution la plus facile mais on peut aussi trouver des familles sur différentes pages Facebook ainsi que sur d'autres sites internet. Le site aupairworld est gratuit pour les personnes qui cherchent des familles. Il est payant pour les familles.
Le principe est assez simple : il faut créer un profil en faisant une description assez détaillée de soi (pourquoi on veut être fille au pair, nos qualités, nos défauts, ce qu'on aime faire avec les enfants...), on sélectionne un ou plusieurs pays où l'on voudrait aller puis on peut commencer à chercher des familles.
Pour ma part, la recherche est allée très vite. Au bout de quelques semaines, je commençais à dialoguer avec la maman de la famille où je suis.
Si je devais donner un conseil aux futures au pair, c'est qu'il faut être vraiment sincère, ne pas avoir peur de parler de ses défauts, de ses craintes mais aussi de ses envies ! Il est important que chacun se sente à l'aise.
Je vais aussi préciser que pour être fille au pair au canada, il faut bien stipuler que l’on veut travailler avec les enfants lors de l’inscription au PVT. Une visite médicale sera demandée, et sans cela, pas de travail.
Pour en revenir à mon embauche, j’ai fait plusieurs Skype avec la famille, on a longuement parlé des conditions de travail, du salaire et des attentes, puis on a établi un contrat entre la mère et moi. Il n’y avait pas grand-chose de stipulé dans ce contrat, hormis le fait que si la situation n’était pas bénéfique pour l’une ou l’autre des parties, un délai d’au moins 15 jours serait tenu avant de mettre fin au contrat. Je parle de ce point car il me semble important. Je pense que pour la fille au pair, comme pour la famille, une porte de sortie doit être envisageable.

Pour travailler avec des enfants en PVT au Canada, il faut passer une visite médicale avant l'obtention du PVT. En savoir plus...

Tu vis donc à Edmonton. Tu nous racontes un peu la vie là-bas ?
La ville d’Edmonton n’est pas la ville la plus attrayante du Canada, je dois le reconnaitre. Le gros avantage que j’y ai vu, c’est qu’elle est seulement à 4h de route des Rocheuses. On peut donc sans problème partir pour le week-end.
Niveau climat, je dirais qu’il y a deux saisons : un été chaud (entre 20 et 30 degrés) et un hiver qui peut être très froid (entre 0 et -30° !). La transition entre les deux est vraiment très courte !
En l’espace de 15 jours, les 10 cm de neige qu’il restait ont fondu et les températures sont passées de 10 degrés à 20/23. Il faut donc être préparé !
Niveau culturel, il y a une galerie d’art qui est très belle, l’assemblée législative que l’on peut visiter, le célèbre Whyte Avenue où sont regroupés beaucoup de magasins et de restaurants.
Cassandre au pair PVT Canada
En tant qu’au pair, comment se passe une journée type ?
Ma journée type commence à 7h15. Je me lève et prends ma douche pour ensuite être dans la cuisine à 7h30. Le papa est déjà parti au travail, la mère part à 7h45. Souvent, on fait un petit débrief’ de la nuit et on parle de la journée (savoir si les enfants ont des activités particulières, à quelle heure elle rentre du travail...).
La plupart du temps, les lunchs sont prêts pour les 2 plus grands mais si ce n'est pas le cas, je les prépare.
Je prends ensuite mon petit-déjeuner avec les 3 enfants, ils vont s'habiller, se brosser les dents et souvent il reste un peu de temps avant d'aller à l'école. On a de la chance, l'école est en face de la maison, alors on peut jouer jusqu'au dernier moment !
A 8h25 on se prépare pour partir. Le plus grand, qui a 7 ans, va à l'école toute la semaine, la deuxième, qui a 4 ans, n'y va que 2 matinées par semaine. Alors si c'est un jour où elle a école, tout le monde part. Si c'est un jour où elle n'a pas école, j'accompagne juste le plus grand au passage piéton et je reviens à la maison.
Ensuite, je dois m'occuper de nettoyer le petit-déjeuner et de vider le lave-vaisselle. Puis nous avons la journée pour jouer ! On va souvent au parc ou à la bibliothèque. De temps en temps, on va jouer avec des amis. Dans tout les cas, à midi on mange le lunch puis ils vont à la sieste pour environ 2h. Pendant ce temps-là, je nettoie un peu la cuisine, parfois je passe l'aspirateur mais bien souvent je prends du temps pour moi, pour écrire dans mon blog, appeler mes parents ou tout simplement ne rien faire.
A 15h15, le plus grand sort de l'école, on va le chercher et en fonction de ce qu'il a envie de faire, on va au parc, faire du vélo, construire des legos, lire des livres... Les choix sont multiples.
Entre 16h30 et 17h, les parents rentrent du travail. C'est le temps pour moi de prendre quelques minutes de pause dans ma chambre.
Puis je remonte pour souper. Les parents s'occupent de coucher les enfants et moi je m'occupe de la vaisselle.
Puis, vers 19h30 je monte dire bonne nuit aux enfants, je descends dans ma chambre et je me prépare pour une nouvelle journée ! :)
Te souviens-tu de ton arrivée dans la famille et des premiers jours ?
Je suis arrivée le 7 septembre, un vendredi, à 17h10. La famille m'attendait à l'aéroport et la rencontre a été chouette. Les enfants avaient fait la fameuse pancarte « Welcome » et j’ai trouvé ça trop touchant. Une arrivée un peu comme je l’avais rêvée.
Cassandre au pair PVT Canada
On était tous contents de se voir en vrai, même si les enfants étaient très timides. Je me souviens que pendant les 40 minutes de trajet qui séparent l'aéroport de la maison, le plus grand des enfants n'a pas arrêté de parler une seule seconde. Moi je me sentais complètement déconnectée, très fatiguée alors je crois que je n'ai pas vraiment répondu à ses questions.
Le lendemain, j'ai été choquée par les horaires : réveil des enfants vers 6h, repas du midi vers 11h30 et souper à 17h30 !!! Rien de ce que je connaissais.
Mais je me souviens aussi de conseils bienveillant de la famille, de leur attention pour que tout se passe pour le mieux et surtout des longues soirées, assise sur le canapé avec la mère de la famille, à débriefer de la journée et à parler de tout (et encore aujourd'hui c'est un moment que j'aime par-dessus tout).
Ce qui m’a agréablement surprise, c’est la gentillesse et la bienveillance des Canadiens. En arrivant ici, je ne parlais pas anglais et je me suis souvent perdue dans la ville mais à chaque fois, les gens font un effort pour t’aider comme ils le peuvent.
Une autre chose qui m’a frappée, c’est le fait que dans les magasins ou en montant dans le bus, on me demande comment je vais ! C’est une habitude que j’ai prise moi aussi et que j’aimerais garder en France.
As-tu constaté des différences au niveau de l’éducation des enfants entre le Canada et la France ?
L'éducation ici est très différente de ce que je connais en France. Je la trouve bienveillante, beaucoup plus calme et beaucoup plus à l'écoute de l'enfant.
Je ne discrimine pas du tout l'éducation française mais je pense qu'ici, l'éducation positive est bien plus présente que chez moi.
Si je devais expliquer mes propos, je prendrais l'exemple des chamailleries en frères et sœurs ou entre amis. En France, j'ai souvent vécu, et mis en place l'isolement : un des enfants part jouer dans une autre pièce. Ici, il est très très rarement mis en place. Les enfants sont amenés à dialoguer ensemble, à trouver un compromis puis à s'excuser s'il y a eu des coups ou des mots méchants.
Je trouve aussi que les émotions que l’on peut ressentir sont vraiment écoutées et qu’on en parle facilement et très souvent. Après une colère, on se dit chacun ce que l’on a ressenti et on essaye de travailler ensemble pour que ça ne recommence pas. En France, je n’ai jamais vu ou vécu ça.
En un mot, je dirais que l’éducation canadienne est moins autoritaire qu’en France.
Quels sont, selon toi, les avantages à être au pair pendant un PVT ?
Comme je le disais tout à l’heure, c’est pour moi un bon compromis pour pouvoir travailler et voyager. J’ai pris l’option de ne travailler que 3 jours par semaine pour avoir ce loisir là.
C’est aussi une solution de facilité puisqu’on n’a pas à chercher de logement lorsqu’on arrive. Pas besoin non plus de faire les courses alimentaires !
J’aime aussi l’idée d’avoir une famille sur qui je peux compter en cas de besoin.
Et les inconvénients ?
Je pense qu'un des gros inconvénients est de vivre à nouveau dans une famille lorsqu’on a quitté la sienne. J'avais des habitudes en vivant seule qu'il a fallu que je change en arrivant ici. Comme faire la grasse matinée par exemple… 😉
Certaines personnes peuvent aussi trouver cela bizarre de vivre avec ses « patrons », même si je n’aime pas trop le terme…
Beaucoup de gens me demandent si je prends mes repas avec la famille, si je pars en vacances avec eux et lorsque je réponds oui, ils sont étonnés de cette situation.
Quels sont tes meilleurs souvenirs au Canada ?
C'est difficile de ne sélectionner que quelques moments. 11 mois ici, ça en fait des bons moments ! Mais je dirais peut-être le jour où j'ai appris à faire du ski, les soirs où on est allé faire de la luge avec les enfants après l’école, l’annonce de la quatrième grossesse le jour de mon anniversaire, les voyages que j’ai pu faire un peu partout et puis, plus récemment la finale de la coupe du monde. Je suis partie voir le match dans un café et toute la famille est venue avec moi pour soutenir mon pays. J'ai trouvé ça très touchant.
Cassandre au pair PVT Canada
Cassandre au pair PVT Canada
Et les pires ?
J’ai de la chance car je n’ai jamais eu de problème lorsque je suis partie seule en voyage. Mais sans aucun doute, je dirais la fois où la petite fille a été hospitalisée en urgence. Je me suis sentie impuissante et j'ai pris conscience de la place que ces enfants ont dans ma vie maintenant.
Et pour finir, quels sont tes projets ?
J'ai le projet, à court terme, d'acheter une voiture et de partir en road trip à travers le Canada.
Puis, à plus long terme, j'aimerais découvrir le monde grâce à mon job de fille au pair. Je veux découvrir les dom-tom, la Grèce, les pays nordiques... Bref, les voyages ne sont pas finis ! :)

Merci Cassandre pour ton témoignage et tes conseils !

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