Culture coréenne : ABCédaire de la Corée du Sud

Date de publication : 22-02-2017

Auteur

Morgane

Avant de partir en PVT Corée, comment appréhender la culture coréenne ? Comment être moins dérouté au quotidien ?

Nous vous proposons cet ABCédaire qui vous permettra d’en savoir plus sur la culture sud-coréenne !

Si vous voulez lire un autre Abécédaire joliment illustré et cette fois-ci uniquement sur la ville de Séoul, découvrez le travail de l’artiste Stéphanie Lapointe.

A-1 comme « âge coréen »

Saviez-vous que les Coréens ne calculent pas leur âge de la même façon que nous ? En effet, si vous demandez son âge à un coréen, il vous répondra certainement ceci : « âge coréen ou âge international ? ». En réalité, les Coréens commencent à compter les années dès « l’existence » embryonnaire du bébé et non selon son « vécu ». Dès sa naissance, un petit Coréen a donc déjà 1 an (les 9 mois in utero sont arrondis à un an) ! L’âge se calcule donc par rapport à l’année de naissance et non selon le jour et le mois.

Voici comment calculer votre âge coréen en une simple formule :

L’année actuelle – l’année de votre naissance + 1 an = votre âge en coréen (oui, je sais, ça pique !). Un calculateur d’âge coréen pourra vous aider.

B1 comme « BBQ » (고기구이)

Si vous allez en Corée et que vous aimez la viande, vous ne pourrez pas résister au « korean barbecue » ! C’est simple, les Coréens en raffolent ! Vous trouverez d’ailleurs une multitude de restaurants de BBQ disséminés un peu partout.

C’est LE lieu convivial par excellence. On y va généralement entre amis ou entre collègues. Il suffit de passer commande de la portion de viande de votre choix et c’est à vous de jouer les grands chefs ! Au milieu de la table, se trouve une grille sur laquelle vous n’avez plus qu’à déposer les morceaux de viande crus marinés pour les faire griller. Parfois, c’est un employé du restaurant qui s’en charge, surtout s’il s’agit de clients étrangers.

Ce repas est toujours accompagné de banchan (petits plats d’accompagnement) et très souvent arrosé de soju ! La viande la plus populaire (et la moins chère) est sans aucun doute le samgyeopsal (삼겹살), des tranches de poitrine de porc.

Les restaurants de BBQ sont des lieux spécialement prisés le weekend et certains établissements sont ouverts 24 h/24 ! Un barbecue à 5 h du matin, ça vous tente ?

C1 comme « chirurgie esthétique » (성형 수술)

Saviez-vous que la Corée du Sud est le pays dans lequel la chirurgie esthétique est la plus pratiquée en fonction du nombre d’habitants ?

La première clinique esthétique a ouvert ses portes dans les années 1960, mais c’est à partir des années 2000 qu’il y a eu un véritable boom. L’évolution économique de la Corée et l’influence occidentale en sont l’une des raisons, mais pas seulement. La compétitivité et la pression sociale sont aussi des facteurs à prendre en compte.

En effet, l’apparence tient un rôle très important dans la société coréenne (pour ne pas dire primordial) et tout est fait pour encourager l’uniformisation sous peine d’être mal intégré, voire rejeté par ses pairs. Lors de l’entrée à l’université ou de la recherche de son premier travail, il n’est pas rare que les parents « offrent » une opération de chirurgie esthétique à leur enfant.

L’opération de chirurgie la plus répandue est le « débridage » des yeux, puis celle du nez. La grosse tendance de ces dernières années s’appelle la « V line » et consiste à avoir un visage en cœur en affinant et en faisant pointer le menton. 70 % des cliniques esthétiques se situent dans le quartier chic de Gangnam.

D1comme « drama coréen » (한국드라마)

Les dramas sont une véritable institution en Corée. Tout le monde en regarde, de la collégienne à la grand-mère en passant par la mère au foyer.

Comme les séries américaines, il existe différents genres (romance, historique, médical, policier, scolaire…). Plusieurs concepts semblent avoir la cote et sont donc redondants tel que : le trio amoureux, la pauvrette qui tombe amoureuse d’un garçon riche ou encore la jeune fille qui se travestit pour intégrer un établissement masculin.

Les comédies romantiques sont souvent très acidulées et légères, mais certains dramas plus engagés traitent de véritables problèmes de société et de sujets tabous comme les violences conjugales ou encore l’homosexualité. Certains dramas coréens sont en fait des adaptations de mangas ou de séries japonaises, comme le très populaire « Boys Over Flower » adapté du manga « Hana yori dango ».

Les épisodes d’un drama sont généralement tournés d’une semaine à une autre et les acteurs découvrent donc souvent leur scénario le jour même. À noter que beaucoup d’idols (chanteurs de kpop) sont également acteurs de dramas, ce qui augmente nettement la popularité d’une série auprès du public. Les trois chaînes coréennes ayant le monopole des dramas sont MBC, SBS et KBS.

E1 comme « E-sport » (E스포츠)

Si la Corée du Sud est le pays phare dans le domaine de l’e-sport, c’est sans doute car il est le premier pays au monde à avoir été entièrement connecté à l’ADSL. Le développement technologique fulgurant a nettement contribué à l’ascension du jeu vidéo en ligne en Corée.

Au départ pourtant, le gouvernement coréen interdisait les jeux de tir, comme Counter-Strike ou Quake, jugés trop violents et réalistes. Finalement, c’est le jeu de stratégie Starcraft qui arrive à passer entre les mailles et devient rapidement LE jeu le plus populaire de Corée.

La télévision coréenne s’empare du phénomène et, en 2000, le KeSPA (Korea e-Sports Association) voit officiellement le jour. Des tournois nationaux sont alors organisés chaque année, invitant le public à y assister gratuitement. En 2002, les joueurs les plus populaires (SlayerS_BoxeR` et YellOw) sont elévés au rang de stars. Leur physique avantageux fait craquer les filles qui commencent elles aussi à jouer. Les équipes d’e-sport coréennes sont gérées comme de véritables équipes de sportifs de haut niveau. Il existe même des écoles pour former les futurs champions.
Cet engouement n’est pas près de s’arrêter !

F1 comme « France » (프랑스)

La France est plutôt bien représentée en Corée, même si cela pourrait en faire hurler certains…

On peut notamment citer les chaînes de boulangeries faussement françaises « Paris Baguette » et « Tous les jours » qui se targuent de faire du bon pain et de la pâtisserie « à la française ». À vous de vous faire votre propre avis sur la question… Quelques restaurants français ont aussi pignon sur rue dans le quartier d’Itaewon et dans le « village français » portant le doux nom de « Seorae Maeul » (서래마을). C’est dans ce quartier d’expatriés que se trouve notamment le lycée français de Séoul.

La représentante de la France en Corée s’appelle Ida Daussy, véritable icône de la télévision coréenne. Si vous dites à un Coréen que vous êtes français(e), c’est sans aucun doute la première personne à qui il/elle fera référence. Cette Française, anciennement mariée à un Coréen, est très respectée pour son parfait niveau de coréen.

La France jouit d’une image très positive auprès des Coréens et vous serez étonné d’entendre parler de certaines références bien de chez nous comme les films « Amélie » (Poulain), « Intouchables », ou encore « Taxi ». Sans oublier les expressions typiquement françaises comme le fameux « oulala » qu’on risque de vous servir à toutes les sauces !

G1 comme « Gangnam » (강남)

Gangnam signifie « le sud du fleuve ». C’est la partie branchée et « luxe » de Séoul. Ce nom vous dit probablement quelque chose puisqu’il a fait le tour du monde grâce à PSY et son célébrissime hit « Gangnam Style » en 2012. Un titre qui fait référence au style de vie des habitants de ce quartier qu’on pourrait appeler « les nouveaux riches ».

Gangnam-gu est l’arrondissement le plus riche de Séoul et celui où vous trouverez le plus de boutiques de luxe et de cliniques de chirurgie esthétique au mètre carré. C’est aussi un quartier très prisé des grandes entreprises, qui y ont leur siège. Dans les rues, tout le monde est tiré à quatre épingles et on y trouve une majorité de travailleurs ayant plus de 30 ans. C’est un quartier relativement cher où les étudiants se rendent peu, sauf pour sortir en club le weekend puisque c’est là que se situent les discothèques les plus réputées de Séoul.

Le quartier le plus connu de Gangnam est celui d’Apgujeong, notamment réputé pour sa rue de boutiques de designers : la « Rodeo Street ». On y trouve aussi de nombreux cafés et restaurants très chics et réputés, ainsi que des galeries d’arts.

H1 comme « han » (한)

« Han » est la prononciation coréenne du terme chinois « hen » qui signifie « haine » ou « ressentiment ». C’est un concept impossible à traduire littéralement. Pourtant, il est l’essence même de la culture coréenne et l’une des clés permettant de comprendre son peuple.

Le « han » désigne un sentiment d’oppression, de souffrance et de rancœur envers les injustices subies par le passé. C’est « l’esprit coréen », sa chair et son sang, celui qui marque tous les Coréens. Mais le « han » est passif, jamais agressif. Il est simplement le souvenir d’un passé très lourd pour la Corée et dans lequel les Coréens puisent leur force et leur fierté.

Le « han » se retrouve dans une multitude de mots relatifs à l’histoire et à la culture coréennes : hangeul (alphabet coréen), hanbok (vêtement traditionnel), hanok (maison traditionnelle), hanji (papier traditionnel), hallyu – qui s’écrit en réalité han-lyu (vague culturelle coréenne), hanshik (gastronomie coréenne), etc.

I1 comme « ivresse »

L’alcool fait partie intégrante de la culture coréenne. En effet, les Coréens sont de gros buveurs même s’ils ne tiennent pas forcément bien l’alcool.

Il est de coutume de se retrouver après le travail pour boire entre collègues, ce qui est censé resserrer les liens. C’est ce qu’on appelle communément le « hoesik » (회식). Là où ça devient problématique, c’est que bien souvent, les employés ne peuvent pas refuser, surtout s’il s’agit d’une demande faite par un supérieur. Refuser reviendrait à ne pas faire comme les autres et donc à s’exclure volontairement du groupe.

Les heures de beuveries après le travail peuvent véritablement peser sur la vie personnelle, et notamment de famille, avec des travailleurs coréens qui rentrent souvent très tard à la maison… et dans un état parfois lamentable.

Le problème de l’ivresse en Corée est présent aussi et surtout durant les weekends. Les femmes deviennent réellement des proies pour les hommes. En effet, il n’est pas rare de voir des hommes ramener – ou plutôt traîner – des femmes coréennes ivres-mortes dans la rue des motels, contre leur gré. Très peu de victimes portent plainte de peur d’être jugées, comme en témoigne le texte difficile d’Inside Korea.

J1 comme « jimjilbang » (찜질방)

« Jimjilbang » est le terme utilisé pour les saunas coréens, un incontournable lorsque l’on veut découvrir la culture coréenne.

Ce sont des établissements ouverts 24 h/24 qui proposent bains chauds et hammam de différentes températures pour vous relaxer. Ici, les bains ne sont pas mixtes et on se baigne souvent tout nu, donc il ne faut pas être pudique ! Une fois que l’on a bien transpiré et barboté, on peut enfiler un pyjama (fourni par l’établissement) et retrouver la mixité dans la grande salle de repos. Muni de votre serviette, vous pourrez vous étendre par terre pour profiter du chauffage au sol (ondol). Ces lieux sont parfois immenses et proposent de nombreuses activités accessibles 24 h/24 pour passer le temps (restaurants, karaoké, bornes d’arcades…).

Les aliments qui se consomment au jimjilbang sont :

  • Le sikhye (식혜), une boisson sucrée à base de riz ;
  • les maekbanseog gyeran (맥반석 계란), des œufs durs ;
  • la miyeokguk (미역국), une soupe à base d’algues et de bouillon de moules.

Le weekend, on peut y voir beaucoup de familles coréennes avec leurs enfants, alors que la semaine, on y voit une majorité de salary man (ce sont des personnes – la plupart du temps des hommes – qui sont salariés et qui travaillent comme des fous).

C’est très souvent moins cher qu’un hôtel et vous pourrez y passer 2 heures comme une nuit entière. À noter que certains saunas coréens n’acceptent pas les personnes ayant des tatouages. Il est donc conseillé de se renseigner à l’avance ou de les cacher avec des pansements s’ils ne sont pas trop importants.

K1 comme « kpop » (케이팝)

Si vous aimez la Corée, vous connaissez très certainement la « kpop », terme désignant la musique pop sud-coréenne.

Lorsqu’on pense « kpop », on visualise tout de suite ces groupes de jeunes filles ou de jeunes garçons pré-pubères appelés « idols », se déhanchant sur des airs entraînants dans un décor ultra coloré. Pourtant, la kpop regroupe une large variété de styles et d’artistes solo.

Dance-pop, pop ballad, électronique, rock, hip-hop et R&B peuvent également être considérés comme de la kpop.

Le chanteur qu’on ne cite plus, c’est PSY (Gangnam Style), pourtant loin de ressembler à une idol ! L’industrie de la kpop est extrêmement développée en Corée et vous ne pourrez simplement pas y échapper ! Attendez-vous à entendre du Bigbang, du BTS ou du Girls Generation à TOUS les coins de rue !

De plus, beaucoup de stars de kpop prêtent leur joli minois pour des publicités de toutes sortes (cosmétiques, boissons alcoolisés, marques de vêtements…). C’est dans le quartier commerçant de Myeongdong que vous trouverez la plus grande concentration de boutiques de produits dérivés de kpop et de magasins de disques.

L1 comme « Lunar New Year » (설날)

Le nouvel an lunaire, aussi appelé « Lunar New Year » ou plus communément « Seollal » est la fête la plus importante de l’année pour les Coréens.

La date varie d’une année à l’autre, mais se situe toujours entre le 21 janvier et le 20 février. Il s’agit d’une célébration liée au culte des ancêtres durant laquelle il est de coutume de porter le « hanbok » (vêtement traditionnel coréen) et d’aller se recueillir sur la tombe des anciens. C’est aussi et surtout une occasion de se retrouver en famille, même si la tâche n’est pas de tout repos pour les femmes qui sont aux fourneaux durant 3 jours afin de préparer la cérémonie. Et il y a du travail !

Certains plats traditionnels sont préparés spécialement pour le Seollal, tels que :

  • La tteokguk (떡국), soupe de gâteaux de riz (traditionnellement, manger la soupe de tteok symbolise la prise d’une année supplémentaire).
  • la manduguk (만두국), soupe de gros raviolis fourrés aux légumes ou à la viande.

Il est aussi coutume de s’échanger des cadeaux, de l’argent ou de la nourriture. C’est pourquoi, durant cette période, vous verrez plein de « packs cadeaux » dans les supermarchés (spam – du jambon en conserve – viande de bœuf, fruits secs, ou encore hangwa – des gâteaux traditionnels coréens), mais aussi des produits de beauté ou d’entretien. Du cadeau « utile » !

Ainsi, durant cette période, des milliers de Coréens retournent dans leur ville natale parfois située en campagne. Les routes sont donc extrêmement encombrées et les réservations de trains et vols internes explosent littéralement. Il règne une ambiance paisible dans les grandes villes qui se vident presque totalement durant le Seollal. Même à Séoul !

M1 comme « make up » (메이크업)

Les Coréens portent beaucoup d’attention à leur apparence et le maquillage fait partie des incontournables. Même les hommes utilisent du fond de teint ou de l’anticerne. Pourquoi avoir une mine parfaite ne serait réservé qu’aux femmes ?

La Corée du Sud a toujours eu un temps d’avance en termes d’innovations cosmétiques : BB crème, teinte de lèvres, masque en tissu, rouge à lèvres en poudre… sans parler des emballages toujours extrêmement bien travaillés et de la communication efficace faisant appel aux jeunes stars nationales. Qu’on se le dise, les Coréens sont de brillants inventeurs et d’excellents marketeurs ! La folie des cosmétiques et de l’industrie de la beauté est si importante en Corée qu’il n’est pas rare de passer devant une dizaine de « beauty shops » rien qu’en remontant une rue !

Les enseignes les plus connues sont Etude House, Tony Molly, Holika Holika, Nature Republic, pour ne citer qu’elles. Il y a de tout et pour tous les goûts et tous les budgets ! Le rapport qualité-prix est généralement excellent. Soyez donc prêt à faire tripler de volume votre trousse à maquillage. On vous aura prévenu !

N1 comme « noraebang » (노래방)

Chanter, c’est sans aucun doute l’une des activités préférées des Coréens ! Et beaucoup de Coréens ont même un véritable talent pour ça. À toute heure du jour ou de la nuit, vous pourrez entendre des échos émanant des karaokés disséminés un peu partout dans la ville (c’est moins fun si votre logement est juste à côté).

« Noraebang » signifie littéralement « pièce pour chanter ». C’est un lieu clos et privé où l’on se retrouve généralement entre amis ou entre collègues. Il intervient souvent à l’étape 2 ou 3 d’une soirée coréenne typique. L’étape 1 étant le moment de la désinhibition, celle où l’on boit d’abord un coup, histoire d’être d’attaque pour brandir le micro et faire le show toute la nuit.

En général, il y a deux micros et des tambourins ou des maracas pour que les autres personnes qui ne chantent pas puissent aussi participer. Pour les Coréens, c’est avant tout l’occasion de se défouler et de relâcher la pression après une longue journée de travail.

O1 comme « oppa » (오빠)

Ce mot vous dit forcément quelque chose… surtout si vous êtes amateur de dramas coréens !

« Oppa » est un terme utilisé par une fille pour interpeller ou parler d’un garçon plus âgé qu’elle. Littéralement, cela pourrait signifier « grand-frère », mais la traduction n’est pas tout à fait exacte. En effet, le terme « oppa » peut être utilisé par une fille aussi bien pour appeler son grand-frère qu’un ami plus âgé ou encore son petit-ami. Dans la réalité, il revêt bien des facettes et des subtilités.

En Corée, à moins d’être très proche, on appelle rarement les personnes par leur prénom. On va préférer utiliser la fonction professionnelle, le statut, ou employer des termes spécifiques en fonction de l’âge, dont ce fameux « oppa ». Appeler un garçon « oppa », c’est presque automatiquement accepter de se mettre « sous sa protection », comme vous pourriez le faire avec un grand-frère, par exemple. L’âge étant une chose que l’on prend très au sérieux en Corée, les plus âgés sont censés aider les plus jeunes, tout comme les plus jeunes doivent le respect aux plus âgés, sans condition. C’est comme ça.

« Oppa » peut aussi être utilisé et ressenti comme : une femme qui « s’abandonne » à un homme, avec confiance et soumission. Ainsi, même un homme plus âgé peut demander à une fille plus jeune de l’appeler « oppa » afin de lui donner plus d’importance et de pouvoir. Dans une approche de séduction (pouvant mener à un rapport sexuel), c’est un terme qui peut alors devenir très suggestif…

P1 comme « pali pali » (빨리빨리)

« Pali pali» signifie littéralement « vite vite » ou « dépêche-toi ». C’est une peu l’expression phare coréenne et celle qui résume parfaitement l’évolution fulgurante de la Corée et le rythme effréné auquel vivent les Coréens.

Les Coréens sont toujours pressés et cela se ressent dans tout. C’est d’ailleurs plutôt un avantage puisque les services administratifs notamment, sont 10 fois plus rapides que chez nous ! Hors de question de perdre du temps avec ça ! Vous pourrez par exemple ouvrir un compte bancaire et obtenir une carte en moins de 10 minutes.

Dans les grandes villes, tout est fait pour vous faciliter la vie, comme les cafés ou les petites supérettes ouvertes 24 h/24 afin que vous ayez un endroit où trouver ce que vous cherchez à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, dimanche compris ! En Corée, tout bouge TRÈS vite et le rythme est infernal ! Il suffit de voir les rues les plus fréquentées qui se renouvellent sans cesse avec de nouvelles boutiques. Un matin, vous vous réveillez, et votre café préféré a été transformé en sandwicherie. C’est parfois très perturbant !

Q1 comme « qualité de vie »

La qualité de vie en Corée du Sud est exceptionnelle. C’est un pays propre et dans lequel vous serez bien accueilli. L’accès aux services est souvent extrêmement rapide et de qualité et de nombreux commerces sont ouverts 7 jours sur 7 et 24 h/24, ce qui facilite grandement la vie. De plus, il y règne un climat de sécurité environnant qui est particulièrement agréable pour les femmes qui peuvent rentrer de soirée sans se faire accoster ou embêter à tous les coins de rues. La Corée du Sud est un pays moderne et les grandes villes disposent des dernières technologies. Le système de transports est très performant et bien organisé et le pays dispose de la connexion internet la plus rapide au monde.

Et pourtant…

La Corée du Sud se classe loin derrière les autres pays concernant la qualité de vie de ses habitants. Même si les installations modernes et la qualité des services rendent la vie plus facile, cela ne compense pas avec le grand nombre d’heures de travail (en moyenne 2 113 h/an – 3e au classement mondial des pays qui travaillent le plus) et la pression sociale constante. Le pays affiche un taux de chômage de 3,6 % (2015) et le taux de suicide le plus élevé dans le monde (29,1 pour 100 000 habitants).

En tant qu’étranger, nous avons la chance de pouvoir bénéficier du meilleur de la Corée et de vivre dans un certain confort, mais pour les Coréens, tout cela est bien relatif…

R1 comme « religion »

Il existe trois courants religieux majeurs en Corée du Sud : le bouddhisme, le christianisme et le confucianisme.

Le bouddhisme : jusqu’au 14e siècle, le bouddhisme était la religion officielle en Corée. Aujourd’hui, elle représente un peu moins de 25 % des Coréens (en incluant les moines et les nonnes). L’héritage bouddhiste est très conséquent et de nombreux bâtiments, sculptures et produits d’artisanat ont été conservés. Il existe de nombreux temples dans lesquels il est possible de faire du « temple stay » afin de découvrir la philosophie bouddhiste.

Le protestantisme et le catholicisme : le christianisme a commencé à se développer au travers de missions de bienfaisance sous l’impulsion de missionnaires britanniques et américains en 1885. La bible fut traduite en coréen en 1887 par un missionnaire écossais. Aujourd’hui, 31,6 % de la population coréenne est chrétienne, dont une grande majorité de protestants (24 %). La Corée du Sud est ainsi devenu le second pays de missionnaires après les États-Unis.
La cathédrale de Myeongdong est considérée comme le symbole de la présence catholique, alors que l’église du Plein Evangile de Yeouido, avec ses 700 000 fidèles, est la plus grande église protestante.

Le confucianisme : même si seuls 3 % de la population se déclare confucianiste, les valeurs confucéennes sont très ancrées dans la culture coréenne. La morale, le mode de vie et l’élaboration des lois se basent encore en grande partie sur les valeurs du confucianisme. Cette religion est inspirée du philosophe chinois Confucius qui prône une segmentation précise des individus dans la société et l’obéissance aux « puissants », ce qui contribue au respect sans discussion de la hiérarchie et au fait que l’homme soit placé au centre, la femme devant être soumise à son mari afin de conserver l’harmonie familiale.

Le chamanisme : certains Coréens pratiquent encore des rites chamaniques liés aux croyances traditionnelles d’autrefois dans lesquelles les esprits tiennent une place très importante. Ce genre de rites où se mêlent le chant et la danse sont encore fréquemment pratiqués lors de cérémonies traditionnelles, notamment à la campagne.

S1 comme « soju »  (소주)

Le soju est l’alcool traditionnel coréen. Un véritable emblème pour cette société dans laquelle l’alcool tient une place majeure dans les relations sociales.

Le soju est un alcool de riz qui varie entre 20° (classique) et 45° pour les plus forts. Il existe également du soju aromatisé qui fait fureur, notamment auprès des jeunes Coréens (pamplemousse, raisin, citron, fruit de la passion, myrtille…). C’est une boisson qui se boit à plusieurs autour d’un bon repas, comme un barbecue coréen, par exemple.
Un verre ne devrait jamais être vide ! Mais il est d’usage de ne jamais le remplir soi-même.

Pour servir un verre, il faut tenir la bouteille dans sa main droite en touchant son avant-bras de la main gauche, ce qui est un signe de respect. Si c’est une personne plus âgée ou hiérarchiquement supérieure qui vous sert, il faut tendre son verre à deux mains et se retourner pour boire.

Le soju se boit cul sec précédé d’un « keonbae ! » l’équivalent de notre « santé ! ».

T1 comme « tatouage » (문신)

Saviez-vous que la plupart des tatoueurs travaillent illégalement en Corée ?

Étonnant, puisqu’il existe pourtant de nombreux salons de tatouage, notamment à Séoul. Légalement, il faut posséder un diplôme de médecin pour avoir l’autorisation de tatouer, mais vous imaginez bien que cela n’a aucun sens. La pratique reste donc illégale, mais est plus ou moins tolérée.

Néanmoins, beaucoup de tatoueurs pratiquent leur art dans des lieux « secrets » comme des sous-sols où les normes d’hygiène ne sont pas toujours respectées. Soyez donc vigilant et faites confiance à vos recommandations plutôt qu’à une annonce anonyme sur internet.

Le tatouage est de plus en plus tendance en Corée, mais c’est encore une pratique considérée comme marginale, surtout si l’on parle des personnes fortement tatouées. En effet, tout comme au Japon ou en Chine, le tatouage a encore image négative car on l’assimile à la « criminalité » (ou à la mafia).

Sachez que certains établissements comme les jimjilbang (sauna coréen) n’acceptent pas les personnes tatouées. En tant qu’étranger, si vous avez de petits tatouages, cela peut être accepté (si vous pouvez les cacher avec des pansements, autant le faire), mais si vous arborez de gros tatouages, il est possible qu’on vous dévisage ou qu’on vous demande de sortir. Renseignez-vous donc bien sur le lieu.

U1 comme « ulzzang » (얼짱)

 

Le terme « ulzzang », apparu en 2000, est très spécifique à la Corée puisqu’il n’existe pas d’équivalent chez nous. Il définit une personnalité Internet « cyberstar » masculine ou féminine ayant un visage « parfait », souvent de très jeunes garçons ou filles ayant un physique poupin et innocent.

Les ulzzang partagent leurs photos sur les réseaux sociaux et ont leur propre communauté de fans. Ils sont une majorité de modèles amateurs, mais certains ont réussi à se faire repérer dans le milieu du mannequinat ou du divertissement. On peut notamment citer des idols connus tels que Taemin (Shinee), Si Won (Super Junior), V (BTS), Lee Jun Ki (acteur) ou encore Mina (AOA).

Il existe des concours afin d’obtenir le statut officiel de « ulzzang ». Il y a néanmoins quelques critères de base à respecter : avant tout, il faut être Coréen, être très mince, avoir la peau blanche et de grands yeux (merci les « circle lens »). Beaucoup utilisent des logiciels de retouches afin d’être encore plus proches de la perfection. Ainsi, certains ulzzang superstar ne s’aventureront jamais en dehors des frontières d’internet, puisqu’ils ne sont pas vraiment… réels !

V1 comme « visa »

Obtenir un visa en Corée du Sud, c’est ce dont rêvent tous ceux qui souhaitent s’expatrier dans ce pays. Mais ce n’est pas si facile.

S’il existe une multitude de visas pour chaque situation, il n’est pas chose aisée d’en obtenir un (sauf le PVT, qui reste très facile d’accès).

En effet, même si la Corée parait s’ouvrir aux étrangers, c’est surtout au niveau du tourisme et beaucoup moins sur le marché du travail. Il faut pouvoir convaincre et avoir ce « petit quelque chose en plus », qui fait souvent référence à un diplôme, plus qu’à une compétence. Pour obtenir un visa de travail « standard » (E7), vous devrez présenter à l’immigration au minimum une Licence (ou l’équivalent d’un bac+3), voire un Master (bac+5), et peut-être quelques années d’expériences professionnelles en plus.

Certains visas dans d’autres domaines, comme celui du divertissement, n’exigeront pas de niveau de diplôme, mais un sponsor, ce qui n’est pas si facile à trouver car l’entreprise va alors miser sur vous et ce que vous pourrez concrètement lui rapporter (en termes financiers bien sûr !).

La Corée renferme de nombreuses opportunités de travail, mais il faut gagner sa place, souvent à coup de diplômes et de recommandations. C’est un aspect important à retenir si vous avez le projet de travailler dans ce pays à plus long terme.

W1 comme « wifi »

 On le sait, les Coréens sont hyper connectés et ont besoin d’être joignables à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, notamment par leur patron. Ainsi, tout a été fait pour éviter le stress (et surtout la perte de temps) de la connexion qui rame ou du « wifi indisponible ». Sans parler des objets connectés qui sont de plus en plus tendance.

Imaginez-vous que les Coréens de 20-30 ans passent plus de 5 heures par jour sur leur smartphone ! Dessus, ils jouent en ligne, payent leurs factures, font leurs courses, réservent leurs billets de cinéma, font du shopping, etc.

La Corée du Sud est le premier pays au monde ayant été entièrement connecté à l’ADSL et le plus connecté au monde. Aujourd’hui encore, c’est le pays qui possède la connexion Internet la plus puissante avec un débit moyen de 26,7 Mb/s (2015). À Séoul, vous pouvez bénéficier gratuitement du wifi dans presque tous les lieux publics, ainsi que dans les transports (métro, bus, train). 90 % des Coréens ont un abonnement 4G et la 5G devrait être disponible dès 2020 pour les JO d’été.

X1 comme « xénophobie »

Pour commencer, il faut rappeler que la Corée du Sud fait partie des pays les plus ethniquement homogènes au monde puisqu’elle ne compte que 2 % d’étrangers (majoritairement venus d’Asie) sur une population de 50 millions d’habitants. Malgré la forte influence américaine qui pèse sur le pays depuis des décennies, la Corée n’est « volontairement » ouverte aux étrangers que depuis peu.

Beaucoup de Coréens de l’ancienne génération sont encore partisans de ce que l’on pourrait appeler une Corée « pure » où seules les personnes de sang coréen sont considérées. Cela est sans aucun doute dû aux affres de la guerre, une période durant laquelle les Coréens ont été victimes de nombreux pays qui les ont pillés et asservis. Aujourd’hui, les Coréens tiennent à leurs terres qu’ils protègent encore indirectement de « l’envahisseur ». Il en découle un esprit patriotique et nationaliste, chez les personnes âgées notamment.

Selon le ministère de la Culture, seuls 36,2 % des Coréens seraient ouverts à la multiculturalité dans leur pays, bien que les jeunes générations soient de plus en plus ouvertes et n’hésitent plus à partir étudier à l’étranger. Alors peut-on vraiment parler de racisme ? C’est un mot que les Coréens eux-mêmes n’utilisent pas. Il s’agit plutôt d’une peur de l’étranger et d’un manque d’éducation sur le sujet. En témoignent les nombreuses maladresses et les propos racistes que l’on peut entendre lors d’émissions TV ou qui sont utilisés pour des publicités.

Avec un taux de natalité extrêmement bas, la Corée du Sud a grandement besoin de travailleurs immigrés pour poursuivre sa croissance économique. Elle ne va donc pas avoir le choix de s’ouvrir davantage dans les années à venir.

Y1 comme « Yonsei » (연세대학교)

Yonsei University, située à Séoul dans l’arrondissement de Soedaemun, est considérée comme l’une des meilleures universités coréennes. C’est un établissement privé fondé selon une philosophie chrétienne qui accueille plus de 30 000 étudiants dont environ 3 000 étudiants étrangers. Cet établissement fait partie des écoles « SKY », abréviation composée de la première lettre des meilleures écoles de Corée du Sud (Seoul University, Korea University, Yonsei University).

Au départ, l’université de Yonsei était une école de médecine rattachée au « Severance Hospital » (세브란스 의과대학) créé par un missionnaire américain en 1885. Il a été le premier hôpital moderne à ouvrir ses portes en Corée. En 1915, une seconde composante de l’université est créée par un autre missionnaire américain ; le « Chosun Christian College » (조선기독교대학), la première université coréenne considérée comme « moderne », rebaptisée « Yonhi ».

C’est finalement en 1957 que les deux établissements fusionnent pour devenir « Yonsei University» en reprenant le « Yon » 연 de Yonhi et le « Sei » 세 de « Severance Hospital ». L’université dispose d’un centre de langue pour étudier le coréen (Yonsei KLI) et de programmes d’échanges pour les étudiants étrangers.

Z1 comme « zone démilitarisée » (한반도 비무장지대)

La zone démilitarisée, appelée plus fréquemment « DMZ », a été mise en place en 1953 suite à la signature de l’Armistice de Panmunjeom entre la Corée du Nord et la Chine d’une part, et l’ONU d’autre part.

Concrètement, cette zone est une bande de terre, une « zone tampon », entre les deux Corée. Elle mesure 248 km de long pour 4 km de large. Loin d’être un petit paradis paisible, cette zone est truffée de mines (estimées à un million et disséminées sur une centaine de mètres près de la zone clôturée) et ultra-surveillée jour et nuit par des milliers de soldats nord et sud-coréens.

Il existe un point de passage unique appelé la « Joint Security Area » (zone commune de sécurité) contrôlée par l’ONU, que l’on peut d’ailleurs visiter avec un guide lors de tours organisés.

Pourtant dangereuse, cette zone a développé son propre écosystème avec une faune et une flore particulières. Beaucoup d’oiseaux migrateurs notamment, comme le héron ou la grue blanche, y ont trouvé refuge. Des tigres, des léopards et des panthères y auraient aussi élu domicile…

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2 Commentaires

NaThou
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Bonjour,

Merci pour cette description qui me donne encore plus envie de découvrir ce Pays et Sa Culture.

Bien à vous.
Julie
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Merci, c'était super intéressant comme lecture

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