Impôts en Australie, tax return et Superannuation

Article publié le 10-03-2017.

Lorsque vous travaillez en Australie, vous payez des impôts qui sont directement prélevés de votre salaire, tel qu’indiqué sur votre fiche de paie (payslip).

Le montant de l’impôt prélevé sur votre paie dépend de votre statut en Australie.

En plus de ces prélèvements, vous allez cotiser à un fond de retraite, appelé Superannuation. Cette cotisation sera payée par votre employeur et généralement versée par trimestre.

Nous allons vous expliquer, dans ce dossier, tout ce qu’il convient de savoir sur les impôts et la Superannuation en Australie, sur ce que vous serez en mesure de récupérer de ces sommes versées (tax return), sur votre statut de PVTiste et sur les changements mis en place en 2017.

Tout d’abord, tous les PVTistes sont invités à demander un Tax File Number (qu'est-ce que le TFN et comment l'obtenir ?) à leur arrivée en Australie. Obligatoire pour pouvoir travailler légalement, ce numéro sert également à ne pas être surtaxé.

Jusqu'au 31/12/16 - Statuts des PVTistes, prélèvement des taxes et tax return
(cela concerne les PVTistes ayant travaillé en Australie en 2016)

1. Résident ou non résident ?

Jusqu'à 2016, les PVTistes pouvaient être considérés comme résidents ou non-résidents selon la façon dont ils vivaient leur Working Holiday en Australie :

  • Ils étaient considérés comme résidents s’ils résidaient pendant au moins 6 mois au « même endroit » et s'ils favorisaient l'aspect travail à l'aspect vacances.
  • Ils étaient considérés comme non-résidents s’ils ne vivaient pas plus de 6 mois au même endroit.

Dans les deux cas, il s'agissait d'une étude au cas par cas de la part de l'ATO (Australia Taxation Office). En résumé, vous n'aviez aucune garantie d'être considéré comme résident et donc d'obtenir un retour d'impôts (tax return) pour combler les taxes prélevées "en trop" sur vos salaires.

Si votre dossier faisait l'objet d'un audit, vous deviez être en mesure de prouver que vous étiez éligible au statut de résident, d'un point de vue des taxes. Certains PVTistes ont ainsi dû renoncer à un tax return de 2 000, 3000, voire 4 000 $AU à cause d'un audit.

2. À quel niveau les PVTistes étaient-ils taxés ?

Pour l'année fiscale 2015/2016, voici les pourcentages de taxes prélevés de vos salaires en fonction de vos revenus (par année fiscale, c’est-à-dire du 1er juillet au 30 juin de l’année suivante) :

Résidents 

De 0 à 18 200 $ : 0 %

De 18 201 $ à 37 000 $ : 19 %

De 37 001 $ à 80 000 $ : 32,5 %

De 80 001 $ à 180 000 $ : 37 %

Dès 180 001 $ : 45 %

Non-résidents

De 0 à 80 000$ : 32,5 %

De 80 001 $ à 180 000 $ : 37 %

Dès 180 001 $ : 45 %

Dans les deux cas, ces taxes étaient automatiquement prélevées du salaire.

3. Comment étaient évaluées les taxes prélevées sur les salaires ?

Tout d'abord, lorsque vous étiez embauché, vous remplissiez quasi-systématiquement un formulaire sur lequel vous indiquiez si vous étiez résident ou non, ce qui déterminait le taux auquel vous alliez être taxé.

De plus, pour déterminer en temps réel le niveau de taxe qui s’appliquait à votre cas, votre salaire de la semaine était multiplié par le nombre de semaines qu’une année comporte, c’est-à-dire 52. Cela donnait votre potentiel salaire annuel.

Exemple d’une semaine de 40 heures rémunérées à 17 $AU bruts de l’heure : vous gagniez 680 $AU. Multiplié par 52 (semaines), on estimait à 35 360 $AU votre revenu annuel. Vous alliez être taxé à 19 % en tant que résident et à 32,5 % en tant que non-résident.

4. Le tax return

Le tax return (remboursement d'impôts), vous y avez le droit si vous avez payé trop de taxes sur vos salaires pendant l'année.

Si vous aviez été taxé à 19 % (voir calcul estimatif plus haut) et qu’en réalité, vous ne déclariez que 15 000 $ de revenus de janvier à juin, par exemple, vous alliez pouvoir bénéficier d’un retour d’impôts (tax return) si vous étiez considéré comme résident.

Vous auriez dû être exempté d’impôts puisque vos revenus étaient inférieurs à 18 200 $, vous alliez donc pouvoir récupérer pas mal d’argent, la moyenne se situant autour de 2 600 $. Certains PVTistes récupéraient beaucoup moins (parce qu’ils étaient taxés dans le bon barème ou parce qu’ils avaient très peu travaillé) quand d’autres récupéraient jusqu'à 4 000 $, voire plus !

Si on prend l’exemple donné ci-dessus :

Un PVTiste considéré comme résident qui gagnait 680 $ par semaine et qui travaillait 12 semaines (environ 3 mois) de janvier à juin et 16 semaines (environ 4 mois) de juillet à décembre (en partant du principe qu’il gagnait toujours la même paie) allait :

  • Devoir faire deux déclarations fiscales.
  • Déclarer 8 160 $ de revenus bruts de janvier à juin (première année fiscale).
  • Déclarer 10 880 $ de revenus bruts de juillet à décembre (seconde année fiscale).
  • Sur les 8 160 $, il aurait dû payer 1 550,4 $ de taxes (19 % - voir calcul plus haut). Il aurait donc touché 6 609,6 $ de salaire net.
  • Sur les 10 880 $, il aurait dû payer 2067,2 $ de taxes (19 % - voir calcul plus haut). Il aurait donc touché 8 812,8 $ de salaire net.

À sa première déclaration, il aurait été dans la tranche de revenus non imposables (car inférieurs à 18 200 $), même chose pour sa seconde déclaration : il aurait donc pu prétendre à un retour d’impôts correspondant aux taxes prélevées en trop, soit 1 550 $ pour la première année fiscale et 2 067 $ pour la seconde année fiscale.

Si en revanche, vous aviez gagné beaucoup d’argent pendant l’année et que vous aviez finalement atteint une tranche d’imposition plus élevée que prévue, vous auriez dû payer des impôts correspondant à la différence entre vos cotisations et ce que vous auriez réellement dû payer mais ces cas sont assez rares parmi les PVTistes.

Dès janvier 2017 - Statuts des PVTistes, prélèvement des taxes et « tax return »
(pour les PVTistes qui ont commencé à travailler en Australie en 2017)

Aujourd'hui, les PVTistes ne sont plus considérés comme des résidents et ne peuvent donc plus prétendre à une exemption d’impôts sur leurs revenus inférieurs à 18 200 $/année fiscale. Tous leurs revenus (inférieurs à 37 000 $AU par an) sont taxés à 15 % au minimum.

En effet, nous vous avons annoncé que les PVTistes seraient taxés à 15 % de leurs revenus mais en réalité, pour que cela soit possible, votre employeur doit être enregistré, auprès de l'ATO (Australia Taxation Office), comme un "employeur qui embauche des PVTistes". Si ce n'est pas le cas, vous serez taxé à 32,5 %. Si votre employeur n'est pas au courant de cette démarche qu'il doit faire, donnez-lui ce lien, qui lui explique tout ce qu'il doit faire.

Exemple :

Dans le cas où votre employeur est enregistré comme employeur de PVTistes, si vous gagnez 1 000 $ (bruts), vous toucherez 810 $ (nets) et vous ne pourrez pas prétendre à un tax return (ou peu élevé) en fin d'année (voir informations sur les possibles déductions de frais réels, plus bas).

En résumé : tous vos revenus sont taxés à 15 % (même si vous gagnez très bien votre vite) et si, au final, vous avez gagné plus de 37 000 $ sur une année fiscale, vous devrez payer des taxes supplémentaires (voir tableau ci-dessous).

Barèmes de taxes 2016/2017

Non-résidents (cas des PVTistes dont l'employeur n'est pas enregistré comme employeur de PVTistes)

De 0 à 87 000 $ : 32,5 %

De 87 001 $ à 180 000 $ : 37 %

Dès 180 001 $ : 45 %

PVTistes (qui travaillent pour un employeur enregistré comme employeur de PVTistes)

De 0 à 37 000 $ : 15 %

De 37 001 $ à 87 000 $ : 32,5 %

De 87 001 $ à 180 000 $ : 37 %

Dès 180 001 $ : 45 %

Le gouvernement australien vous recommande vivement de toujours dire à votre employeur que vous êtes en Australie avec un Working Holiday Visa, afin qu'il vous taxe correctement (surtout s'il est enregistré comme employeur de PVTiste, cela vous garantira d'être taxé à 15 %).

Le tax return

Le tax return (remboursement d'impôts), vous y avez le droit si vous avez payé trop de taxes sur vos salaires pendant l'année.

Si vous êtes taxé à 15 %

L'ATO vous donne l'exemple suivant :

Louie est en PVT en Australie. Comme il travaille chez un employeur enregistré auprès de l'ATO comme un employeur de PVTistes, il est taxé à 15 %.

Pour 5 jours de travail à 100 $ par jour, il va toucher 425 $ (500 $ - 75 $ de taxes, directement envoyées à l'ATO).

Au final, il gagnera 6 000 $, sur lesquels lui seront automatiquement prélevés 1 140 $ de taxes.

Sa déclaration d'impôts lui indiquera qu'il aurait dû payer 1 045 $ de taxes. Il va donc obtenir un "tax return" de 95 $.

Dans cet exemple, l'ATO explique que les taxes de Louie seront calculées sur un revenu total de 5 500 $ car 500 $ sont considérés comme des "déductions liées à son emploi" (nous allons revenir ce point, plus bas, dans la foire aux questions).

Si vous êtes taxé à 32,5 % (car votre employeur n'est pas enregistré comme employeur de PVTistes)

Lors de votre déclaration d'impôts australienne, vous pourrez récupérer les taxes prélevées en trop.

Cependant, lorsque nous avons interrogé l'ATO, il nous a été expliqué qu'un employeur qui embauche des PVTistes mais qui ne s'est pas enregistré en tant que tel auprès de l'ATO, risque des sanctions. Si votre employeur est dans ce cas, nous vous invitons à lui faire part de cette information, cela pourrait l'encourager à faire les démarches nécessaires pour que vous soyez taxé à 15 %.

Foire aux Questions sur le tax return

Quand faut-il faire sa déclaration d’impôts australienne ?

Du 1er juillet au 31 octobre de chaque année ou à votre départ d’Australie. À noter que beaucoup de PVTistes doivent faire deux déclarations d’impôts s’ils sont à cheval sur deux années fiscales : la première concerne vos revenus de votre arrivée en Australie au 30 juin, la seconde concerne vos revenus gagnés du 1er juillet à votre départ d’Australie.

Comment faut-il faire sa déclaration d’impôts ?

Vous avez deux choix :

  • Faire cette déclaration par vous-même sur le site de l’Australian Taxation Office (ATO). L'ATO vous fournit de l'aide pour déclarer au mieux vos impôts (si vous avez travaillé en Australie en 2017, à partir du moment où les PVTistes ont été taxés à 15 %).
  • Passer par un intermédiaire : un comptable australien ou un organisme spécialisé dans les déclarations d’impôts comme Taxback.com (vous bénéficiez de 10 % de réduction en passant par le lien PVTistes.net), qui est particulièrement connu en Australie.

Bon plan : vous pouvez également, sur Taxback.com, bénéficier d’une estimation gratuite du retour d’impôts auquel vous pouvez prétendre. N’hésitez pas à utiliser leur simulateur et à décider, dans un second temps, si vous souhaitez passer par eux ou pas. Cela vous permettra d’avoir un bon aperçu de votre situation.

Que peut-on déduire de ses revenus ?

Lors de votre déclaration d'impôts, vous avez la possibilité de demander des déductions pour certaines dépenses que vous avez dû faire pour pouvoir travailler. Voici quelques précisions données par l'ATO :

  • Vous devez avoir fait ces dépenses vous-même et ne pas vous être fait rembourser (par votre employeur, par exemple).
  • Ces dépenses doivent être liées à votre travail.
  • Vous devez avoir des preuves de ces dépenses.
  • Si vous avez fait des dépenses liées à votre travail ET à votre vie privée, vous ne pouvez demander qu'une déduction partielle de ces dépenses.

Ces dépenses peuvent concerner :

  • L'achat de vêtements et les dépenses de nettoyage.
  • Les dépenses engagées pour voyager (véhicule, essence, train, etc.), y compris vos trajets du matin et du soir pour aller travailler.
  • L'achat d'outils et d'équipements.

Pour retrouver toutes les dépenses concernées, consultez le site de l'ATO.

Si vous choisissez de faire faire votre déclaration d'impôts par un comptable ou un organisme tel que Taxback, pensez à conserver vos justificatifs et à leur fournir tout ce dont ils auront besoin pour faire votre déclaration dans les meilleures conditions.
Si vous faites votre déclaration seul, voici une vidéo proposée par l'ATO qui vous explique comment demander des déductions de revenus

Que faire si on est rentré d'Australie sans faire sa déclaration d'impôts ?

Il est toujours possible de faire sa déclaration a posteriori. Ce qui peut être compliqué c'est de savoir combien déclarer si on n'a pas gardé toutes ses fiches de paie. À noter que Taxback.com peut retrouver ces informations pour vous (moyennant finances). Vous avez peut-être fait une croix sur un tax return intéressant (des sommes colossales restent dans les caisses du gouvernement australien car beaucoup de PVTistes oublient de faire leur déclaration de revenus ou de réclamer l'argent de leur Superannuation fund qui leur est dû). Renseignez-vous.

La Superannuation

Comme tous les travailleurs en Australie, vous allez accumuler de l'argent (9,5 % de vos revenus) sur un fond de pension appelé Superannuation dès que vous gagnez plus de 450 $ par mois (pour un même employeur). Il s'agit d'une sorte de cotisation à la retraite mais ce n'est pas vous qui la payez (elle n'est pas prélevée de votre salaire, c'est votre employeur qui doit la verser). Comme pour les taxes, il est possible de récupérer une partie de ces cotisations en fin d’année fiscale ou à votre départ d’Australie.

Dès juillet 2017, les PVTistes ne pourront récupérer que 35 % de leur Superannuation plan, contre 62 % avant cette date ! Plus d'infos... Pour ceux qui souhaitent récupérer leur dû, nous avons rédigé un tutoriel consacré à la Superannuation.

Astuce : avoir un seul Superannuation fund

Lorsque vous allez occuper votre premier emploi en Australie, votre employeur va vous proposer de cotiser à son Superannuation Plan. Les banques peuvent également vous en proposer un. C’est à vous de voir celui que vous choisissez mais nous vous recommandons de garder les coordonnées du premier Superannuation plan auquel vous allez cotiser, afin de le fournir à tous les employeurs pour lesquels vous allez travailler pendant l’année.

À chaque embauche, vous allez remplir un formulaire sur lequel on vous demande si vous souhaitez cotiser au Superannation fund de l’employeur ou si vous en avez déjà un. En indiquant les coordonnées de votre fond, vous êtes sûr (il est tout de même conseillé de rester attentif, car certains employeurs créent malgré tout un compte auprès du fond de Superannuation avec lequel ils ont l’habitude de travailler et versent les cotisations dessus) que toutes vos cotisations iront dans un seul et unique fond, ce qui sera beaucoup plus pratique pour récupérer une partie de vos cotisations à votre départ d'Australie. Mieux vaut n’avoir qu’un seul interlocuteur plutôt que de devoir courir après son argent auprès de plusieurs fonds (de plus, les fonds prélèvent des frais de gestion qui seraient multipliés par autant de fonds que vous avez).

Nous vous recommandons de vous envoyer par e-mail les informations relatives à votre fond de Superannuation : nom, numéro de téléphone, contact e-mail et surtout, votre numéro de membre (member number). Cela pourra vous être utile à chaque embauche et au moment de récupérer votre Superannuation.

Comment récupérer une partie de sa Superannuation ?

Vous pouvez faire votre demande dès votre départ d'Australie. Si, lorsque vous quittez le pays, votre visa est toujours valide, vous devez dans un premier temps remplir ce formulaire et l'envoyer à cette adresse : [email protected].

À noter que des frais de gestion sont prélevés mensuellement sur votre fond de Superannuation, donc il est recommandé de faire cette demande le plus rapidement possible à votre départ d'Australie, pour éviter que trop de frais soient prélevés.

Comme pour les taxes, vous pouvez réclamer cet argent par vous-même (sur le site de l'ATO) ou passer par un organisme tel que Taxback.com (vous bénéficiez là aussi de 10 % de réduction en passant par le lien PVTistes.net), qui vous permet de faire une simulation gratuite en ligne pour savoir combien vous récupèrerez.

Dossier publié initialement en avril 2016, mise à jour en janvier 2017.

AUTEUR : Julie alias Lilou

33 ans
Paris, France

Commentaires

Partagez vos avis, vos interrogations ou vos remerciements.
#1108328

L’article est très intéressant et riche en informations importantes ! Surtout pour les débutants comme moi
Merci beaucoup !

#1108329

Super ! Le but était justement de clarifier un peu les choses, on sait que souvent quand on se penche sur la question, c’est un peu confus donc tant mieux si l’objectif est atteint 😉

#1108330

Super article !
Clarifie énormément le sujet des taxes en Australie.

#1108332

Article très clair! Est ce que quelqu’un aurait des informations sur l’eventuelle taxation en Australie des revenus perçus en France (revenus fonciers)? Merci!

#1108333

Ah non ça je ne sais pas du tout mais j’ai tendance à penser que si tu pars simplement un an en Australie, tu dois déclarer ces revenus en France mais je n’en suis pas sûre.
Tu peux contacter Joaquim de Taxback à [email protected] si tu veux. Il pourra sans doute te dire s’il inclut ça parfois aux déclarations des PVTistes qui passent par eux.

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