Article publié le 01-02-2019.

Comment se comporter au travail, au Japon ?

Adopter la “poker face”

Deux termes dont vous entendrez parler très souvent au Japon sont honne (ce que l’on pense au fond de soi) et tatemae (ce que l’on montre aux autres). Les Japonais ne laissent que très rarement paraître leur honne et cela est d’autant plus vrai dans le monde du travail.

Le tatemae est un concept très important au Japon. Il désigne l’obligation sociale qui établit la pensée « unique » de la société et ainsi, le comportement adéquat en public. Il peut être associé à un certain manque de franchise mais il ne reflète en réalité qu’un comportement adapté en société. Ce serait donc une erreur de penser que le tatemae est une forme d’hypocrisie. C’est en fait une manière d’être et d’agir avec les autres pour éviter tout conflit. On évite donc d’insister sur ses honnes, ses véritables sentiments, et on préférera acquiescer voire soutenir certaines décisions prises dans un groupe, même si on s’y oppose intérieurement. C’est une façon de préserver l’harmonie dans le groupe

Extrait de notre Abécédaire du Japon traditionnel.

En tant que Français, nous passons notre temps à mettre en avant nos honne et méprisons le concept de tatemae dans notre culture. Autre pays, autres codes : c’est l’inverse ici. Exprimer vos émotions (bonheur, colère, frustration...) sera vu comme un comportement enfantin ou comme une marque de faiblesse : votre mental n’est pas assez fort pour garder votre tatemae, votre masque, en toutes circonstances.
Vous devez donc faire très attention à votre attitude au travail, il faudra vous auto-censurer continuellement : ne soufflez pas, ne levez pas les yeux au ciel, ne râlez pas et ne vous mettez jamais en colère. Vous risquez de vous mettre vos collègues à dos ou de choquer les clients qui ne tolèrent aucun manque de respect à leur égard. Sourire obligatoire en toute circonstance. À la fin de la journée, vous pouvez aller vous défouler au karaoké ou au game center pour passer votre frustration (c’est pour ça qu’ils existent !).

Les bonnes salutations

Au Japon, l’esprit de groupe est très important, la politesse aussi. Il est donc essentiel d’être poli et avenant avec vos collègues et encore plus avec les clients. Vous devez dire bonjour à tout le monde et au revoir quand vous partez.
Quand vous commencez votre journée de travail : Ohayou Gozaimasu (Bonjour)
Quand vous finissez votre journée de travail : Osaki ni shitsurei shimasu. Otsukare sama deshita. (Je pars devant et m’en excuse. Merci pour votre travail.)

Konichiwa (bonjour) et Konbanwa (bonsoir) sont un peu moins formels, à voir selon votre cadre de travail. En général, ils sont à éviter avec les clients (Irrashaimase ! Bienvenue ! est la salutation habituelle pour eux).

Otsukare sama desu est une expression essentielle à retenir. Elle serait traduisible par “bon travail”, “merci pour vos efforts” ou encore “vous devez être fatigué”. Vous l’avez compris, elle n’a pas d’équivalent chez nous !

Elle a de nombreux emplois :

  • après avoir dit bonjour à vos collègues le matin, à chaque fois que vous allez les croiser dans l’entreprise (ascenseur, photocopieuse, toilettes...) il faut leur dire “otsukare sama desu” (re-bonjour !),
  • quand vos collègues viennent de finir une tâche pénible, vous pouvez leur remonter le moral avec “otsukare sama desu” (tu t’es bien débrouillé ! bon boulot !),
  • quand vos collègues ou amis se plaignent du travail, là aussi, vous pouvez sortir “otsukare sama desu” (tu dois être fatigué ! je compatis ! bon boulot !),
  • quand vous finissez la journée ou quand vos collègues finissent, on se dit au revoir avec “otsukare sama desu”. Cela vaut aussi pour lorsque l’on se sépare à minuit avec 5 grammes dans le sang à la fermeture du bar.

Jamais de contacts physiques !

Au Japon, on n’est pas tactile, c’est le moins que l’on puisse dire. Les Japonais ne se serrent pas la main entre eux (ils peuvent le faire avec les étrangers pour montrer qu’ils sont cool et ouverts, mais ce geste n’est absolument pas naturel pour eux) et ils se font encore moins la bise. Pas de tape sur l’épaule ou dans le dos, surtout avec un membre du sexe opposé (pourra être vu comme du harcèlement sexuel). Tout contact physique est une intrusion dans la sphère intime.

Comme tout le monde le sait probablement, au Japon la coutume est de se baisser (faire une courbette) tant dans le domaine professionnel que privé. Il existe différents codes pour la courbette (ne pas se baisser trop ni pas assez). Vous allez apprendre en voyant les Japonais le faire à longueur de journée.

Autre geste potentiellement important : vous devez, en principe tout recevoir à deux mains si cela vient d’un supérieur ou d’un client. Vous devez également tout leur passer à deux mains pour montrer votre respect. On entend beaucoup parler de cette règle lors de l’échange de cartes de visite (vous y serez probablement peu confronté) mais c’est aussi vrai pour beaucoup de choses de la vie courante (le vendeur vous donne votre reçu à deux mains, il prend votre billet à deux mains aussi quand vous payez par exemple).

Une hiérarchie bien établie

Au Japon, tout est hiérarchie. D’ailleurs, le chef de l’État est toujours l’empereur, descendant de la déesse Amaterasu, pour tout vous dire ! Au travail, la hiérarchie est très marquée, ce qui est complètement naturel pour les Japonais puisqu’ils sont habitués à ce système dès l’école. Il y a des sempai (aînés, supérieurs) et des kohai (cadets, subalternes).
En tant que nouveau, vous serez kohai et devrez le plus grand respect à vos sempai et encore plus à votre patron. Beaucoup de Japonais ont d’ailleurs assez peur de leur patron... on a l’impression de revenir au Moyen-Age avec les vassaux et leur seigneur...
Si vous restez dans la même entreprise, vous serez amené à évoluer et vous deviendrez à votre tour sempai : vous devrez prendre sous votre aile les petits nouveaux tel un grand frère bienveillant.

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