¿ Hablas mexicano ? – l’espagnol du Mexique

Date de publication : 10-08-2022

Auteur

claire

Comme chaque pays d’Amérique latine, le Mexique s’est approprié la langue espagnol importée lors de la conquête du pays. L’espagnol du Mexique est maintenant la variante de l’espagnol la plus parlée au monde, avec plus d’un quart des locuteurs hispaniques qui l’utilisent. De nombreux mots et expressions typiques se sont imposés au fil du temps. Beaucoup sont célèbres grâce aux films et surtout aux télénovelas qui les ont fait connaître à l’international, mais qui a déjà regardé une télénovela en France ? (vous devriez pourtant, c’est très divertissant !).

Allez c’est parti, petit guide de langue espagnol à la sauce mexicaine pour ne pas être (trop) perdu·e au début de votre PVT !

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La prononciation

Les Mexicains du nord parlent très vite tandis que ceux vivant au sud parlent plus lentement. Pourquoi ? Bonne question ! C’est en tout cas bien pratique pour savoir d’où vient la personne et lancer la conversation.
Globalement, tous les Mexicains ont tendance à parler assez fort, d’un ton enjoué et avec beaucoup d’intonations, ce qui rend la langue très mélodique.
En raison de l’influence des langues natives, dans de nombreux mots le x se prononce comme la j (jota). México devient Mejico, Oaxaca -> Oajaca.
Comme en Amérique du Sud, il n’y a pas de distinction entre le s et le z, ni entre le y et le ll.

Conjugaison et politesse

Les Mexicains sont très familiers, et il est commun de tutoyer les personnes même quand vous venez de vous rencontrer.
Si vous voulez montrez du respect à la personne (contexte professionnel par exemple), le usted (3e personne du singulier) est de rigueur.
Enfin pour parler d’un groupe de personnes (amies ou inconnues), le pronom ustedes (3e personne du pluriel) est d’usage. Le vosotros a complètement été abandonné et si vous l’entendez, c’est que vous venez de croiser un Espagnol !

Les petits mots de la vie courante

¿ Qué onda ? : quoi de neuf ?
¿ Mande ? : quand vous n’avez pas compris, façon polie de demander à la personne de répéter.
Sale ou Va : OK, compris, ça marche… permet de conclure une conversation. Exemple : ¿ Nos vemos en la tarde ? ¡ Sale ! (“On se voit cet après-midi ? Ok !”)
¡ Cool ! : emprunté à l’anglais, le “ou” est particulièrement marqué.
¡ Órale ! : Waouh, allez, ça roule…
Ahi te ves : à plus tard.
Pinche… : juron “poli” qui peut se traduire par “espèce de”, “foutu”. Exemple : ¡ Baja tu pinche musica ! (“baisse ta foutue musique !”).
Un chingo : beaucoup, s’utilise pour parler d’une accumulation de choses. Exemple : Tengo un chingo de ropas. (“J’ai beaucoup de vêtements”).
Ahorita : aaah ce mot utilisé très fréquemment qui en fait voir de toutes les couleurs ! Il vient de ahora (maintenant), et dans d’autres pays rajouter le suffixe -ita accentue l’urgence ou l’imminence du moment/de l’action (tout de suite, sur le champ). Mais pas au Mexique ! Ici, il se réfère à quelque chose qui se fera quand la personne aura le temps, il n’y a pas de date fixe. Ça peut être demain, après-demain, dans un mois…

Pour s’adresser ou vous référer à quelqu’un

Gueÿ / wey / we : langage familier, équivalent de amigo, s’utilise pour interpeller quelqu’un mais les Mexicains ont tendance à l’utiliser partout, tout le temps, même quand ce n’est pas indispensable, si bien que c’est devenu un running gag pour imiter les Mexicains. Il se place souvent en fin de phrase : ¿Qué haces guey ? (“Tu fais quoi mec ?”) Peut être péjoratif selon le ton employé et le contexte. À ne pas utiliser dans le cadre professionnel.
Chavo / chava : autre mot d’argot pour dire type, mec / au féminin, meuf, nana
Carnal : pote, frérot
Mijo / mija : contraction de mi hijo / mi hija (mon fils/ma fille), s’utilise pour s’adresser en général à quelqu’un de plus jeune que soi (pas besoin que ce soit réellement son enfant).
(Mi) reina : ma reine, surnom pour s’adresser à une jeune fille, souvent utilisé par les commerçants.

Les expressions les plus typiques du langage courant (à ne pas utiliser en milieu professionnel)

¡ No mames ! : expression très familière utilisée dans de nombreux contextes et dont la signification peut être à la fois : incroyable, c’est pas vrai, déconne pas, j’y crois pas, arrête, c’est pas possible, abuse pas.
Ex : No mames, ¿ dónde pusiste mi celular ? (“Déconne pas, où t’as mis mon téléphone ?”)
Padre : au sens littéral “père”, mais signifie “génial” en langage familier. S’utilise pour donner son ressenti avec le verbe estar : ¡Está muy padre esta música! (“cette musique est géniale !”). Et si c’était vraiment incroyablement génial : padrísimo ou super padre.
¡ Qué chido ! : autre exclamation pour marquer son enthousiasme.  Exemple : El concierto está chido (“le concert est super”).
On retrouve le mot madre (mère) dans beaucoup d’expressions, les plus communes étant :

  • A toda madre : formidable, excellent.
  • Valer madre : s’en ficher, s’en taper.
  • ¡ Que poca madre ! : pour marquer la désapprobation.
  • Un desmadre : bazar, bordel, chaos.

¡ No manches ! : “pas question” ou bien “t’es pas sérieux”. S’utilise dans une conversation pour réagir quand l’interlocuteur vous à dit quelque chose d’invraisemblable / absurde.
La neta : vérité, vrai – principalement utilisé par les jeunes. Exemple : ¿ Neta que tienes un hermano ? (“c’est vrai que t’as un frère ?).
¡ Ni pedo ! : synonyme de ni modo, se traduit par : tant pis / c’est comme ça. Exemple : No podré ir a su fiesta, ¡ ni pedo ! (“je ne pourrai pas aller à sa fête, tant pis”).
No hay pedo : pas de souci.
¿ Qué pedo ? : Quoi de neuf ? // à ne pas confondre avec l’interjection ¡ Qué pedo ! : Bordel, P*tain.
Littéralement, pedo = pet.

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Le vocabulaire que vous entendrez partout

Platicar : synonyme de hablar = parler. Existe aussi comme nom, la platica = la conversation ou discours. Vous l’entendrez souvent, en particulier pour introduire un sujet. Exemple: Les voy a platicar sobre la historia de este lugar (“Je vais vous parler de l’histoire de ce lieu”).
Un zócalo : principalement utilisé dans le sud du pays, signifie la place centrale. Dans la partie nord, on entend plutôt plaza mayor.
Un camión : s’il peut s’utiliser pour se référer au camion, ce faux-ami s’emploie principalement pour nommer les bus de ville.
Un panteón : un cimetière.
Un tianguis : un marché.
Un Chilango / una Chilanga : nom des habitants de la ville de Mexico, potentiellement péjoratif selon le contexte et le ton.
Fresa : sens propre = fraise, au sens figuré = se réfère aux gens riches, à une classe sociale haute qui a tendance à mépriser les personnes plus pauvres.
Un popote : une paille (pour boire).
Una torta : un sandwich.
Beaucoup d’aliments ont des noms spécifiques au Mexique, tirant leur origine de la langue nahuatl : aguacate = avocat, jitomate = tomate, elote = maïs…
La lana : signifie laine mais dans le sens figuré, synonyme de dinero = argent. On peut le traduire par fric, blé.
La cruda : la gueule de bois. Peut s’utiliser comme adjectif de plusieurs façons : estar crudo, sentirse crudo, andar crudo.. Dans tous les cas, c’est que vous avez trop bu la veille !
Me da pena : signifie littéralement “cela me donne de la peine”, mais peut s’utiliser au Mexique dans le sens “j’ai honte”.

Deux mots multi-emplois à ne pas utiliser avec le premier venu

Chingón : peut signifier à la fois

  • génial : ¡ El día estuvo chingón ! (“La journée a été géniale !”).
  • chiant : ¡ No seas chingón, déjame en paz ! (“Sois pas chiant, laisse moi tranquille !”).

Et les dérivés :
Chingar : selon les contexte = saouler / picoler / embêter / ba*ser (vulgaire).
Chingada : P*tain, m*rde.

Cabrón :

  • c’est généralement une insulte = c*nnard.
  • mais peut aussi être utilisé affectueusement entre pote très proche, dans le sens de “mon vieux”, “gros”.
  • pour décrire quelque chose de difficile, dur, chaud : estuvo cabrón reparar tu auto (“ça a été chaud de réparer ta voiture”).

Trois expressions rigolotes que j’aime particulièrement

Un taco de ojo (“un taco d’oeil”) : un régal pour les yeux, un plaisir des yeux. Exemple : Este chico es un taco de ojo (“ce gars est un régal pour les yeux”).
Me importa un pepino (“le concombre me tient à coeur”) : je m’en fiche, je n’en ai rien à faire.
¡ Que oso ! (“quel ours”) : c’est embarrassant. Peut s’utiliser si on voit quelqu’un tomber par exemple.

Évidemment les mots se mélangent, n’hésitez pas à faire des combinaisons pour faire rire les Mexicains qui adorent entendre les étrangers utiliser leurs expressions !

Si vous avez envie d’en apprendre plus sur les variantes de l’espagnol, consultez nos autres guides :

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