Article publié le 29-08-2012.

À lire : un recueil d’entretiens de pvtistes partageant avec vous leurs expériences et leurs états d’âme. Plus d'infos...

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Ville de provenance
London, Uk (mais je suis du Gosier, en Guadeloupe à l'origine...)

Ville de destination
Au départ, je voulais partir à Ottawa, mais finalement j'ai atterri à Toronto.

Baroudeuse ou pas ?
Pas comme j'aimerais. Je n'ai jamais fait de voyage avec un sac à dos et une boussole. Je voudrais tenter un jour, mais je suis tellement obsédée par l'organisation (control freak hm hm...) que j'ai beaucoup de mal à lâcher prise.

Après, certains trouvent que recommencer à zéro dans plusieurs pays et partir avec 2 valises pour s'installer ailleurs est aussi un peu barouder, alors, je suis peut-être une euh... baroudeuse organisée ?

Que faisais-tu en France ?
Je n'ai pas vécu en France longtemps. J'ai grandi aux Antilles (techniquement, elles font partie de la France, mais en pratique, pas trop...) et j'ai juste fini ma licence là-bas, à Toulouse. J'ai vécu 4 ans en Angleterre où j'ai passé mon diplôme d'enseignante. Donc avant de partir, j'étais prof dans un collège/lycée de Londres depuis 2 ans.

Pourquoi cette envie de t’envoler pour le Canada ?
Quand j'étais gamine, j'ai vu un film (ou un documentaire...?) où des gens patinaient sur le Canal Rideau, à Ottawa. Moi j'avais jamais vu la neige et ça m'a fait rêver longtemps. Quelque chose de magique était rattaché à cette image pourtant toute simple.

Quand j'ai appris plus tard que l'Anglais et le Français étaient les 2 langues officielles du Canada (complètement mordue de la langue anglaise depuis petite...), je me suis dit que quelque chose m'attendait sûrement là-bas.

Pourquoi Toronto ?
Parce que j'ai obtenu un entretien avant de partir. J'ai postulé et envoyé des centaines de CV dans toutes les school boards et écoles de l'Ontario avant de partir... Et c'est Toronto qui m'a appelée.

Est-ce que c’est la première fois que tu vis à l’étranger ou que tu pars aussi longtemps ?
Non. J'ai quitté mes parents à 17 ans. 2 ans en Martinique, 2 ans à Toulouse, 4 ans à Londres et un peu plus d'1 an à Toronto... Je me suis amusée à faire le compte : j'en suis à 16 adresses différentes en 8 ans ! Ca en fait des déménagements... Alors, baroudeuse ou quoi??

Quel a été ton sentiment dominant au cours des 2 premières semaines ?
Ouh la la, j'étais pas bien. J'ai dû sortir pour trouver un appart et aller à mon entretien, puis chercher du boulot en attendant le verdict, mais sinon je ne sortais pas de chez moi.

Je me demandais si j'avais pris la bonne décision - comme j'étais très heureuse dans l'école où j'enseignais. Je n'étais pas déçue ou quoi, mais je venais de quitter un pays alors que tout y allait bien pour moi... très difficile. Grosse remise en question.

Après un mois ou deux, par contre, c'était la folie. J'avais un job temporaire en attendant septembre et mon poste à la rentrée, j'ai rencontré quelques personnes grâce au boulot et au forum et là, j'ai commencé à profiter un peu et tomber amoureuse de Toronto...

Est-ce que ta situation professionnelle te parait satisfaisante, au Canada ?
Oui. Il y a eu des hauts et des bas... recommencer l'enseignement à zéro, c'est pas toujours drôle (on te prend pour une incompétente grr...) et être nouveau, ça implique des merdes à la compta (salaire qui diminue ou qui saute parce qu'ils ont fait une bourde. OUCH !) ou des missions pourries (on m'a fait enseigner la Géographie du Canada pendant 6 mois... j'étais dans le pays pour la première fois de ma vie depuis quelques mois seulement : le cauchemar !!). Mais un an plus tard, je suis promue à un poste qui m'intéressait depuis longtemps. À Londres, on ne m'a jamais proposé une responsabilité pareille. Donc oui. Satisfaite !

Quelles ont été tes plus grosses difficultés au Canada ?
Héhéhé. Enseigner la Géo. Crédibilité zéro. Vraie angoisse de ne pas savoir ce que je raconte face à un public de jeunes plus renseignés que moi !

Mon premier accident de voiture, les soucis et les dépenses encourues... pas de blessés, donc OUF.

Ce sont des difficultés qui n'ont pas été insurmontables. Dans l'ensemble, tout a été plutôt simple.

Quel est ton meilleur souvenir ?
Oh bah comme tout le monde, j'en ai déjà plein.

- Quand je suis allée à Ottawa !! C'était un mois après mon arrivée et c'est à ce moment là que j'ai réalisé que j'étais au Canada - oui, oui... j'ai versé ma petite larme et tout.

- L'obtention de mon poste permanent à l'école,

- Mes 2 tours du poteau (JP et RP...). Le JP s'étant moyennement bien passé, j'y allais pour la RP à reculons et ça a été du gâteau... Même les Américains étaient sympas et j'arrêtais pas de sautiller partout, on devait me prendre pour une folle. Très bon moment.

- Mon premier anniversaire avec mes nouveaux amis,

- Cette super journée à Toronto Island lors de la visite de mes parents (pas sortis des Antilles depuis des dizaines d'années) et de mes frères. On n'a pas souvent l'occasion d'être tous les 5.

- Je n'oublierai jamais la première journée que j'ai faite à mon école non plus. Les gosses ici sont TELLEMENT polis comparés à mes chers monstres londoniens... Ca m'avait scotché, moi qui m'attendais à l'enfer. La façon dont ça s'est joué... le coup de chance, du destin ou la coïncidence (selon les croyances) qui a fait qu'y aller ce jour-là en particulier m'a permis d'y obtenir un poste permanent...

Qu’est ce qui va terriblement te manquer quand tu rentreras en France ?
Je ne rentrerai pas en France, ni aux Antilles. Ce qui me manquerait du Canada, ce serait :

- le ciel bleu été comme hiver (après 4 ans de grisaille éternelle à Londres, je m'émerveille encore du ciel sans nuages),

- l'ouverture d'esprit des gens (on dit pourtant que Toronto n'est pas réputée pour la gentillesse des gens... J'ose à peine imaginer ailleurs!). Je me retrouve souvent à taper la discut avec des inconnus et j'adore !

- cette atmosphère à Toronto. C'est une grande ville, mais c'est une petite ville ! C'est jamais bondé, les gens sont pas pressés (moi oui, alors parfois c'est relou...), il y a des parcs partout... mais en même temps, c'est animé, y'a des millions de trucs à faire... J'aurais jamais imaginé me sentir si bien à Toronto.

Qu’est ce que cette expérience canadienne t’apporte, du point de vue personnel ou professionnel ?
D'un point de vue personnel, c'était un gros défi. C'était la première fois que je devais m'occuper de permis de travail, de mon statut dans un pays etc... C'est plus l'Europe, on est vraiment un Immigrant. Bizarre comme sensation.

Je devais lâcher un certain confort établi à Londres pour suivre mon rêve. Ca parait 'cheesy', mais c'était un énorme risque - un poste fixe, des amis, des collègues, la routine, un appart et tout lâcher sans promesses de réussir ou de me plaire là-bas. Surtout que je partais dans l'idée de ne pas revenir. Je n'ai rien laissé en partant... et maintenant, je suis officiellement Résidente Permanente ici, WOOP!

Professionnellement... ah c'est dur. Mes élèves ici sont chous et je les aime bien maintenant, mais mon ancienne école, c'était comme chez moi! Mes plus beaux moments d'enseignement et un gros bout de mon coeur y sont restés. Enfin... après avoir trouvé mes marques et fait mes preuves, j'ai eu une petite promotion dont je rêvais en Angleterre mais que je n'aurais jamais eue... Ca c'est top!

Quels conseils donnerais-tu aux futurs PVTistes ?
Bah mon conseil, c'est d'écouter les conseils, mais de faire preuve de discernement. Y'a les bons et les moins bons...

Si j'avais écouté mon boss, d'autres profs, mes parents, certains amis, je n'aurais pas accompli la moitié de ce que j'ai fait.

Je me rends bien compte que mon PVT était très 'T' et pas beaucoup 'V' (un peu workoholic, la fille...) et certaines situations ne sont pas trop comparables, mais vous vous connaissez. Vous savez de quoi vous êtes capable. Si vous ne savez pas de quoi vous êtes capable et que vous voulez vous lancer un défi, faites-le.

Oui, il faut se préparer (j'ai lancé ma RP et ma reconnaissance de compétences par l'Ordre des Enseignants en même temps que ma demande de PVT... ça en fait de la paperasse, des frais etc...)

Oui, il faut un budget pour profiter (j'ai passé mes 6 derniers mois à Londres en colocation à 2 pas de mon école pour économiser sur le loyer et le transport...)

Oui, on a rien sans efforts... Mais il faut tenter ! Et puis si on râte, on recommence ou on fait autre chose. Finalement la peur de l'échec nous handicape et on oublie souvent de se focaliser sur les possibilités de succès :)
Prenez les choses une par une et vous verrez qu'à petits pas, on peut arriver bien loin ! Tout dépend de votre projet et de vos intentions. Certains auront besoin de moins de budget et plus de planification, d'autres l'inverse, mais l'essentiel c'est de faire le premier pas !

Profitez-en, ça vaut le coup !

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Commentaires

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Kris
83 52

J’adore cette interview – en dehors du fait que je vienne de Guadeloupe aussi(Ste-rose, par contre) – je me retrouve pas mal dans tes propos, actuellement en PVT en Australie (Dieu sait a quel point j’adore ce pays, apres 5 mois maintement, faudrait que je pense a faire un p’tit recit moi :/ ), je suis plus dans le T (ou le W comme on veut), sur le point des decisions a prendres et des conseils, je suis d’accord a 100%, on se surprend soi-meme par moment, au niveau de l’anglais – je suis passer de:
– Hey, how are you today ?
– Heu, 23 years old

a

-Heu, what’s the french word for that again ?

(bon, j’exagere un peu, mais l’idee est la)

Autre point commun, j’ai pas l’envie (et encore moins l’intention) de retourner aux antilles ou meme en France – bien que notre pain francais me manque de plus en plus – mais j’ai attraper la bougeotte en venant ici, j’ai donc bien l’intention de bouger encore :)

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J’aime beaucoup ton interview, (au fait moi aussi je suis du Gosier 😉 ) . ça donne vraiment envie, j’ai vraiment hâte d’avoir mon PVT et de pouvoir partager mon expérience………

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Mylène
3.7K 2.2K

Heureuse d’entendre un récit si flatteur sur Toronto!
C’est une ville tellement incroyable, exactement comme tu l’a décrite c’est une grande ville avec une atmosphère paisible!

Bonne chance la-bas, enjoy!

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Merci pour cette interview!!!! ça me motive encore plus pour tenter à mon tour l’expérience…En tout cas félicitations pour ce que tu as accompli!

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j’aime ce récit 😉 on s’y croirais vraiment en le lisant

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