Jeanne, PVTiste et voyageuse, avec un handicap c’est possible

Article publié le 25-02-2013.

À lire : un recueil d’entretiens de pvtistes partageant avec vous leurs expériences et leurs états d’âme. Plus d'infos...

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Ville de provenance

Paris

Ville de destination

Toronto

Sur place pendant combien de temps

10 mois (de octobre 2005 à août 2006)

Baroudeur ou pas ?

Pas vraiment. J’ai pris goût au voyage après une expérience humanitaire de 2 semaines en Côte d’Ivoire en 2000 (avec l’association handicap sans frontières) et suis partie 2 fois avec des copines dans le sud marocain. En 2002, en itinérance entre Agadir et Ouarzazate, en passant par Marrakech, puis en 2003, une semaine dans le désert du Sahara, à dos de chameau.

Que faisais-tu en France ?

Je venais de finir mes études d’Architecture d’intérieur

Pourquoi cette envie de t’envoler pour le Canada ?

Le Canada est un choix qui s’est imposé plus qu’une réelle envie. Je voulais profiter de cette période charnière entre la fin des études et le début de la vie professionnelle pour tenter une expérience à l’étranger. Une expérience qui puisse m’être bénéfique aussi bien personnellement que professionnellement. Je cherchais donc une destination anglophone, pour parfaire mon anglais très moyen. Ma première idée s’est donc logiquement portée sur Londres. Une amie de promotion m’a parlé du PVT, encore tout nouveau à ce moment. Cette amie avait envie d’en profiter. Et moi j’ai eu envie de la suivre. A deux, ça me paraissait plus facile. Nous avons choisi le Canada car à cette époque ses parents vivaient à Montréal.

Pourquoi Toronto ?

Nous nous sommes décidées pour Toronto car totalement anglophone et moins loin de Montréal que Vancouver (donc plus proches de ses parents). Ce qui est amusant, c’est que je n’avais jamais entendu parlé de Toronto avant de projeter de m’y rendre !
Et entre la décision finale et le départ ne se sont écoulés que 3 mois.

Est-ce que c’est la première fois que tu vivais à l’étranger ou que tu partais aussi longtemps ?

L’aventure me semblait d’autant plus excitante que c’était non seulement la première fois que j’allais vivre dans un pays étranger et lointain mais également que je quittais le cocon familial et prenais mon indépendance.

Au Canada, comment as-tu réussi à gérer ton handicap ?

Il est certain que mon handicap ne m’a pas facilité la tâche et je me suis parfois retrouvée confrontée à des problèmes auxquels je ne m’attendais pas. Avant de partir, j’avais dans l’idée que le Canada, tout comme les Etats Unis, était une terre d’asile idéale pour les personnes invalides, où tout était adapté pour leur facilité la vie. Or, dès le début, les difficultés se sont accumulées, à commencer par une laborieuse recherche d’un appartement. Chaque logement présentait son lot d’obstacles : marches, absence d’ascenseur, porte de salle de bain trop étroite….Au bout d’une dizaine de jours le concierge d’un immeuble, où ma coloc et moi visitions un énième appart, trouva la solution en tronçonnant une partie du mur de la salle d’eau pour élargir le passage.

Professionnellement, mon handicap a également freiné mon enthousiasme. La majorité des agences d’architecture où j’ai postulé étaient totalement inaccessibles. Je me suis investie de longs mois dans une recherche active (envoi de cv, porte à porte, inscription dans des agences de recrutement…). Mais sans résultat. C’était d’autant plus frustrant que mon amie a rapidement trouvé un emploi. Ainsi que la plupart de nos amis PVTistes arrivés à la même période. Je me suis du coup retrouvée en décalage avec les autres. Mais je n’ai pas baissé les bras. Je me suis engagée dans le bénévolat au sein d’une association de personnes handicapées de Toronto, tout en continuant ma prospection. J’ai finalement convaincu un architecte de me donner la chance d’intégrer son équipe, en tant que stagiaire.

Quel a été ton sentiment dominant au cours des 2 premières semaines en Ontario ?

Les 2 premières semaines à Toronto étaient un mélange d’excitation, de malaise, d’inconfort et de déception. Chaque démarche me semblait compliquée. Je me demandais ce que je faisais là. Je m’interrogeais sur le pourquoi de ce choix, alors qu’en France je jouissais d’une vie confortable, entourée de ma famille, mes amis etc…Mais j’étais très curieuse de savoir comment tout cela allait se développer. Finalement j’avais assez confiance, en moi, en la vie. J’étais dans une attitude positive.

Est-ce que ta situation professionnelle t'a paru satisfaisante, en Ontario ?

Professionnellement je ne me suis pas épanouie au Canada. Je n’y ai pas trouvé ma place. Mais ça aurait pu être pire. J’ai tout de même acquis une certaine expérience et me suis essayée à divers domaines.

Quelles ont été tes plus grosses difficultés en Ontario ?

A part les difficultés dû à mon invalidité (mais qui ne sont pas propres au Canada) j’ai eu beaucoup de mal à me lier à de vrais Torontois. J’ai rencontré beaucoup de gens grâce aux soirées PVTistes que j’ai assidûment fréquenté à mes débuts. Mais je n’ai pas réussi à rencontrer de locaux.

Quel est ton meilleur souvenir ?

Je n’ai pas un meilleur souvenir. J’en ai une multitude. Des souvenirs de moments partagés avec les nombreux amis que j’ai rencontrés et qui font, encore aujourd’hui, parti de ma vie. Ensemble, nous avons participé à de nombreux évènements originaux. Le plus marquant fut notre participation à un concours de court-métrage à réaliser en 24 heures. Nous étions la seule équipe française à nous présenter. Et nous nous sommes frottés à bien plus forts que nous. Notre film n’ a pas eu un franc succès mais en le réalisant nous nous sommes éclatés. Voici un petit aperçu de cette chouette aventure :

Je garde également en mémoire nos nombreuses soirées chez les uns et les autres, nos petites escapades hors des frontières Torontoises. New York en tête de liste, puis Montréal, Québec City, Ottawa, Bruce Peninsule….

Est-ce que certaines choses françaises t'ont manqué ?

Non pas vraiment. Je ne suis pas très matérialiste et niveau alimentaire je ne suis pas difficile. J’étais même contente de découvrir de nouveaux produits. Pour moi ça faisait partie du folklore. Quand je suis dans un pays j’aime bien intégrer les habitudes locales.

Qu'est ce qui t'a manqué quand tu es rentrée en France ?

Sans hésiter les amis que j’ai rencontré et le fait de ne plus les voir aussi souvent. Et peut-être mon insouciance. Quand on sait qu’une expérience a une date de péremption on se sent libre de tester des choses, sans avoir peur des conséquences. On dédramatise énormément les situations. On vit le moment présent sans se soucier du lendemain. On ne pense pas au retour. On ne veut pas y penser. L’après c’est une autre histoire mais ce n’est surtout pas la priorité. La priorité c’est d’en profiter un maximum.

Qu’est ce que cette expérience t'a apporté, du point de vue personnel ou professionnel ?

Professionnellement peut-être ma volonté d’entreprendre des choses sans avoir trop d’appréhension et de m’adapter facilement aux gens, aux situations. Dans ma vie personnelle, ça a tout changé. Ca m’a aidé à réellement m’accomplir, à réaliser mes envies. J’ai eu envie de renouveler l’expérience mais de façon différente. Je suis partie vivre quelques années à Barcelone, en Espagne. Des années de bonheur. Cette année au Canada m’a permis de me décomplexer. Elle m’a démontré que je pouvais surmonter mes peurs, assumer mes choix et atteindre mes objectifs. Ca m’a apporté une ouverture d’esprit et je me sens maintenant plus à l’aise avec moi-même et avec les autres. Une vraie thérapie !

Quels conseils donnerais-tu aux futurs PVTistes ?

Je n’ai pas vraiment de conseils à donner. Chaque aventure est différente. Il faut suivre son instinct et peut-être ne pas trop se poser de questions. Il faut profiter de cette chance, prendre ce qu’il y a à prendre.

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Commentaires

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Julie
14.4K 4.7K

Ahhhh les souvenirs avec cette photo ! Tatane, Vincent et Maël avec Jeanne…

Super le making off, je me rappelle que plein de PVTistes étaient venus voter pour vous mais y avait des gros killers à ce concours 😉

Merci pour ton témoignage Jeanne :)

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laura1510
1.4K 1.1K

Joli témoignage, merci Jeanne ! :)

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Merci pour ton point de vue !
« Quand on sait qu’une expérience a une date de péremption on se sent libre de tester des choses, sans avoir peur des conséquences. On dédramatise énormément les situations. On vit le moment présent sans se soucier du lendemain. On ne pense pas au retour. On ne veut pas y penser. L’après c’est une autre histoire mais ce n’est surtout pas la priorité. La priorité c’est d’en profiter un maximum. »
Je suis pas mal d’accord avec toi 😉

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Mathieu
21.6K 11.5K

super témoignage Jeanne, ça me rend nostalgique comme Julie 😉

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Pour moi qui suis une future Pvtistes que dire à part merci beaucoup!!

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Que de souvenirs en effet…. Ca me parait tellement loin déjà cette année 2006…

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Julie
14.4K 4.7K

Pareil, on était assez jeunes, c’était un premier saut vers l’inconnu, c’était vraiment chouette comme année…

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Super expérience Jeanne, merci pour ce partage…

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C’est incroyable ! Je suis mois aussi en situation de handicap et je suis hyper stréssé car j’ai peur que Toronto ne soit pas assez accessible, que les gens soient froid, de ne pas trouver d’appartement ou de job etc..
La plus part des PVTistes dont je lis l’experience sont valide donc j’ai du mal à vraiment imaginer si pour moi ça pourra être possible aussi ou non.

En tout cas ton témoignage me rassure un peu.
Est-ce que tu serais d’accord que je te pose quelques questions par mail ?
Merci beaucoup ^_^

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Super témoignage ! Comme quoi avec de la volonté et un peu d’insouciance comme elle le dit si bien, rien n’est impossible.

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