Matthias : chassé de ma colocation durant mon PVT à Toronto

Article publié le 29-11-2019.

MATTHIAS alias Duche

MATTHIAS alias Duche

  • Localisation 1100 King St W, Toronto, ON M6K 1E6, Canada
  • Profession JOURNALISTE
  • Dernier diplôme obtenu Master

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Tombé sous le charme de Toronto lors d'un précédent voyage, Matthias a décidé de mettre sur pause sa vie en France et de tenter comme beaucoup d'autres, l'aventure PVT au Canada. Malheureusement, tout ne s'est pas passé pour le mieux pour le jeune journaliste...

Bonjour Matthias ! Peux-tu te présenter ?
Salut, moi c’est Matthias, 31 ans, journaliste. J’ai découvert Toronto en 2014, en visitant un couple d’amis, et j’ai adoré la ville, l’ambiance, très américaine avec un état d’esprit canadien, plus léger. Ayant toujours voulu vivre l’expérience nord-américaine dans ma vie, j’ai gardé en tête le Canada... et après avoir eu mon PVT, j’ai mis un an à me décider vraiment et à quitter Paris pour tenter l’aventure à Toronto. Je suis arrivé fin août 2019, prêt à vivre quelque chose de différent, nouveau et fun.
Comment as-tu trouvé ta colocation ? Quel était ton budget ?
La veille de mon arrivée en ville à Toronto, après avoir posté une demande sur le groupe Facebook privé Bunz Home, j’ai reçu un message Messenger me proposant un plan colocation. Dix jours après avoir créé mon « profil de demande » avec photos, localisation et budget espérés, j’ai reçu des photos, on a discuté avec une Torontoise (ma future colocataire), et calé un rendez-vous « visite » à mon arrivée. Mon budget était assez ouvert, vu que le marché est en plein boom... 1 000 $CA au départ, prêt à monter à 1 300-1 400 $CA selon l’opportunité.
D'après ton expérience, est-ce qu'il est difficile de trouver un logement à Toronto ?
Je ne peux pas vraiment dire que c’est difficile de trouver un logement. Contacté le dimanche soir, arrivé le lundi après-midi, j’ai visité le lundi soir, et donné une réponse positive le mercredi matin. Tout est allé vite, parfaitement. Et j’ai emménagé le lundi suivant. Dans un immeuble neuf, même pas fini, dans un quartier en plein essor et avec tout à disposition autour. Un départ rêvé...
Ton aventure ne s'est pas déroulée comme tu l'espérais, peux-tu nous en dire plus ?
Trois mois jour pour jour après mon arrivée, ma petite sœur me rend visite avec son petit-ami. Arrivés un lundi soir, nous partageons un dîner et allons à mon appartement vers 22 h. Ma sœur me dépose des affaires personnelles, et, ne lui ayant pas trouvé un logement qui me convenait pour la semaine, je lui propose de dormir dans ma chambre avant de trouver un logement le lendemain. C’est alors que ma colocataire vient frapper à ma porte et exprime son désaccord total sur cette situation, et demande ouvertement qu’ils quittent les lieux. En désaccord avec elle (il est alors plus de 23 h, on souhaite juste dormir avant de partir visiter des logements le lendemain matin), notre échange devient bizarre, et elle nous menace d’appeler la police si nous ne quittons pas les lieux... Après la venue du concierge, puis de la sécurité, j’abandonne, et nous partons. Sans les clés... choqués, mais certains que tout sera réparé et réglé le lendemain... grossière erreur !
Comment as-tu découvert que tu n’habitais plus chez toi ?
Après trois mois de colocation, nous croisant à peine, échangeant à chaque fois de façon courtoise, j’avais l’impression d’être chez moi, sans contrainte, m’occupant du ménage chaque semaine sans rien demander ou exiger... tout était parfait, le loyer était payé à temps, bref, tout roulait. Et le lendemain de l’incident, scénario de film d’horreur : impossible de revenir dans l’appartement, « interdit » de building sans escorte de la police !!! Traité comme un délinquant, sans affaires personnelles avec moi autre que mon portefeuille et mon téléphone... pas de passeport, pas de papiers, pas de chargeur de téléphone, pas de vêtements... je ne peux retrouver mes affaires qu’en présence policière, et quand la colocataire est présente.
Quelles démarches as-tu entrepris pour tenter d’accéder à nouveau à ton logement ? As-tu essayé de raisonner ta colocataire ?
Le lendemain de la mésaventure, j’essaie de contacter ma colocataire, en vain. Inquiet, je pense alors à Mathieu, responsable du site pvtistes.net depuis des années et ami depuis ma première venue en 2014... sous le choc ! Grâce à ses contacts, j’appelle la Toronto Tenants Association, en vain. J’appelle l'ambassade, impuissante. Je me rends au building pour rencontrer la team management, en vain. J’appelle la police, me rends dans un poste de police, en vain. Aucune issue possible... après un troisième passage (en 4 heures) au building, un membre de la team management propose de contacter la colocataire par e-mail et miracle, elle répond et propose un rendez-vous le soir-même, à 20 h 45, en présence policière... Je contacte donc la non-emergency line pour réclamer une patrouille de police pour me faire escorter. 00h30, aucune patrouille disponible, 4 h d’attente dans mon lobby, en vain. Désespéré, je retente le processus le lendemain matin, à 7 h, et miracle, la police se déplace, la porte s’ouvre, mes affaires packetées dans mes valises et des sacs, je dois dégager !!
Est-ce que tu comptes engager des procédures juridiques pour défendre tes droits ?
Ayant payé le premier et dernier mois, je dois récupérer un mois de loyer, à savoir celui de décembre. Interdit de revenir dans l’immeuble par la police, de contact avec ma colocataire, je ne peux que réclamer mon dû par e-mail, en espérant une réponse positive... n’ayant aucun moyen de pression, je suis dans l’attente d’un retour de sa part, en espérant une issue positive, sinon je lancerai des poursuites au civil...
Après toute cette histoire, comment te sens-tu et que prévois-tu de faire à présent ?
Après presque 3 mois (2 mois et 29 jours du coup !!) exceptionnels, avec des aventures, des rencontres aussi belles que passionnantes, fun, cool et nouvelles, le choc ! Vidé physiquement après 3 jours d’enfer, tout est remis en question. Rester ? Repartir ? Se relancer dans une recherche d’appartement, de travail ? Ou rentrer à la maison, retrouver famille et amis proches, mon confort et (si possible) mon travail en rompant mon congé sabbatique ? Tout est remis en question. Rien de grave n’est arrivé, ce n’est finalement qu’une mésaventure (banale au Canada malheureusement), mais le coup est rude. Et cela ne doit plus arriver !
Quels conseils peux-tu donner aux pvtistes pour que ta mésaventure ne leur arrive pas à leur tour ?
De bonne foi, sérieux et honnête, je suis arrivé sur la pointe des pieds, tout a démarré merveilleusement, et la grande aventure était sur les rails... sauf que je n’avais rempli et signé aucun papier. Avec seulement un e-mail, d’accord tacite mais en rien officiel, j’étais un étranger aux yeux du team management du building et donc de la société ! « Guest » dans l’appartement de ma colocataire, considérée comme « proprio » (lease holder) et seule responsable, elle avait droit de vie (ou de « mort ») sur ma personne. Éjecté sans raison valable, sans avoir enfreint la loi, je n’avais pourtant aucun recours... si la police ne s’était jamais présentée (et Dieu sait qu’elle a d’autres chats à fouetter), j’aurais pu ne jamais revoir mes affaires, mon passeport, etc.

Donc, quel que soit votre statut de colocation, assurez-vous de TOUJOURS vous faire connaître auprès de l’office de votre building, ou du concierge, et d’au moins remplir un formulaire vous présentant avec vos informations personnelles, et si possible en présence de votre colocataire. Sans document signé, vous êtes un fantôme aux yeux du système de logement canadien. Et, dans mon cas, si vous tombez sur un(e) psychopathe, vous pouvez ne jamais revoir vos effets personnels. Sans raison. Sans explication. Personne n’a jamais vu, entendu ou lu ce genre de mésaventure autour de moi au Canada. C’est arrivé, il ne faut plus que cela se reproduise. Soyez vigilants et consciencieux !

Un dernier mot pour la fin ?
Si je peux me permettre, j’aimerais rajouter des remerciements à tous ceux qui ont été là pour m’aider, et ils sont très nombreux, notamment la communauté française. Vincent, ami proche, et son colocataire canadien Kavya, présents avec moi à chaque instant, Lorena, une rencontre canadienne formidable, et une troupe de Français bien intégrés, et le cœur sur la main, que je considère vraiment comme des amis. Mathieu et Severine, Alex et Sarah, Thibaut et Lys, Hélène, et Mickael et Noémie, qui m’ont soutenu à chaque instant dans mon aventure canadienne (et cette mésaventure !!).

Faire bien attention et toujours vous assurer d'avoir une preuve écrite lors d'un nouvel emménagement, tels sont les conseils de Matthias. À bon entendeur donc : l'aventure PVT n'est malheureusement pas toujours celle que l'on s'était imaginée. Merci à Matthias pour ce récit, on lui souhaite tout le meilleur pour la suite en espérant que sa situation puisse s'arranger rapidement !

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Julie
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Salut Matthias, merci pour ton témoignage qui m’a mise super mal à l’aise.

Honnêtement, la vie au Canada a 1 000 avantages, mais je dois dire que parfois dans les relations, les Canadiens sont difficiles à cerner, ils sont imprévisibles !
Et aussi, il faut savoir que contrairement à nous, ils n’aiment pas débattre et être en désaccord, donc quand tu t’es opposé à elle, elle l’a vraiment pris comme une offense. En France, tu te serais embrouillé avec ta colocataire, et après coup vous auriez parler ou éventuellement décider de ne plus vivre ensemble mais pas du tout avec un scénario pareil.

Alors certains te diront « bah tu avais qu’à pas t’opposer à elle », c’est, selon moi, le plus gros choc culturel d’un Français qui part au Canada. Les Canadiens sont hyper sympa de prime abord mais quand il y a quelque chose qui les contrarie dans ton comportement, ils ne vont pas forcément en parler et du coup, ça mène à des situations extrêmes comme la tienne.

Un autre exemple que je peux donner : mon ex, quand on était à Toronto, venait de trouver un boulot en centre d’appels via une agence d’interim. Disons une semaine plus tard, ses parents ont proposé de venir en vacances le mois suivant donc il est allé voir sa manager pour demander s’il avait le droit de demander quelques jours de congé. Sur le moment, elle a trop rien dit mais en fait, elle est allée appeler l’agence d’interim pour se plaindre de lui et de cet affront qu’il venait de lui faire. L’agence l’a appelé pour lui dire qu’elle était furieuse et qu’elle voulait une réponse le lendemain : soit il restait à son poste sans jour de congé, soit il prenait ses jours de congé et il était viré.
Il lui a dit le lendemain qu’il ne prendrait pas de jour, elle a répondu « très bien » et est partie.
Au final, ce que lui a vu comme une simple question (je peux prendre quelques jours ?), elle l’a perçu comme quelque chose de scandaleux, mais malheureusement, elle n’a pas été capable de lui en parler en face à face. Elle aurait dit non, il s’en serait remis, merde !

J’ai beaucoup de mal avec ce genre d’histoires, j’aime quand c’est transparent, alors OK les Canadiens sont cool et les Français sont plutôt distants, ça on l’entend tout le temps, mais au final, je comprends beaucoup mieux les Français car sur leur visage et dans leurs mots, on comprend ce qui se passe. Avec les Canadiens, on ne le sait jamais vraiment… j’en ai entendu des gens virés sans savoir pourquoi, des voisins qui ont vu les flics arriver sans que les voisins soient venus sonner pour demander de baisser la musique, etc. Ton témoignage, malheureusement, ne me surprend pas… Et c’est important de casser un peu l’image de Bisounours qu’ont beaucoup de gens qui vont au Canada.

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Salut Matthias, merci pour ton témoignage qui fait froid dans le dos lol !
Comme quoi, le logement c’est comme pour le travail, sans contrat en bonne et due forme, tu n’as aucun droit, et c’est encore pire si tu es résident temporaire dans le pays. A retenir ! ^^

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