Meghan, jeune québécoise, nous partage son expérience en PVT France, et plus précisément à Lille, ville qu’elle a choisie pour se rapprocher de son pays de cœur : la Belgique.
Elle évoque les démarches d’obtention du PVT France, ses premiers mois en France, marqués par des hauts et des bas émotionnels, ses défis d'intégration et les différences culturelles qu'elle a observées.
Elle compare les modes de vie, les amitiés et les habitudes sociales entre le Québec et l'Europe, tout en partageant des anecdotes sur les différences de comportement, d'humour et de convivialité.
Découvrez les réflexions et les expériences de Meghan en tant qu'expatriée, ainsi que sa vision sur les raisons qui poussent les Français à émigrer au Canada et les défis de vivre entre deux cultures.
Bonne écoute !
Les différents liens cités dans l’épisode :
Tout savoir sur le PVT France : pvtistes.net/le-pvt/france
Tout savoir sur le PVT Belgique : pvtistes.net/le-pvt/belgique
Demande du PVT France (visa 3D) pour les Canadiens : pvtistes.net/dossiers/demande-pvt-france-canadiens
4 conseils pour votre demande de PVT France (pour les Canadiens) : pvtistes.net/conseils-pvt-france
En arrivant en France en PVT : les démarches administratives : pvtistes.net/dossiers/demarches-administratives-france
La recherche d’emploi en France : pvtistes.net/dossiers/recherche-emploi-france
Le guide ultime pour apprendre le québécois : pvtistes.net/apprendre-le-quebecois
Prix du PVT (Visa Vacances-Travail) : combien ça coûte pays par pays ? : pvtistes.net/pvt-combien-ca-coute
Pourquoi choisir le Nord de la France pour son PVT ? : pvtistes.net/nord-pvt-france
Être Québécois en France : pvtistes.net/quebecois-en-france
Ce que je ne comprends toujours pas en France : pvtistes.net/stories/comprends-pas-france
L’amitié en voyage : pvtistes.net/stories/amitie-voyage
Kelly : Bienvenue aventuriers et aventurières.
Nous sommes ravis de vous accueillir dans ce nouvel épisode du podcast Changer d’horizon, podcast rempli de voyages, de découvertes et d’aventures.
Ici, nous sommes tous réunis par cette soif d’explorer le monde et de vivre des expériences inoubliables.
Si le site pvtistes.net vous partage déjà de nombreux témoignages et conseils pour une expérience unique grâce au Programme Vacances-Travail, on a eu envie de vous offrir des expériences de vie audio à travers ce podcast.
Donc si vous cherchez une petite dose d’évasion, installez-vous confortablement et préparez vos oreilles à être transportées dans des contrées lointaines à travers le récit d’une personne qui a osé vivre pleinement l’expérience du PVT.
Que vous soyez déjà familiarisé avec le concept ou curieux d’en apprendre plus, vous êtes au bon endroit. Alors let’s go, l’aventure commence maintenant !
Kelly : Installez-vous confortablement et préparez-vous à embarquer pour un voyage entre le Québec et la France, deux terres empreintes de culture, de traditions et de surprises. Au micro du podcast de pvtistes.net, nous avons le privilège de donner la parole à une jeune québécoise de 24 ans, Meghan, qui a traversé l'océan pour vivre une expérience unique en France.
Accompagnez-nous dans notre échange où nous allons mettre en lumière les différences culturelles qui ont éclairé son chemin et ébranlé ses repères.
Vous découvrirez les nuances des langues, les traditions culinaires qui éveillent les papilles, les codes sociaux qui peuvent dérouter et surtout, vous serez transporté par la beauté de la rencontre entre deux cultures vibrantes.
Meghan nous montrera comment ces différences, bien que parfois déstabilisantes, sont des sources d'enrichissement personnel et d'ouverture d'esprit.
Que vous soyez Québécois curieux de découvrir la vie en France, Français désireux de comprendre les particularités de la culture québécoise ou simplement amoureux des voyages et des rencontres interculturelles, cet épisode sera un véritable festin pour vos sens et votre esprit.
Notre invité va vous donner un aperçu unique des différences culturelles entre le Québec et la France qui vous inspirera à embrasser le monde avec un regard neuf, où la curiosité guide nos pas et où l'ouverture d'esprit est notre meilleur compagnon de voyage.
Allô Meghan !
Meghan : Hello, ça va bien ?
Kelly : Ça va très bien, et toi ?
Meghan : Oui, ça va.
Kelly : Je voulais faire cette petite subtilité de dire « allô ». Alors je ne lui ai pas dit « allô » parce qu'on se voit en visio, mais c'est parce qu'au Québec, « allô », ça veut dire bonjour.
Meghan : Oui, exactement. C'est drôle parce que justement, moi quand je dis « Allô », c'est surtout dans les débuts, en Belgique ou en France même. On va me répondre en anglais parce que « Allô » ici on ne va pas dire ça. Même que des fois quand je dis « Allô », les gens sont surpris, je veux juste dire bonjour.
À lire : Le guide ultime pour apprendre le québécois.
Kelly : Il va falloir prendre l'habitude de dire bonjour !
Meghan : Oui, là j'ai pris l'habitude, après dix mois, c'est « Bonjour », il est installé, je ne dis plus « Allô ».
Kelly : Meghan, déjà dix mois que tu es en France, comment aimerais-tu résumer ces dix mois d'expérience en un mot d’une Québécoise, pvtiste en France.
Meghan : En un mot, je dirais « montagne russe » parce que je trouve que mon expérience a été une montagne russe. J'ai eu des hauts et des bas au niveau professionnel, relationnel. Tu sais dès que je suis dans un haut, je suis comme « ok, ça va bien ». Mais là le lendemain matin, je me retrouve dans un bas, puis après ça, hop, je remonte.
Kelly : Bon résumé, on va revenir sur ces différents points j'imagine à travers notre échange. Alors avant d'en arriver aux hauts et aux bas, j'aimerais bien essayer de comprendre pourquoi tu as choisi dans un premier temps d'aller en France et pas ailleurs.
Meghan : Pourquoi j'ai décidé d'aller en France, c'est une bonne question. J'ai quand même beaucoup voyagé en Europe, la France n'a jamais été une destination qui m'attirait au premier abord, surtout parce qu’habituellement les touristes vont beaucoup en France. Disons que c'est une destination très convoitée, tout le monde a vu Paris, tout le monde a été en France.
J’ai été en France surtout parce que c'était un peu plus simple au niveau des visas, surtout quand on est Québécois. Il y a une entente de réciprocité entre le Québec et la France parce que de base c'était plus la Belgique qui m'attirait parce que justement je suis tombée en amour avec Bruxelles. C'est pour ça que j'ai choisi la France, c'est à côté de la Belgique, c'est facile.
Kelly : Donc ces rapports de réciprocité justement entre la France et le Québec, est-ce qu'ils sont plus intéressants pour toi, plus avantageux que ceux avec la Belgique ?
Meghan : Oui, j'ai vraiment fait le comparatif entre les deux pour voir ce qui était plus avantageux pour moi justement. Quand j'ai commencé les démarches, je voulais aller en Belgique mais j'ai vu que le PVT en Belgique c'était juste un an et c'était 520 euros.
Je ne trouvais pas ça avantageux de rester là un an pour devoir payer 520 euros. Ma mère me dit « Pourquoi tu ne regardes pas du côté français ? Parce qu'il y a beaucoup d'entente entre le Québec et la France ». J'ai commencé à faire mes petites recherches sur Google, puis justement j'ai vu que le PVT en France était un an renouvelable. Je me disais « Bon, déjà en partant deux ans au lieu d'un an, c'est bon ». Et puis, c'est gratuit pour les Québécois, pour les Canadiens en général. Je me suis dit « C'est gratuit, c'est deux ans, allez ! ».
À lire : Prix du PVT (Visa Vacances-Travail) : combien ça coûte pays par pays ?
Kelly : Malheureusement, ton amour pour Bruxelles tombe un petit peu à l'eau. L'amour pour la France n'est pas vraiment là, mais pourtant tu t'es dit « Je vais quand même saisir cette opportunité de ces accords entre nos deux pays ». Alors, comment est-ce que tu as su justement utiliser ce tremplin qu'est le PVT pour t'approcher de la Belgique ?
Meghan : Je me suis dit « Bon la Belgique ce n'est pas avantageux côté visa, je vais aller en France et la France c'est collé à la Belgique ». Je me suis dit « Je vais faire un compromis, je vais m'installer sur Lille parce que Lille, c'est dans les Flandres françaises », je me suis dit « Ben ça doit ressembler un peu à la Belgique, ça doit être un peu la même mentalité ». Et je sais que les Français ici, ils détestent quand je dis que ça ressemble beaucoup à la Belgique ou leur tempérament ressemble beaucoup aux Belges, il y a quand même une rivalité entre les Français et les Belges.
Je me suis installée sur Lille et vraiment je ne regrette pas parce que je trouve que ça ressemble pas mal à la Belgique. On retrouve tout ce qu'il y a en Belgique justement : les gaufres, les frites, la bière, la carbonade flamande.
À lire : Pourquoi choisir le Nord de la France pour son PVT ?
Kelly : C'est ce que j'allais dire, je n'ai aucune rivalité envers les Belges, au contraire j'adore nos voisins belges mais ayant de la famille dans le Pas-de-Calais, je dois avouer quand même que Lille à part les frites et la bière je ne sais pas si on peut dire que c'est très comparable. Est-ce qu’aujourd'hui avec du recul tu penses quand même que justement les Lillois, les gens du Nord, sont similaires aux Belges ?
Meghan : En général, je trouve que les Belges sont très sympathiques, même qu'on dit que, les Québécois on ressemble plus aux Belges qu'aux Français parce que justement, les Québécois on est très gentils, très ouverts d'esprit. C'est vrai que peut-être qu'en France, il y a moins cette ouverture. Puis justement, les Français, qu'ils soient dans le Nord ou dans le Sud, ils vont rester râleurs.
À lire : Être Québécois en France.
Kelly : On a cette réputation de râler je dois l'avouer.
Meghan : Mais sérieusement, je trouve quand même que dans le nord de la France, ça reste quand même très semblable à la Belgique en général en termes de culture ou de tempérament chez la personne.
Kelly : Et donc là maintenant tu arrives en France, tu as dû commencer à t'attaquer certainement à certaines lourdeurs administratives françaises pour obtenir ton PVT. Est-ce que tu pourrais revenir là-dessus, s'il y a des Québécois qui nous écoutent ou des Australiens, parce qu'on le rappelle, il y a des accords bilatéraux, donc ça veut dire que tous les Français qui ont la possibilité d'aller dans un pays veulent dire également que ces personnes peuvent venir en France. Ce qui peut être intéressant si quelqu'un tombe amoureux d'un Australien, par exemple.
Comment on s'affronte justement à la lourdeur administrative ?
Quels sont tes conseils ?
Meghan : Dans la demande en soi, il n'y a pas trop de lourdeur parce que c'est hyper simple. En plus, la demande se fait au Canada, donc on n'est pas directement avec l'administration française. Je pense qu'il n'y a pas de stress à avoir par rapport à la demande. Je crois que là où ça va plus se compliquer, c'est pour renouveler son visa, je ne suis pas encore passée par là pour le moment. C'est dans un mois exactement que je vais devoir faire ma demande de renouvellement. Mais je n'ai pas encore eu vraiment à m'attaquer à l'administration française, pas par rapport à mon visa, c'est plus par rapport à mon travail où j'ai eu une liquidation judiciaire. Là, j'ai vraiment dû aller à la CPAM, j'ai dû appeler l'ambassade canadienne. Bon, ça, ça a été un peu plus compliqué.
À lire : Demande du PVT France (visa 3D) pour les Canadiens et 4 conseils pour votre demande de PVT France (pour les Canadiens).
Kelly : Juste pour rappel, la CPAM qu'elle mentionne, c'est la caisse primaire d'assurance maladie en France, si vous voulez être assuré en termes de santé, c'est obligatoire. Ça me rassure de savoir que pour l'instant, tu n'as pas eu trop de lourdeur administrative. Dans un mois, il va falloir renouveler. Tu n'as toujours pas commencé les démarches ?
Meghan : Je me suis dit là, bon, Meghan, il ne faut pas procrastiner là-dessus, il va falloir que je prenne de l'avance un peu parce que justement j'ai entendu beaucoup de gens dire que c'était compliqué de faire le renouvellement du visa. J'ai contacté directement la préfecture du Nord demandant quel document je dois amener, est-ce que je peux prendre rendez-vous, il faut que je le renouvelle justement dans un mois et tout. Eux m'ont dit que j'ai juste à envoyer tous les documents par la poste. Mais ça, ça dépend des préfectures. Pour la préfecture du Nord, c'est comme ça. Il y a une personne proche de Bordeaux, elle se bat avec la préfecture pour avoir un rendez-vous, pour aller les voir.
Je trouve que le renouvellement du visa, c'est un mystère dans chaque département. C'est propre à chacun, donc là j'ai de la chance parce que j'ai juste à mettre mes documents et l'envoyer par la poste. Mais là encore, est-ce que ça va prendre du temps ? Ça, je ne sais pas encore. Le processus pour moi est quand même simple, heureusement.
Kelly : Donc un conseil super important, c'est vraiment en fonction du département que vous allez choisir. J'imagine qu'il y a certains départements qui sont certainement plus habitués à avoir des pvtistes, je ne sais pas, j'imagine que Paris peut-être a plus de succès, donc peut-être qu'ils ont plus de facilités. Peut-être aussi rester indulgents avec les personnes qui justement affrontent ces dossiers, si c'est nouveau pour eux, essayer d'avoir un petit peu d'empathie et rester patient, j'imagine.
Meghan, j'ai une question que j'aimerais te poser, c'est lorsque tu arrives en France, donc j'ai bien cru comprendre que tu as été un peu marquée sur le côté un peu râleur des Français, mais aussi les bonnes frites de la région du Nord. Mais est-ce que tu dirais que c'est ce qui t'a le plus marqué en arrivant en France ou est-ce qu'il y a autre chose ?
Meghan : Tu sais, au Québec, on n'est pas des grands fumeurs et je trouve qu'en France, ce qui m'a marqué, c'est à quel point il y a des jeunes de 15-16 ans qui sont déjà là en train de fumer leur cigarette à l'extérieur. Puis même, en général, la cigarette je trouve vraiment que c'est culturel je crois, tu sais fumer sur la terrasse, fumer à côté de la porte d'entrée, à chaque fois que tu sors il y a des fumeurs, tu te prends une bouffée de cigarette, ça m'a quand même choquée.
Sinon, il y a un autre truc aussi vraiment banal, c'est les oeufs. Dans les supermarchés, au Québec, c'est dans un réfrigérateur qu'on va les retrouver. Et moi j'ai fait je pense dix fois le tour du supermarché pour trouver les œufs qui se trouvent dans un rayon quoi, c'est même pas réfrigéré, ça m'a quand même choquée.
Ça fait quand même longtemps que je suis partie, si on compte aussi mon temps où j'étais en Belgique, si on compare aussi avec la Belgique, ce qui m'avait choquée c'est justement à quel point il y a des jeunes qui sortent. Dans le sens que dans un bar, je trouvais que j'avais l'air vieille. Quand tu as 15-16 ans, tu sais déjà sortir dans les bars ou commander de l'alcool. Ça m'avait choquée parce que nous, au Québec, on va se faire carter même si tu as 24 ans à la SAQ. C'est ça aussi qui m'a choquée.
Kelly : Pour les Français qui nous écoutent quand elle dit carter, ça veut dire qu'on nous demande constamment notre pièce d'identité pour valider qu'on a bien l'âge requis pour pouvoir acheter de l'alcool ou pouvoir consommer dans les bars.
Meghan : Parce que même dans les supermarchés pour acheter de l'alcool, ben tu sais déjà on peut acheter n'importe où de l'alcool. Et j'avais pris une bière et je l'avais achetée dans une caisse rapide. Au Québec, actuellement, il y a vraiment comme quelqu'un qui travaille au supermarché, qui vient voir, regarde ta carte, si t'as vraiment l’âge légal, puis après ils confirment avec la caisse que tu sais acheter, mais en France, pas du tout, tu passes ton alcool finito.
Kelly : Parce que je crois que même sur les caisses au Québec ou au Canada, ils tapent la date de naissance directement sur la caisse. Tu ne peux pas continuer, tu ne peux pas payer tes achats le temps qu'il n'y a pas un employé qui est venu, qui a rentré son code d'employé et ensuite rentré ton âge qui est sur ta carte d'identité. C'est tout un process et tu as d'ailleurs même cité la SAQ. Juste pour rappeler à tout le monde ce que c'est la SAQ, la société d'alcool du Québec. En France, on n'a pas non plus ce genre d'organisme spécial pour acheter de l'alcool, comme tu le dis. Belle observation. J’imagine qu'en Belgique ça doit être encore moins compliqué si on veut acheter de la bière.
Meghan : Exactement, oui.
Kelly : Est-ce qu'il y a des choses, peut-être, dans un aspect négatif, des choses que tu n'apprécies pas vraiment, que t'es obligée de vivre au quotidien en France ?
Meghan : Est-ce que c'est vraiment un truc qui m'affecte à chaque jour ? Non mais je trouve que la sécurité, il faut que je regarde plus dans le sens qu’au Québec, je pouvais sortir n'importe quand, le soir, toute seul même. Je n'avais pas besoin de penser vraiment à ma sécurité, je n'avais pas de soucis. Tandis qu'en France, c'est plus mes amies ici qui m'ont ouvert les yeux là-dessus « ben là Meghan tu ne peux pas laisser ton téléphone sur la table, tu ne peux pas laisser ton sac là, il faut que tu barres la porte à double tour », tu sais, ce n'est pas des trucs que je pensais quand j'étais au Québec, ça peut être un peu plus négatif dans le sens qu'on doit toujours penser à nos trucs personnels.
Kelly : Est-ce qu'il y a une habitude peut-être qu'on a en France que tu apprécies ?
Meghan : Au Québec on est très ponctuels, il y a un truc que j'apprécie vraiment en France, c'est le fait que justement les gens ne sont pas ponctuels. Je m'explique. Dans le sens que c'est moins stressant, je trouve.
Tu donnes rendez-vous avec quelqu'un, si t'arrives dix minutes en retard, personne ne va te le faire remarquer. C'est sûr qu'il y a quand même une limite respectable, si t'arrives une heure et demi en retard... J'aime vraiment ça, le fait que la ponctualité, ça ne soit pas quelque chose de nécessaire ici. Quand j'étais justement en Belgique, vu que j'avais fait un stage, je commençais ma première journée à 9 h, je suis arrivée 15 minutes d'avance comme tout bon Québécois ferait. Et 9 h, il n'y avait personne dans le bureau encore, j'ai fait « ok, c'est curieux », on commence à 9 h, ils sont tous arrivés, minimum 15 minutes en retard.
Kelly : Ils devaient tous être à 9 h devant la porte en train de fumer, non ?
Meghan : Non, même pas, je n'avais pas de collègues fumeurs. Ils sont tous arrivés 15 minutes en retard, puis après ça j'ai fait « ok, je me dois d'arriver en retard aussi ». C'est comme un peu la culture, on dirait que c'est la norme d'arriver en retard. C'est pas si grave que ça quoi. Quand j'arrivais en retard de 7 minutes, je me disais « je ne suis pas en retard aujourd'hui ».
Kelly : Je t'avoue que je suis une personne très ponctuelle donc je ne sais pas.
Meghan : Oui, après c'est vrai que ça dépend des personnes. Je sais que ma coloc, elle, la ponctualité c'est très important pour elle. Après justement, dans des rendez-vous quand même importants, je ne veux pas faire exprès pour arriver dix ou quinze minutes en retard. Mais c'est vrai que ce qui fait en sorte qu'ici c'est moins ponctuel, c'est les transports. Les trams ce n'est pas de notre faute si on arrive en retard à cause des transports en commun.
Kelly : Oui les transports en commun, on pourrait en faire tout un épisode de podcast là-dessus, je pense. Est-ce que tu aurais des conseils peut-être pour une bonne adaptation, justement pour une personne qui viendrait de l'étranger, qui arrive en France pour la première fois ? Quels seraient tes petits conseils ?
Meghan : Je pense que pour bien s'adapter, c'est de ne pas commencer à comparer tout. Dans le sens que si tu commences à comparer entre le Québec, oh on fait ça ici, c'est pas comme ça, tu ne peux jamais t'adapter si tu commences à toujours comparer. En tout cas selon moi.
Kelly : Après, peut-être comparer, mais sans jugement. Peut-être comparer juste en termes d'observation pour pouvoir s'adapter justement à la culture, mais peut-être sans jugement.
Meghan : Oui, exactement, forcément. C'est sûr que moi avec mes amis on a commencé à faire les comparaisons entre le Québec, la France, la Belgique, d'office, mais ça c'est plus dans une optique drôle, ce n'est pas dans la critique. Pour s'adapter je pense que c'est important de ne pas être toujours dans la comparaison.
En même temps, quand tu arrives dans un nouveau pays, il faut que tu acceptes qu’il y ait des différences. Il faut que ce soit toi qui te moule dans le moule. Tu ne peux pas arriver avec « Non, au Québec, c'est comme ça, il faut que ça soit ça ». Mais non, ici en France, c'est différent. Il faut que tu acceptes.
Je suis quand même quelqu'un qui s'adapte très rapidement, je n'ai pas eu le sentiment d'avoir eu un long moment pour m'adapter, dans le sens où j'ai pas eu un trois mois avec un peu de blue ou un mal de mon pays, ce n'est pas quelque chose que j'ai ressenti, expérimenté. Je me suis quand même adaptée très rapidement, mais après je ne sais pas ce que j'ai fait pour m’adapter autant aussi rapidement.
Kelly : Tu surfes sur la vague.
Meghan : Exactement. Oui.
Kelly : Tu me parlais un peu plus tôt de montagnes russes justement, donc il y a des hauts, il y a des bas. Est-ce que tu dirais que ces hauts et ces bas, ils n’étaient pas sur un plan émotionnel, c'était plus peut-être sur des aspects techniques ou administratifs ?
Meghan : Non, c'est plus le côté émotionnel, je suis de base quelqu'un d'hyper sensible. Au début, quand je suis arrivée en France, je n'avais pas d'emploi au préalable et moi je voulais vraiment trouver un emploi dans mon domaine. Je suis une jeune diplômée et il y a beaucoup de gens qui me disaient « Meghan, ça va être compliqué en France de trouver un job ». Je me suis dit « Bien non, ça va aller ».
À lire : La recherche d’emploi en France.
Kelly : Écoutez, mon accent québécois est mignon, tout le monde va vouloir m'embaucher !
Meghan : Je pensais ça, non mais là ils ont l'avantage d'avoir une Québécoise, je veux dire, qui cracherait là-dessus, mais bon.
Pour de vrai, ça a vraiment été dur au final. J'ai passé je ne sais plus combien d'entretiens. Je me disais « ah j'ai bien fait ça, je pense que je vais avoir le job ». Au final, il m'appelle « Oh, on a bien aimé ta personnalité, mais tu manques d'expérience ». C'était tout le temps ça. Après la dixième fois qu'on te dit tout le temps « ta personnalité est incroyable mais ton expérience, tu l'as pas », ça commence à être lourd. Et là, t'es comme « c'est quand que je vais trouver quelqu'un qui va me donner la chance ?.
Il y a ça, et là après j'ai eu mon premier job.
Kelly : Est-ce qu'à refaire, est-ce que tu penses que tu aurais peut-être saisi une opportunité d'avoir un petit peu d'expérience au Canada avant de venir en PVT en France ?
Meghan : C'est vrai que je me suis posée la question. Je me suis dit, est-ce que j'aurais pas dû rester au Québec un peu, un an ou deux, créer mon expérience et après arriver en France avec une expérience un peu plus forte.
Mais en même temps, je me dis peut-être que je ne l'aurais jamais fait, sauter le cap d'aller en France tout de suite. Par exemple, si jamais j'étais restée au Québec l'an passé, puis j'aurais fait 1 ou 2 ans, peut-être après le 1 ou 2 ans j'aurais fait « ben je suis bien au Québec, pourquoi je partirais ? ».
Tandis que là j'avais rien au Québec, entre guillemets, bien sûr, j'ai ma famille et mes amis, oui, mais je n'avais pas de job, j'avais laissé mon appartement à Québec, là j'étais rendue chez mes parents durant l'été. C'est maintenant ou jamais dans un sens, il n'y a rien qui m'attache, je n'avais pas de copain non plus au Québec, let's go.
Kelly : Un peu plus tôt tu nous parlais justement que tu avais des amis français avec qui tu t'amusais à comparer les choses sur un plan relationnel justement. Est-ce que tu as trouvé que c'était assez simple de se lier d'amitié avec les Français ?
Meghan : J'avais entendu dire quelque part, je ne me rappelle plus où, qu’en France c'était un peu plus compliqué de se faire des amis qu'au Québec, à ce qui paraît. Mais pour le coup, moi je me suis faite des amis en Belgique assez facilement parce qu'on était dans la même agence, on était tous jeunes, c'était des Français avec qui j'étais et des Belges. Ça a été plutôt simple.
Mais ici, depuis que je suis en France, c'est vrai que c'est plus compliqué je pense quand on est adulte de se faire des amis en dehors du travail. Côté relationnel, c'est vrai que c'est plus compliqué de se faire des amis en tant qu'adulte.
Sinon, en général, je n'ai pas de difficultés à rencontrer des gens, je crois que les gens ici sont très curieux par rapport à une Québécoise qui est dans le Nord, faire la conversation c'est assez simple.
Autrement, pour briser la solitude, moi je trouvais que la colocation c'était un bon moyen justement de me créer un petit réseau. Là j’ai mes deux colocs, on se fait souvent des repas ensemble, eux ils ont aussi leur réseau, ça peut quand même te faire rencontrer d'autres gens aussi autour.
À lire : L’amitié en voyage.
Kelly : Excellent conseil. Vraiment excellent conseil. Est-ce que ça t'est déjà arrivé d'essayer de demander à un de tes colocs où est-ce qu'il est le dépanneur le plus proche et ils t’ont regardé avec des grands yeux en mode mais t'as pas de voiture, pourquoi tu veux un dépanneur ?
Meghan : Non !
Kelly : Non, parce que moi, c'est une chose qui m'avait surprise des Québécois, parce que pour nous, un dépanneur, c'est pour réparer ta voiture et ce n'est pas une épicerie.
Meghan : Non, mais je savais au préalable qu'un dépanneur, ça ne se disait pas en France, c'était pour ça que je l'ai jamais utilisé.
Kelly : Il t'est jamais arrivé justement un moment où t'as gardé un peu ce côté québécois et tu t'es retrouvée dans une situation où on ne comprenait pas ce que tu demandais ?
Meghan : Oui, oui ça m'arrive souvent, mais sur le vif, ça ne me vient pas.
Là où vraiment mon côté québécois ressort, c'est quand je vais être un peu plus en colère. Là j'ai vraiment aucun filtre, on dirait que je vais parler hyper vite, les mots je vais les couper. Après bon, les sacres aussi, voilà c'est très québécois. Et ce qui est enrageant là-dedans, c'est que quand t'es en colère, c'est que les gens ici trouvent ça mignon avec l'accent québécois.
Kelly : Et toi t'es « Tabernacle, je ne suis pas contente, je ne trouve pas que c'est mignon ! ».
Meghan : C'est ça. C'est mignon quand on se met en colère les Québécois ici, donc on ne peut pas. Mais oui, c'est sûr qu'il y a des mots ici d'office, surtout en France, le mot tantôt, c'est pas connu. Si je dis « on se voit tantôt », elles sont comme « tantôt, qu'est-ce que tu veux dire ? » Je suis comme « bien tantôt, tantôt, plus tard ! »
Kelly : Oui nous on aime bien savoir quand tu veux me revoir, ce soir, demain, dans une semaine. Il me semble que tantôt par contre en Belgique ils l'emploient un petit peu plus.
Meghan : Oui, exactement. En Belgique, ils l'utilisent.
Kelly : Oui parce que toi on ressent vraiment ton amour pour la Belgique et il me semble que tu y vas assez régulièrement avec ta proximité de Lille donc toi tu ne gères pas seulement une culture différente, mais deux !
Meghan : Oui, c'est vrai. Pratiquement chaque week-end, je me rends en Belgique. L'avantage c'est que justement, le TGV entre Lille et Bruxelles, c'est 9 € l'aller, donc 18 € aller-retour, je trouve ça pas mal. Et même, c'est moins cher que si, admettons, j'allais à Dunkerque, Dunkerque c'est 13 € l'aller, l’aller retour ça revient à 26 €.
C'est plus avantageux que j'aille dans une ville belge que française. Chaque week-end d'office je vais être en Belgique. Même si mes amis ne sont pas disponibles, je vais y aller, je vais aller traîner un peu dans la ville de Bruxelles. Même si j'ai envie d'aller visiter une nouvelle ville, soit Gand, Anvers, Bruges. Tu sais, j'ai plein de possibilités.
Kelly : Je trouve vraiment très intelligent de ta part en tout cas d'avoir justement, tu t'es dit, le PVT Belgique, il n'est pas très avantageux pour moi. Tu sais quoi, je vais prendre un PVT qui m'intéresse, qui est plus avantageux et je vais m'installer à proximité de la frontière comme ça, j'ai le meilleur des deux mondes. Je trouve ça vraiment très intéressant comme observation que tu as faite et la décision que tu as prise.
Aujourd'hui, comment dirais-tu que tu vis l'éloignement avec ton entourage ?
Meghan : Honnêtement, pour de vrai je ne le ressens pas parce qu’à chaque fois que j'explique ça à mes proches ici, personne ne comprend. Je trouve vraiment que j'ai comme deux vies. J'ai une vie au Québec et une vie ici en France. On dirait que c'est comme deux vies parallèles, que je ne me rends pas compte.
Je ne suis pas une grande ennuyeuse, dans le sens que je ne vais pas m'ennuyer rapidement des gens.
En plus, j'ai quand même la chance que ma mère vienne régulièrement en France, genre trois ou quatre fois par an. Je pense que ça aussi, je suis biaisée dans le sens que je vois souvent ma mère. Je ne m'ennuie pas trop du Québec. En soi, je donne beaucoup de nouvelles aussi à mes amis au Québec. Je pense que ça aide aussi. Même si je dis que dans ma tête j'ai deux vies, je vais quand même garder contact avec ma famille et mes amis.
En soi, je le vis très bien et je n'ai même pas eu le mal du pays, pas du tout. Par contre, j'ai eu le mal du pays pour la Belgique quand je suis revenue au Québec pour te le dire. Je pense que je me suis vraiment bien trouvée ici. Je me sens bien ici.
Kelly : Ça fait plaisir à entendre, tu te sens bien, toi tu te vois plus rester sur le long terme, il me semble.
Meghan : Oui, exactement.
Kelly : On ne va pas rentrer dans tout ce qui est paperasse administrative et quelle sera la suite mais c'est vrai que je trouve aussi que le PVT c'est un super tremplin parce que comme tu l'as dit, les papiers sont tellement faciles à remplir pour pouvoir l'obtenir. Est-ce que tu sais s'il y a des quotas justement pour le PVT France ?
Meghan : Il me semble que pour les Canadiens, il y a un quota de 6 000, si je ne dis pas de bêtises mais il n'est jamais atteint parce que justement, ce n'est pas connu. C'est très facile à avoir. Tandis que pour les Français qui vont au Canada, il faut que je crois qu'il y ait un genre de concours ou un tirage au sort.
Kelly : Un tirage au sort.
Meghan : Oui, c'est ça exactement. Un tirage au sort. C'est un peu plus compliqué pour les Français et les Belges pour aller au Canada, mais nous vraiment il y a personne qui le voit, personne ne le fait Kelly : Est-ce que tu arrives à comprendre justement quelle est la raison de cet engouement des Français à aller vers le Canada mais pas forcément des Canadiens vers la France ?
Meghan : Je crois qu’on veut toujours aller plus loin que notre pays. Par exemple, moi je n'ai jamais visité l'ouest canadien, je n'ai jamais été en Ontario.
Kelly : Qui est quand même la frontière avec le Québec, je le précise.
Meghan : J'ai plus visité l'Europe que mon propre pays. Tandis que justement, je crois que pour les Français qui veulent aller au Canada, j'ai l'impression que pour eux, c'est un peu comme l'American Dream accessible, dans le sens que le Québec, ça parle français, Montréal surtout, avec les gratte-ciels, ça ressemble un peu aux États-Unis, entre guillemets, c'est sécuritaire, la vie est quand même simple et semblable, entre guillemets, aussi avec celles françaises.
Après je comprends pourquoi les Français veulent aller au Canada, au Québec. Mais je pense aussi que c'est la nature qui les attire, les grands espaces, tandis qu'ici c'est tout concentré. Je les comprends, j'ai des amis aussi qui sont en Belgique, qui souhaitent aller au Québec un jour pour y rester. Je les comprends, mais eux sont comme... Je ne sais pas, parce que tu ne comprends pas pourquoi on veut aller au Québec, mais bon, je suis comme, non, c'est le contraire.
Kelly : C'est le désir de vouloir ce qu'on n'a pas, ça doit être ça.
Meghan : J'imagine que oui, tu sais, mais après ça dépend. Moi, je trouve que personnellement, le Québec c'est pas le mode de vie que je veux. Justement, le mode de vie ici, je trouve qu'il me ressemble un peu plus. J'imagine aussi que les Français veulent vivre autre chose que leur propre pays. Je veux dire, ben comme j'ai dit, on veut toujours aller plus loin que notre propre pays. Un Français ne va pas aller en Belgique pour vivre une expérience d'expatriation. De fait, ils vont aller au Québec ou au Canada.
Kelly : Tu parles justement des différences de mode de vie, mais je n'ai pas l'impression que tu nous en as parlé de ces différences de mode de vie, est-ce que tu voudrais revenir là-dessus ?
Meghan : En soi, en termes de mode de vie, je trouve que justement c'est très simple ici, dans le sens qu'on n'a pas de pression.
Tout est tard ici, on commence à travailler tard, on mange tard, c'est un mode de vie. Maintenant quand j'appelle ma mère, il est 19 h ici, j'appelle ma mère sur le chemin pour aller boire un verre. Elle me dit tout le temps, ok, donc t'as déjà mangé ? Je suis comme, non, nous on mange vers 20 h, 21 h ici.
Kelly : Alors qu'au Québec, tu peux nous dire justement vers quelle heure vous mangez ? Quelles sont les différences ?
Meghan : On mange au Québec vers 17 h, 18 h. C'est très tôt en soi. Même ma coloc elle est allée vivre au Danemark, elle aussi elle disait ça qu'au Danemark ils mangeaient hyper tôt. Je pense que c'est très pays nordique de manger tôt.
Kelly : Je pense que c'est dû aux saisons aussi peut-être parce qu'il y a quand même plusieurs mois où il fait nuit assez tôt comparé à la France donc ça doit expliquer le rythme de vie qui est quelque peu différent. Est-ce qu'il y a autre chose en termes de mode de vie ?
Meghan : Le fait que les Québécois sont plus casaniers. Je trouve qu'ici en France, peu importe le jour de la semaine, on va savoir sortir en terrasse. Il fait beau, c'est mercredi, on va sortir en terrasse, on va aller boire une petite bière, il n'y a pas de souci, on travaille demain matin, c'est pas grave. Je trouve que les gens vont sortir le jeudi, le vendredi et le samedi. Vraiment, tu sors dans les rues le soir, tout le monde est dehors on dirait. On dirait qu'il n'y a personne qui reste à la maison.
Tandis qu'au Québec, peut-être aussi que c'est juste mes amis au Québec, mais on ne va pas sortir la semaine, vendredi soir, bon, on est rendu trop crevé pour sortir, on va rester à la maison ou on va faire un petit truc à la maison tranquille.
Aussi je trouve qu’ici on bouge un peu plus. Vu que tout est proche, c'est facile de marcher ou prendre un vélo, aller directement à deux kilomètres, c'est pas grave. Tandis qu'au Québec, j'ai l'impression que les gens vont plus avoir tendance à prendre leur voiture juste pour aller au coin de la rue.
Kelly : Mais disons que le territoire est beaucoup plus grand, beaucoup plus espacé peut-être.
Meghan : Oui, forcément, ça c'est à considérer, mais je trouve quand même que les gens ici sont moins lâches. Est-ce que tu comprends ce que je veux dire ?
Kelly : Alors moi ce que je comprends lorsque tu dis ils sont moins lâches, ça veut dire qu'ils sont plus motivés à faire des choses par exemple, faire des activités, motivés à faire des rencontres, à passer des moments avec leurs amis.
Meghan : Oui exactement, c'est ça.
Kelly : Et puis j'imagine aussi dans le nord de la France, malheureusement il pleut quand même assez souvent. Donc peut-être que quand il y a du soleil, on a envie d'en profiter et de se dire bah non, je ne vais pas rester enfermé chez moi alors qu'il fait beau dehors.
Meghan : Oui mais tu vois, même si c'est très nuageux ici ou très pluvieux, je n'ai pas l'impression que ça arrête les gens. Même s'il pleut dehors, ce n'est pas grave, on se fera quand même une terrasse. Ça ne va pas être un obstacle à aller prendre une bière en terrasse ou à marcher ou à se déplacer, tu vas prendre un parapluie au pire, ce n'est pas grave.
Kelly : Il faut faire avec, c'est la vie.
Meghan : Exactement.
Kelly : Meghan, avant que je te pose la question finale, est-ce qu'il y a un point que tu aurais aimé aborder avant de conclure l'épisode ?
Je trouve qu'ici en France, du moins dans le Nord, je ne sais pas si c'est partout comme ça en France, mais j'apprécie vraiment l'humour ici. Parce que de base, je suis quand même quelqu'un de très sarcastique. L'humour second degré ici, moi j'adore. Parce qu'à ce qu’il paraît, au Québec, on est un peu plus susceptibles. Puis l'humour second degré, ce n'est pas nécessairement notre type d'humour. On va être plus direct dans notre humour justement. J'ai plus un humour justement second degré, moi j'adore.
Sinon aussi, il y avait un autre truc que j'avais remarqué, c'est en soirée chez les personnes. Au Québec, tu vas amener ton alcool pour toi. Tu ne vas pas partager avec les autres. Tandis qu'ici en France, c'est très bon, j'ai apporté de l'alcool, tu mets ça dans le milieu de la table, puis servez-vous, il n’y a pas de souci. Moi je trouve que c'est plus convivial. Je trouve que justement, c'est un point un peu plus positif ici, c'est moins individualiste.
Kelly : Est-ce que tu penses que c'est peut-être lié au coût aussi ? Parce qu’il faut avouer quand même que le prix de l'alcool, par exemple, au Canada est un petit peu plus élevé qu'en France, surtout sur le vin.
Meghan : C'est vrai, je n'avais pas pensé à ce point-là. Ça se peut que ça soit ça, mais oui, je ne sais pas, peut-être.
En même temps, je pense que malgré qu'il y a eu un peu d'inflation ici en France, un peu beaucoup, tout dépendant de la perception des gens, mais les gens continuent quand même à partager leur alcool. Ça n'a pas été un souci disons.
Il y a un autre truc aussi qui m'avait vraiment marqué ici en termes de différences, c'est que moi j'adore ouvrir la porte aux gens même s'ils sont à 2 kilomètres plus loin. Genre je suis à une traverse piéton, mais je vais laisser passer la voiture, la courtoisie quoi. J'avais remarqué qu’ici c'est un peu moins.
Kelly : C'est intéressant parce que ces observations elles sont un petit peu contradictoires. Peut-être dans certaines habitudes on est moins courtois mais dans certains moments on est dans le partage, peut-être qu'on est plus dans le partage avec les personnes qu'on connaît et un petit peu moins avec les personnes inconnues.
Meghan : Oui. C'est ça que j'allais dire justement, c'est très contradictoire de ce que je viens de dire parce qu'on partage notre alcool durant les soirées mais ouvrir la porte par contre à un inconnu, ça c'est non. C'est vraiment les observations que j'avais faites.
Kelly : Je trouve tes observations super intéressantes. J'espère que ça ouvrira les yeux à certaines personnes qui nous écoutent et que ça pourra les accompagner justement dans leur installation en France ou en Belgique. Une dernière question pour toi, qu'est ce que tu penses qui t'es arrivé en France, qui ne te serait pas arrivé au Québec ?
Je suis partie un week-end avec un inconnu en road trip. Je n'aurais pas fait ça dans mon pays parce que je crois que je n'avais pas cette ouverture là. Je pense qu'au Québec, je ne serais pas partie avec un Québécois dans un road trip à Tadoussac.
Kelly : Ce qui est encore très contradictoire parce que tu disais justement que la sécurité, il fallait faire plus attention derrière son épaule.
Meghan : Oui, oui c'est vrai mais je pense que ça c'est encore mon côté naïf québécois. Après bon c'est sûr que mes amis t'es comme non mais fais gaffe quand même, partir avec un inconnu, pourquoi tu fais ça, t'as pas peur, après moi je me disais écoute, on va en Belgique, dans le pire des cas, je veux dire je n'allais pas, je sais pas moi, en Pologne avec, tu sais dans le sens que j'allais juste à Bruxelles, puis à Namur. C'était juste deux jours, mais après ma pote sur Namur, elle nous a dit « Ah écoute, on fait une soirée pour Halloween bon, parfait ». On s'est rendus ensemble parce que bon, on avait déjà passé deux jours ensemble, c'était sympa, on va continuer. Je suis partie avec un inconnu en road trip en Belgique. Même de son côté aussi, pour lui la personne, partir avec une Québécoise en Belgique. Je pense que des deux côtés, ça aurait pu être dangereux. Mais bon, ça a été une belle histoire. Ça s'est bien fini.
Kelly : Voilà, tout s'est bien passé. Il faut être sûr de juste partager sa localisation avec certaines personnes pour qu'on puisse nous tracker en temps réel en tout temps.
Meghan : Oui, c'est ça. J'ai quand même averti mes amis autour de moi, puis même mes amis au Québec. Parce qu'il faut dire que je n'avais pas averti mes parents avant de partir, parce que je me suis dit que c'est sûr qu'ils ne vont pas trouver ça très fun. Enfin, ça va être très sympa pour eux de savoir que leur fille part avec un inconnu en voiture. Surtout que sur les autoroutes ici c'est 130 la limite, tandis qu'au Québec c'est 100. Et ma mère elle disait, ben là regarde, ça roule vite en France, fais attention ! Je pense que ça ne me serait pas arrivé au Québec. C'est quand même une expérience unique que j'ai eue ici je crois.
Kelly : Ok, rouler à 130 km sur une autoroute avec un inconnu, on adore ! Un grand merci Meghan pour ton partage et ton retour d'expérience, on te souhaite plein de bonnes choses pour le renouvellement de ton PVT et pour la suite de ton aventure.
Meghan : Merci beaucoup à toi.
Kelly : Vous êtes arrivé à la fin de cet épisode et on vous en remercie. Mais attendez, ne partez pas encore !
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