Marie, 4 PVT et 12 ans à vous conseiller sur PVTistes.net

Marie alias Lamarie

Marie alias Lamarie

  • Localisation Brisbane Queensland, Australie
  • Destination -
  • Profession Co-administratrice de PVTistes.net
  • Dernier diplôme obtenu Master

En 2013, nous avons déjà interviewé Marie pour opposer son expérience de “PVTiste des villes” à l’expérience de Cédric, “PVTiste des champs” en Nouvelle-Zélande. Aujourd’hui, vous proposons de revenir avec elle sur ses 4 PVT et son implication dans le projet PVTistes.net.

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Salut Marie, tu peux te présenter et nous parler de ton rôle sur PVTistes.net ?
Je m’appelle Marie, Lamarie sur le forum, j’ai 32 ans, je viens de région parisienne, et ma vie tourne pas mal autour du PVT depuis plus de 12 ans. En effet, je suis l’une des administratrices de PVTistes.net depuis 12 ans (6 ans en tant que bénévole, puis 6 ans en étant rémunérée). Mais surtout, j’ai réalisé 4 PVT au cours des 12 dernières années. Le PVT, c’est donc un peu (beaucoup) ma passion.
Où et quand es-tu partie en PVT ?
Mon premier PVT était au Canada, plus précisément à Toronto, pour une année sabbatique pendant mes études. J’y suis partie seule entre octobre 2006 et juin 2007.

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À la fin de mes études, j’ai économisé quelques mois (en mode 3 boulots en même temps), et je suis partie (cette fois, avec mon conjoint) en tour du monde. Nous sommes partis en mars 2011 avec l’idée de voyager 3 mois en Asie, 3 mois en PVT en Nouvelle-Zélande, puis 3 mois en Amérique du Sud. Finalement, notre tour du monde a duré 18 mois, avec 9 mois et demi en Nouvelle-Zélande (7 mois de boulot et 2 mois de voyage en van).

Nous sommes rentrés en septembre 2012 avec l’envie de repartir un jour, peut-être en Australie. Finalement, le PVT Hong Kong a été mis en place, et nous y sommes partis en juin 2015, avec l’idée d’y passer 6 mois initialement. Mais 6 mois, c’était bien trop court ! Nous y avons finalement passé 2 ans et demi !

À la veille de nos 31 ans respectifs, nous avons demandé nos PVT pour l’Australie, et nous sommes arrivés à Perth en janvier 2018, à l’âge de 32 ans. Nous devrions quitter l’Australie dans les prochaines semaines, après la vente de notre van avec lequel nous avons voyagé pendant 8 mois et demi.

Qu’est-ce que ça te fait de te dire que ton premier PVT a commencé il y a 12 ans ?
C’est loin ! C’est tellement loin. Je me souviens encore de quitter la France, les larmes aux yeux en regardant ma mère, mes frères et mon copain me dire au revoir à l’aéroport. À l’époque, je ne parlais pas vraiment anglais, je galérais un peu. Ce PVT m’a permis de “prendre des habitudes”, de suivre des logiques que j’ai pu réutiliser ensuite pour mes autres PVT (en particulier pour organiser mes démarches à l’arrivée).
Selon toi, qu’est-ce que ça change de vivre un PVT à 20, à 25, 29 et 32 ans ?
Mes 4 PVT ont été très différents les uns des autres. À 20 ans, je n’ai pas trop osé bouger, je suis restée à Toronto pendant l’essentiel de mon séjour. J’ai un peu voyagé à Montréal, à Québec, mais c’était très limité. Le fait d’être seule me bloquait un peu dans cette envie de partir à la découverte du Canada, et de tout laisser derrière moi.

J’avais une vie satisfaisante à Toronto, et cela me suffisait (même si j’ai adoré vivre à Toronto, je regrette de ne pas avoir plus voyagé à travers le pays).

À 25 ans, pendant mon PVT en Nouvelle-Zélande, à deux cette fois-ci, le PVT ne constituait qu’une étape de notre voyage, un “arrêt au stand” pour refaire le plein d’économies (nous avons finalement économisé très peu là-bas).

J'ai l'impression que c'est mon voyage le plus représentatif du PVT (l'alliance de vacances et de travail) : on vivait en coloc avec plein d’autres PVTistes, on bossait pas mal, mais on en profitait aussi pleinement pour sortir et faire la fête. Et puis, lorsqu’on s’est mis à voyager, on était en mode super rapiat, à faire des économies sur tout, quitte à ne pas faire certaines activités, parce que c’était “trop cher”.

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À 29 ans, mon PVT à Hong Kong était très “urbain”, intégré dans une vie d’expats mais avec un niveau de vie nettement moins élevé que la majorité des "expatriés" qu'on y a rencontrés et qui, pour beaucoup, bossaient dans la banque ou la finance.

On vivait dans une communauté d’expatriés (beaucoup de Français, mais pas que), on est partis plusieurs fois quelques jours pour visiter les pays alentours (Vietnam, Corée, Japon, Taiwan…), toujours en faisant un peu attention au budget (sauf au Japon, où on a complètement craqué…).

Le fait d’y avoir passé 2 ans et demi nous a permis d’en faire vraiment notre chez-nous, avec nos habitudes, notre groupe d’amis…

Nous sommes partis en Australie immédiatement après Hong Kong (sans passer par la case “France”). Et là, nous avons choisi de voyager, sans jamais vraiment nous poser sur le long terme. Nous avons en quelque sorte fait le voyage que j’aurais voulu faire au Canada (mais j’avais trop peur de me lancer) ou en Nouvelle-Zélande (mais j’étais limitée par le budget).

Au bout du quatrième PVT, on commence à prendre des habitudes qui nous semblent tout à fait normales. Arriver, ouvrir un compte en banque, se trouver une carte SIM, obtenir son Tax File Number... ces démarches sont devenues des automatismes. Je ne redoute plus vraiment de partir dans des pays étrangers pour m’y installer. Par ailleurs, le fait d’avoir déjà un job en arrivant à Hong Kong et en Australie a bien sûr contribué à me rassurer pour mon départ.

Néanmoins, il s’agit de pays relativement "faciles", je n’ai pas eu de souci lié à la barrière de la langue, la culture m’est familière, les administrations fonctionnent bien et sont assez efficaces. Je ne sais pas si j’aurais autant de facilité dans d’autres pays avec une culture beaucoup plus éloignée de ce à quoi je suis habituée et dont le fonctionnement pourrait être un peu plus chaotique.

Tu es ce qu’on appelle une Serial PVTiste et tu as fait de ton copain un Serial PVTiste au final. Tu peux nous parler de votre parcours à tous les deux ?
Je suis avec mon conjoint depuis aussi longtemps que je connais le PVT. Nous nous sommes rencontrés à l’université. Je me suis mise en couple avec lui quelques semaines seulement après avoir obtenu mon PVT pour le Canada. À cette époque, il faisait ses études et n’avait pas du tout envie de partir travailler à l’étranger. Je suis donc partie seule au Canada (il m’a rejointe pour quelques semaines de vacances) mais notre relation a malgré tout tenu. Comme j’ai adoré mon expérience, je n’avais qu’une idée : repartir !

Après avoir terminé mes études, j’ai donc proposé à mon copain de partir en PVT en Océanie. Mais celui-ci ne comprenait pas l’intérêt de bosser en voyage (hum hum…). C’est à ce moment-là que j’ai essayé d’enrober le PVT dans un projet de tour du monde. On voyage, puis on fait un petit PVT en cours de route, puis on voyage de nouveau après. Et ça a fonctionné après quelques semaines de réflexion de sa part.

Une fois notre PVT Nouvelle-Zélande terminé, il avait été conquis par le principe du PVT, il avait aussi attrapé le virus du voyage et envisageait, tout comme moi, de repartir un jour, en Australie.

Mais quand je lui ai proposé de partir à Hong Kong quelques années plus tard, il n’était au début pas trop convaincu. Il se disait qu’on ne pourrait pas vraiment voyager sur place, que c’était avant tout une grosse ville. Je l’ai donc laissé mijoter, et quelques mois plus tard, il m’a annoncé qu’il était d’accord pour partir quelques mois à Hong Kong, parce que, je cite “on devrait bien manger là-bas”.

Finalement, nous sommes partis en PVT parce que j’en avais envie, mais nous sommes restés à l’issue du PVT, pour lui ! Il a effectivement réussi à trouver un job dans un domaine qui lui plaisait énormément, et il a pu obtenir un visa à la fin de son PVT.

Pour le PVT Australie, les choses se sont un peu faites "malgré nous". Cela faisait des années que nous avions l’Australie en tête, nous allions avoir 31 ans, et même si des annonces avaient été faites en ce sens, le PVT Australie n’était pas (encore ?) passé à 35 ans.

Nous avons donc présenté nos demandes de visa à la veille de nos 31 ans (nous avons 15 jours d’écart avec mon conjoint, pratique pour s’organiser !). Nous sommes ensuite partis à la date limite d’entrée en Australie, nous avions alors tous les deux déjà 32 ans. Si mon copain était heureux de quitter Hong Kong, j’avais un sentiment un peu plus mitigé. Certes, je souhaitais voir l’Australie, mais j’étais tellement attachée à Hong Kong que j’avais du mal à me dire que notre vie là-bas était terminée.
Aujourd’hui, tu es en Australie, le pays le plus populaire du PVT. Comment tu vis cette expérience, comparée aux précédentes ?
Il y a une chose que je n’avais pas réalisée en quittant Hong Kong, c’est que l’Australie est un pays absolument splendide ! Nous sommes arrivés à Perth et le premier État que nous avons exploré était donc la Western Australia.

Une fois sorti de Perth, c’est tout simplement magique. Les paysages sont top, la vie sauvage est démente et les plages sont à couper le souffle. C’est étrange, mais je ne m’attendais pas à être aussi émerveillée par l’Australie. Ces 12 dernières années, outre mes PVT, j’ai eu la chance de pas mal voyager (notamment lors du tour du monde), et j’en suis venue à tristement développer un côté un peu "blasé" en m’émerveillant un peu moins sur certaines choses, en comparant ce que je voyais avec des trucs que j’avais eu la chance de voir ailleurs.

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Mais là, l’Australie ne ressemble à aucun autre pays que je connais. Et c’est assez fantastique ! Néanmoins, je ne pense pas que j’aurais le même ressenti si j’avais débuté par la côte Est qui m’attire finalement un peu moins (enfin… il y a quand même le Queensland, mais je n’aurais de toute façon pas débuté mon aventure là-bas car je suis arrivée au moment de la saison humide, en janvier).

Mon expérience en Australie a été totalement différente de mes trois autres expériences puisque nous avons été nomades après quelques semaines seulement. J’adore la vie dans notre van. J’adore me réveiller le matin, ouvrir le rideau et voir la nature, tous les jours un peu différente. On a à peu près réussi à voyager avec le soleil : nous avons profité de l’été en Western Australia. À l’automne, nous avons eu un climat assez doux en South Australia, et quand l’hiver a commencé à pointer le bout de son nez, nous sommes remontés vers Cairns pour profiter de la chaleur au nord.

Étant plus à l’aise financièrement, nous avons pu, tout en faisant quand même attention au budget, nous permettre de dormir dans pas mal de campings payants, même si nous avons aussi choisi des campings gratuits quand c’était possible (mais j’avais besoin d’électricité pour travailler...).

On a également pu se permettre certaines activités qui nous faisaient vraiment envie, notamment dans le Queensland (où nous nous sommes un peu ruinés…). Nous sommes donc allés sur Fraser Island (un poil déçus, mais on a eu mauvais temps...), sur les Whitsundays (en campant là-bas, une magnifique expérience), on a fait du snorkeling sur la Grande barrière de corail (tellement cher, mais tellement magique !) et on a vu des baleines.

En Nouvelle-Zélande, on avait toujours renoncé aux attractions un peu coûteuses (sauf un saut en parachute et l’un des glaciers de la côte ouest accessible avec un guide, mais sans hélicoptère à l’époque), faute de budget.
Enfin, autant en Nouvelle-Zélande, on a consommé en grande quantité des nouilles chinoises, autant en Australie, on est passés à un niveau supérieur en mangeant principalement des pâtes 😉

Bref, c’était moins un PVT de la galère, et plus un PVT “c’est apparemment notre dernier PVT, ça serait dommage de ne pas en profiter”.

Tu as été, comme le reste de l’équipe, bénévole pendant pas mal d’années sur PVTistes.net. Depuis 6 ans, tu travailles sur le site à temps plein. Qu’est-ce qui te tient le plus à cœur au quotidien et quels sont les projets qui t’ont le plus plu jusqu’ici ?
J’ai aimé ce site (qui n’était au tout début qu’un forum de discussions) depuis le tout premier jour de mon inscription. Je trouvais ça top que les gens partagent leurs infos, leurs ressentis et nous permettent, à nous, PVTistes en quête d’infos, de trouver en un seul endroit, toutes les réponses aux questions que nous nous posions. Mais j’avais aussi conscience que ce site ne devait pas fonctionner que dans un sens, et qu'il fallait que moi aussi, je puisse partager des infos, aider d’autres personnes...

C’est d’ailleurs le but principal de mon job sur ce site : aider les gens à préparer et je l’espère, à réussir leur PVT.

Ce qui me tient le plus à cœur au quotidien, c’est tout simplement me dire que je participe, ne serait-ce qu'un tout petit peu, à la mise en place d’un projet de vie à l’étranger. Aller à un salon, voir des gens dont le regard s’illumine quand tu leur fais découvrir le PVT, c’est quelque chose qui me fait tellement kiffer. Voir repasser sur le forum des gens que je croise par message interposé depuis des années, et qui sont, par exemple, en train d’obtenir leur citoyenneté canadienne, ça me donne vraiment des frissons.

Que le séjour à l’étranger soit temporaire ou devienne permanent par la suite, je souhaite que les PVTistes qui passent par le site puissent y trouver les infos qu’ils recherchent, pour faciliter leur séjour une fois sur place. Un départ à l’étranger est un sacré défi. Et je me dis qu’avec toutes les infos qu’on essaye de partager, le défi est toujours là, mais certains points “techniques” sont plus facilement surmontables. Si mes dossiers ou mes conseils peuvent permettre aux gens de trouver les réponses à leurs questions, de débloquer une situation qui semblait trop compliquée ou de pouvoir avoir la vie qu’ils veulent avoir, alors c’est que j’ai bien fait mon job, et j’en suis comblée !

Le projet sur lequel j’ai passé le plus de temps est sûrement le Guide des PVTistes en Nouvelle-Zélande, qui est vraiment mon bébé. Je l’ai commencé en France et terminé à Hong Kong, il a une grande importance pour moi. C’est un truc de fou de se dire qu’on a écrit un guide, c’est un vrai accomplissement pour moi... C’est vraiment cool de mettre un outil gratuit à disposition du plus grand nombre, pour qu’ils puissent trouver sur un même support toutes les infos dont ils ont besoin pour leur voyage.

L’année dernière, j’ai également passé plusieurs mois à rédiger un guide de la Résidence permanente au Canada. C’était long, compliqué, mais ça m’a vraiment plu. Je trouvais dommage qu’on ne puisse pas voir l’ensemble des programmes disponibles à un seul et même endroit. Il y a des dizaines de façons d’immigrer au Canada, et en travaillant sur ce guide, mon but était de montrer la diversité des possibilités, pour ne pas se cantonner à une seule province, un seul projet.

Ensuite, même s’il ne s’agit pas d’un seul projet, depuis plusieurs mois, je prends énormément de plaisir à mettre à jour le contenu du site dédié à l’Australie.

En vérité, j’aime tout ce que je fais. J’ai conscience que souvent, j’essaye peut-être un peu trop d’aller dans le détail, en prenant le risque de barber un peu les gens qui lisent des dossiers peut-être un peu trop longs. Mais à chaque fois, j’écris en me demandant concrètement quelles infos j’aimerais lire si j’étais en recherche d’information. Alors oui, je vais perdre du temps à faire des tableaux, passer 3 heures à chercher une info qui sera inutile pour 90 % des gens, mais si elle est au moins utile à une personne, je suis contente.

Et puis depuis 6 ans, j’ai la chance de vivre de ma passion. Quand j’ai annoncé à Mat et Julie que je souhaitais partir à Hong Kong, ils m’ont dit “pas de problème”. Quand je suis partie en Australie, avec un Internet pas toujours hyper efficace (peu pratique quand ton boulot est sur Internet) et des difficultés à travailler tout en bougeant en permanence, ils se sont montrés tellement patients, je leur en suis très reconnaissante. PVTistes.net m’a permis de m’épanouir par le voyage et dans un boulot que j’adore. Ces trois dernières années, j’ai eu la chance de voyager en travaillant depuis l’étranger pour financer ma vie à Hong Kong ou en Australie... Si ça n’est pas le principe ultime du PVT !
Les pays d’Asie font parfois "peur" aux PVTistes (langue, choc culturel...). Qu’est-ce que tu retiens de ton expérience à Hong Kong ?
Hong Kong était encore britannique il y a un peu plus de 20 ans, et la culture anglo-saxonne a laissé des traces très fortes. L’anglais est l’une des deux langues officielles. Donc pour une personne qui se débrouille bien en anglais, Hong Kong n’est pas, ou du moins, ne devrait pas du tout être effrayant.

La culture hongkongaise est très internationale, avec énormément de communautés qui vivent sur ce petit territoire.

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Lors de mon tour du monde, j’ai eu l’occasion de passer 1 mois et demi en Chine et j’ai adoré mon séjour. Là-bas, il y a effectivement un vrai choc culturel, c’est parfois compliqué (même très compliqué).

Mais à Hong Kong, ça n’est clairement pas la même chose. Pour moi, c’est un peu la Chine que j’adore, mais sans certains de ses inconvénients qui pourraient m’empêcher d’y vivre sur le long terme (barrière de la langue, le fait qu’on veuille te prendre en photo parce que tu es étrangère avec les yeux bleus, qu’on te double dans une file d’attente parce que tu es étrangère, qu’on ne te parle qu’en chinois quand bien même tu vois bien en 3 secondes que je ne parle que quelques mots de base qu’on peut compter sur les doigts d’une main).

Concrètement, même si je n’ai jamais vécu à New York, j’ai eu l’impression de vivre 2 ans et demi dans le New York de l’Asie. Je ne sais pas trop comment l’expliquer autrement. J’aime les grandes villes, vivre à l’ombre des gratte-ciels, j’aime la culture asiatique et la nourriture là-bas est fabuleuse (mon copain ne s’était pas trompé).

J’aime les influences japonaises, chinoises et taiwanaises qu’on trouve à Hong Kong, j’aime la foule (même si parfois, tu pètes un câble parce que les gens n’avancent pas - c’est un truc très typique d’Hong Kong ça !) et la chaleur de Hong Kong (98 % d’humidité, on vit sous la clim la quasi totalité du temps. Là, je suis à Sydney, et ça me manque d’avoir chaud quasiment en permanence dès que je mets le nez dehors - même à Perth, j’avais froid en soirée en plein été).

J’aime le chaos de cette ville qui est paradoxalement tellement bien organisée au niveau transports, administratif ou vie quotidienne. J’aime la facilité avec laquelle on peut s’évader des immeubles pour aller dans des parcs régionaux, à la plage, ou même dans les pays aux alentours.

À Hong Kong, il y a ce sentiment qu’on peut essayer de nouvelles choses, que tout est possible d’un point de vue professionnel ou même personnel. Bien sûr c’est difficile, les loyers sont très chers, la chaleur est étouffante, mais ça vaut tellement le coup !

Pour tout vous dire, j’ai déjà mon billet pour rentrer en France, mais celui-ci est au départ de Hong Kong (je trouverais celui entre Sydney et Hong Kong quand nous aurons vendu le van). Pour moi, il n’était pas envisageable de rentrer en France sans repasser par Hong Kong, ma ville chérie.

Il te reste encore quelques semaines de PVT en Australie, mais si tu devais prendre du recul sur tous tes voyages : qu’est-ce que t’ont apporté tous tes PVT ?
Mes PVT m’ont apporté plein de choses différentes.

Mon premier PVT, au Canada, m’a appris à être autonome, à être responsable de moi-même. J’étais étudiante avant de partir, je voulais voir ce que c’était de commencer sa vie ailleurs, dans un pays étranger. Et évidemment, mon PVT au Canada m’a permis d’améliorer mon niveau d’anglais (une de premières raisons qui m’avait poussée à partir).

Mon second PVT, en Nouvelle-Zélande, était dans le cadre d’un plus long voyage, donc c’est un sentiment un peu différent. Il s’agissait de mettre le bouton sur pause après 5 mois de vadrouille entre l’Égypte et l’Asie du Sud-Est. J’ai sûrement appris pas mal sur la vie en communauté (on était dans une colocation de 17 personnes !) et j’en ai pris plein les yeux, avec les paysages néo-zélandais qui sont splendides. À chaque virage, tu te dis “ok, c’est pas moche”.

La nature néo-zélandaise, sa fragilité et l’impact que l’homme a pu avoir sur le territoire m’ont fait réaliser pas mal de choses sur la nature, le fait de la protéger ou d’essayer d’avoir le moins d’impact possible. Toutes nos actions, mêmes petites, ont des conséquences (le plus souvent négatives) sur notre environnement. C’est tout bête, mais comprendre que jeter même un bout de tomate ou du gras de jambon sur le bord d’un chemin de rando peut avoir des conséquences sur la biodiversité (la nourriture attire les rongeurs, qui sont des menaces pour l’éco-système néo-zélandais…) m’a fait réaliser plein de trucs sur ma façon d’agir au jour le jour.

Mes deux ans et demi à Hong Kong font sûrement partie des années les plus belles de ma vie. J’aime l’Asie et vivre aussi facilement au cœur de ce continent était quelque chose de génial.

Pour terminer, en Australie, j’ai fait le plein de vie sauvage et de nature, en étant nomade pendant plusieurs mois. C’est un magnifique sentiment de liberté de pouvoir bouger, à sa convenance, sur un territoire aussi étendu. Après avoir vécu dans une ville 2 ans et demi, j’ai radicalement changé de paysage, passant l’essentiel de mon temps en dehors des grandes villes australiennes. J’ai vu des choses merveilleuses, fait des activités de folie, dormi dans des endroits magiques, je me suis réveillée auprès de kangourous broutant nonchalamment l’herbe à côté de notre van. J’ai ainsi fait le plein en terme d’animaux (une vraie passion un peu chelou quand on a 32 ans…). Je me sens comme une gamine quand je raconte à ma maman quels animaux j’ai vus quelques jours plus tôt.

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Tous ces PVT m’ont permis de m’épanouir, d'étancher ma soif de découvertes, de voyages, de vie sauvage. Ils m’ont rendue tellement heureuse. En fait, c’est difficile à décrire avec des mots.

Parle-nous de l'aspect famille quand on a une telle vie de voyageuse !
Parmi les membres de ma famille proche (ma maman, mes deux frères, une belle-sœur, ma nièce), je pense que c'est pour ma maman que l’éloignement est le plus difficile. Elle est ravie que je voyage, que je sois heureuse à l’étranger, mais en même temps, elle semble souffrir de ne pas voir sa fille. Quand je lui ai annoncé ma date de retour en France, elle pleurait au téléphone : elle était soulagée qu’on rentre enfin, qu’on ait une date de retour. Elle craignait qu’on fasse comme les autres fois, qu’on passe plus de temps que prévu sur place, et que je reste ainsi éloignée d’elle.

De mon côté, évidemment, ma famille me manque, notamment ma maman et ma petite nièce, qui est toute mignonne, mais que je n’ai vue que de manière très limitée ces trois dernières années. C’est toujours un peu déprimant de voir sa nièce grandir à travers des photos.

Et puis, il faut parfois gérer des situations un peu compliquées quand on est à l’autre bout du monde : les membres de ma famille vieillissent, certains tombent malades, il arrive parfois des tuiles et on n’est pas là pour aider ou soutenir ceux qu’on aime. J’ai parfois l’impression d’être un peu égoïste, lâche, de ne pas vraiment prendre mes responsabilités et de laisser ce genre de problèmes loin derrière moi, à d’autres membres de ma famille. Les problèmes, la maladie, on est censés les supporter à plusieurs, pour que ce soit un poil moins compliqué pour chacun d’entre nous. Et là, ça n’est clairement pas le cas. Ça n’est pas le sentiment le plus agréable pendant un PVT.
Tu rentres en France fin septembre, quels sont tes projets désormais ?
Heuuuu…. c’est un peu le flou pour le moment d’un point de vue personnel. Mon conjoint et moi ne savons pas trop où nous allons nous installer. Pour l’instant, nous allons rentrer en France et y passer quelques temps au moins. La famille et les amis nous manquent toujours un peu, et je pense qu’ils seront aussi contents, de leur côté, qu’on ne passe pas en coup de vent comme ce fut le cas ces dernières années.

Je vais continuer à travailler pour le site, évidemment. J’ai encore plein de choses à mettre à jour dans notre contenu sur l’Australie. Je souhaite aussi pas mal travailler sur notre contenu Hong Kong puisque c’est vraiment une destination qui mérite d’être connue. Je voudrais proposer, comme pour la Nouvelle-Zélande, un guide sur le PVT à Hong Kong. J’espère sincèrement qu’il motivera des gens à partir dans ce pays que j’aime profondément et qui devrait, selon moi, être une destination bien plus prisée.

Je vais également prochainement commencer à travailler sur la mise à jour du guide des PVTistes en Australie, j’ai vraiment hâte ! Le guide est déjà top, mais ajouter ma petite touche ici et là devrait, je l’espère, apporter des trucs en plus pour la préparation au départ des futurs PVTistes.

Et puis, dans quelques années, je me laisserais bien tenter par un second PVT au Canada (j’ai la chance d’y être éligible, ayant effectué ma première et seule expérience avec Expérience Internationale Canada bien avant la saison 2015), probablement sur la côte ouest du Canada. Mais il faudra que j’essaye de convaincre mon homme.

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Hello Marie,

As tu fais la demande d’équivalence de diplôme infirmier au Canada ?

Si oui, sais tu si après la période de stage nous sommes redevables d’un certain temps de travail auprès de l’organisme qui nous a formé ?

Merci d’avance,

Cordialement,

Bonjour Jessica,
N’étant pas infirmière, je ne vois pas trop pourquoi j’aurais fait une demande d’équivalence…

Bah juste pour pouvoir répondre à ce genre de questions, enfin :p

Quel beau parcours Marie et merci pour ton engagement sur PVTistes.net depuis 2006 😉

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