L’avantage que j’ai eu, c’est d’avoir été entourée presque uniquement par des Argentins. Cela a vraiment été un plus.
Après les quatre mois de stage, j’avais envie de vivre une autre expérience en Argentine, d’y résider vraiment et de ne pas y être seulement en tant que stagiaire. Je voulais une expérience complète. Mais il y a eu la pandémie, ce qui a retardé mes projets de venir en Argentine. J’ai travaillé un an en France, histoire de me constituer une petite réserve d’argent pour mon arrivée en Argentine, le temps de trouver un travail. Puis début 2023, je suis partie en Argentine avec l’objectif d’y rester plusieurs années.
Ensuite, je me suis lancée dans la recherche de travail. J’ai trouvé un petit emploi à la faculté en attendant de trouver quelque chose de plus stable. Ce n’était pas déclaré, et c’est assez courant en Argentine de travailler sans être déclaré. J’ai donc passé mon année à alterner entre travail non déclaré, recherche d’emploi et découverte de l’Argentine, même si voyager n’était pas vraiment mon objectif.
Cependant, cela n’a pas été très facile de trouver ce travail, en raison de la situation du pays. Il n’y a pas beaucoup d’emplois disponibles, même dans mon secteur, et les recruteurs sont assez sélectifs. Dans le secteur de l’agronomie, il y a peu de diversité en termes d’emplois. C’est soit être commercial sur la route, soit être technicien de terrain. J’ai eu la chance de trouver un emploi un peu plus axé sur la recherche, avec un aspect environnemental.
J’occupe un poste de manager de projet en CDI dans une association de producteurs qui s’appelle Aapresid (Asociación Argentina de Productores en Siembra Directa), une association de producteurs en semis direct, très connue en Argentine. Les bureaux sont à Rosario.
Mes critères de recherche pour l’emploi étaient assez précis :
- un emploi en lien avec l’aspect environnemental, ce qui n’est pas toujours facile à trouver dans le milieu agricole en Argentine ;
- à Rosario ou dans les environs, pour pouvoir travailler en hybride, de chez moi ou au bureau ;
- pas trop de déplacements, car les emplois dans l’agronomie en Argentine sont souvent des postes de commerciaux demandant de voyager toute la semaine.
Pour un étranger cherchant un emploi en Argentine, la question que se posent les employeurs est : est-ce que cette personne va vraiment rester assez longtemps ? Est-ce intéressant d’embaucher un étranger si celui-ci ne reste que six mois, nécessitant ensuite de trouver une nouvelle personne pour le remplacer ?
Pour obtenir un visa travail, il n’y a pas besoin de fournir beaucoup de documentation : le contrat de travail, une inscription à l’AFIP (les impôts argentins) et les documents d’identité. Il faut cependant pouvoir prouver que le contrat de travail est véridique, soit par validation par un notaire, soit directement au bureau de l’immigration avec son employeur pour valider les papiers. Ensuite, des inspecteurs de l’immigration passent au bureau pour vérifier qu’ils existent et que vous y travaillez réellement. Je viens de passer cette étape. Théoriquement, il ne reste que la validation finale du processus. Lorsque le visa sera validé, on obtient un DNI (documento nacional de identidad), un document national d’identité argentin, qui est super important pour plein de démarches. Je l’attends donc avec impatience.
Et au niveau des paysages, en Argentine, il y a vraiment des paysages magnifiques. C’est un luxe.
Ce qui me surprend toujours, c’est la gestion du temps. Les Argentins ont tendance à faire les choses à la dernière minute. L’organisation n’est pas vraiment leur fort. Alors que dans le nord-est de la France, d’où je viens, on a tendance à être ponctuel et à s’organiser longtemps à l’avance. C’est un aspect avec lequel j’ai un peu de mal, car j’ai gardé mes habitudes françaises, et ici, les choses fonctionnent vraiment différemment.
Il y a juste une chose qui m’est arrivée l’an dernier. Ma mère et ma sœur étaient venues me rendre visite pour Noël, et nous avions réservé des vols avec Flybondi pour nous rendre à Bariloche. J’avais choisi cette compagnie parce qu’elle était low-cost, mais ils ont complètement changé nos vols la veille du départ. On a dû annuler et réorganiser en catastrophe, ce qui nous a finalement coûté beaucoup plus cher. Si j’avais une recommandation à faire, ce serait de faire attention avec certaines compagnies aériennes low-cost, qui sont connues pour changer les vols à la dernière minute.
Si quelqu’un veut aller en Argentine pour trouver un travail comme moi, il faut être conscient que cela peut prendre du temps. Même pour les Argentins, cela peut prendre plusieurs mois, donc pour les étrangers, cela peut être encore plus long, car les employeurs ne sont pas toujours sûrs que l’on va rester dans le pays à cause des problèmes économiques. Mais il ne faut pas se décourager.
En raison de la situation économique en Argentine, il est également préférable d’arriver avec un petit matelas financier de sécurité. Avec des euros, on vit très bien en Argentine.
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