Chloé, un road trip au Canada sans acheter de voiture

Date de publication : 23-11-2022

Localisation

Vancouver, BC, Canada

Profession

Architecte

Dernier diplôme obtenu

Master

pvtistes : Bonjour Chloé, peux-tu te présenter ?
Chloé : Bonjour, je m’appelle Chloé, j’ai 25 ans. Je suis architecte, originaire d’Alsace.
pvtistes : Tu es partie en PVT au Canada. Pourquoi cette destination ?
Chloé : Ça fait des années que j’ai ce projet en tête ! Quand j’étais étudiante, je me suis toujours dit qu’une fois diplômée je partirai travailler à l’étranger, et plus spécifiquement dans un pays anglophone. Le Canada était une évidence pour moi, c’est un pays qui m’attire depuis toujours pour ses paysages et son climat (je déteste la chaleur). J’ai eu l’occasion d’y aller une première fois en tant que touriste avec des amis en 2017, et même si nous ne sommes restés qu’au Québec et autour de Toronto, j’ai eu un vrai coup de cœur pour le pays.

À la fin de mes études j’ai donc sauté le pas, je me suis inscrite pour le PVT et j’ai obtenu ma lettre d’introduction en juillet 2019, après 5 mois d’attente. Mais le délais me semblait trop court pour partir en septembre 2019 comme je l’avais initialement imaginé, je ne me voyais pas partir en 2 mois sans organisation. J’ai donc décidé de d’abord travailler en tant qu’architecte en France pendant quelques mois et j’avais planifié mon départ pour fin avril 2020, qui me semblait une période propice pour voyager avec le début des beaux jours.

Évidemment, à cause d’une certaine pandémie, les choses ne se sont pas passées comme prévues et tous mes plans qui commençaient à être soigneusement ficelés sont tombés à l’eau. Mon contrat de travail s’était terminé début mars, j’avais même déjà quitté mon appartement ! Finalement, face à l’évolution de la situation, j’ai compris qu’il fallait que je tire un trait sur le Canada pour le moment, et j’ai eu la chance d’être réembauchée à mon précédent travail.

J’ai donc patiemment attendu pendant 2 ans, en comptant sur les extensions de lettres d’introduction distribuées au compte goutte qui rendaient tout le monde dingue. Et c’est enfin le 21 avril 2022, soit 2 ans pratiquement jour pour jour après ma date de départ initiale, que je me suis envolée pour le Canada.

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pvtistes : Dans les premiers temps de ton PVT tu as fait un road trip pendant plusieurs mois, peux-tu nous en dire plus ?
Chloé : Depuis le début, j’avais une idée très précise de comment je voulais que se déroule mon PVT. J’avais envie de voir du pays mais je ne me voyais pas juste voyager et faire des petits boulots pendant 2 ans, le but principal était d’y aller pour travailler dans mon domaine.

Comme j’envisage de rester au-delà du PVT et qu’il y a très peu de congés payés au Canada, cela me semblait plus logique de profiter de la partie « vacances » du PVT au début, et d’ensuite trouver un poste fixe que je pourrais éventuellement prolonger avec un autre permis de travail. Je me suis donc laissée 5 mois pour voyager pendant les beaux jours, soit de fin avril à début octobre, pour en profiter pour faire tout ce que je voulais avant la partie plus « sérieuse ».

Il faut savoir que je suis quelqu’un de très organisée, qui adore tout planifier à l’avance ! En 2019, j’avais déjà commencé à lister tous les endroits que je voulais visiter. Je me suis donc mise face à un calendrier et j’ai tout réparti dans la fenêtre de temps que je m’étais accordée, en me laissant en moyenne 3 semaines par étape. Mon parcours a donc été le suivant : Montréal, Gaspésie, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, Terre-Neuve, Yukon, Alaska (un petit détour par les USA), Rocheuses, île de Vancouver. roadtrip canada J’ai volontairement esquivé les prairies car je pense que c’est la partie la moins intéressante, j’étais limitée en temps et ça ne collait pas avec le parcours que je m’étais imaginée. Pour profiter au maximum de chaque endroit et voyager de la manière la plus économique possible, j’ai décidé de fonctionner avec des workaway. Ce sont des volontariats chez l’habitant où on est logé, et la plupart du temps nourri en échange de quelques heures de travail par jour. Au final, on ne paye que le transport entre chaque étape ! Entre chaque workaway, je me laissais quelques jours pour voyager de manière indépendante et bouger un peu plus.

Une fois que j’avais défini les étapes et mon calendrier, tout s’est fait de manière très fluide : je cherchais mes workaway en amont, puis je réservais au fur et à mesure tous les transports et les éventuels hôtels / hostels entre chaque étape. Finalement, lorsque j’ai commencé mon périple fin avril, j’avais déjà tout planifié jusqu’au mois de juillet. Je sais que c’est un mode de fonctionnement qui ne convient pas à tout le monde, mais moi ça me rassurait et ça rassurait mes proches de savoir exactement où j’allais, et comme j’étais limitée en temps, au moins je savais que je ne laissais rien de côté. Ça m’a aussi permis de profiter de chaque moment présent et de ne pas toujours me demander quelle serait la prochaine étape, j’avais juste à me laisser porter. Ce n’est pas non plus pour autant que j’étais complètement figée dans mon programme et que je ne me laissais aucune flexibilité. Disons que toutes mes « grandes étapes » étaient planifiées, mais à l’intérieur de ces fenêtres de 2-3 semaines j’avais encore tout le loisir de m’organiser un mini road trip improvisé, ça s’est d’ailleurs produit très souvent. Je ne regrette pas du tout ce mode de fonctionnement, ça m’a parfaitement convenu, j’ai pu faire tout ce que je voulais et même plus encore !

Concernant mon mode de voyage, j’ai fait le choix de ne pas acheter de voiture en arrivant. Honnêtement, car ça me faisait peur d’acheter une voiture au Canada (je n’ai jamais acheté de voiture en France non plus) et je n’avais pas envie de traverser tout le pays, encore moins depuis Terre-Neuve jusqu’au Yukon ! J’ai donc décidé de me débrouiller autrement, en utilisant principalement les transports en commun et les voitures des autres.

Franchement on ne va pas se mentir, ça a été un vrai casse-tête, mais je suis toujours arrivée à mes fins ! roadtrip canada Mon voyage s’est divisé en 3 grandes parties : les Maritimes, le Grand Nord et l’Ouest. Entre chaque grande partie, je prenais l’avion, qui était le plus rapide et le plus économique, mais sinon j’essayais de faire le maximum par la route ou par ferry.

Je suis arrivée à Montréal car c’était pour moi un lieu connu et rassurant et c’était plus simple de gérer en français toutes les démarches administratives d’arrivée. Les Maritimes sont « relativement bien » desservies en bus. Disons que les lignes existent mais que souvent il n’y a qu’un bus par jour, ça demandait donc pas mal d’anticipation. Quand il y avait un « vide », j’ai pu beaucoup compter sur mes hôtes workaway qui faisaient parfois plusieurs heures de route pour venir me chercher ou me déposer ! Parfois je louais des voitures (avec plus ou moins de succès) pour aller dans des endroits plus reculés comme à Terre-Neuve. J’ai aussi dû me débrouiller et y aller au culot quand je prenais le ferry qui arrivait au milieu de nulle part, en demandant aux gens autour de moi de m’emmener.

Quand je suis arrivée dans le Yukon, c’était fini les transports en commun, là haut ça n’existe pas. Encore une fois, je comptais sur mes hôtes workaway qui venaient me récupérer. Mais ce qui était encore mieux, c’est qu’ils me prêtaient leur voiture pour que je puisse visiter de manière autonome, même pour faire 500 km pour monter jusqu’à Dawson City ! L’Alaska a été une étape à part, j’y ai passé une semaine en mode 100 % touriste, comme c’est aux États-Unis, je ne pouvais pas faire de workaway là bas mais c’était un rêve de gamine et en étant au Yukon j’en étais très proche. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce n’est pas si paumé que ça et tout est très bien développé pour les touristes qui voyagent comme moi sans voiture. J’y ai passé une semaine très condensée et très intense, car aussi tout y est beaucoup plus cher. C’est après cette étape que j’ai ressenti pour la première fois un gros coup de fatigue, après 3 mois de voyage à bouger dans tous les sens. roadtrip canada Heureusement pour mon étape suivante dans les Rocheuses, je me suis posée un peu plus longtemps et j’y ai testé une autre manière de voyager : partir en road trip avec des personnes rencontrées sur la route. Et honnêtement, c’est à double tranchant. Depuis Banff, c’est compliqué de se rendre à Jasper sans voiture. J’ai rencontré un groupe de filles avec qui y aller pendant 3 jours, avec qui on s’entendait bien au début. Mais pendant le road trip je me suis rapidement rendue compte qu’on n’avait pas la même manière de voyager, au final ça ne collait pas et je n’en garde pas un très bon souvenir. J’ai fait le trajet retour en stop pour la première fois, ça a super bien marché ! Mais par contre, lorsque je cherchais quelqu’un avec qui traverser la Colombie-Britannique jusqu’à Vancouver, j’ai rencontré un Tchèque en PVT sur un groupe Facebook, et avec lui le road trip s’est super bien passé pendant 3 jours !

Sur l’île de Vancouver j’ai fait un mix de tout ce que j’avais pu faire auparavant, entre bus, location de voiture, stop et covoiturage avec quelqu’un rencontré sur la route. J’y suis finalement restée plus longtemps que prévu, car ma date de fin n’était pas vraiment arrêtée et j’ai choisi de chercher un travail à Vancouver en parallèle pendant que j’étais encore sur l’île.

Au final, les 5 mois se sont transformés en pratiquement 6 mois, de fin avril à mi octobre. Au total j’ai parcouru plus de 23 000 km à travers 8 provinces / territoires. Mes coups de cœur : Terre-Neuve, le Yukon et Tofino.

Pour avoir plus de détails, j’ai réalisé tout au long du voyage une vidéo par étape que j’ai posté sur ma chaîne Youtube.
pvtistes : As-tu eu des difficultés à trouver des workaway ?
Chloé : Pas du tout, j’ai toujours trouvé très facilement ! Je me suis concentrée sur le site workaway.info, car entre HelpX et Woofing je trouve que c’est le site le plus agréable à utiliser et avec la plus grande variété de choix. Ce que je faisais c’est qu’une fois que j’avais défini mes étapes et mon calendrier, je cherchais dans la zone géographique en question et je regardais ce qui m’inspirait. J’ai eu beaucoup de chance, à chaque fois que j’envoyais un message à mon premier choix, j’avais une réponse positive ! Comme je l’ai expliqué plus haut, j’ai tout organisé en avance. De mémoire j’ai commencé à chercher en janvier / février mes premiers workaway pour avril / mai. Je pense que c’est un bon délai quand on a vraiment un workaway qui nous fait de l’œil et qu’on ne veut pas passer à côté car certains hôtes ne prennent qu’un bénévole à la fois.

Il n’y a qu’une seule fois où j’ai galéré à trouver quelque chose, et pour le coup c’était en dernière minute sur l’île de Vancouver. J’avais une semaine que je cherchais à combler en septembre et en regardant déjà plusieurs semaines auparavant j’avais du mal à obtenir des réponses. Plus la date se rapprochait, plus je bombardais de messages, j’ai dû en envoyer une vingtaine qui sont restés sans réponse. J’étais vraiment très étonnée, par rapport à l’expérience que j’ai pu avoir précédemment. Au total j’ai fait 10 workaway, tous se sont très bien passés, mais j’ai fait trop de choses variées pour ne pas tous les lister :
  • Gaspésie : 2,5 semaines dans une auberge de jeunesse au parc national Forillon. Quand je suis arrivée la saison n’avait pas encore débutée, l’auberge n’était pas ouverte et il neigeait encore ! Du coup j’ai principalement aidé à préparer l’ouverture, repeint des chambres et donné un coup de jeune à l’auberge de manière générale. La propriétaire Amélie était juste adorable et j’ai gardé contact avec elle encore aujourd’hui. 2 autres bénévoles sont arrivées pendant mon séjour, il y avait une très bonne ambiance et on a pu découvrir ensemble le parc Forillon pendant notre temps libre.
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  • Nouveau-Brunswick : 1 semaine chez un homme d’une trentaine d’années où j’ai repeint son péron. Je tiens à préciser qu’en tant que fille seule, quand je vais chez des hommes seuls je fais bien attention à ce qu’il y ait des commentaires positifs d’autres filles dans ma situation. Mais ça s’est toujours bien passé et le travail était très tranquille. Il n’y avait pas grand chose à faire dans la petite ville où j’étais, mais mon hôte m’a emmenée visiter la péninsule acadienne pendant une journée.
  • Halifax : 1 semaine chez une femme d’une trentaine d’années où j’ai également repeint pas mal de choses (oui c’est un thème récurent). Le gros avantage était qu’elle habitait juste de l’autre côté de la rive d’Halifax, en 10 minutes de ferry je pouvais être en ville et depuis sa maison il y avait une vue incroyable sur la skyline !
  • Cap-Breton : 1 semaine chez un homme d’une cinquantaine d’années où j’ai encore fait un peu de peinture, mais c’était encore une fois très tranquille. Sa maison était juste incroyable à flanc de falaise et on pouvait voir les baleines passer à longueur de journée ! Quand il a compris que j’étais fascinée par les baleines, il m’a même fait embarquer gratuitement sur un tour d’observation des baleines, 2 fois !
  • Terre-Neuve : 2,5 semaines dans une auberge de jeunesse. Le workaway le plus tranquille de tous, c’était plus un bed and breakfast qu’une auberge de jeunesse par sa taille. C’était encore le début de la saison, il n’y avait pas beaucoup de clients et tout le ménage que je devais faire ne prenait jamais plus d’1 h par jour. On était loin des « 5 h / jour » indicatives de workaway ! Et l’avantage de taille : j’avais une voiture à disposition pour explorer les environs autant que je le voulais, dans un cadre magnifique !
  • Yukon (1) : 2 semaines dans une petite ferme familiale. À l’opposé, je ne comptais pas mes heures dans ce workaway. C’était assez épuisant, d’autant que je faisais des travaux de ferme assez physiques. Mais la famille était sympa, le cadre était somptueux au milieu des montagnes. Il y avait une autre bénévole avec moi, une Allemande qui vivait à 10 km de chez moi quand j’étais en France, juste de l’autre côté de la frontière ! On avait aussi une voiture à disposition de temps en temps pour aller faire des randos ensemble.
  • Yukon (2) : 1 semaine dans une famille. Encore un workaway très tranquille où je n’ai pas fait grand chose à part surveiller les enfants et aider à faire un peu de nettoyage. Mais c’est cette famille qui m’a prêtée leur voiture pour que je puisse aller à Dawson City, à 500 km !
  • Banff : 3 semaines dans une auberge de jeunesse. De loin l’expérience que j’ai la moins aimée. Cette auberge n’avait rien à voir avec les précédentes auberges où j’ai pu aller, celle-ci était une vraie usine où on était une trentaine de bénévoles + staff permanent. Le travail était facile, c’était du ménage de chambre 4 h / jour, 4 jours / semaine. Mais j’ai appris à mes dépends que j’étais dans un « party hostel » où ça faisait la fête tout le temps. Ça peut plaire à beaucoup de personnes, mais ce n’était pas mon cas. J’espérais pouvoir rencontrer du monde avec qui explorer les Rocheuses, mais je n’ai créé aucun lien. C’était aussi le seul workaway où je devais m’occuper de ma nourriture (ce qui se comprend avec 30 membres de staff).
  • Victoria : 3 jours dans une petite communauté. C’est le fameux workaway que j’ai trouvé en dernière minute pour combler un vide dans mon calendrier. C’était dans la maison d’une femme qui vit avec son fils et d’autres colocs, il y avait aussi 3-4 autres bénévoles. Ce n’était pas prévu que je reste très longtemps, j’ai aidé avec quelques travaux de peinture.
  • Nanaimo : 1 mois chez un homme d’une cinquantaine d’années. Le workaway parfait pour faire la transition avec ma vie professionnelle ! Cet homme était en pleine rénovation de sa maison, j’ai pu mettre à profit mon expérience pour lui donner des conseils de design, de choix de couleurs et on réalisait les projets ensemble, ce qui était super satisfaisant. Je lui ai même réalisé les plans du basement de sa maison qu’il est en train de transformer en logement. Je devais initialement y rester 2 semaines mais j’ai prolongé mon séjour pendant que j’étais en recherche d’emploi en parallèle. L’emplacement était parfait, étant sur une ligne directe de ferry vers Vancouver, je pouvais ponctuellement faire l’aller-retour dans la journée pour me rendre en ville pour passer des entretiens et visiter des appartements.
pvtistes : Tu t’es installée maintenant à Vancouver, pourquoi cette ville et qu’est-ce que tu y fais ?
Chloé : Vancouver est une ville qui m’a toujours attirée alors que je n’y avais jamais mis les pieds. Ça fait des années que je la voyais dans les « tops des villes les plus agréables à vivre au monde », sa situation géographique entre océan et montagnes me faisait rêver et par rapport au reste du Canada il n’y fait ni trop froid en hiver, ni trop chaud en été, c’est parfait pour moi ! C’est aussi une ville qui me semblait très attractive et dynamique par rapport à mon domaine qui est l’architecture et elle a le côté anglophone que je recherchais. Du coup avant même mon départ j’étais fixée, je m’installerai à Vancouver. Et je n’ai pas été déçue quand je l’ai visitée pour la première fois. Je me suis toujours dit que si jamais je ne trouvais pas d’emploi à Vancouver ou si ça ne me plaisait pas, je me dirigerai vers Montréal car c’est une ville où je me verrai bien vivre aussi, bien que francophone. roadtrip canada Mais finalement j’ai trouvé un travail en tant qu’architecte bien plus facilement que je ne le pensais ! Je pensais qu’en tant que Française dont le diplôme n’est pas officiellement reconnu et sans expérience canadienne, que ce serait difficile et que je devrais accepter le premier poste qu’on m’offre. J’ai eu de la chance car ça recrute beaucoup dans mon domaine en ce moment. J’imagine que les quelques années d’expérience accumulées en France pendant le COVID ont joué aussi, c’était finalement un mal pour un bien. J’ai dû envoyer une trentaine de candidatures et j’ai passé 10 entretiens qui ont débouché sur 6 offres d’emploi, j’ai même eu le luxe d’avoir le choix ! Je travaille donc dans une agence d’architecture qui est pas mal spécialisée dans les théâtres.

Côté logement, j’ai aussi été chanceuse. J’ai cru comprendre que c’était très compliqué de trouver un logement à Vancouver et que c’était très compétitif. Effectivement, lorsque j’ai eu mon premier entretien, j’ai commencé à éplucher Marketplace et je me suis rendue compte que c’était déjà difficile de trouver ne serait-ce qu’un logement « décent » qui ne soit pas à l’autre bout de la ville, mais que c’était encore plus difficile d’avoir une réponse lorsqu’on était intéressé par un logement. Au final j’ai réussi à organiser 4 visites en une journée. L’une d’elle était une grande maison en colocation que j’ai tout de suite adoré. J’étais la première et la seule à la visiter, on m’a dit que si je la voulais, je l’avais ! Aujourd’hui je vis donc à Kitsilano, dans un quartier très tranquille mais qui reste proche des commerces et à deux pas de la plage.
pvtistes : Prévois-tu d’autres voyages pendant ton PVT ?
Chloé : Pour le moment je ne sais pas trop, j’ai fait tous les coins du Canada que je voulais absolument voir et après 6 mois de voyage intensif, je suis bien contente de me poser un peu dans mon nouveau chez moi et de me concentrer sur Vancouver. Il y a deux choses qui me trottent dans la tête, c’est faire le nord de l’île de Vancouver que je n’ai pas encore fait et retourner dans l’est en automne l’année prochaine pour voir toutes les couleurs qu’on a moins à l’ouest. La proximité avec les États-Unis est tentante aussi, un week-end à Seattle est vite organisé. On verra !

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pvtistes : Quelles sont pour toi les plus grandes différences entre la France et le Canada ?
Chloé : Le plus frappant pour moi, ce sont les conditions de travail, de mon expérience par rapport à ce que j’ai connu en France en tout cas. Les heures de travail sont moindres et plus flexibles mais surtout les gens les RESPECTENT. En France je faisais du 8 h 30 – 18 h, mais si on partait à 18 h précise c’était très mal vu et les heures supplémentaires n’étaient pas payées. Ici, je fais du 8 h 30 – 16 h 45 et je suis souvent une des dernières à partir. Même les patrons nous mettent dehors parfois ! Sans parler que les salaires sont bien meilleurs. Mais d’un autre côté, je trouve que l’ambiance au bureau est moins « sociale » qu’en France et j’ai eu beaucoup de mal à m’y faire au début. J’ai appris que les pauses café où on discute avec ses collègues et les longues pauses déjeuner qui rassemblent tout le monde sont des concepts très français.

Ce n’est pas nouveau mais les Canadiens sont extrêmement gentils, polis et toujours prêts à aider. Ici on dit merci au chauffeur quand on descend du bus, même quand on descend à l’arrière. Au travail on a eu une conférence sur la tolérance, les « micro agressions » et en gros comment être une bonne personne qui ne blesse pas les autres par ses propos. Je trouve qu’on ne peut pas faire plus canadien !
pvtistes : Qu’est-ce que tu apprécies le plus au Canada ? Le moins ?
Chloé : Ça revient un peu sur la question précédente mais le respect des horaires de travail et les salaires font partie des gros points positifs. Ça va aussi de pair avec la gentillesse et l’ouverture d’esprit des Canadiens, mais je trouve que c’est un pays très safe de manière générale. Que ce soit sur la route pendant mon voyage ou même dans une grande ville comme Vancouver, en tant que fille seule je me suis toujours sentie en sécurité.

Pour les points négatifs, ce n’est un mystère pour personne mais la vie ici est chère, et particulièrement à Vancouver. Que ce soit pour faire les courses, les restaurants, les activités, l’essence, les loyers… À tel point que la plupart des expatriés ne se voient pas rester ici sur le long terme car le prix de l’immobilier est juste délirant.

Un autre point qui peut faire regretter la vie en France, ce sont les semaines de congés payés. Il n’y en a que 2 par an au Canada, ce qui contribue au fait que j’ai du mal à me projeter sur d’autres éventuels voyages pendant mon PVT, d’autant plus que j’ai prévu d’en prendre la plupart pour rentrer en France pour un mariage l’année prochaine.
pvtistes : Quel est ton meilleur souvenir de voyage au Canada jusqu’à présent ?
Chloé : C’est difficile de n’en choisir qu’un, j’ai construit des souvenirs incroyables tout au long de mon voyage mais il y en a un qui je trouve représente bien les avantages de voyager seul. Lorsque je faisais une randonnée à Terre-Neuve, un petit couple de retraités canadiens m’a interpellée et on a commencé à discuter. Au bout de même pas 2 minutes de conversation, ils m’ont invitée chez eux sur l’île de Vancouver ! 4 mois plus tard, j’ai donc honoré l’invitation et j’ai été accueillie comme une reine dans leur propriété somptueuse surplombant la mer, depuis laquelle on pouvait entendre et voir les baleines passer à longueur de journée. Ils avaient même des kayaks que j’ai profité d’utiliser pour voguer au milieu des phoques. C’était vraiment quelques jours hors du temps et cela a symboliquement clôturé mon voyage puisque c’était ma toute dernière étape avant de m’installer à Vancouver.

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pvtistes : Le moins bon ?
Chloé : Tout comme les bons souvenirs, j’ai eu pas mal de galères tout au long du voyage. J’ai plusieurs locations de voiture qui m’ont été refusées pour des problèmes de carte de crédit, au Nouveau-Brunswick et à Terre-Neuve. Sur le moment ça a généré pas mal de stress et à Terre-Neuve j’ai même dû trouver un hôtel en dernière minute car sans cette location j’étais coincée pendant 24 h mais j’ai toujours réussi à trouver des solutions pour me rendre par la suite dans ces lieux qui n’étaient accessibles qu’en voiture.

Autre galère pas très sympa, Air Canada a perdu ma valise. 2 fois. En même temps, quand j’ai traversé le pays de Terre-Neuve au Yukon avec 3 vols différents, je me suis dit qu’il y avait une chance sur deux pour que ça m’arrive. Je suis donc arrivée au Yukon sans rien et ma valise n’a mis pas moins de 5 jours pour m’être retournée, un enfer. Mais j’ai toujours réussi à m’adapter et à garder mon calme et aujourd’hui tous mes « mauvais » souvenirs se sont transformés en anecdotes qui pimentent le voyage.
pvtistes : As-tu des conseils pour les futurs expatriés ou ceux qui hésitent à se lancer ?
Chloé : Il ne faut pas hésiter ! Honnêtement je sais que ça peut faire peur de tout quitter pour partir à l’autre bout du monde, encore plus quand on est seul. Quand la situation avec la pandémie s’est calmée et que les frontières ont rouvert, ça a été la décision la plus difficile de ma vie de quitter mon CDI, mes proches et ma vie stable en France. Mais aujourd’hui je peux aussi dire que ça a été la meilleure décision de ma vie. J’avais pas mal de problèmes dans mon quotidien en France et je n’étais pas à 100 % heureuse. Partir au Canada était devenu un besoin, une libération et je n’ai jamais été aussi épanouie que depuis que je suis ici. Je me suis affirmée, je me suis redéouverte. C’est clairement l’expérience d’une vie.
pvtistes : Et pour finir, quels sont aujourd’hui tes projets ?
Chloé : J’ai envie de dire que l’avenir nous le dira. Ça ne fait qu’un mois que je suis à Vancouver, c’est encore tout nouveau pour moi et il me reste encore un an et demi de PVT. Je ne suis clairement pas fermée à l’idée de rester ici plus longtemps via une Mobilité Francophone par exemple, mais aujourd’hui il y a encore trop d’inconnus pour que je puisse me projeter sur le long terme : est-ce que la ville et mon travail vont encore me plaire d’ici plusieurs mois, les rencontres que je fais, la gestion du manque des proches… Pour le moment, je vis au jour le jour et je profite de ma nouvelle vie canadienne.

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1 Commentaire

Annelise
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Wahou ! Ton parcours est incroyable Chloé ! Félicitations !

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