Sandy et Arnaud : 4 PVT tournés vers l’emploi (dans leur domaine)

Date de publication : 30-03-2020

Auteur

Annelise

Arnaud

Localisation

Nantes, France

Profession

Technicien, Assistant Manager, Analyste

Dernier diplôme obtenu

BTS

PVT Australie, Nouvelle-Zélande, Canada, Colombie… Sandy et Arnaud sont deux « serial pvtistes » qui privilégient l’aspect « Travail » de leurs visas Vacances-Travail. Découvrez leur parcours !

pvtistes : Bonjour Sandy, bonjour Arnaud ! Pouvez-vous vous présenter ?
Sandy : Bonjour, je m'appelle Sandy, j’ai 29 ans et je suis originaire des Herbiers, en Vendée. Je suis coiffeuse/barbier. J’ai toujours aimé les langues et souhaitais partir à l’étranger pour apprendre l’anglais tout en pratiquant ma passion.
Arnaud : Bonjour, je m'appelle Arnaud, j’ai aussi 29 ans et suis originaire d’une petite commune, au sud de Nantes. J’ai fait un BTS SAV automobile en apprentissage, chez Renault. J’ai de mon côté toujours voulu vivre une expérience forte à l’étranger après les études, pour s’épanouir avant de rentrer dans la vie active.
Sandy Arnaud PVT pvtistes
pvtistes : Vous êtes des « serial pvtistes » ! Mais commençons par le commencement… Pourquoi vous être envolés pour un PVT en Australie ?
Sandy : Nous cherchions à partir à l’étranger, principalement dans un pays anglophone où il fait chaud.
Arnaud : L’Australie n’était pas vraiment en haut de la liste, mais était finalement le meilleur pays. J’ai d’abord contacté des agences Renault dont une à Perth, qui m’a répondu pour une interview…
pvtistes : Comment s’est déroulé ce PVT Australie ?
Sandy : Les premiers jours ont été relativement durs. Notre vol a eu des complications et on a même perdu nos bagages, avec tout mon matériel de coiffure. La barrière de la langue s’est vite faite sentir. On était perdus. On se rappellera toujours de ce début peu glorieux.
Arnaud : Et puis en peu de temps, on a eu un beau retournement de situation.
Je me suis rendu à l’agence Renault, et ils m’ont embauché pour commencer en tant que technicien. Ensuite Sandy a trouvé un emploi dans la coiffure, deux semaines après notre arrivée.
C’est plus dur de commencer directement par travailler au lieu de voyager, mais c’est clairement la meilleure chose à faire selon nous.
On a dû partir au bout de 6 mois de travail, car c’est la limite imposée par le PVT. Nous sommes partis à Bali, puis explorer la côte ouest en van, jusqu’à Byron Bay. À ce moment-là, je comptais rentrer pour continuer mes études. Mais Sandy a su me convaincre de revenir. On a donc fait les 3 mois en ferme, requis pour un deuxième PVT Australie.
Sandy Arnaud PVT pvtistes
Notre dossier pour trouver du travail en Australie.
pvtistes : Vous avez ensuite passé quelques mois en Asie du Sud-Est…
Sandy : On a commencé par le Sri Lanka, puis on a rejoint la Thaïlande, le Cambodge, le Vietnam et le Laos, sur 4 mois.
Arnaud : Et ça peut étonner, mais on s’est rendu compte que voyager 4 mois d’affilée était un peu long pour nous. Reprendre une activité nous manquait. On a ensuite opté pour des périodes de 2 à 3 mois pour nos futurs voyages.
Sandy Arnaud PVT pvtistes
pvtistes : Vous êtes ensuite revenus en Australie pour votre 2e PVT. Pourquoi avoir choisi de passer une nouvelle année dans le pays, et comment ce PVT s’est-il déroulé ?
Arnaud : On avait encore beaucoup de chose à apprendre et découvrir. Trouver un travail qualifié était relativement facile. On est arrivée à Darwin un mercredi. Je travaillais dès le vendredi dans un petit atelier où j’ai fini Assistant Manager.
Sandy : J’ai déposé des CV dans des salons de coiffure. L’un d’eux a appelé mon ancien employeur et m’a embauchée directement. Après la limite des 6 mois, on est rentrés 15 jours en surprise pour noël, cachés dans une boîte dans le garage… 😉
Après cette petite blague, on est repartis finir notre PVT à Adelaïde, puis en Indonésie pour découvrir les volcans et faire de la plongée.
pvtistes : Ça a ensuite été le retour en France. Comment l’avez-vous vécu ?
Sandy : Nous sommes rentrés pour tenter de décrocher le PVT Canada.
Arnaud : Le retour s’est bien passé. Il ne faut pas s’attendre à tout partager. Chacun fait sa vie aussi. En attendant, nous avons fait des jobs saisonniers dans notre région, pour profiter des proches. Entre deux contrats, on enchaînait des voyages de 3 mois en Inde, au Népal, à Oman…
On est de nature curieuse et c’était des voyages très forts pour nous. On a fini par obtenir notre PVT Canada la seconde année, en fin d’été.
Sandy Arnaud PVT pvtistes
pvtistes : Vous êtes ensuite partis en PVT Nouvelle-Zélande. Qu’est-ce qui vous a attirés là-bas ?
Arnaud : Quand Sandy s’est mise à suggérer de passer par la Nouvelle-Zélande pour aller au Canada, j’ai un peu grincé des dents. Je sais qu’elle n’a pas le sens de l’orientation mais quand même… ? Puis à y réfléchir, on s’est dit que c’était une bonne idée et on pouvait en profiter pour découvrir l’Iran avant. La Nouvelle-Zélande nous a toujours attirés, entre la culture, les randonnées et les îles du Pacifique à proximité. On vivait aussi avec des Kiwis en Australie.
Sandy : On voulait surtout éviter d’arriver en plein hiver au Canada et se remettre à l’anglais.
On s’est installés à Auckland où j’ai retrouvé un emploi dans la coiffure et Arnaud en tant qu’Assistant Manager.
Sandy Arnaud PVT pvtistes
pvtistes : Après la Nouvelle-Zélande, direction le Canada, toujours en PVT… Comment s’est passée cette expérience ?
Sandy : On avait pris le rythme des 6 mois avec le même employeur imposé par le PVT australien et on bougeait donc beaucoup depuis 6 ans. Nous avons choisi de poser nos valises à Vancouver pour échapper au froid. Je me suis lancée en tant que barbier et j’ai décroché un emploi dans un salon réputé.
Arnaud : Ça a été pour moi un véritable tremplin. Au Canada, il faut bien souvent commencer par un petit boulot puis faire ses preuves. J’ai débuté dans une importante entreprise de location de RV, à contrôler les retours des véhicules. Au bout de 6 mois, je reportais directement à la Vice-Présidente, pour analyser l’entreprise et superviser les opérations nationales. J’ai eu une liberté inédite qui m’a permis de m’impliquer dans tous les départements. C’est juste inimaginable en France.
Un de mes plus grands plaisirs était de sortir du bureau à 17 h, d’être sur les pistes en snowboard 45 minutes après, face au coucher de soleil et puis rentrer le soir pour dîner (ou souper 😉 ). On adore aussi randonner, alors on a été servis !
Sandy Arnaud PVT pvtistes
Tout savoir sur le PVT Canada…
pvtistes : Quelles différences constatez-vous entre le marché du travail français et celui des autres pays ?
Arnaud : Je trouve le marché en France très rigide, s’arrêtant souvent aux diplômes. Ce n’est pas forcément une mauvaise chose mais les pays anglo-saxons donnent plus facilement une chance d’évoluer, tant que le résultat est là.
Sandy : C’est plutôt facile de trouver un emploi en France, mais plus difficile de gagner correctement sa vie, même avec trois diplômes…
pvtistes : Vous êtes désormais en PVT en Colombie. Pourquoi cette destination ?
Sandy : Pour la chaleur du pays et des Colombiens, on a eu d’excellents retours de voyageurs sur ce pays ! Et puis pour apprendre et évoluer dans une nouvelle langue.
Arnaud : Pour le côté pratique, c’est aussi l’année de nos 30 ans donc bientôt la fin des PVT. C’est aussi l’un des PVT que l’on pouvait demander directement depuis l’étranger, sans repasser par la France.
pvtistes : Comment se passent vos premiers mois dans le pays ?
Sandy : On a choisi Santa Marta, et il y a un gros écart culturel avec Vancouver. On rencontre facilement des gens, la musique est partout et ça fait du bien, mais le monde du travail et le rapport au temps ici est très différent.
Arnaud : On s'est tout de même vite intégrés. On a commencé par des cours d’espagnol dans une école et j’y suis devenu prof de français. La différence est que je continue aussi à travailler à distance pour mon entreprise canadienne, ce qui nous permet de bien vivre. Il faut savoir que les salaires ici peuvent être très bas, ne permettant pas d’extra, comme des petits voyages le week-end par exemple…
Sandy Arnaud PVT pvtistes
pvtistes : Parliez-vous anglais et espagnol avant de partir en PVT ?
Sandy : Pas vraiment, du moins un niveau trop scolaire, ce qui ne vaut pas grand-chose. Dans notre cas, parler la langue est vital car on veut travailler. Pour apprendre sur le terrain, il faut tout de même une bonne base, puis parler, rencontrer des gens, échanger et éviter les francophones.
Arnaud : Mon premier manager chez Renault était écossais. Alors je vous laisse imaginer la surprise, en plus de l’accent australien…
Ne vous bloquez pas et oubliez les Français autour de vous qui ont malheureusement tendance à juger. Vous avez besoin de vous sentir à l’aise pour que votre anglais devienne fluide.
pvtistes : Vous avez donc vraiment plus orienté vos PVT vers le côté « Travail » que « Vacances ». Était-ce volontaire ?
Sandy : Le PVT est un visa de travail très facile à obtenir, alors on en profite car c’est rarement aussi simple, contrairement aux visas de tourisme que l’on peut toujours avoir pour voyager.
Arnaud : Oui totalement, on partait pour apprendre et évoluer professionnellement. On s’est rapidement rendus compte que c’était très enrichissant et que l’on pouvait continuer ainsi, sans revenir à la case départ. Et le travail est une excellente manière de s’intégrer dans un nouveau pays.
pvtistes : Quels conseils donneriez-vous à des pvtistes qui cherchent un emploi ?
Sandy : Ne restez pas derrière votre ordinateur à regarder les offres d’emploi. Renseignez-vous sur l’économie locale et le chômage, apprenez la langue, osez le porte-à-porte et discutez avec un manager : s’il ne vous embauche pas directement, demandez s’il peut vous aider.
pvtistes : Vous vivez toutes ces aventures en couple. Pour vous, quels sont les avantages et les inconvénients du voyage à deux ?
Sandy : Le partage. Je serais partie seule si je n’avais pas rencontré Arnaud mais c’est tellement plus sympa de découvrir et ressentir tellement de belles choses et de pouvoir les partager avec quelqu’un qui nous est cher. Le seul inconvénient est que nous ressentons peut-être moins le besoin de rencontrer du monde, contrairement aux voyageurs solos.
Arnaud : Mais on a plus de recul, on construit une relation forte et on s’habitue à beaucoup communiquer, car on doit tout de même prendre beaucoup de décisions.
Et puis le plaisir de ce genre d’expériences est bien dans le partage.
pvtistes : Selon vous, qu’est-ce que ces PVT vous apportent ?
Arnaud : Chaque PVT nous permet de combiner développement personnel et professionnel.
Sandy : Pouvoir exercer ma passion aux quatre coins de la planète tout en apprenant de nouvelles langues, cultures, voyager et également mieux gagner ma vie qu’en France.
pvtistes : Quels sont vos meilleurs souvenirs ?
Sandy : Road trip à moto en Inde, la liberté totale. Échanger avec des familles de différentes cultures qui n’avaient rien matériellement, mais tant à offrir humainement...
Arnaud : Un paysan kurde qui partage son déjeuner avec nous et avec sa famille, sous leur tente, dans un champ en Iran… ou juste tous les souvenirs combinés !
pvtistes : Et les pires ?
Sandy : Arnaud reparti en trek dans l’Himalaya pendant ma convalescence, sans aucun réseau.
Arnaud : Rapatrier Sandy malade, à 10 h de piste de Katmandou, ou quand elle était seule à la maison et qu’elle s’est coupé le doigt avec le mixeur en Nouvelle-Zélande... Ça forme à la gestion de crise !
pvtistes : Quels conseils donneriez-vous à un futur pvtiste ?
Sandy : NO REGRETS !! Si vous n’essayez pas, vous ne saurez pas, alors foncez !
Nous avons une chance incroyable d’avoir un passeport français, cela nous donne accès à tellement d’options qu’on se trouve vraiment chanceux d’avoir ce trésor.
Arnaud : Écoutez-vous et osez vivre votre vie. Mais ne foncez pas tête baissée, organisez-vous et gardez un cap pour ne pas vous perdre. Ensuite, votre attitude fera le reste.
pvtistes : Et pour finir, quels sont vos projets pour les mois à venir ?
Sandy : Pour l'instant, nous essayons d'être utiles ici, en Colombie en soutenant une banque alimentaire locale pour aider les plus démunis face à la crise actuelle. Ensuite, on va revenir en France, comme prévu, et sûrement refaire une saison dans la coiffure. On verra la suite selon les opportunités... Sinon pourquoi pas un dernier PVT en Argentine ?
Arnaud : On va revenir un peu en France, regarder ce que nos expériences valent sur le marché de l’emploi et voir où poser nos valises sur du plus long terme. Mais on ne s’inquiète pas, il y a partout beaucoup de chose à faire et à découvrir.
J'aimerais aussi intervenir dans des CFA pour motiver et expliquer aux étudiants ou apprentis ce genre d'opportunités.

Merci Sandy et Arnaud pour vos réponses !

À lire : un recueil d’entretiens de pvtistes partageant avec vous leurs expériences et leurs états d’âme. Plus d'infos...

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4 Commentaires

thomas
0 3
Bonnjour/bonsoir, merci à Arnaud et Sandy pour leurs témoignages. J’aurai une question pour Sandy, j’aimerai avoir plus de précisions sur le métier de coiffeur dans les autres pays? Je suis coiffeur et j’aimerai beaucoup tenter un PVT en Australie ou en Nouvelle Zélande. Est ce facile de trouver du boulot? Comment est vu notre métier dans ces pays ? . Merci d’avance pour vos réponses. En tout cas merci encore pour votre interview et bonne continuation à vous deux.
Marie
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Hello Thomas, Je n’ai pas les réponses, mais je te recommande le témoignage d’Audrey qui m’avait beaucoup marqué : https://pvtistes.net/stories/travailler-comme-coiffeuse-en-australie/
Arnaud
0 1
Bonjour Thomas, Il est tout aussi facile de trouver du travail en coiffure à l’étranger qu’en France. Il ne m’a jamais fallait plus de deux semaines pour trouver un emploi. La main d’oeuvre française, le savoir-faire et notre professionnalisme est reconnu partout. Il faudra par contre que ton niveau d’anglais soit quand même assez bon surtout pour le vocabulaire du métier. En tout cas je ne peux que te donner un seul confiance : lance toi (enfin pas tout de suite maintenant car on est bloqué ^^) mais quand tout ira mieux FONCE !!! bonne continuation et merci pour les encouragements
thomas
0 3
Bonsoir Arnaud, et merci d’avoir pris le temps de me répondre. Oui j’ai Vraiment envi de vivre cette expérience dans un autre pays. Je pense peut être parti année prochaine ou dans deux ans. Pour le niveau d’anglais, j’ai bossé sur un bateau de croisière pendant 6 mois et j’ai également en ma possession un dictionnaire de la coiffure en anglais. Je me débrouille pas mal ^^. En tout cas je vous souhaite pleins de bonnes choses pour la suite. Et merci encore pour votre réponse.

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