Bilan : 6 mois de PVT en Corée du Sud

Date de publication : 24-11-2022

Auteur

Enola

Ça fait maintenant un peu plus de 6 mois que j’ai mis pour la première fois un pied en Corée du sud, pour faire un PVT.

Voici mon retour sur ces 6 premiers mois : mon premier bilan, mes déceptions, mes attentes pour la suite et mes questionnements.

La découverte de la Corée du Sud

Je précise que j’ai décidé de faire un PVT sédentaire. J’ai mon logement à Séoul où je suis la plus grande partie du temps et je voyage dans le reste du pays depuis Séoul. Je tenais vraiment à avoir un ancrage, un chez-moi.

J’ai abordé ces 6 premiers mois comme une période d’adaptation et de découverte de la Corée. Découvrir une nouvelle gastronomie, une nouvelle culture, de nouveaux paysages. Sortir de sa zone de confort aussi. Même si, j’avais déjà eu l’occasion de voyager seule, ça restait en Europe.

Je suis assez fière de ce que j’ai réussi à faire de moi-même durant ces 6 premiers mois, dans un pays que je ne connaissais pas à l’autre bout de la planète et dont je ne parle pas la langue. Vous pouvez retrouver quelques articles sur mes différents voyages en Corée : Une semaine à Sokcho, la région de Jeollanam.

Je voulais pouvoir faire un maximum de choses avant l’arrivée de l’hiver. Et je me suis toujours dit que je préférais faire le plus de choses dès le début de mon PVT, ne sachant pas vraiment ce qui pouvait se passer par la suite. Avec le covid, j’ai appris et compris qu’il fallait profiter au maximum de sa vie et de ces expériences quand on le pouvait.

Le temps d’adaptation

Assez rapidement après mon arrivée, je me suis sentie à l’aise. Le choc du dépaysement n’a pas été très fort. Malgré sa grande taille, Séoul est une ville où il fait bon vivre. Ce qui facilite largement l’acclimatation à celle-ci.

Même si on prend vite ses marques, je dirais qu’il y a quand même deux temps d’adaptation. Le premier consiste à s’adapter à vivre loin de chez soi, dans un autre pays, pour vivre une expérience particulière et le second à réussir à s’adapter au pays lui-même.

Après l’euphorie de l’arrivée et des premières découvertes, il y a la période où on commence à observer les différences culturelles, parfois dures à comprendre. On commence à voir les défauts du pays. Il faut réussir à accepter et à faire face à ces différences, ces petites choses qui nous dérangent, couplées souvent avec le manque de son pays d’origine qui commence à arriver au même moment.

Accepter les déceptions

Il y a bien évidemment aussi des déceptions.

Les relations sociales et les relations humaines ici sont différentes de chez nous et il faut en avoir conscience. En réalité, je le savais déjà avant mon départ, mais tant qu’on ne vit pas l’expérience en elle-même on a beau être averti, on ne peut pas vraiment se rendre compte.

Rencontrer des Coréens et surtout créer de vrais liens avec eux est très compliqué, encore plus si vous ne parlez pas coréen. Si bien qu’une grande partie des étrangers présents ici côtoient principalement d’autres étrangers. En soi, ce n’est pas un problème, on ne fréquente pas les gens pour leur nationalité, mais pour ce qu’ils sont. Mais c’est vrai qu’on apprend aussi beaucoup d’un pays en rencontrant et en discutant avec les personnes qui y vivent et qui en sont originaires, ça fait partie du voyage.

Sans parler que des Coréens, je trouve qu’il est globalement plus difficile de rencontrer des gens ici que dans d’autres pays. Les rencontres se font principalement sur les réseaux sociaux, ça a été mon cas avant mon départ, ou dans le milieu de la nuit et de la fête. Quand on vient seul ça peut être difficile au début.

Conseil : trouver un travail ou prendre des cours de coréen est un bon moyen de faire des rencontres.

Les rencontres sont souvent un des objectifs d’un PVT, ça peut donc être frustrant et déprimant quand ça ne se passe pas comme prévu. Je pense qu’ici, il faut avoir conscience qu’on peut être amené à parfois être seul et à devoir vivre les choses seul. Ce qui n’est pas adapté à tout le monde.

Ces déceptions que l’on rencontre peuvent rapidement impacter le moral, surtout si elles sont couplées avec le manque des proches et le mal du pays.

La mal du pays et le manque des proches

Il est connu que lorsque l’on part vivre dans un autre pays pour une durée assez longue, il y a la période fatidique des 3 mois, qui marque souvent la fin de la lune de miel et l’arrivée du homesick.

Je suis arrivée mi-avril, l’anniversaire de ces 3 mois est donc tombé mi-juillet, en plein été… L’été en Corée du Sud est une saison très particulière. C’est une saison avec beaucoup de pluie et peu de soleil. Cela peut ajouter un coup supplémentaire au moral. Et il est vrai que je me revois, à de nombreuses reprises, me lamenter avec mes amis ici sur notre envie de vivre un été français avec un barbecue, une plage et du soleil. Et d’ailleurs, c’est là où c’est agréable de côtoyer aussi d’autres pvtistes et d’autres Français qui vivent la même expérience et qui peuvent comprendre aussi nos ressentis. Cela permet de surmonter plus facilement les coups de mou.

En réalité, dans mon cas, cette déprime des 3 mois s’est passée un peu différemment. Très rapidement, après mon arrivée, j’ai ressenti un sentiment de manque de la France et de mes proches. Mais c’était un manque léger toujours un peu présent en arrière-plan, mais pas de manière violente. Et je dirais même que c’était un sentiment presque plaisant. Ça m’a permis aussi de mieux me rendre compte de ce à quoi j’étais attachée. Ça rendra la redécouverte de ces petites choses encore plus agréable au retour. C’est quand on est loin des choses qu’on aime qu’on se rend compte qu’on les aime.

J’ai, bien entendu, eu des jours plus compliqués que d’autres, mais ça a été. Surtout que j’ai eu la chance d’avoir la visite de mes proches au même moment.

Voir ses proches

À deux reprises, des amies ainsi que ma famille sont venues me rendre visite. Au début, j’avais peur que ces visites me rendent triste car cela impliquait de devoir dire au revoir une seconde fois. Mais en réalité, ça a plus eu l’effet inverse. Partager un bout de son expérience avec ses amis ou sa famille restés en France, ça permet aussi de garder un lien et de se sentir moins seul.

Je pense aussi que pour les proches, c’est une chose bénéfique, ça leur permet de comprendre ce que vous vivez et de le partager avec vous. Dans mon cas, mes proches sont venus à respectivement 4 et 6 mois de mon voyage et je pense que ça a joué dans ma capacité à passer au-dessus du manque. Ça permet de faire une pause dans l’expérience du PVT de se reconnecter un peu avec la réalité.

Pendant un PVT, souvent, on se coupe du reste du monde et on se met dans une bulle. Ça fait aussi partie de l’expérience, mais je trouve que c’est bien aussi de réussir à garder un lien et un contact avec sa vie en France. Et je me dis que, comme ça, quand je rentrerai, mes proches comprendront mieux de quoi je parle quand j’évoquerai la Corée et mon PVT.

Avec tout ça, j’ai l’impression d’être arrivée à un certain équilibre qui me permet aujourd’hui d’aborder la suite de mon PVT autrement.

Les 6 prochains mois

J’aborde ces 6 prochains mois (en réalité 5 au moment où j’écris), sous un autre angle. Je souhaitais vraiment voyager au maximum avant l’arrivée de l’hiver. Pour la suite, maintenant que j’ai pris mes marques et que je suis habituée à ma vie à Séoul, je prévois de profiter de la vie quotidienne. De profiter de ce que peut offrir la ville et de profiter aussi des gens que j’ai rencontrés ici. Bien évidemment, je prévois toujours de voyager un peu, notamment au Japon, mais de manière moins intensive que pendant les 6 premiers mois.

Et après ?

Un PVT, c’est un an, quatre saisons, une boucle, ce qui parait long, mais en réalité qui passe assez vite. Je dois avouer que je commence déjà à me poser des questions sur mon retour.

Comment va se passer mon retour ? Est-ce que je vais réussir à me réadapter à une vie en France, quand ça fait un an que je vis dans une mégalopole où on ne s’ennuie jamais ?

En un an, on a le temps de créer une routine, des habitudes, une nouvelle vie. Vie qu’il faudra laisser. Parce qu’au moment du départ, au début de son PVT, on sait que l’on part pour une durée déterminée. On retrouvera cette vie qu’on quitte. Dans le sens inverse c’est différent, une fois que le PVT est terminé, on rentre et on dit adieu à cette vie qu’on a pris le temps de construire.

Il y a aussi l’appréhension de comment on va retrouver ce que l’on a laissé. Est-ce que les choses n’auront pas trop changé ? Je suis partie, mais la vie a suivi son cours avec son lot de changements auxquels je n’aurais pas participé.

Toutes ces interrogations (angoisses) se mélangent aussi avec l’envie et la hâte de rentrer pour retrouver toutes les choses qui nous manquent.

En fait, c’est un sentiment très changeant finalement, un jour, on a envie de rentrer, l’autre non.

Vous me direz que 6 mois, c’est tôt pour se prendre la tête avec ça. Mais c’est à partir du cap des 6 mois que j’ai commencé à me poser toutes ces questions, car justement, la moitié du PVT était passée. Et c’est aussi là où je me rends compte qu’avoir partagé une partie de cette expérience avec mes proches aura un impact positif sur mon retour.

Également, faire un bilan, comme je fais maintenant, ou partager mon expérience sur pvtistes aide aussi. Ça permet d’ancrer une réalité à un instant T et d’en garder des traces. Ça me permet d’avoir un meilleur recul sur l’expérience que je vis.

Bien évidemment, toutes ces questions, ces ressentis, ces angoisses, sont logiques et normaux, lorsqu’on vit une expérience comme celle-ci.

Dans tous les cas, 6 mois plus tard, je ne regrette absolument pas ma décision d’être partie faire un PVT et je ne regrette surtout pas d’avoir attendu deux ans (covid oblige) pour aller au bout de mon projet.

Maintenant, j’attends de voir ce que ces prochains mois me réservent.

Aucun commentaire

Il n'y a aucun commentaire pour le moment mais n'hésitez pas à ajouter le vôtre 🙂

Articles recommandés