Faire des petits jobs (baito) au Japon sans parler japonais

Date de publication : 27-03-2023

Auteur

Camille

Comment trouver du travail sans parler japonais en PVT Japon ? C’était une des questions qui me stressait le plus en calculant mon budget pour mon visa Vacances-Travail. J’avais certes pris pendant plusieurs mois des cours de langue en France mais ce n’était clairement pas suffisant. En arrivant, j’avais un niveau inférieur au JLPT N5, c’est-à-dire que je savais commander au restaurant et me présenter (pas le genre de compétences linguistiques suffisantes pour faire un quelconque travail conventionnel donc…). Pourtant, je savais que mes économies ne suffiraient pas pour financer mon quotidien à Tokyo et mes envies de voyage. J’ai donc commencé à prospecter pour trouver un emploi, et plus précisément un baito (équivalent de nos « petits boulots ») dès mon arrivée à Tokyo et, à ma grande surprise, cela a été beaucoup plus facile que ce que j’espérais ! 

Ma stratégie  : créer mon réseau et multiplier les candidatures

J’ai d’abord réfléchi au type d’emploi que je recherchais. J’avais abandonné l’idée de faire quelque chose réellement en lien avec ma formation de Master (la culture) tant ici, les postes sont limités et réservés à des personnes ayant un niveau de japonais élevé. 

Je ne souhaitais pas, au départ, avoir un emploi à temps plein car mon objectif était d’avoir au moins deux semaines par mois pour voyager. 

La flexibilité était donc le critère principal qui allait orienter ma recherche d’emploi.  

J’avais entendu que le statut de « baito » était l’équivalent de nos petits boulots français et c’est donc ce type de contrat que j’ai d’abord cherché.

Pour en savoir plus sur les avantages des baitos : Les métiers qui recrutent au Japon.

Ma recherche s’est faite à travers deux canaux : 

  • Facebook : véritable mine d’or en termes d’offres d’emploi, j’ai intégré plusieurs groupes Facebook dédiés à la recherche de petits boulots. Certes, il fallait faire un tri car il y avait parfois des propositions étranges (essais cliniques par exemple), mais de manière générale, étant disposée à faire des emplois un peu physiques, j’ai trouvé des offres qui me correspondaient. 

Sur les offres publiées sur Facebook, il est toujours indiqué quel est le niveau de japonais requis, le lieu de travail et les lignes de métro pour s’y rendre, ce qui m’a permis de gagner un temps précieux dans mes recherches. 

  • Le réseau : c’est véritablement le moyen qui a été le plus efficace pour moi. La communauté des Français au Japon est très solidaire. C’est grâce à elle que j’ai pu découvrir plusieurs bons plans, me faire recommander ou encore récupérer des adresses e-mail. Même si Tokyo est une ville gigantesque, j’ai réalisé qu’au final, la grande majorité des Français habitant là-bas se connaissent. J’ai pu facilement être présentée et me faire de nouveaux amis qui ont partagé avec moi leurs astuces pour trouver du travail. 

Concernant mes candidatures, j’ai préparé un CV généraliste (que j’adaptais éventuellement aux besoins du poste) et je n’ai presque jamais fait de lettre de motivation. J’ai contacté des entreprises par e-mail et des particuliers par message WhatsApp. 

Dès que je voyais une offre passer sur n’importe quel réseau social, je me forçais à candidater dans la journée. 

Quels types d’emploi j’ai occupés ?

Employée d’un magasin franco-japonais de fromage   

  • Où est-ce que j’ai trouvé l’emploi ? Sur Facebook.
  • Salaire : aux alentours de 1 100 yens / heure (environ 7,6 € / heure) + transports remboursés. 
  • Candidature : CV français envoyé par e-mail. Pas de lettre de motivation.
  • Horaires : généralement de 9 h à 14 h, pendant quelques jours à chaque fin de mois.

Ce petit boulot présentait de nombreux avantages, qui contrebalançaient l’argument du  salaire peu élevé :

  • Mes collègues étaient vraiment sympathiques. La moitié d’entre eux étaient des Japonais parlant couramment français suite à une expérience dans un pays francophone. L’autre moitié était des Français parlant très bien japonais. Je pense que c’était une chance unique de pouvoir travailler dans un environnement multiculturel et de me lier d’amitié avec des Japonais sans avoir, pour une fois, la barrière de la langue. L’ambiance était vraiment détendue. J’ai même pu participer à un nomikai, soirée où l’on sort boire des coups avec ses collègues aux frais de l’entreprise pour renforcer la cohésion d’équipe. 
  • Les horaires étaient très flexibles. Les personnes au statut de « baito » ne travaillaient environ que 7 jours par mois. Sur ces 7 jours, je pouvais indiquer quand je souhaitais travailler et quand je n’étais pas disponible. Je faisais un peu mon marché des shifts. C’était vraiment l’idéal pour moi pour planifier mes voyages. 
  • Le lieu de travail était tout près de chez moi.

 

Babysitter

  • Où est-ce que j’ai trouvé l’emploi ? Par le réseau.
  • Salaire : 1 750 yens / heure (environ 12 € / heure) + transports remboursés.
  • Candidature : pas de candidature. J’ai juste envoyé un message pour me présenter.
  • Horaires : variables.

Un classique des petits boulots. Beaucoup de familles françaises recherchent des babysitters et il est donc plutôt facile de trouver des offres. J’ai fixé mes prix en fonction des salaires de mes amis (aussi) babysitters, qui touchaient entre 1 500 et 2 000 yens de l’heure. 

Pour information : 

  • Plusieurs babysitters augmentent leurs tarifs à partir de 21 h. Si vous souhaitez faire du babysitting, vous pouvez donc demander à avoir un salaire différent selon les horaires.
  • Beaucoup de parents publient directement sur Facebook des annonces mais vous pouvez vous-même proposer directement vos services sur cette plateforme.
  • Il existe une application utilisée par de nombreux pvtistes qui vous met directement en relation avec les parents : Carefinder. Vous pouvez trouver beaucoup de créneaux et fixer vos prix. Le processus pour être vérifié est par contre assez long. Pour caricaturer : on vous appelle plusieurs fois pour vérifier que vous n’êtes pas un tueur en série. Néanmoins, cela peut vraiment valoir le coup pour faciliter votre recherche de clients. Attention, la plateforme prend une commission.

 

Professeur de français / soutien scolaire

  • Où est-ce que j’ai trouvé l’emploi ? Par le réseau et sur une plateforme dédiée.
  • Salaire : 1 500 yens / heure (environ 10 € / heure) pour le soutien scolaire et entre 2 500 et 4 500 yens de l’heure pour les cours de français (environ entre 17 et 31 € / heure).
  • Candidature : pour le soutien scolaire : CV en français. Pas de lettre de motivation.  Pour les cours de français : présentation via le site.
  • Horaires : variables.

Être professeur était un peu la solution de facilité, d’autant plus que c’est assez bien payé au Japon.

Pour le soutien scolaire, j’ai trouvé un élève en envoyant un e-mail au Lycée Français de Tokyo avec mon CV en français et en leur disant que j’étais disponible s’ils avaient connaissance de collégiens qui souhaiteraient des cours particuliers. On m’a donc redirigée vers un parent d’élève avec qui je suis rentrée en contact. J’ai rapidement arrêté car je sentais que je n’étais pas qualifiée pour les besoins spécifiques de cet enfant.

Pour les cours de français, j’ai utilisé une plateforme assez connue des étrangers au Japon : Hellosensei. Vous créez votre profil en mettant en avant vos compétences et les services que vous proposez (cours d’anglais, de français, écrit, oral, etc.) puis vous pouvez être contacté par de potentiels élèves. Ce sont généralement des Japonais qui ont vécu en France et souhaitent de nouveau pratiquer la langue.

En revanche, il me semble essentiel de préciser certains points. Parfois, des personnes sont présentes sur ce type de plateformes pour des raisons autres que les cours et vous pouvez recevoir des propositions déplacées. Comme on n’est jamais trop prudent, je faisais toujours mes cours dans des lieux publics comme Starbucks et j’informais une amie du lieu et de la personne avec qui j’étais et jusqu’à quand. Je ne donnais jamais d’informations personnelles (quartier où je vivais, etc.). Je n’acceptais aucune demande où la personne ne se présentait pas un minimum. 

Mais, pour vous rassurer, généralement les premiers contacts étaient très bons. La personne se présentait, expliquait d’où venait son intérêt pour la France ou le français et partageait même parfois son compte Linkedin !

J’ai pu avoir des élèves très intéressants. Souvent, nous pouvions avoir des discussions passionnantes sur des sujets politiques sur le Japon et c’était très enrichissant.

Il m’a été recommandé de mettre des tarifs élevés puisque cela ferait plus sérieux et que beaucoup de Japonais ne voyaient pas de problèmes à dépenser une certaine somme dans des cours. Des tarifs trop bas pourraient vous faire perdre de potentiels élèves, qui penseraient que vos cours ne sont pas de qualité.

J’ai donc fixé le tarif de mon cours d’essai à 2 500 yens et les cours suivants à 4 500 yens de l’heure (prix onéreux, mais dans la moyenne de ce qui est proposé par les étrangers). 

 

Mannequin

  • Où est-ce que j’ai trouvé l’emploi ? On m’a parlé d’agences, puis je me suis inscrite.
  • Salaire : variable selon les contrats + transports remboursés.
  • Candidature : envoi d’un e-mail pour me présenter avec quelques photos puis rendez-vous en présentiel.
  • Horaires : variables.

Comme grand nombre d’étrangers au Japon, je me suis inscrite dans plusieurs agences de mannequins, en espérant avoir l’opportunité d’être sélectionnée au moins une fois pour un casting. J’avais quand même envie de pouvoir dire que j’avais été mannequin au Japon ! Je ne vais pas mentir : on n’est pas sélectionné chaque semaine. C’est d’ailleurs assez rare d’avoir un contrat. Néanmoins, presque tous mes amis inscrits en agence ont pu être au moins une fois sélectionnés et avoir une expérience drôle, insolite et très bien payée ! Pour ma part, j’ai été prise pour être mannequin pour une très grosse entreprise et le tournage a eu lieu pendant une journée (de 8 h à 17 h) pour un salaire de 75 000 yens (environ 519 €).

Pour plus d’informations : Devenir mannequin en PVT Japon.

 

Bénévole pour un festival

  • Où est-ce que j’ai trouvé l’emploi ? J’ai envoyé une candidature spontanée depuis leur site internet.
  • Salaire : 5 000 yens /  jour (environ 35 € ) + transports remboursés.
  • Candidature : contact par e-mail, pas de CV envoyé, juste un paragraphe expliquant mon parcours et mes motivations.
  • Horaires : de 9 h 30  à 18 h 30 environ tous les jours pendant 5 jours.

J’avais envie de découvrir le secteur de la culture au Japon et j’ai donc envoyé des e-mails à plusieurs festivals pour leur proposer d’être bénévole. J’avais pris soin de mentionner mes expériences passées dans le secteur de l’événementiel culturel et à l’étranger. J’ai passé un entretien en anglais en ligne et on m’a dit que j’étais prise. À ma grande surprise, j’ai été payée ! Je détaille cette expérience ici : Travailler dans un festival au Japon.

 

Guide touristique

  • Où est-ce que j’ai trouvé l’emploi ? Sur Facebook.
  • Salaire : entre 130 et 150 €  / jour.
  • Candidature : CV et lettre de motivation en anglais. Test à la maison puis deux entretiens en français.
  • Horaires : Tous les jours pendant deux semaines.

En réalité, je n’ai pas exercé cet emploi car les horaires n’étaient plus compatibles avec mon emploi du temps mais il me paraissait intéressant de le partager pour montrer que c’est une piste de travail potentiel. 

J’ai rempli un formulaire en ligne, et on m’a rapidement contactée pour que je fasse un test écrit. Ensuite, j’ai eu deux entretiens en français (en ligne) avant qu’on m’annonce que j’avais le poste.

Je n’ai pas grand-chose à ajouter puisque je n’ai pas pu expérimenter les missions mais je peux indiquer que : 

  • Le tourisme est un secteur qui recrute énormément en ce moment.
  • Le processus de recrutement est long mais à partir du moment où vous avez un petit bagage universitaire, que vous êtes curieux et que vous aimez vous renseigner sur l’histoire du Japon, les étapes de recrutement ne sont pas trop difficiles. Les questions portaient sur l’histoire du Japon (la différence entre l’ère Edo et Meiji), quelques aspects sociétaux (le marché de l’emploi ou le vieillissement de la population) et culturels (les plats typiques, la géographie ou l’importance du Mont Fuji pour les Japonais). 
  • Cela me semble être une super opportunité puisque vous êtes payé (et plutôt bien) pour visiter le Japon et pour échanger à propos de votre centre d’intérêts.

 

Bref, vous l’aurez compris, le maître-mot de ces petits emplois était « flexibilité ». Pour la grande majorité, je choisissais mes horaires et cela me permettait d’énormément travailler pendant quelques semaines puis de voyager ensuite. J’ai alterné des emplois plus physiques et manuels avec des emplois plus « intellectuels » ou faciles. Je suis passée par des salaires élevés comme par des salaires proches du salaire minimum tokyoïte. Cet équilibre me convenait parfaitement car il m’a permis de financer mes voyages, d’affiner mes connaissances de la culture japonaise, tout en rencontrant de nombreuses personnes intéressantes. Travailler au Japon en visa Vacances-Travail sans parler japonais n’est donc pas impossible ! 

Pour plus d’informations

Et pour découvrir d’autres expériences professionnelles au Japon : 

Évaluation de l'article

5/5 (1)

Aucun commentaire

Il n'y a aucun commentaire pour le moment mais n'hésitez pas à ajouter le vôtre 🙂

Articles recommandés