Matthieu, 2 ans et demi à Auckland

Date de publication : 15-05-2014

Auteur

isa

Matthieu

Localisation

Atwater, Montréal, QC, Canada

Profession

Globe trotteur

Dernier diplôme obtenu

Master

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Ville de provenance

Matthieu : Originaire d’un petit village proche d’Orange (Vaucluse). Cependant, avant le grand départ en Nouvelle-Zélande, je vivais et travaillais à Marseille depuis 3 ans.

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Ville de destination

Matthieu : Auckland. Au départ, je souhaitais atterrir à Auckland, le but était de rester dans une grande ville le temps de m’acclimater, de me remettre du décalage horaire et de découvrir le coin. Finalement, à part pour les vacances, je n’en suis jamais reparti pendant toute la durée de mon séjour (2 ans et demi).

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Baroudeur ou pas ?

Matthieu : Si je devais écrire un livre, je l’intitulerais « Ma vie pour un voyage ». D’ailleurs je pose un copyright sur ce titre, sait-on jamais ! J’ai probablement passé les frontières d’une trentaine de pays et ai vécu pendant au moins 6 mois dans trois d’entre eux jusqu’à présent. L’histoire commence il y a une quinzaine d’années. Quand nous étions jeunes, nous avions l’habitude ma famille et moi d’être hôtes non rémunérés pour de nombreux jeunes étrangers via un organisme international de placement en famille. De la sorte, nous avions reçu trois Finlandais, deux Américains, trois Australiennes et j’en oublie surement, pour des périodes allant de simples vacances scolaires à 6 mois, voire un an pour deux d’entre eux. Certains me faisaient rêver avec leurs anecdotes en me disant que je pourrais être à leur place peut-être un jour. J’avais eu l’occasion, pendant ma jeunesse, de faire un petit tour dans certains pays frontaliers avec la France avec mes parents : Allemagne, Autriche, Italie, Suisse notamment en plus de la plupart des régions françaises. Nous avons, en l’an 2000, rendu visite aux parents du jeune Finlandais que nous avions reçu pendant toute une année scolaire. Je suis littéralement tombé amoureux de ce pays et me suis dit qu’il faudrait que j’y retourne sur une plus longue période. Qu’à cela ne tienne, deux ans plus tard, mon université me proposait une troisième année à l’étranger afin d’y valider un « Bachelor of Arts ». J’ai choisi sans hésitation la Finlande qui était dans les universités partenaires. Puis j’y suis retourné une deuxième et une troisième fois pour mes stages de fin d’année de Master. Au total, j’y ai passé 2 ans et ai visité tous les pays voisins (notamment la Suède pendant quelques semaines), la Russie, l’Estonie, la Lituanie… En choisissant de faire un Master en Management International l’année suivante, je m’envole aussi cette année-là pour un semestre à l’université du Kansai au Japon. Quand je cherchais du boulot à l’étranger avant de commencer à travailler, j’ai pu aussi voyager en Angleterre, en Irlande, en Belgique, en Hollande et en Espagne à plusieurs reprises.

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Que faisais-tu en France ?

Matthieu : Je travaillais depuis exactement 3 ans, sur un poste de chargé d’affaires dans une société de transport.

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Pourquoi cette envie de t’envoler pour la Nouvelle-Zélande ?

Matthieu : Je dirais plutôt pourquoi cette envie de m’envoler tout court ! Alors tout d’abord, au risque de me répéter encore une fois, j’ai toujours adoré les voyages et les projets à l’international. J’en avais souvent fait part à mon employeur au cas où des opportunités s’ouvriraient pour que je puisse allier « plaisir » et continuité de mon emploi (ou du moins dans le même secteur) dans un autre pays. Quand j’avais encore l’âge, je passais de nombreux entretiens pour des VIE car cette piste était très intéressante pour une nouvelle expérience au sein d’une entreprise à l’étranger. Cependant, je me rapprochais de plus en plus de la limite d’âge (ndlr : 28 ans) et les employeurs me le faisaient savoir. A ce stade, je n’avais qu’une envie : repartir. J’ai eu une désillusion professionnelle un jour et j’ai décidé de démissionner. A cette époque et peu de temps avant cette démission, je fréquentais des amis et voisins qui revenaient d’un PVT en Australie. Ils allaient enchaîner sur un PVT Canada mais étaient à Marseille pour mettre de l’argent de côté. Autant dire que nous parlions souvent de voyages. Ils envisageaient éventuellement de faire celui en Nouvelle-Zélande par la suite. J’avais, quelques années auparavant, fait une demande de PVT Canada et je regrettais de ne pas y être allé (ayant eu plusieurs offres d’emploi juste à ce moment-là). Voulant m’évader pour l’étranger dans un pays anglophone cette fois-ci, j’ai choisi la Nouvelle-Zélande aussi pour ses splendides paysages et ses grands espaces variés. La possibilité de vivre un événement international comme la coupe du monde de rugby m’a également conforté dans ce choix. Ma réputation m’ayant précédé, j’ai été réembauché en local par l’entreprise que je venais de quitter en France.

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Pourquoi Auckland ?

Matthieu : Je suis donc resté à Auckland car mon emploi s’y trouvait. Auckland est une grande ville en superficie mais finalement à taille humaine. Quand on commence à y connaitre des gens, il n’est pas rare de les recroiser systématiquement lors d’une promenade. On a l’impression au départ de manquer de certaines choses (nourriture, vêtements) et puis finalement on s’adapte, on change ses habitudes et on vit confortablement. Ce que j’ai aimé, c’était l’influence asiatique et ses « food court ». Ce genre de galeries commerciales avec plein de restaurants. On peut y manger pour 10 $, c’est pratique. C’est aussi très sympa de pouvoir prendre sa voiture et de se retrouver sur des plages magnifiques en seulement 30 minutes. Les Néo-zélandais sont difficiles à cerner et à comprendre. Parmi mes amis (une majorité d’Anglais et d’Irlandais), il n’y avait pas vraiment de Kiwis. Ils sont aussi difficiles à comprendre dans le cadre de la négociation commerciale. Parfois, tu as vraiment l’impression de te heurter à une culture bien différente pourtant si similaire pour beaucoup d’autres choses. Je pourrais parler aisément de leur flegme légendaire qui te donne parfois envie de leur botter le derrière ! Ensuite, comme décrit sur le forum NZ, il y a des choses que j’ai moins aimées… mais tellement d’autres si appréciables !

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Est-ce que c’est la première fois que tu vivais à l’étranger ou que tu partais aussi longtemps ?

Matthieu : Comme expliqué plus haut, non ce n’était pas la première fois mais 2 ans et demi, oui, ce fut mon plus long séjour à l’étranger. Je ne suis pas rentré en France pendant cette période et cela commençait à devenir un peu trop long. C’est surement cet éloignement de la Nouvelle-Zélande par rapport à la France qui m’a aussi fait quitter le pays définitivement.

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Quel a été ton sentiment dominant au cours des 2 premières semaines en Nouvelle-Zélande ?

Matthieu : Je crois qu’au cours de ces 2 premières semaines je n’ai pas trop réalisé où j’étais et ce que je faisais là. J’étais dans un « backpacker » les 10 premiers jours et ma seule hâte était de trouver un logement. J’étais un peu perdu et je me retrouvais sans rien. J’avais décidé de quitter mon petit confort de vie, j’avais vendu tous mes biens et quitté mon emploi quelques semaines auparavant. Je ne savais pas ce que j’allais trouver en Nouvelle-Zélande, mais en même temps j’avais l’esprit libre du voyageur, ce formidable sentiment de sérénité dont on aimerait qu’il dure une éternité.

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Est-ce que ta situation professionnelle t’a paru satisfaisante, en Nouvelle-Zélande ?

Matthieu : Meilleur salaire (et de loin !), plus de responsabilités. J’ai aimé le fait que l’on me propose des projets intéressants dès mon arrivée, que l’on me fasse confiance en me donnant un portefeuille de clients importants. Mais ensuite, après plus de deux ans, j’avais aussi envie de changer, j’ai cherché d’autres postes en NZ mais finalement, j’ai pris la décision de rentrer pour les fêtes de fin d’années 2013.

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Quelles ont été tes plus grosses difficultés en Nouvelle-Zélande ?

Matthieu : Je n’en ai pas vraiment eues. Etant sous prescription médicale depuis quelques années, j’ai juste dû trouver un équivalent local mais je n’appellerais pas cela une difficulté. La médecine coûte très cher en Nouvelle-Zélande par contre.

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Tu es resté après ton PVT, quel a été ton parcours ?

Matthieu : Je suis donc resté, j’ai fait une demande de visa de travail que j’ai eu sans problème. J’ai lancé le processus de la résidence que j’ai abandonné en court de route car au bout d’un moment, je savais que je ne voudrais finalement pas rester sur le long terme.

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Quel est ton meilleur souvenir ?

Matthieu : Sans aucun doute mes voyages en Nouvelle-­Zélande. En prenant des semaines de vacances par-ci, par-là, on arrive finalement à visiter tout le pays. J’ai eu l’occasion d’aller 4 fois dans l’Île du Sud, par exemple. J’ai fait un formidable road trip sur la cote est de l’Île du Sud, de Picton jusqu’à Stewart Island. Magnifique. Ma semaine de plongée aux Samoas était aussi grandiose. Sinon, je garderai en mémoire les gens rencontrés, certains resteront des amis !

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Est-ce que certaines choses françaises t’ont manquées ?

Matthieu : La nourriture – Certaines choses alimentaires manquent mais on trouve toujours plus ou moins un équivalent… La famille bien entendu, les amis restés en France…

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Qu’est ce qui te manque maintenant que tu es en France ?

Matthieu : Je suis rentré depuis décembre 2013 et je dois dire que pour l’instant pas grand chose à ma grande surprise. Je « skype » certains amis sur place régulièrement.

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Qu’est ce que cette expérience t’a apporté, du point de vue personnel ou professionnel ?

Matthieu : Ce n’était pas ma première expérience professionnelle à l’étranger mais la plus longue. J’en garde un bon souvenir comme je garderai un bon souvenir de l’ensemble de mon voyage. Une case de plus à cocher parmi les nombreuses restantes dans ce que j’aimerais faire dans ma vie. D’un point de vue personnel, c’était finalement un voyage de plus, je commence à en avoir l’habitude et je ne m’en lasserais jamais je crois. Maintenant, j’ai placé la barre haut en terme d’exigences et d’envies.

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Quels conseils donnerais-­tu aux futurs PVTistes ? Tes projets d’avenir ?

Matthieu : Pour tous ceux qui hésiteraient encore, n’hésitez plus ! Il n’y a jamais eu de doutes. Si vous avez peur de tout quitter, dites-­vous que ce n’est, la plupart du temps, que matériel et que vous retomberez sur vos pattes plus tard. La famille et les amis resteront connectés à vous où que vous soyez ! En ce qui concerne l’avenir, je fais partie des PVTistes Canada 2014 ! Et qui sait, peut-être que cette fois-là, je resterai dans mon pays d’accueil.

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24 Commentaires

lookman
0 5
comment faire pour obtenir un visas de la nouvelle zelande?
MARIE
1 13
Merci, merci pour cette belle expérience, je suis encore sur mon petit nuage… Pour ma part, je m’envole pour Auckland le 17 Novembre 2014 dans le cadre d’un pvt, seule… Je suis heureuse de concrétiser ce rêve et me sens de plus en plus en confiance car l’appréhension est présente, certes, mais comme tu le dis « N’hésitez plus », je sais que je ne regretterais pas ce changement de vie pour un meilleur avenir tant personnel que professionnel! Bon séjour au Canada! Safe Trip, take care! 🙂 Marie
Marina
2 16
Super merci pour toutes ces infos, ça rassure sur les possibilités de bosser dans des branches qui sont les notre, pour ma part je devrais arriver en février prochain. Je te souhaite que ça roule aussi bien pour toi au Canada ! A plus !
larousse
2.5K 5.2K
Pourquoi avoir soudainement abandonné la demande de résidence permanente?
Matthieu
33 144
Ne ce n’était pas « soudain » mais murement réfléchis. Juste une envie de passer a autre chose et je ne me voyais pas rester 2 ans de plus pour la valider.
Adrien
34 69
super témoignage ! merci pour les infos ! et bon voyage au canada !! (mon aventure NZ ne commencera qu’en septembre 2014…
Charlotte
0 1
Bien sympathique tout ça ! ^^. J’ai encore plus hâte d’y être pour mon trip (Qui sait peut etre un avant gout pour un Kiwi WHV) ! Bonne continuation !
Sébastien
40 1.1K
Sympa le témoignage ! ça donne envie de venir te rencontrer et écouter tes anecdotes autour d’une bière sur le plateau ! 🙂
Jonas
11 28
Merci pour cet article, cela me conforte dans l’idée de partir ! (normalement c’est pour septembre) Avec ton passé je suppose que tu étais déjà bilingue en arrivant en NZ, quel est selon toi le niveau « minimum » d’anglais pour pas trop galérer en arrivant ?
Matthieu
33 144
Oui effectivement mon niveau était déjà globalement très bon. Mais on peut toujours faire mieux. Je dirais que tu peux arriver avec le minimum d’anglais i.e bases scolaires et apprendre sur le tas. Peut être que cela ne t’ouvriras pas les mêmes portes, mais si tu le veux vraiment tu pourras carrément progresser. Seule chose, oser, ne pas rester qu’avec des français et ça devrait aller! 🙂
Jonas
11 28
Parfait merci ça me rassure ! Je ne suis pas trop mauvais, et quand on a pas le choix ça doit aller très vite effectivement.^^
Maxime
1 6
Content de t avoir connu la bas, en esperant se recroiser sur la route meme si moi cette fois c est l Australie 😉
Matthieu
33 144
Merci Celine. Bon courage a toi pour le Canada aussi 🙂 Je note aussi pour Papa Noël… (Pourquoi quand je clique sur le petit doigt vert pour « encourager », il devient rouge?..)
Carô
5.5K 11.6K
Bonjour Croc : le rouge, en plus du chiffre à gauche (qui a du passé de n à n+1) signifie que ton encouragement a bien été enregistré. Tout comme le bouton vert t’a permis de donner un encouragement, le bouton rouge te permet, lui, de le retirer (en cas d’erreur par exemple). Comme tu ne peux pas donner plus d’un encouragement pour le même commentaire, il n’y a qu’un seul bouton, vert ou rouge selon ton action. 😉

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