Travailler en Nouvelle-Écosse (Canada)

Date de publication : 24-05-2017

Auteur

Anne

Dans ce pays de géant qu’est le Canada, la Nouvelle-Écosse a su rester une province à taille humaine. Située dans les Maritimes, elle offre de superbes paysages et une culture acadienne farouchement enracinée. Sa capitale, Halifax, est surnommée « la plus grande des petites villes ». On est bien loin de la folie des grandeurs de certaines autres provinces.

La Nouvelle-Écosse reste plutôt méconnue des pvtistes, alors que des opportunités d’emploi existent. Si l’aventure vous tente et que vous souhaitez y travailler, ce qui suit va vous aider.

Employabilité, secteurs d’activités, francophonie, CV, réseautage… Le service en immigration économique du CDÉNÉ (Conseil de développement économique de la Nouvelle-Écosse), qui propose une aide gratuite aux pvtistes, a accepté de répondre à toutes nos questions !

Sur l’économie de la province…

Quels sont les principaux secteurs d’activité en Nouvelle-Écosse ?

Les principaux secteurs d’activité en Nouvelle-Écosse ont traditionnellement été tournés vers les ressources naturelles comme la pêche, l’agriculture, la foresterie et l’industrie minière. Aujourd’hui, les secteurs dominants sont l’aérospatial, les finances, les services de santé, le tourisme, la technologie de l’information et la construction navale.

La Nouvelle-Écosse est divisée en cinq régions géographiques (Halifax, vallée de l’Annapolis, Nord de la Nouvelle-Écosse, Sud de la Nouvelle-Écosse, Cap Breton) : y a-t-il des spécificités propres à chacune en matière d’emploi ?

Tout à fait. Puisque le CDÉNÉ travaille principalement avec les communautés francophones et acadiennes de la province, on pourrait aussi y ajouter les régions acadiennes (Chéticamp, Isle Madame, Clare et Par-en-Bas).
À Halifax, la capitale de la province, les emplois dans le secteur des services dominent et le secteur des services de santé est en pleine croissance.
Dans le Nord de la province, soit vers New Glasgow, on retrouve également le secteur des services accompagné cette fois-ci par le secteur des biens d’équipements.
Dans la vallée d’Annapolis, on retourne vers la tradition avec le secteur de l’agriculture, notamment avec une forte présence de vignobles.
Au sud de la province, où se trouvent les régions francophones acadiennes de Clare et Par-en-Bas (Argyle), les secteurs traditionnels des ressources naturelles comme la foresterie et surtout la pêche sont dominants. Le secteur des biens d’équipements est en croissance dans ces régions.
Finalement, dans les régions francophones acadiennes de l’île du Cap-Breton, les industries de la pêche dominent également à l’Isle Madame et à Chéticamp, où le secteur du tourisme est important.
À la grandeur de l’île, il y a de la demande dans le secteur de la santé, dans les services sociaux et l’administration publique.

Y a-t-il des professions particulièrement en demande en Nouvelle-Écosse ? Si oui, s’agit-il d’emplois qualifiés ?

Il y a présentement une pénurie dans le secteur de la santé, en IT et dans les services financiers, qui sont plutôt des emplois qualifiés, mais le secteur du tourisme pendant l’été est également en demande et n’est pas toujours dans des emplois considérés comme qualifiés (type 0, A, B).

[NDLR] Travailler dans un domaine qualifié peut vous permettre d’obtenir des permis de travail tels que le permis Jeunes Professionnels et le permis Mobilité francophone qui sont plus faciles d’accès que d’autres, car ils ne nécessitent pas que votre employeur fasse une Étude d’Impact sur le Marché du Travail.

Sur la francophonie…

Est-ce un atout d’être francophone en Nouvelle-Écosse ?

Bien que le Canada soit un pays officiellement bilingue (français et anglais), la province de la Nouvelle-Écosse ne l’est pas ; seulement environ 4% de la population parle français (Statistique Canada, 2011). Ceci est un avantage pour les francophones bilingues puisqu’effectivement, le fait de pouvoir parler le français en plus de l’anglais est un atout. Certains postes vont exiger ce bilinguisme, mais le fait de pouvoir parler plusieurs langues va toujours être un atout pour votre candidature, surtout dans le tourisme.

Si oui, comment jouer la carte de la francophonie dans sa recherche d’emploi ?

Lors de la préparation de votre CV canadien (NB : le format du CV canadien est différent de celui en Europe), indiquez bien dans la section « langue » les langues que vous parlez, et à quel niveau (lu, écrit, oral). C’est aussi un atout de postuler avec la version française ET anglaise de son CV canadien pour des postes qui exigent les deux langues officielles.
En tant que francophone, vous pouvez bénéficier des services d’organismes francophones tels que le CDÉNÉ.

Le bilinguisme est-il nécessaire pour trouver un emploi ?

Puisque le Canada est officiellement bilingue, il sera toujours un atout d’être bilingue, mais ce ne sont pas tous les postes en Nouvelle-Écosse qui demandent ces compétences linguistiques. Pour la grande majorité, la langue de travail en Nouvelle-Écosse est l’anglais. Il faut alors avoir un niveau d’anglais fonctionnel au minimum. Conséquemment, lorsque vous préparez votre départ pour la Nouvelle-Écosse, il est conseillé de pratiquer son anglais !

Sur la recherche d’emploi…

Y a-t-il un marché « caché » de l’emploi en Nouvelle-Écosse ?

Oui, il existe en Nouvelle-Écosse et partout au Canada un marché de l’emploi « caché », c’est-à-dire que les postes à pourvoir ne sont pas affichés au public, ou du tout. Évidemment le taux exact est difficilement mesurable, mais certains experts estiment que ce marché « caché » revient à entre 40 à 80% des ouvertures de postes. C’est pour cette raison que le réseautage est tellement important lors de votre recherche d’emploi puisque c’est en créant votre réseau que vous apprendrez quels emplois sont à pourvoir dans votre domaine.

Quelles démarches le CDÉNÉ recommande-t-il pour une recherche d’emploi efficace ? (activités de réseautage, etc.)

En conséquence du marché du travail « caché », pour trouver un emploi en Nouvelle-Écosse nous recommandons à nos clients de faire le plus de réseautage possible. Pour améliorer ses techniques de réseautage, n’oubliez pas d’être efficace dans votre communication en introduisant dans la discussion que vous êtes à la recherche d’un emploi et quel domaine vous intéresse. À la fin de chaque échange, et surtout si la personne avec qui vous avez échangé n’est pas dans votre domaine de recherche, il est une bonne pratique de conclure en demandant s’ils connaissent une personne avec qui vous devriez parler.

Le fait d’avoir un CV au format canadien facilement lisible et sans fautes pourra aussi être bénéfique puisque les employeurs vont passer seulement 6 secondes en moyenne pour réviser un CV.

Quels sont les sites Internet incontournables d’offres d’emploi en Nouvelle-Écosse ?

Lorsque les offres d’emploi en Nouvelle-Écosse sont affichées, des bonnes sources de recherches sont les sites officiels du gouvernement fédéral et provincial, soit guichetemplois.gc.ca ou careers.novascotia.ca respectivement. Les autres sites de recherches incluent workopolis.com ou careerbeacon.com.

Sur les pvtistes et l’immigration économique…

Les pvtistes sont des travailleurs temporaires. Ce statut est-il un frein au regard des recruteurs ?

Malheureusement, une réponse précise pour cette question n’existe pas puisque cela va dépendre de nombreux aspects du travail (la durée du contrat, le profil du candidat, la demande dans le secteur, l’employeur, etc.).
Pour les emplois à durée déterminée (au Canada on dit « à contrat »), qui sont nombreux dans le secteur du tourisme et les autres secteurs saisonniers comme la pêche, le fait d’être un travailleur temporaire ne devrait pas dissuader le recruteur d’embaucher un PVTiste.

Quels sont les critères à respecter pour qu’un PVTiste en emploi en Nouvelle-Écosse puisse faire une demande de résidence permanente ?

Ces critères diffèrent selon le programme d’immigration. Il est important de bien s’informer sur chaque programme. Mais généralement, cela passe par la nature de l’offre d’emploi (avec des conditions précises au niveau des qualifications ou de la durée du contrat, etc.) ou par une accumulation d’expérience professionnelle au Canada ou en dehors du pays (souvent une année d’expérience à temps plein dans un emploi qualifié ou l’équivalent à temps partiel). Les compétences linguistiques en anglais et/ou en français sont également un critère important, d’autant plus que le marché du travail en Nouvelle-Écosse est majoritairement anglophone. D’autres critères entrent également en jeu, il faut bien se renseigner sur les conditions d’admission, rester à l’affût des mises à jour et planifier sa candidature à l’avance pour éviter toute mauvaise surprise.

Quels sont les programmes d’immigration possibles pour un francophone non titulaire d’un PVT et envisageant une immigration économique en Nouvelle-Écosse ?

Tout d’abord, il existe deux programmes à destination des employeurs qui désirent embaucher des travailleurs étrangers. Le premier est le programme de Mobilité Francophone qui octroie des permis provisoires liés à un seul employeur pour les francophones. Ensuite il y a le nouveau Programme Pilote de l’Atlantique pour les 4 provinces concernées (Nouvelle-Écosse, Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard, Terre-Neuve et Labrador) qui va permettre aux employeurs de recruter des personnes ayant des compétences en langue plus faible ou ayant un niveau de qualification de type 0, A, B mais aussi de type C (voir la Classification Nationale des Professions).

En outre, il y a les volets d’immigration à destination des candidats via les catégories d’Entrée Express au niveau fédéral et les volets d’immigration de la Nouvelle-Écosse :

Quel est le rôle du CDÉNÉ ? Comment aide-t-il les pvtistes à s’établir en Nouvelle-Écosse ? À trouver un emploi dans la province ?

Au niveau des services pré-départ, notre travail est d’agir comme référence en ce qui a trait au marché du travail en Nouvelle-Écosse ainsi que comme un pivot pour mettre en lien les personnes avec d’autres ressources fédérales et/ou provinciales.

Tout comme nos autres clients dits potentiels (donc pas encore avec un statut de résident permanent) qui sont en recherche d’informations, certains pvtistes nous ont déjà contactés. Nous leur avons offert des informations personnalisées via email, Skype ou par téléphone. Généralement, la première étape est d’identifier le profil professionnel du PVTiste. Ensuite, nous faisons en sorte que la personne ait accès aux informations sur la profession visée, sur les secteurs en demande en Nouvelle-Écosse, les professions réglementées, sur la manière d’être repéré par un employeur potentiel, etc.

Nous travaillons également sur la sensibilisation des employeurs aux avantages d’engager des travailleurs issus de l’immigration puisque la diversité culturelle dans le milieu du travail et au sein de nos communautés est une valeur au Canada.

Merci au service en immigration économique du CDÉNÉ d’avoir répondu à toutes ces questions !

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5 Commentaires

younes
1 7
bonjour,
Merci pour les informations mais la question qui se pose comment avoir un offre d'emploi sachant que il est difficile de l'avoir pour moi j'ai déjà postuler a plusieurs employeurs jusqu'à présent aucun résultat si quelqu'un a une répence a ma question comment avoir cette offre?
Merci
Nicolas
0 3
Merci beaucoup !!!
Allison
0 3
Merci beaucoup à Anne et au CDENE pour cette interview! Beaucoup d'infos sur lesqelles méditer et réfléchir.
Cristine
0 1
Message de Lilou
Merci Anne et merci le CDÉNÉ pour ces infos

Merci d'avoir partagés ces informations!
Julie
5.1K 13.9K
Merci Anne et merci le CDÉNÉ pour ces infos

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