Le guide des pvtistes au Japon

Chapitre 11 : Avant de s’envoler : encore quelques démarches

Date de publication : 19-06-2019

Auteur

Julie

Avant de s’envoler : encore quelques démarches

Lorsqu’on quitte son pays pendant un an, il y a quelques obligations à bien respecter pour se protéger à son retour et pour être dans la légalité. Prenez le temps de faire ces démarches rapides grâce auxquelles vous partirez serein au Japon.

Vos droits et devoirs (Sécurité sociale et autres organismes)

La Sécurité sociale

Si vous prévoyez de partir pendant 6 mois ou plus au Japon, vous devez en informer votre centre de Sécurité sociale car en partant pour une telle durée, vous perdez vos droits, à moins de vous inscrire, comme nous vous l’avons expliqué précédemment, à la CFE qui maintient vos droits pendant votre séjour à l’étranger. Si vous le souhaitez, vous pouvez ne contacter la Sécurité sociale qu’une fois ces 6 mois atteints pour les prévenir de votre séjour longue durée à l’étranger. Cela peut être intéressant si, on ne vous le souhaite pas, vous rentrez plus tôt que prévu (économies épuisées, problème personnel...). Ainsi, vous n’aurez aucune démarche à faire pour rouvrir vos droits puisqu’ils n’auront pas été fermés.

Si vous contactez la Sécurité sociale et que vos droits sont fermés, à votre retour en France :

  • Vous trouvez un emploi : vous retrouvez vos droits dès votre première heure de travail en France.
  • Vous êtes reconnu comme demandeur d’emploi (vous avez des droits ouverts au Pôle Emploi) : vous retrouvez également vos droits à la Sécurité sociale.
  • Vous ne trouvez pas d’emploi et n’êtes pas inscrit comme demandeur d’emploi, vous pourrez, 3 mois après votre retour en France, bénéficier de la Protection Universelle Maladie (PUMa) en tant que résident.
  • Vous devenez étudiant : vous serez affilié à une mutuelle étudiante.

Le Pôle Emploi

Vous ne pouvez pas bénéficier de l’allocation chômage ou du RSA pendant que vous êtes au Japon, même si vous cherchez un emploi.
Voici ce qu’il convient de faire, que vous soyez au chômage, que vous soyez licencié ou que vous démissionniez.

Si, au moment de partir au Japon, vous avez des droits auprès du Pôle Emploi, il suffit de les suspendre (de les “geler”) en précisant que vous partez pendant une année à l’étranger. À votre retour, ces droits seront rouverts. Notez qu’ils peuvent être suspendus pendant 3 ans + la durée de vos droits actuels, au maximum.

Pôle Emploi vous autorise à vous absenter (et donc à ne pas chercher de travail) jusqu’à 35 jours par an (soit 5 semaines). Pour cela, vous devez impérativement les informer de votre absence au moins 72 heures avant votre départ. Vous pouvez ainsi bénéficier de ces 35 jours de congé pendant le début de votre PVT, en toute légalité. À l’issue de ces 35 jours, vous devez absolument signaler au Pôle Emploi que vous souhaitez suspendre vos droits car vous ne cherchez plus de travail en France.

Pour en savoir plus, nous vous recommandons de lire attentivement cette discussion : Protocole légal pour toucher le chômage en début de voyage à l’étranger.

Licenciement, fin de CDD ou rupture conventionnelle

Si vous êtes licencié, si votre CDD touche à sa fin ou si vous signez une rupture conventionnelle, inscrivez-vous au Pôle Emploi dès la fin de votre contrat. Au moment de partir pour le Japon, vous procéderez à la suspension de vos droits, que vous retrouverez à votre retour en France, pour bénéficier des allocations chômage.

Démission

En cas de démission, vous n’avez pas droit à l’allocation chômage. Seule une période de travail salarié de 91 jours ou de 455 heures vous permettra d’ouvrir de nouveaux droits.

Attention ! Si vous prévoyez de vivre un certain temps à l’étranger, à votre retour, vous devrez non seulement avoir effectué cette période de travail indispensable après une démission mais également comptabiliser au moins 4 mois de travail au cours des 28 derniers mois.

12 mois pour s’inscrire !

Si vous ne vous inscrivez pas au Pôle Emploi dans les 12 mois qui suivent la fin de votre contrat de travail, vos droits seront perdus. L’inscription, suivie de la suspension de vos droits, est donc la meilleure des solutions pour rentrer en France sereinement.

Pensez que parfois, le voyage appelle le voyage. Même si vous partez dans l’idée de ne rester que quelques mois au Japon, vous envisagerez peut-être de faire un autre PVT ailleurs, ou pourquoi pas un tour du monde. Ne prenez pas le risque de perdre vos droits uniquement parce que vous ne prévoyez qu’un voyage de 6 mois, on ne sait pas ce qui peut arriver !

S’actualiser sur Internet ou par téléphone en demandant à un proche de le faire à votre place est un délit. Vous risqueriez de perdre vos droits et de devoir rembourser l’intégralité des allocations que vous auriez perçues. Si vous avez un budget trop serré, il vaut mieux travailler quelques mois de plus pour pouvoir mettre plus d’argent de côté, rien ne vous presse !

Les autres organismes

Si vous bénéficiez d’allocations comme les APL ou si vous touchez le RSA, vous devez obligatoirement prévenir les organismes concernés que vous partez à l’étranger. Vous ne pouvez pas bénéficier de ces aides en n’étant pas sur le territoire français et, à nouveau, vous risquez de devoir rembourser les allocations que vous avez perçues illégalement.

Le centre des impôts

Vous pourrez fournir l’adresse d’un membre de votre famille ou d’un ami pour recevoir votre courrier, si vous ne savez pas encore où vous résiderez au Japon et pour combien de temps.

La France et le Japon ont signé un accord évitant la double imposition sur le revenu.

Pour plus d’informations, consultez le site Internet des Finances publiques.

À ce jour, nous ne connaissons pas encore l'impact du nouveau système du prélèvement à la source sur les PVTistes retournés en France à l'issue de leur expérience japonaise. Nous vous conseillons de vous renseigner auprès de votre centre d'imposition dès votre retour.

Concernant vos droits à la retraite, la France et le Japon ont signé un accord facilitant la reconnaissance du temps travaillé au Japon : plus d’informations dans les textes de l’accord.

Mes affaires, ma voiture, mon appartement

La plupart des PVTistes décident de rendre leur appartement (dans ce cas, attention au préavis !) mais vous pouvez aussi opter pour une sous-location : comme ça, vous n’êtes pas obligé de
déménager toutes vos affaires, et vous êtes certain de retrouver votre appartement en rentrant.
Attention cependant à faire les choses dans les règles !

« Selon l’article 8 de la loi du 6 juillet 1989, vous avez tout à fait le droit de sous-louer votre logement, à condition d’obtenir l’accord écrit du bailleur (votre propriétaire) et que le prix du loyer de votre sous-locataire ne soit pas plus élevé que celui que vous payez réellement. »

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à contacter l’Agence nationale pour l’Information sur le Logement.
Pour entreposer vos affaires, à défaut de trouver une petite place dans le garage d’un ami ou de la famille, vous pouvez vous renseigner auprès d’entreprises proposant des garde-meubles. Seul problème : ce n’est jamais donné !

Si vous avez un véhicule, vous pouvez soit le vendre, soit trouver une solution plus originale,
comme le louer pendant votre séjour !
Pour plus d’informations, consultez la discussion Livop.fr ou comment louer sa voiture pendant votre PVT de notre forum.

Résilier ses abonnements

Si vous n’êtes plus sous engagement, il est très facile de mettre fin à votre abonnement téléphonique ou Internet : il suffit d’appeler le service concerné de votre fournisseur.

Pour votre téléphone portable, si vous êtes encore sous engagement, vous pouvez toujours demander à votre fournisseur une suspension de ligne : c’est-à-dire que pendant un an, vous allez seulement payer le maintien de votre ligne (généralement de 3 à 5 euros par mois) mais plus votre abonnement. Comme ça, en rentrant, vous réactivez votre ligne, retrouvez votre numéro et votre abonnement.

Attention : la suspension payante de votre forfait n’est pas prise en compte dans votre durée d’engagement.

Si vous comptez résilier votre abonnement en étant encore sous engagement, attendez-vous à ce que ce soit compliqué ! Pourtant, vous êtes dans votre bon droit, puisque si vous pouvez prouver que vous partez vivre à l’étranger (grâce à votre PVT, dans votre passeport), votre fournisseur doit résilier votre contrat.

Seulement, dans la grande majorité des cas, les fournisseurs de téléphonie ne se contentent pas de votre billet d’avion ou de votre visa : ils exigent un bail ou un contrat de travail (que vous ne pourrez évidemment avoir qu’une fois sur place !).
Notez que c’est abusif. Insistez, rappelez un autre conseiller, et si la situation ne s’arrange pas, contactez la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes).

Si vous n’avez pas le temps de vous lancer dans de longues démarches, vous pouvez toujours « mettre en sommeil » votre ligne, et recommencer les négociations une fois que vous aurez obtenu un contrat de travail ou un bail.

Pour trouver des modèles de lettre à envoyer à votre fournisseur et plus d’informations à ce sujet (notamment sur la Loi Chatel), consultez la discussion Résiliation téléphones portables de notre forum.

Faire un bilan de santé

Profitez des quelques semaines qu’il vous reste avant de partir pour faire un check-up de santé en France.

La CPAM vous propose de passer, une fois tous les 5 ans, et dans certaines régions, un bilan de santé gratuit. Renseignez vous sur Ameli.fr ou sur notre discussion Bilan de santé gratuit.
Pensez à dire à vos médecins que vous partez pendant un an !

Le dentiste

Afin d’éviter les visites en urgence pour grosse douleur pendant votre séjour, autant aller faire vérifier votre dentition avant de partir. Un petit détartrage et le traitement de vos éventuelles caries vous permettront de partir l’esprit tranquille, sans risquer la rage de dents.

L’ophtalmologue

Si vous portez des lunettes (ou que vous craignez de devoir en porter) ou des lentilles, une visite chez l’ophtalmologue avant de partir vous permettra de contrôler votre vue, et éventuellement d’avoir une paire de lunettes neuve si elle a changé. N’oubliez pas d’apporter avec vous votre ancienne paire, ça peut toujours dépanner !

Le gynécologue

Il est nécessaire d’aller consulter un gynécologue, une sage-femme ou un médecin généraliste pratiquant la gynécologie, une fois par an pour une visite de contrôle. Si vous prenez la pilule (ou tout autre mode de contraception : patch, implant, DIU...), expliquez à votre médecin que vous partez pendant un an : effectivement, bien souvent, les ordonnances ne sont valables que pour trois mois.
Certains gynécologues acceptent de faire une prescription en indiquant au pharmacien de vous donner le stock nécessaire pour un an de contraception. D’autres sont même d’accord pour vous en prescrire jusqu’à 15 mois !

À noter que dans ce cas, la Sécurité sociale peut, parfois mais rarement, ne rembourser que les trois premiers mois et le pharmacien peut également ne pas vouloir vous donner directement la totalité de la prescription. Une solution qui s’offre à vous est de confier votre ordonnance à un membre de votre famille qui pourra vous envoyer votre boîte, tous les 3 mois.

Pour en savoir plus, consultez la discussion Comment obtenir sa pilule pour un an ? de notre forum. Vous pouvez aussi consulter notre dossier consacré à la contraception et à l’IVG dans les pays du PVT.

Apporter votre argent

Il n’est pas nécessaire, ni même recommandé d’emporter tout votre argent en espèces avec vous.

Cependant, vous aurez besoin d’une certaine somme d’argent pour gérer les premières dépenses à votre arrivée, par exemple pour payer un taxi, une nuit dans une auberge de jeunesse ou un repas mais également pour entamer des démarches plus importantes telles que la recherche d’un appartement.

L’argent liquide

Vous pouvez choisir l’option la plus confortable mais également la plus risquée : l’argent liquide.
Vous disposez immédiatement de votre argent mais en cas de perte ou de vol, vous n’avez aucun recours.
Si vous optez pour l’argent liquide, veillez à garder précieusement votre argent sur vous, dans une poche intérieure ou dans une poche cousue, par exemple.
Pour obtenir des yens avant d’arriver sur place, tournez-vous vers les bureaux de change ou les banques, en vérifiant bien les taux de change et les commissions qui s’appliquent.

La carte bleue

Vous pouvez également choisir de ne partir qu’avec votre carte de crédit, ce qui est plutôt pratique si vous ne savez pas précisément quelles dépenses vous serez amené à faire. Mais cette option a des limites qu’il faut bien avoir à l’esprit avant de partir pour éviter les mauvaises surprises. La plus mauvaise est sans doute de se retrouver dans l’incapacité de retirer de l’argent car la somme maximale imposée par votre banque a été atteinte. En effet, les banques fixent un plafond de retrait à ne pas dépasser et à l’étranger, il n’est pas très élevé.
Pensez bien à consulter ce plafond avant de partir ou éventuellement, à changer de carte pour avoir droit à un plafond plus élevé.

Il est également judicieux de prévenir sa banque avant de partir afin que vos retraits, sans doute réguliers et peut-être assez élevés en début de séjour, ne soient pas assimilés à un piratage de carte de crédit et que celle-ci ne soit bloquée.
Intéressez-vous également aux frais de retrait qui s’ajouteront au taux de change parfois peu avantageux des banques, car si vous multipliez les retraits d’argent, cette option pourra s’avérer la plus dispendieuse. Favorisez des montants élevés car deux frais vous seront facturés à chaque retrait : un pour le simple fait de retirer de l’argent et un second qui se calcule en fonction de la somme retirée.

Retrouvez plus d’informations dans notre dossier sur les banques françaises et leurs offres pour un départ à l’étranger.

Dès que votre compte en banque sera ouvert, vous pourrez procéder à un virement depuis votre compte français. Nous vous donnons plus de détails sur la démarche à suivre dans la partie Le Japon, enfin ! de ce guide.

Bon plan - CCO
Les PVTistes qui se trouvent en France métropolitaine (Corse incluse) peuvent recevoir leurs devises japonaises directement chez eux (par courrier sécurisé) en passant par le Comptoir de Change Opera.
Via PVTistes.net, vous bénéficiez des frais de livraison offerts ou réduits selon le montant que vous souhaitez changer. Pour plus d’informations et pour connaître le code promo : Bon plan CCO.
Chapitre 11 sur 41

Évaluation de l'article

5/5 (1)

5 Commentaires

Anne
0 5
Hello, combien de temps le passage de la douane japonaise prend-il ? Merci d’avance !
Julie
4.9K 14K
Salut, généralement, c’est une formalité, c’est rapide mais ça dépend sans doute de combien de gens sont devant toi, s’il y a beaucoup de pvtistes 😉
Manel
0 2
Bonjour. Comment fait on pour participer au concours pour gagner le guide de voyage Ulysse fabuleux? Merci bonne journée
Julie
4.9K 14K
Manel
0 2
Merci beaucoup !!

Articles recommandés